Le château de Montfort-sur-Risle est un ancien château fort, du , dont les vestiges se dressent sur le territoire de la commune française de Montfort-sur-Risle, dans le département de l'Eure, en région Normandie.

Le château, dont les vestiges sont accessibles librement toute l'année, est inscrit au titre des monuments historiques. Des travaux de restauration ont été entrepris par des bénévoles de l'association Chantiers Histoire et Architecture Médiévales. entre 2009 et 2011, puis 2016 et 2017.

Localisation alt=English: Château médiéval Anglo/Normand XIe/ XIIe contemporain de la période ducale. Inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, édifice implanté sur . Importants vestiges de tours, courtines, donjon, basses cours et fossés.|Château médiéval de Montfort-sur-Risle .|vignette|redresse=1.4 Les ruines du château sont situées en position dominante au nord-est au-dessus de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Montfort-sur-Risle, dans le département français l'Eure.

Implanté sur un éperon rocheux dominant le bourg de Montfort et la vallée de la Risle à près de d'altitude, le château forme un vaste ensemble d'une profondeur de et d'une largeur de . D'une superficie totale de , le site représente un emplacement particulièrement avantageux lui permettant de contrôler les voies terrestres menant de Pont-Audemer à Brionne et de Lieurey à Montfort. En outre, l'emplacement stratégique permet de prévenir tout danger en provenance du trafic fluvial et privilégie le contrôle de l'un des rares points de franchissement de la Risle aux .

 Historique Vers 980, Torsten de Bassebourg, premier possesseur des lieux attesté, reçut le domaine de Montfort. Portant le titre de vicomte, son nom provient du lieu-dit de Basse(m)bourg situé à la limite de Brucourt dans le Pays d'Auge dont il était originaire. Il donna naissance à , dit Hugues à la barbe, qui hérita du domaine.  édifia la forteresse de pierre dans sa première configuration. En 1039, il trouva la mort dans un combat contre Vauquelin de Ferrières à Plasnes près de Bernay. qui lui succéda était dévoué au duc Guillaume dont il était le connétable. Il l'accompagna dans la plupart de ses expéditions guerrières. En 1054, aux côtés de Guillaume, il remporte sur les Francs l'éclatante victoire de Mortemer. accompagne le duc Guillaume à Hastings en 1066 et se voit gratifié de répartis sur l’Angleterre. Il reçoit également l'honneur d'Haugley et se voit confier, avec Odon de Bayeux, la gestion de l'ensemble du comté de Kent. Ses deux fils de Montfort et de Montfort recevront respectivement les terres anglaises et les terres normandes. ne jouit pas longtemps du domaine de son père. Trouvant la mort en terre sainte lors des croisades, les possessions anglaises échouèrent à  excepté l'honneur d'Haugley qui sera la base de forts désaccords entre le futur roi d'Angleterre  et les Montfort.

, connétable héréditaire, s'illustra aux côtés de Guillaume le Roux, roi d'Angleterre. Sur son ordre, il s'empare de la tour du Mans et s'illustre brillamment à travers d'autres faits d'armes. Mais, en 1102, il abandonne le duc de Normandie au siège de Vignat et combat contre lui en 1106 à la bataille de Tinchebray. En l’absence de postérité, le domaine de Montfort revint à son neveu qui prit le nom de de Montfort. Il participa à la conspiration de la Croix-Saint-Leufroy en 1122 visant à élever au pouvoir Guillaume Cliton au détriment du roi ; il en résulta un fort ressentiment du roi Henri qui assiégea le château en 1122. En deux jours, le village est brûlé et la fortification est prise (munitio usque ad arcem capta est) jusqu'au donjon, dans lequel résistent des hommes de Montfort, commandés par Raoul de Gand. Henri fait venir des troupes du Cotentin et finalement les assiégés font la paix avec le roi.. Le château fut remis entre les mains de , beau frère de Hugues de Montfort, qui fut prisonnier du roi jusqu'en 1135.

Pendant trente six ans, Galéran occupa les lieux et fit réparer le château. Cependant de Montfort, fils aîné de reprit à Galéran en 1153 le château que ce dernier avait accaparé. possédait les trois honneurs de Coquainvilliers, Orbec et Montfort ; vingt-et-un chevaliers relevaient de lui pour l'honneur de Montfort, vingt-trois pour l'honneur de Coquainvillers et onze pour l'honneur d'Orbec, soit un total de cinquante-cinq chevaliers ce qui est considérable à l'époque.  mourut en 1179 et c'est de Montfort qui hérita du titre de sire de Montfort. Il est assez peu question de lui dans l'histoire sauf ce que rapportent les Rôles Normands ainsi que de sa participation au paiement de la rançon de Richard Cœur de Lion en 1195. À la suite de la prise de Château-Gaillard par le roi de France, le château de Montfort s'inscrivit dans la seconde ligne de défense du duché et devint ainsi une pièce maîtresse. , fidèle au duc de Normandie Jean sans Terre reçut de nouvelles faveurs.

Mais en 1203, disparaît des textes et il est fort probable qu'il perdit la vie lors d'un combat. Le château échut à Hugues de Gournay, qui abandonna Jean sans Terre en livrant Montfort aux troupes de Philippe Auguste. Par son importance stratégique, la forteresse fut reprise par le roi d'Angleterre qui la détruisit partiellement, démolissant les tours, démantelant les murailles, ruinant les chemins couverts, comblant le puits et démolissant les étages supérieurs du donjon. Aussi, quand les envoyés de Philippe Auguste vinrent reprendre possession de la forteresse, ils n'y trouvèrent plus que des ruines

En 1923, Robert Duquesne, érudit régional, écrivait : .

