Bernard Modeste Jules Vaugon, né le à Pré-en-Pail et mort le à Paris« Carnet », Le Figaro, ., est un haut fonctionnaire français. Il fut préfet dans plusieurs départements.
Accusé d'avoir servi le régime de Vichy, il fut l'un des principaux acteurs du procès de Maurice PaponSorj Chalandon, Pascale Nivelle, Crimes contre l'humanité: Barbie, Touvier, Bousquet, Papon, ed. Plon, 1998, en 1997, qu'il défendit pendant son témoignage sur la préfecture régionale de Bordeaux pendant la seconde guerre mondiale, son organisation, les attributions de Maurice Papon et le service des questions juives.
Parcours
Son parcours dans la préfectorale commence durant le régime de VichyQui sont les préfets de Vichy ?, de Marc Olivier Baruch, est une étude approfondie sur les préfets de Vichy (accessible ici). Il est successivement : Chef de cabinet adjoint du préfet de police de Paris (1941)En 1997, durant le procès Papon où il est un des témoins appelés par la défense, Arno Klarsfeld lui fera remarqué qu'il était chef de cabinet adjoint du préfet de police de Paris en 1942 au moment où juifs ont été déportés, en particulier durant la rafle du Vel d'Hiv, point qu'il n'avait pas cité en se présentant. répondra-il de façon sèche, jugera-t-il nécessaire de compléter. Sous-préfet de l’arrondissement de Dax (1943). Bernard Vaugon, à la sous préfecture de Dax, est dénoncé par Je suis partout, et envoyé en Dordogne pour être soustrait à la méfiance allemandeRené de Chambrun, La Vie de la France sous l'occupation (1940-1944), , ed. Plon, 1957. Secrétaire général de la préfecture de la DordogneJ.O, vol.3, 1943. Sous-préfet de l'arrondissement de Soissons<ref>Marie-Agnès Pitois-Dehu, L'Aisne dans la guerre, 1939-1945, , ed. Horvath, 1986, </ref> depuis le 8 février 1944. gauche|vignette|Septembre 1944, à la Libération de Soissons, avec Raymonde Fiolet. À la Libération de Soissons, fin août 1944, il est le seul sous-préfet de l’Aisne à conserver son poste, pour aide à la RésistanceGrégory Longatte, La libération de l’Aisne : pouvoirs, résistance et population 1944-1945 , , ed. Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie de l'Aisne, 2005, ,, et ce jusqu'en 1950. Il travaille avec les Américains pour faire face aux dégâts de la guerre, sous l'autorité du nouveau préfet de l'Aisne (et ancien résistant francilien) Pierre Pène, nommé par De Gaulle, puis de ses successeurs.
Il reprend ensuite un parcours au sein de la préfectorale dans différents départements : Sous-préfet de Mulhouse (1950) ; Secrétaire général de la préfecture de Seine-et-OiseJ.O, 1950, (1950-1954) ; Préfet de la Nièvre (1954-1958) Archives départementales de la Nièvre, ; Préfet de la Corse (1959-1962).
En juin 1959, il fait partie de vingt personnalités conviées au vol inaugural Caravelle de la première ligne internationale à l'Aéroport de Nice-Côte d'Azur et apparaît à ce titre dans un reportage diffusé au journal télévisé de l'ORTF..
En 1960, en Corse, à la suite d'une annonce en avril par le gouvernement de projet d'essais nucléaires dans les mines désaffectées de l'Argentella, au sud de Calvi, il réagit aux premières protestations, le 2 mai 1960, et précise que rien n'est définitivement décidé. Le projet sera abandonné le 14 juin 1960, avant même qu'une manifestation annoncée puisse avoir lieu..
Il traite avec modération les réfugiés politiques expédiés en Corse, « prison dorée », pour la durée de la visite du président de l'URSS Nikita Khrouchtchev, en voyage officiel en France, en 1960. Il s'agit des exilés russes en France, de toutes tendances, des trotskistes à l'extrême-droite, relégués dans l'île de Beauté, le temps de la visite du russe, importante dans le cadre de la politique d'indépendance voulue par le général de Gaulle vis-à-vis des États-Unis. Ils sont hébergés dans des hôtels de luxe, et surveillés par des forces de l'ordre débonnaires et gênés, qui n'hésitent pas à jouer aux cartes et aux boules avec eux. Pour autant, ces relégués garderont une appréciation amère de cette belle entorse à l'hospitalité que leur fait la FranceLeurs dossiers RG » par Julien Caumet, Flammarion 2000, fragment: Les réfugiés politiques, cité dans http://reellerealite.perso.sfr.fr/index.html..
Devenu préfet du Gard (1962-1964)Préfecture du Gard : Les Préfets du Gard depuis 1800 par date de nomination, il doit faire face à l'affluence des rapatriés d'Algérie dans le département du Gard, personnes le 30 août 1962. Le préfet déclare en septembre le département saturé et assure que les prestations de rapatriement ne pourront plus être versées pour les arrivées après le 31 aoûtFrançois Pugnière, Les cultures politiques à Nîmes et dans le Bas-Languedoc oriental du aux années 1970: affrontements et dialogues, ed. L'Harmattan, 2008, ,. Il devient ensuite le premier préfet de la Région Franche-Comté (1964-1968)<ref>La Pensée', à 304 , , s.n., 1995</ref>. Et enfin, préfet de la région Languedoc-Roussillon et préfet de l'HéraultSite de la Préfecture du Languedoc-Roussillon et de l'Hérault, liste des préfets. (1968-1972), son dernier poste. Il devra faire face aux graves conflits de la crise viticoleBernard Revel, Montredon: les vendanges du désespoir, , ed. Loubatières, 1996 , .
Procès Maurice Papon
En novembre 1997, il est appelé, comme témoin de la défense, au vingtième jour du procès de Maurice Papon, pour crimes contre l'humanité, à Bordeaux sur la question de la préfecture de Bordeaux pendant le régime de Vichy, son organisation, les attributions de Maurice Papon et le service des questions juives. L'homme, son argumentation, et ses réponses au procureur général et aux avocats des parties civiles, notamment Arno Klarsfeld, représentant l'association des Fils et filles de déportés juifs de France, sont cités et commentés par la presse française régionale, nationale, et internationale, ainsi que dans les ouvrages consacrés à cette affaire judiciaire. Bernard Vaugon met en avant la nécessité selon lui d'une prescription, réclame de l'indulgence, et affirme le caractère impensable du génocide pour les fonctionnaires se prêtant aux opérations de rafle. déclare-t-il.
Et la journaliste Pascale Nivelle de conclure, après le compte rendu de son témoignage : . À l'issue du procès, Maurice Papon est condamné par la cour d'assises de Gironde.
Bernard Vaugon est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division).
À noter Bernard Vaugon fut aussi membre honoraire de la société philanthropique La Gigouillette.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie Pierre Henry, Histoire des Préfets, , ed. Nouvelles Éditions Latines, 1950 René Bargeton, Dictionnaire biographique des préfets: -'', ed. Archives Nationales, 1994, . .
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Liens externes
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