Saint-Germain-sur-Meuse est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est.

Géographie Le village de Saint-Germain est situé sur un axe de communication nord-sud conduisant à Neufchâteau, en longeant la vallée de la Meuse : route départementale 36 et ligne de chemin de fer de Bologne à Pagny-sur-Meuse. Il se trouvait également sur la voie romaine Nasium-Toul.

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de six communes :

Hydrographie La commune est traversée par la ligne de partage des eaux entre les bassins versants du Rhin et de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Meuse et le canal du Moulin..

La Meuse, d'une longueur de dans sa partie française, est un fleuve européen qui prend sa source en France, dans la commune du Châtelet-sur-Meuse, à d'altitude, et se jette dans la mer du Nord après un cours long d'approximativement traversant la France, la Belgique et les Pays-Bas. Les caractéristiques hydrologiques de la Meuse sont données par la station hydrologique située sur la commune de Troussey. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:04 TU à partir des 100 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/2016 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-Germain-sur-MeuseLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Ochey à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Germain-sur-Meuse est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (67,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (71,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (67,4 %), mines, décharges et chantiers (14,7 %), prairies (9,2 %), zones urbanisées (5,7 %), terres arables (3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Sanctus-Germanus (878) ; Ad cambutam Sancti-Germani () ; Sanctus-Germanus supra Mozam (1402) ; Saint-Germain-à-la-Crosse (1707) ; Dom-Germain, Dommus-Germanus (1756).. est un hagiotoponyme et le nom de nombreuses localités dans les pays francophones. Le nom de ces dernières vient d'un saint ayant porté le nom . Par exemple une commune de Meurthe-et-Moselle se situant à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Germain-sur-Meuse se nomme Saint-Germain. Le village a pris le nom de Saint-Germain lors du passage de Saint-Germain évêque d'Auxerre en 429 et 447.

La Meuse (en néerlandais et en allemand, Maas ; en wallon, Moûse ; en latin Mosa) est un fleuve européen qui prend sa source en France et se jette dans la mer du Nord après un cours long d'approximativement traversant la France, la Belgique et les Pays-Bas.

Histoire La voie romaine

La voie romaine reliant Nasium (Naix-aux-Forges) à Toul suivait la vallée de la Barboure, via Boviolles, Marson, Reffroy puis passait au sud de Bovée-sur-Barboure, au nord de Broussey-en-Blois et Sauvoy et se dirigeait vers Saint-Germain-sur-Meuse où elle franchissait la Meuse sur un pont de pierre dont on voyait encore les ruines à côté du pont moderne au Les Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, Volume 10 sur Google Books, page 81.. (Depuis, le pont a été reconstruit, et les vestiges du pont antique ont disparu). De là elle rejoignait Toul en traversant le bois de Saint-Germain, passait par la ferme de Savonnières (à Foug) et par Ménilot. Cette voie romaine est citée à la fois dans la table de Peutinger et dans l'Itinéraire d'AntoninLes agglomérations secondaires de la Lorraine romaine sur Google Books, page 239, paragraphe 3.3.1. Le réseau routier régional. Au lieu-dit Chemin des Romains, on trouve des substructions gallo-romaines : tuiles, briques, poteries.

La partie du chemin à l'ouest de Saint-Germain porte encore le nom de Chemin de la Pucellecarte IGN 3215 E car selon la tradition, Jeanne d'Arc aurait suivi cette route pour se rendre à Chinon y offrir ses services à Charles VII. La suite du chemin à l'est dans les bois de Saint-Germain porte le nom de Hordal, descendant du troisième frère de Jeanne, Pierre d'Arc. Il subsiste encore des parties très bien conservées de cette voie romaine, en particulier sur les hauteurs boisées.

Bornes d'Empire vignette|gauche|La « Borne d'Empire » de Tusey. À Saint-Germain, cette voie romaine croisait une autre voie, d'importance secondaire, allant de Tusey (Tucinum ou Tussium) au sud au camp de Sorcy au nord, et non loin de l'intersection, au sud de la voie Nasium-Toul, se dressait une borne colossale, carrée, en pierre taillée, sans aucune inscription, dite dans le pays Borne d'Empire, qui fut débitée en moellons vers l'année 1820Mémoires et procès-verbaux, Volume 13 sur Google Books, page 347. Une pierre semblable se trouve encore à Tusey, devant le mur du haut fourneau, situé derrière le château de la Fonderie (localisation 48° 37' 2.86" N, 5° 40' 11.5" E)Titre Archéologie de la Meuse: Partie centrale du département et Atlas Publication de la Société philomatique de Verdun Volume 2 of Archéologie de la Meuse: Description des voies anciennes et des monuments aux époques celtique et gallo-romaine..., Félix Liénard Auteur Félix Liénard Éditeur impr. de Ch. Laurent, 1884 , Page 158. Cette pierre a une forme cubique d'environ un mètre de côté, et présente une petite cavité au centre d'une des faces, dans laquelle est emboîtée une pièce métallique (voir photo).