Description vignette|Château de Montfort, tour éperon. Présentation globale du site Le château se compose, au nord, d’un ouvrage avancé appelé communément le Grand Ber qui est entouré par un large fossé. Cet ouvrage semble apparenté à une basse-cour de dimensions modestes. Au centre, subsistent les vestiges d’une enceinte en pierre qui comprend, au nord et au sud, sept tours.

À l’intérieur de l’enceinte, placé au sud-ouest et assez loin de l’entrée, se distingue un donjon de forme rectangulaire. Une courtine l’isole de cet ensemble. Au sud, en direction du plateau, le château se termine par une vaste basse-cour entourée par un fossé et protégée par un rempart de terre lui-même renforcé parfois par un mur de pierres maçonnées.

Origine Les origines de l’édifice sont assez controversées. D'origine gallo-romaine pour Delphine Philippe-Lemaître ou d’origine franque par Alfred Canel, il n’en demeure pas moins que les vestiges subsistants semblent dater des .

construisit l’édifice dans la première moitié du , pendant la minorité de Guillaume le Bâtard dans un climat de lutte féodale., tout au moins l’enceinte de pierre dans sa configuration initiale et vraisemblablement la tour porte subsistante.

de Montfort, son arrière-petit-fils, l’améliora dans la première moitié du , ceci correspond vraisemblablement à la période de la conspiration de La Croix-Saint-Leufroy à laquelle avait participé le sire de Montfort. La construction du donjon et des tours d’angles et de flanquement correspond sans doute à cette période.

En l’état actuel des choses et des éléments connus, seule une campagne de fouilles archéologiques permettrait de clarifier la situation et l’origine du site castral.

Architecture et bâti  La forteresse, comprenant l’enceinte de pierre et les deux basses cours attenantes, présente une structure particulièrement remarquable.

La superficie de la haute cour représente à elle seule formant une courtine protégée par quatre tours d’angle, une tour-porte dite « Saint-Nicolas » et trois tours semi-circulaires.

Le donjon de et dont ne subsiste que le premier niveau est implanté au sud ouest de la haute cour. De forme rectangulaire, il présente des vestiges de contreforts plats aux angles et au milieu. Une chemise l’entoure encore partiellement et l’isole du reste de la haute-cour.

Les matériaux composant les maçonneries sont pour l’essentiel composés de silex à parements et de blocaille. Les arêtes et les soubassements révèlent un appareillage de pierre calcaire bien agencé.

Les structures de la poterne au niveau de la tour porte ont été relevées lors du sondage archéologique réalisé sous l’égide de Madame Claude Gilles en 1977 et 1978.

À noter à l’arrière du donjon, le mur de courtine réalisé en Opus spicatum témoignant d’un type de maçonnerie ancien mis en œuvre dès les .

L’enceinte maçonnée est ceinturée dans sa totalité par des fossés dont la profondeur atteint parfois alors que la largeur s’étend jusqu’à .

Les murs de courtines, épais de , atteignent une hauteur maximale de mais un remblai important interdit une lecture précise de leurs dimensions.

Lors des campagnes réalisées par l’association Chantiers histoire et Architecture Médiévales (C.H.A.M.) en 2009, 2010 et 2011, des modifications intervenues en plusieurs emplacements ont été clairement relevées faisant état de deux époques de constructions différentes.

Les parties sommitales ont été reprises rehaussant les murs de l’enceinte et un glacis a été ajouté sur l’extérieur des courtines. Ces deux éléments attestent un renforcement évident en vue d’une défense militaire accrue. Il en est de même pour les tours d’angles et la tour éperon dont l’implantation vient clairement s’ajouter dans un dispositif initial plus sommaire.

Ces modifications reflètent vraisemblablement les transformations effectuées par évoquées au gré des textes et faisant suite aux nécessités imposées par le conflit avec le roi d’Angleterre.

Différents récits ont évoqué deux périodes de construction pour le château.

En effet lors de la dernière campagne de l'association C.H.A.M., une archère, transformée puis modifiée en point de lumière, a été clairement identifiée en pleine courtine alors même que les tours de flanquement présentent des points de tirs plus efficaces. Il s'agirait donc des premières défenses réalisées avant les transformations évoquées ci-dessus.

Les campagnes de l'association C.H.A.M. ont permis de réparer et solidifier plusieurs ouvrages menacés et de les pérenniser.

La dévégétalisation commencée en 2003 par l'association Montfort Culture et Patrimoine a permis d'obtenir une lisibilité du site beaucoup plus probante. Différents éléments à destination de l'accueil du public ont été réalisés par l'association dont un préau d'accueil, des aires pique-nique et dernièrement un Jardin des Simples. Les médiévales qui se tiennent lors du premier week-end de septembre sont un instant privilégié à destination d'un public familial.

Protection Les ruines du château fort sont inscrites au titre des monuments historiques par arrêté du ..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Dictionnaire géographique, historique, industriel et commercial de toutes les communes de la France et de plus de en dépendant, 1845,

Liens externes

Plaquette du château Historique du château par l'Association Montfort Culture et Patrimoine

Montfort-sur-Risle Montfort-sur-Risle Montfort-sur-Risle Montfort-sur-Risle Catégorie:Monument historique en ruines en France Catégorie:Monument historique inscrit en 1937 Montfort-sur-Risle Catégorie:Eure au Moyen Âge