Le musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris est le musée de l'institution de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, CHU de Paris. Depuis son inauguration le , il était abrité dans l'hôtel de Miramion, situé au 47, quai de la Tournelle, dans le de Paris, jusqu'à la fermeture du site en .. Ses bureaux administratifs sont ensuite relocalisés à l'hôpital Bicêtre du Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne. Premier musée hospitalier en France, il restitue l'histoire de l'hôpital dans ses différentes composantes : histoire sociale et religieuse, histoire de la médecine et des professions de santé, histoire des représentations du corps et de la maladie. Il déchiffre cette histoire, l'interroge, et confronte passé et présent à la recherche du sens des évolutions récentes.

Le musée permet de mettre en perspective les pratiques actuelles en repérant les héritages et les ruptures. Il propose en outre de mieux connaître et comprendre l'hôpital comme miroir des transformations de la société. Il est reconnu « musée de France » depuis la loi du .

Ce musée est actuellement fermé au public.

Histoire du musée Le musée de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris a été officiellement ouvert au public en 1934. Des actions de sauvegarde du patrimoine ont cependant vu le jour dès la fin du , en faveur notamment des très importantes collections de faïences pharmaceutiques que le développement rapide de l’industrialisation des médicaments vouait à la destruction.

Sur les recommandations du conseil municipal de Paris en 1901, l’administration générale de l’Assistance publique étendit ces mesures de protection à de nouvelles catégories d’objets, en vue de constituer un musée. De nombreuses peintures, jusqu’alors disséminées dans les chapelles et bâtiments des plus anciens hôpitaux, des bustes de médecins ou de bienfaiteurs, ainsi qu’une sélection d’archives furent alors rassemblés et exposés dans l’hôtel de Miramion, qui abritait depuis 1812 la pharmacie centrale des hôpitaux.

Un an après son inauguration, le musée ajoutait une pièce majeure à ses collections : l’ensemble décoratif de la salle de garde des internes de l’hôpital de la Charité, détruit l’année précédente pour cause de vétusté. Depuis, le musée a régulièrement enrichi ses collections grâce à l’action vigilante de nombreux hospitaliers mais aussi à des dons généreux de particuliers auxquels se sont enfin ajoutés, à partir des années 1960, les moyens d’une politique d’acquisitionLe Musée de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, catalogue des collections permanentes, parue en 1998, brochure de 195 pages, repr. n.b. et couleurs.. D’importants travaux de rénovation (1974-1981) lui ont permis d’agrandir ses espaces de présentation et d’en renouveler le contenu. En 1998, le musée s’est vu reconnaître le statut de « musée contrôlé »« Un Musée Hospitalier à Paris, Le Musée de l’AP-HP », in Beaux-Arts Magazine, hors-série, 30 novembre 2005. par la direction des Musées de France, pour la qualité de ses collections, de ses activités et de sa gestion.

Le patrimoine hospitalier Qu'est-ce que le patrimoine hospitalier ? Au , une valeur patrimoniale est attribuée à des objets anciens, dotés d'une qualité artistique ou esthétique : peintures, sculptures, objets d'art décoratif, édifices dont l'architecture était jugée remarquable… La rareté fait aussi partie des critères. À l'intérieur de l'hôpital, l'émergence de cette notion de patrimoine se repère dans le dernier tiers du , au moment de la grand vague de modernisation des établissements hospitaliers, dans le contexte du pastorisme. Les nouvelles normes d'hygiène et la promotion du modèle de l'architecture pavillonnaire entraînent le réaménagement des services ou la restructuration, voire la destruction pure et simple des bâtiments anciens. C'est alors que se pose la question du sort de bon nombre d'ensembles ou d'objets jugés inutiles, inadaptés ou sans fonctionnalité aucune, dans ce nouvel hôpital converti à la modernité. C'est le cas par exemple des peintures qui décoraient les anciens hôtels-Dieu, mais aussi des faïences pharmaceutiques vouées à la destruction, à l'ère de la production industrielle des médicaments. Les premiers musées hospitaliers ont été créés pour être les conservatoires de ces « beaux objets » de l'hôpital.

Puis lentement, dans la seconde moitié du , la notion de patrimoine scientifique et technique s'introduit dans le monde hospitalier, à une époque où les technologies médicales se multiplient. Ce sont alors les professionnels qui, dans un premier temps, conservent quelques spécimens de ces appareils ou de ces instruments. Parallèlement, l'évolution des musées les amène à s'ouvrir progressivement à cette dimension, pour témoigner de l'évolution des pratiques médicales. Ce n'est plus exclusivement à partir de leur qualité esthétique que les objets acquièrent un statut de patrimoine, mais à partir de leur valeur historique. Et les musées hospitaliers se définissent à ce moment comme des musées « d'art et d'histoire ».

Aujourd'hui, la notion de patrimoine s'est encore élargie. Peut être reconnu comme patrimoine tout objet porteur de sens, autrement dit dont la présence et l'interprétation intéressent la compréhension de l'hôpital, dans toutes ses dimensions. Le patrimoine fait partie des outils à partir desquels se construit l'intelligibilité de l'institution hospitalière et de son histoire, toute son histoire. Pour peu qu'on veuille bien l'interroger, un objet patrimonial livre un accès par exemple à une pratique et, au-delà, aux représentations ou aux attitudes qui l'organisent. C'est aujourd'hui le travail des musées hospitaliers, qui se définissent comme des « musées de société ».

Aujourd'hui pour demain, ou le patrimoine du siècle Dans le domaine de la médecine, le se caractérise par une accélération vertigineuse des découvertes et des inventions. Sans cesse, les techniques disponibles se perfectionnent et se miniaturisent, modifiant aussi les gestes et les pratiques.