Ces bornes feraient partie de celles qui ont été plantées à la suite de la rencontre de Quatre-Vaux en 1299, entre Philippe IV le Bel et l'empereur Albert de Habsbourg, pour fixer la frontière entre les deux empires, laquelle suivait la vallée de la Meuse. Selon plusieurs témoignages, ces pierres étaient surmontées de bornes en bronzeMémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc sur Google Books page 175 qui ont été ensuite démontées par Henry IINotice de la Lorraine - Augustin Calmet sur Google Books page 424 On convint de mettre les bornes des deux empires à la Meuse, et [que] l'on planta même par les ordres des deux princes, des bornes d'airain [...] sur l'un des côtés de ces bornes était gravée l'aigle impériale, et sur l'autre les fleurs de lys [...] Henry II, roi de France fit arracher plusieurs de ces bornes, et [qu'il] les faisait payer à poids d'or à ceux qui lui en apportaient., ne laissant sur place que les supports en pierre.

Saint-Germain l’Auxerrois vignette|Sculpture en bois polychrome représentant saint Germain l'Auxerrois, datée du . À l'époque gallo-romaine, Saint-Germain-sur-Meuse s'appelait Travia (du latin traviare, traverser)(affirmation hasardeuse qui ne repose sur aucune source). On retrouve une trace de ce nom dans la rue principale du village, la rue Traverse, là où passait la voie romaine, et où elle traversait la Meuse. Ce village a pris le nom de Saint-Germain lors du passage de Saint-Germain évêque d'Auxerre en 429 et 447. Lors de son passage en 447, un miracle se serait produit : son bâton planté en terre s'est transformé en un grand arbre verdoyant, comme cela s'était produit dans la Bible pour le bâton d'Aaron (Nombre 17,23). On rapporte également un miracle semblable à propos de Saint-Christophe.

On bâtit une abbaye royale à l'endroit du miracle, laquelle est mentionnée pour la dernière fois dans un acte de 878 et qui a ensuite disparuHistoire de Lorraine, Augustin Calmet, t. 1 p. 313,314 Histoire de Lorraine Par Augustin Calmet sur Google Books Histoire de Lorraine Par Augustin Calmet sur Google Books Louis-te-Bègue confirme à Arnalde, évêque de Toul, les abbayes de Saint-Evre, de Saint-Germain et de Saint-Martin. An 878... Ce village a alors pris le nom de Saint-Germain, devenu Saint-Germain-sur-Meuse en 1919.

Une église romane a été construite à l'emplacement de l'ancienne abbaye bénédictine, dont il subsiste une tour de la du .

Saint-Germain dépendait autrefois de Savonnières (qui doit son nom à une fabrique de savon), une ville importante où se sont tenus plusieurs conciles en 856 et en 862. Cette ville de Savonnières qui était la mère église de Saint-Germain a totalement disparu.

Amblainville vignette|100px|Saint-Gorgon sur le blason de Varangéville. Sur le ban de Saint-Germain-sur-Meuse, au milieu des bois, non loin des ruines de Gombervaux, se trouve l'emplacement d'un village détruit au : Saint-Gorgon, autrefois Amblainville, dont le site est marqué dans une petite clairière par une intarissable fontaine de Saint-Gorgon. On y trouvait un ermitage et une chapelle dédiée à saint Gorgon, laquelle est présentement à l'état de ruines. Ce saint, qui était le patron du village disparu, est un martyr romain du début du , qui fit l'objet d'une vénération particulière en Lorraine jusqu'à la fin du , et dont les reliques se trouvent à l'abbaye de Gorze, près de Metz. Il existe plusieurs églises Saint-Gorgon dans la région, dont une à Vertuzey, Woël, Saint-Gorgon (Vosges) ou Moyeuvre-Grande et un prieuré bénédictin Saint-Gorgon à Varangéville. On trouve dans l'église de Saint-Germain un vitrail où le saint est représenté guérissant un enfant maladeLe patrimoine des communes de la Meuse, Volume 2 sur Google Books page 1048.

Politique et administration

Population et société