Antoine Philippe Guesviller (Antoine Philippe Gues-Viller, selon son acte de naissanceSelon son acte de naissance, visible en ligne dans son dossier de la Légion d'Honneur., né le à Paris , décédé le à Paris ) est un sénateur et militaire français.
Il est grand-croix de la Légion d'honneur.
Famille Antoine Philippe est le fils de Philippe Guesviller (1753-1820) et de Henriette Partouneaux (1759-1816), laquelle est la sœur du général Louis Partouneaux (1770-1835) et la tante du général Maurice Partouneaux (1798-1865). Louis Partouneaux est le beau frère du général Jean Baptiste Fidèle Bréa (1790-1848).
Il est intéressant de noter que parmi les témoins cités au contrat de mariage de ses parents, le , figurent Félicité Jean Louis de Durfort, ministre plénipotentiaire, son épouse Armande Jeanne Claude de Béthune, Louis Richard de la Bretèche receveur général des finances (1722-1804) et son frère Jean-Claude Richard de Saint-Non, ainsi que le secrétaire de Charles Juste de Beauvau-Craon maréchal de France.
Marie Aurélie Guesviller, sœur de Antoine Philippe, a épousé Charles Louis César du Port de Pontcharra (1787-1858) colonel, inspecteur des Manufactures royales d’armes.
Par son mariage, le , avec Sophie de Malus (1802-1868), il est le gendre de Louis François de Malus (1767-1851) officier de marine et chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis lui-même fils de François de Malus (1737-1820) commissaire ordonnateur des guerres, commandeur de la Légion d’Honneur, baron d’Empire, dont un autre fils, Marie Sébastien (1769-1816), commissaire des guerres, est l’oncle par alliance de Honoré de Balzac.
Sophie de Malus a deux frères : Gustave François (1797-1858) qui est capitaine et participe à la conquête de l’Algérie en 1830, et Victor Adolphe (1798-1883), général de brigade.
La nièce du général, Marguerite de Malus (fille de Victor Adolphe) avait une personnalité originale et écrivait des romans roses pour la jeunesse, sous le pseudonyme transparent de Lionel de Movet. Dans le célèbre livre de l'abbé Bethleem " Romans à lire et romans à proscrire " (1928), sont notamment cités : " Les cimes du cœur " (journal d'une jeune fille pendant la guerre), " Chemin secret " (un vrai chemin de croix, infortunes d'une jeune fille, sentiments élevés), " Les griffes du destin " (deux nouvelles, dont la première tragique), " Le coffret de jasmin " (moral et chrétien), " Le collier de turquoise " (livre plein d' épisodes édifiants).
Étienne Louis Malus (1775-1812) ingénieur, physicien et mathématicien est le neveu de François de Malus.
Le gendre du général Guesviller, Félix Hudelist(1813-1900) est colonel et commandeur de la Légion d’Honneur.
Le fils du général, Edmond (1833–1859), a épousé Nathalie Heurard d’Armieu de Fontgalland (1835–1904), fille de Pierre Hyppolyte Heurard d’Armieu (1787–1864) garde du corps du roi Louis XVIII et de Claire Dubu d’Agville (1804–1853), fille de Michel Gaspard Dubu d’Agville (1756–1821), garde du corps de Louis XVI, chevalier de Saint Louis, lieutenant colonel de cavalerie.
Son petit-fils, Henri, a épousé Marthe Allut, fille de Louis Marie Auguste Allut (1835-1886) (arrière petit cousin de Antoine Allut) et de Laure Adelaïde Récamier (1845-1871).
Marthe est l'arrière-petite-fille de Gabriel-Joseph de Jerphanion (1758-1832) préfet et baron d’Empire et cousin issu de germains de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès.
Son arrière-petit-fils, René, a épousé Hélène Zolla, fille de Daniel Zolla, professeur à l'École libre des Sciences politiques et à l'École de Grignon, l'un des fondateurs de l'économie agricole, et petite fille de l’amiral Ernest Amédée Mouchez (1821-1892)
Biographie
Carrière militaire Antoine Philippe Guesviller entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr le . Il y est nommé caporal () puis sergent fourrier le .
