La signalisation routière désigne l’ensemble des signaux conventionnels implantés sur le domaine routier et destinés à assurer la sécurité des usagers de la route, soit en les informant des dangers et des prescriptions relatifs à la circulation ainsi que des éléments utiles à la prise de décisions, soit en leur indiquant les repères et équipements utiles à leurs déplacements. Elle comprend deux grands ensembles : la signalisation routière verticale, qui comprend les panneaux, les balises, les feux de signalisation (type gyrophare), les bornes et les feux tricolores et la signalisation routière horizontale, constituée des marquages au sol et des plots.

thumb|right|Exemple d'un panneau autoroutier en Suisse (Lugano). thumb|Signalisation directionnelle autoroutière en France.|alt= thumb|Signalisation routière horizontale, marquages zebracross.|alt=

Histoire Antiquité - Moyen Âge Bornes romaines, premiers équipements

Les bornes romaines ou bornes milliaires (du latin milliarum), bien que cela n'ait probablement pas été leur première fonction, peuvent être considérées comme les premiers équipements destinés à renseigner les usagers des voies carrossées et donc comme les premiers équipements de signalisation routière.

Elles étaient élevées non pas de mille en mille mais simplement pour rappeler les travaux d’entretien des voies romaines, ordonnés par l’Empereur ou placé sous son autorité. Elles portaient une inscription mentionnant le nom du magistrat, ou de l'empereur ayant fait réparer la route, ainsi que la date. Les bornes indiquaient en plus les distances à parcourir pour atteindre les villes les plus proches. Ces distances étaient portées selon des mesures variées : milles romains (environ tous les ), lieues gauloises, ou leurs subdivisions.

Bien que se rapprochant des panneaux routiers, il est toutefois peu probable que ce soit leur rôle premier, leur répartition ne correspondant pas nécessairement à cette fonction. Le rôle exact des bornes milliaires a fait l'objet de discussion. Elles assuraient incontestablement un rôle de représentation du pouvoir, dont elles manifestaient l'action.

Les coquilles du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle Les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle avaient pour coutume de rapporter puis de se voir remettre comme témoignage de leur voyage des coquilles de pectens, qu'ils fixaient à leur manteau ou à leur chapeau, d'où le nom de coquilles Saint-Jacques donné par la suite à ces mollusques. La coquille Saint-Jacques était le signe à l'issue du voyage que c'était un homme nouveau qui rentrait au pays. La coquille fut même gravée dans la pierre sur les frontons ou les chapiteaux des églises qui servaient d'étape aux pèlerinsVoir par exemple l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec..

Renaissance - Époque moderne : les bornes royales En France, sous Louis XV, à partir de 1745, de hautes bornes de pierre ornées d'une fleur de lys en bas-relief sont mises en place sur les routes royales. Elles sont implantées toutes les mille toises, soit une demi-lieue (lieue de Paris) ou environ . Beaucoup de ces bornes ont survécu jusqu'à nos jours. Les fleurs de lys ont été fréquemment martelées à la Révolution, quelquefois même remplacées par des symboles républicains comme le bonnet phrygien. Elles portent toujours un numéro d'ordre à partir de leur point d'origine.

Premiers poteaux indicateurs thumb|redresse=.5|, panneau indicateur anglais. C’est en Grande-Bretagne qu’apparaissent les premiers poteaux indicateurs, sous la forme de « ». Il s’agit de poteaux équipés de un ou plusieurs bras sur lesquels figurent les noms des directions à suivre. Ils ont été introduits dans la législation britannique en 1697 avec une loi qui autorise les magistrats à placer des poteaux indicateurs à l’intersection des routes. Toutefois, le plus vieux encore existant date de 1669. Il est situé près de Chipping Campden, dans le Gloucestershire. Il indique les directions de Oxford, Warwick, Gloucester and Worcester (abréviation de 'Gloster' et de 'Woster'). Le code des routes de 1766 impose les sur les routes à péage..

En Allemagne, une loi de 1704 décrit des poteaux indicateurs en forme de bras, similaires aux anglais.

