Denise Ginollin, née Églantine Denise Reydet le dans le de Paris et morte le au Plessis-Robinson (Seine), est une femme politique française. Membre du Parti communiste français, elle est députée constituante de la Seine entre 1945 et 1946 puis députée du même département jusqu'en 1951, sous la première législature de la .

Biographie

Engagement militant Denise Reydet arrête tôt ses études, afin de travailler comme sténo-dactylo en 1927 à la société Paris-France. Elle travaille ensuite au siège des Jeunesses communistes en 1935 tout en prenant des responsabilités dans la branche féminine du Parti communiste français (PCF), au niveau régional. L'année d'après, elle devient l'une des secrétaires de la section communiste du de Paris..

Seconde Guerre mondiale vignette|Caricature parue dans le journal L'Aurore relatant la prise de contact de Denise Ginollin avec l'occupant allemand pour négocier la reparution du journal L'Humanité. Lorsque le PCF est dissous, le , par Édouard Daladier, elle aide à la réorganisation d'une cellule clandestine parisienne.

Après la défaite française de la bataille de France, lors de la Seconde Guerre mondiale, sur ordre de Maurice Tréand, elle prend contact le avec le lieutenant Weber, un officier de la Propaganda Staffel afin d'obtenir une autorisation de publication du journal L'Humanité.. Elle obtient cette autorisation le mais est arrêtée dans la soirée par la police du régime de Vichy devant la station de métro Saint-Martin avec Maurice Tréand et Jeanne Schrodt. et incarcérée à la prison de la Petite Roquette. Elle est libérée le . Cet épisode dénote l'attitude contradictoire du Parti communiste qui applique les directives de l'Internationale communiste... Les papiers retrouvés sur elle établissent l'argumentaire du parti, s'en prenant notamment au « Juif Mandel » et utilisant comme prétexte le pacte germano-soviétique et l'autorisation de publication dans d'autres pays occupés de journaux communistes pour faire valoir le même droit en France..

Elle prend part ensuite à la Résistance et devient responsable nationale de la propagande chez les femmes, d'abord dans l'Est puis en Bretagne en 1942. Les nazis l’arrêtent le à Nantes et elle est condamnée le par le tribunal militaire allemand de Nantes à la peine de mort. Sa peine est commuée et elle est déportée le comme « Nuit et brouillard » au camp de concentration de Hinzert, au camp de Ravensbrück, puis à celui de Mauthausen. Elle rentre en France le .

Après guerre Le , le PCF la charge de prendre part au congrès du Mouvement national contre le racisme (MNCR) pour qu'elle influe sur une fusion de cette organisation avec la LICRA.

Pour avoir négocié en avec l'occupant allemand, Denise Ginollin recevra le statut de « déportée politique » et non de « déportée résistante » en dépit de ses activités en Bretagne.

Elle est d'ailleurs dans la tourmente en pour ce rôle et subit les attaques des députés de droite tels que Pierre de Chevigné. Ce dernier est un député à la fois gaulliste et MRP, Compagnon de la Libération. Il la met en cause à l'Assemblée nationale en affirmant qu'elle a sollicité le des autorités allemandes l'autorisation de faire reparaitre L'Humanité. Elle l'accuse en retour d'avoir fait état de documents et met en avant son arrestation et ses activités postérieures de résistante, tandis que le journal communiste la soutient en publiant notamment un faux fac-similé de l'appel du 10 juillet 1940« Denise Ginollin est accusatrice », L'Humanité, 12 décembre 1947« Dirigeants du parti communiste, vous avez trahi !», L'Aurore, 10 décembre 1947, Ibid., 12 décembre 1947. Elle sera défendue aussi par les députés du PCF tels que Jacques Duclos, Eugénie Duvernois et Georges Cogniot. En 1949, une commission d’enquête secrète du secrétariat national du PCF l'entend et conclut que sa candidature comme députée aurait dû être évitée.

Bien que pressentie par le PCF au poste de secrétaire au palais Bourbon en , le secrétariat du PCF lui préfère Isabelle Claeys le .

Carrière politique Assemblées constituantes Denise Ginollin compte parmi les premières femmes députées de l'histoire française.. Elle est élue députée de la première assemblée nationale constituante et de la seconde assemblée constituante de 1946. Au cours de son premier mandat, elle fait une proposition de loi pour l'octroi d'une prime de retour aux déportés politiques.. En , elle intervient à l’assemblée constituante pour demander plus de lait, de vin et de viande. Le , elle demande au ministre du ravitaillement la distribution des stocks de lait concentré et de chocolat pour les enfants scolarisés.

Quatrième République I législature : Denise Ginollin est élue députée de la première législature de la quatrième république.

En compagnie de Fernand Grenier, elle se rend au ministère de l’Intérieur en pour demander des clarifications à Eugène Thomas sur l'interdiction de certains livres et magazine d'URSS ainsi que celle du journal des socialistes unifié de catalogne Lluita.

Vie privée Denise Ginollin se marie à trois reprises. Tout d’abord avec Robert Riquet le à la mairie du de Paris, puis le avec Frédéric, Jean-Marie Ginollin dans la même mairie. Ce dernier fut déporté aussi et mourut en 1951, le couple étant déjà séparé. Elle épouse Roger Vulliod le à Gagny.

Références

Articles connexes Parti communiste français pendant la drôle de guerre Femmes à l'Assemblée nationale française

Liens externes

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