À sa sortie, le , il est nommé sous-lieutenant au d'infanterie de ligne et envoyé en Espagne où il fait les campagnes de 1810, 1811 et une partie de celles de 1812, sous les ordres successifs du duc de Dalmatie, du prince d’Essling et du duc de Raguse. Le , il est nommé lieutenant. Le , il se distingue lors de la bataille des Arapiles (près de Salamanque) où un coup de feu lui brise l’orteil du pied gauche ce qui l’oblige à rentrer en France.
Le , il est nommé capitaine adjudant major dans le provisoire du du RI. Il se signale à nouveau à Lutzen, Bautzen, Dresde et à Leipzig où il est grièvement blessé par un biscaïen qui lui traverse l’épaule.
Il fait le récit de cette journée dans une lettre adressée à son père:
Il participe ensuite à la campagne de 1814 dans le d'infanterie de ligne et fait la campagne de 1815. Le , en exécution d'une ordonnance, il est licencié.
thumb|right|Antoine Philippe Guesviller en tenue de lieutenant colonel du de ligne
Lors de son licenciement, sur les registres servant à l’inscription des services et campagnes des officiers du , le colonel met la notation suivante : « M. Gues-Viller est un officier très instruit, qui non seulement à l’armée conduit bien sa compagnie, mais qui, dans son intérieur, en dirige fort bien l’administration. Ce jeune homme, plein de zèle et de feu militaire, peut être employé d’une manière très avantageuse ».
Le , une ordonnance le nomme à la Légion du département de Seine-et-Oise qui devient le de ligne le Ce paragraphe a été rédigé grâce à son dossier de Légion d'Honneur..
Promu chef de bataillon le , il participe à la campagne d’Espagne en 1823.
En 1831, il fait la campagne de Belgique. Le , il est nommé lieutenant colonel du de ligne.
La période algérienne Il est envoyé en Afrique avec son régiment en 1836. Promu colonel le , il prend, le , à Oran, le commandement du de ligne qui, en , fait partie de la division conduite par le général Bugeaud à Tlemcen.
Après le traité de la Tafna, il rentre à Oran, puis rejoint Bône avec son régiment, afin de prendre part à la deuxième expédition de Constantine.
En 1839, il est colonel du d'infanterie de ligne. Il fait partie de l’expédition des Portes de Fer, commandée par le duc d’Orléans et prend une part active aux nombreuses opérations qui ont lieu dans les environs de Blida. Le , il est cité pas le maréchal Valée pour sa conduite au combat d’Oued-el-Alleg, où, il contribue à la réussite de la journée, grâce à une charge à la baïonnette à la tête du du .
Le , apprenant qu’un détachement du camp de Boufarik était aux prises avec de nombreux contingents, il réunit son régiment à la hâte, se jette sur l’ennemi et le force à la retraite, après lui avoir fait éprouver quelques pertes. (Lettre du maréchal Valée au ministre du ).
En , il est appelé à faire partie des expéditions de Cherchell, puis de Médéa, le d'infanterie de ligne étant placé dans la première brigade commandée par le général d’Houdetot, la division étant sous les ordres du duc d’Orléans qui a en si grande estime Antoine Philippe Guesviller qu’il lui fait don de son portrait. Le , il contribue à l’enlèvement des positions occupées par les partisans d'Abd el-Kader sur l’Oued-Djer et le , il participe à la prise du col de Mouzaïa, où il plante le drapeau du de ligne (en souvenir, des assiettes sont vendues dans le commerce, elles représentent le colonel à cheval et portent l’inscription suivante « Le colonel Gues-Viller reçoit un cheval du duc d’Aumale au col de Mouzaïa »). Le duc d'Aumale relate ce geste de la manière suivante : . Le , il ouvre la route de Médéa et il est appelé au commandement des troupes chargées d’occuper cette place et emploie ses hommes à effectuer de nombreux travaux défensifs autour de la ville. Rentré en France en , il est nommé général de brigade le , et il est mis à la disposition du maréchal Valée. Il retourne en Algérie le où il reste un peu plus d’un an et remplit successivement les fonctions de commandant de la subdivision de Constantine et de celle de Sétif, alors en formation, avec mission de procéder à l’organisation des tribus relevant de ce commandement.