Parce qu'ils assuraient des fonctions d'enseignement et de recherche, les hôpitaux de l'Assistance publique de Paris ont concentré entre leurs murs les moyens techniques les plus représentatifs de ces avancées. L'histoire de l'AP-HP illustre largement le développement du progrès médicalMarc Dupont et Françoise Salaün, L'Assistance publique-hôpitaux de Paris, , 1999.. Depuis toujours lieux de secours et de soins pour les pauvres, les hôpitaux s'ouvrent bientôt à toutes les catégories de la population. Car l'ensemble de la société réclame le bénéfice de ces prestations sophistiquées, porteuses d'un espoir de guérison. Le mouvement est pris pendant la Seconde Guerre mondiale (loi de 1941legifrance.gouv.fr. qui institue « l'hôpital toutes-classes ») et se confirme en 1945. L'hôpital devient un grand service public. Commence alors le lent mais inéluctable mouvement d'humanisation (la première circulaire du ministère de la Santé date de 1958), destiné à adapter l'hôpital à ses nouveaux usagers. La condition et le statut du patient évoluent progressivement jusqu'à la reconnaissance des droits du patient hospitalisé en 1974.

Bien d'autres virages sont pris tout au long de ce siècle : multiplication des métiers de la santé, abandon progressif d'un système d'économie fermée (l'hôpital se recentre sur des missions de soins et sous-traite de plus en plus les prestations qui ne relèvent pas de ces missions), apprentissage du dialogue social, redistribution des pouvoirs, ouverture à une organisation en réseaux de soins

Si le musée de l'AP-HP s'attache à conserver la mémoire de ces évolutions, sous leurs multiples facettes, c'est (au-delà du souvenir, du plaisir, de la nostalgie ou de l'émerveillement) pour les interroger : quelles ont été les conditions, et le prix, de ces changements ; que fallait-il pouvoir abandonner et avec quelles conséquences ; comment ces héritages imprègnent-ils l'hôpital d'aujourd'hui et comment sont-ils perçus, vécus, revendiqués, ou parfois contestés ?

Les collections Les collections du musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de ParisLes collections du musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris. se composent aujourd'hui d’un ensemble de plus de et objets œuvres et objets., représentatifs de la vie hospitalière, du Moyen Âge à nos jours : peintures, sculptures, dessins et gravures, mobilier, textiles, traités de médecine, instruments et appareils médicaux, objets de soins et d'enseignement. Elles illustrent les grandes composantes de l'histoire de l'hôpital parisien (histoire religieuse et histoire sociale tout d'abord, histoire médicale et paramédicale ensuite, histoire des professions de santé), et apportent des repères significatifs sur l'évolution des représentations du corps et de la maladie.

La majeure partie des collections provient de versements effectués par les hôpitaux et les services de l'institution. Elles s’enrichissent aussi des dons de particuliers ou d’entreprises. Quelques achats ont pu ponctuellement venir combler des lacunes, avec le soutien du Fonds régional d’acquisitions des musées. Depuis 2002, l'entrée de nouvelles pièces dans les collections est soumise à l'avis de la commission scientifique régionale placée sous l'autorité de la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) Île-de-France, conformément à loi du , relative aux musées de France.

Pendant la période transitoire, les collections sont régulièrement présentées dans les expositions temporaires de nombreux musées, en France et à l'étranger.

Patrimoine religieux vignette|Hendrick ter Brugghen, Christ aux outrages. L’influence de l’Église sur les fondations hospitalières s’exerce depuis le Haut Moyen Âge, avec la fondation de l’Hôtel-Dieu, jusqu’au début du , quand la loi de séparation de l’Église et de l’État entraîne le départ des religieuses.

Le Livre de Vie Active : c'est un manuscrit enluminé de la fin du , écrit par Jehan Henry (mort en 1483), proviseur de l'Hôtel-Dieu. Il est dédié à la sous-prieure Perenelle Hélène et s'adresse aux religieuses augustines de cet hôpital. Jehan Henry y exalte la vocation des religieuses soignantes, une façon de les rappeler à l'ordre à une époque où de graves problèmes d'autorité affectent l'Hôtel-Dieu. Empreint de spiritualité, le Livre de Vie Active est scandé d'allégories, tant dans le texte que dans les douze illustrations qui l'accompagnent, ce qui confère au manuscrit son unité particulière et son originalité.

Cette enluminure évoque une salle commune typiquement médiévale : plusieurs malades sont installés dans un même lit dans un souci de gain de place. En effet, par charité, on ne refuse à personne l'entrée de l'hôpital. Ce n'est qu'à ses derniers instants de vie que le malade peut être seul dans un lit. Au premier-plan, l'artiste a représenté les trois états de la vie de religieuse : postulante, novice et religieuse consacrée.

LAntiphonaire de La CharitéL'Antiphonaire de La Charité. : c'est un recueil de chants liturgiques datant du , composé de deux livres (un pour l'été, l'autre pour l'hiver) et décoré de nombreuses lettrines, vignettes, culs de lampe et illustrations en pleine page.

L’architecture et le décor des anciens bâtiments hospitaliers conservent la marque des origines religieuses.

L’iconographie tirée de l’Ancien ou du Nouveau Testament fournit une décoration abondante. Ainsi, le musée conserve dans ses collections Le Christ aux outragesLe Christ aux outrages. de Hendrick ter Brugghen, du début du , qui provient de la chapelle de l’ancien hôpital Beaujon, ainsi que Saint-Jean de Dieu lavant les pieds des malades issu de la chapelle de l’ancien hôpital de la Charité du .

Patrimoine social Les enfants trouvés vignette|Attribué à frère André, Saint-Vincent de Paul et les Dames de la charité ().