En , placé sous les ordres du général de Négrier, il prend part à la réduction des Ouled–Shanoun. Le , il part de Sétif, à la tête d’une colonne de troupes, parcourt la Medjana, ainsi que les contrées situées à l’ouest de cette plaine. Il consolide l’autorité du général Négrier qui doit se rendre à M'Sila qui a reconnu l'autorité d'Abd el-Kader. Son frère Hadj-Mustapha s'y trouve encore.
Du au , il est commandant de la subdivision du Loir-et-Cher, puis il prend le commandement de la de la de l’armée des Alpes. En 1848, il est nommé inspecteur général du d’infanterie. Le , il est maintenu dans cette fonction et le , il est nommé général de division du cadre de réserve par le général Cavaignac.
Le corps expéditionnaire de la Méditerranée En tant que commandant de la de l’armée des Alpes, devenue, le , la du corps expéditionnaire de la Méditerranée, le général Guesviller fait partie du corps expéditionnaire de la Méditerranée et participe siège de Rome en 1849. Il a sous ses ordres les brigades des généraux Jean Levaillant et Sauvan. Le , alors que les troupes romaines tentent une attaque sur le , Gueswiller arrive avec l'une de ses brigades, celle du général Levaillant, qui charge à la baïonnette et repousse les assaillants. Dans la journée du , le général, accompagné de 4 bataillons, est sur le haut du Tibre, proche de la villa Borghèse. Il prend position sur les hauteurs, bombarde son objectif, fait des prisonniers et se retire.
À propos du bombardement possible de Rome, il écrit : .
Il écrit également de Rome : « Mon installation n’est pas très confortable ; je suis dans une petite chapelle, entièrement délabrée, ouverte à tous les vents ; du foin pour lit et, les deux premiers jours n’ayant aucun moyen de faire la cuisine, obligé d’aller mendier ma nourriture aux bivouacs de mes colonnes, assez bien approvisionnées par leurs soldats, qui, parcourant les campagnes trouvent, avec un peu d’argent, le moyen de se procurer quelques vivres chez les habitants ».
Le , il envoie la brigade du général Sauvan à Tivoli, pour y détruire la poudrière où s'approvisionnent les Romains. Le , la occupe la . En , le ministre Rullière écrit au général Oudinot de Reggio, il félicite les hommes qui ont participé au siège de Rome, dont le général Guesviller.
Le général raconte la prise de Rome, dans une lettre adressée à sa famille et datée du :
Le retour en France thumb|right|Le Général Guesviller dessiné par Auguste Raffet.
En 1850, il est nommé inspecteur général et commandant supérieur des et militaires.
Peu de jours avant le coup d’État, le prince-président le convoque aux Tuileries, lui demande s’il peut compter sur son dévouement à la cause impériale et lui propose de faire partie de sa maison militaire en lui laissant entrevoir la possibilité d’obtenir le bâton de maréchal. Le général refuse : aurait-il répondu.
Le , l’empereur le nomme sénateur et le maintient au commandement de la , à Rennes, devenue par la suite , à la suite de la suppression des commandements supérieurs.
Du au , il commande le d’armée du camp du Nord, puis il reprend la . Il exerce à nouveau le commandement du de l’armée du Nord à partir du , jusqu’à la dissolution des corps d’armée.
Il a sous ses ordres 3 divisions, composées chacune de 2 brigadesSite Mémoire et actualité : la d’Infanterie du général Borrelli composée de la du général de Noüe et la du général Fririon et la d’Infanterie du général de Ladmirault composée de la du général Esterhazy et la du général de Leyritz, enfin la division de cavalerie du général Grand composée de la du général Ney et la du général Genestet de Planhol.
À l’occasion d’une manifestation, le général reçoit de l’Empereur la lettre suivante, datée du :
Au moment où il va être placé dans la deuxième section (réserve), il est nommé, le , au commandement de la , à Nantes, qu’il conserve jusqu’au .
Le rappel pour l'Afrique du Nord