Des poteaux indicateurs étaient assurément utilisés dans les autres pays dès le , mais ils ne furent légalisés que beaucoup plus tard. Ainsi en France, le premier document ancien donnant un descriptif de ces poteaux date du , il s’agit d’une circulaire fixant les dimensions des poteaux indicateurs.

Premiers feux de signalisation : bras sémaphoriques et lampes à gaz (1868) vignette|redresse=0.7|Un sémaphore routier à Westminster (Londres) (1869). Les premiers feux de signalisation en Grande-Bretagne (et même dans le monde) ont été installés devant le Parlement britannique le . Ils utilisaient la technologie de signalisation ferroviaire de l'époque : des bras sémaphoriques pour la journée et des lampes à gaz vertes ou rouges pour la nuit. Mais un dispositif explose en 1896, blessant le policier qui l'actionnait.

Années 1900-1910 Premiers panneaux de signalisation à symboles (1902 - 1909) Avec l’apparition de l’automobile, apparaissent dès 1900 des panneaux de prescription communs aux automobilistes et aux cyclistes avec les textes « Allure modérée » ou « Ralentir » en France ou « Kraftwagen schritt » (« Roulez au pas ») ou « Kraftwagen Vorsicht » (« attention danger ») en Allemagne. De nombreuses initiatives voient alors le jour, grâce notamment à l'action de certaines associations, des touring-clubs, ainsi que des fabricants de pneumatiques Michelin et Dunlop. Les premiers signaux de routes à symboles modernes sont créés en France en 1902 par l’Association générale automobile, association fondée en 1895. En haut du panneau figurait le créateur du signal, et en bas à gauche, celui du partenaire financier nommé par la phrase « Don de … »Marina Duhamel, Un demi-siècle de signalisation routière en France 1894-1946, AMC Éditions Presses de l’École nationale des Ponts et chaussées, 1994 , page 18cf. Brève histoire de la signalisation routière en France et dans le monde - Jacques Nouvier et Marina Duhamel – sur le site de l’AIPCR

La première tentative d'unification internationale eut lieu à l’occasion de la conférence diplomatique internationale de Genève du . Quatre signaux d’obstacles sous la forme de plaques rondes, pour les distinguer des plaques rectangulaires de direction, font l’objet d’un consensus : un cassis à double bosse, une succession de virages en Z, un passage à niveau avec barrière et un croisement en X.

Premiers feux de signalisation électrique (États-Unis : 1914, France : 1923, Grande-Bretagne : 1926) Les premiers feux de signalisation électriques « stop-go » sont installés en à Cleveland, dans l'Ohio, et les premiers feux tricolores à Détroit en 1919. En 1922, les premiers feux de signalisation synchronisés électriquement sont installés à Houston. En France, le premier feu rouge est inauguré à Paris le , mais, selon Le Petit Parisien il s'agit d'un « gros phare automobile où sur un verre dépoli se détache le mot Halte! en lettres rouges ». En Grande-Bretagne, les feux de signalisation tricolores à commande manuelle sont utilisés pour la première fois à Piccadilly, Londres, en 1926, tandis que les feux de signalisation automatiques font leur première apparition à titre expérimental à Princes Square, Wolverhampton, en . Ils deviennent permanents à partir de 1930.

Années 1920 Au début des années 1920, des représentants du Wisconsin, du Minnesota et de l'Indiana proposent une première uniformisation des panneaux et des marquages routiers. En 1924, la première conférence nationale sur la sécurité routière (NCSHS) améliore les efforts précédents et propose de normaliser les couleurs des dispositifs de contrôle de la circulation. L'Association américaine des responsables des autoroutes d'État (AASHO, aujourd'hui AASHTO) pousse les efforts antérieurs d'harmonisation un peu plus loin en publiant un rapport qui sert de base au premier guide publié en 1927, intitulé « Manuel et spécifications pour la fabrication, l'affichage et l'installation des panneaux et balises routiers standard américains ». Cependant, ce manuel ne traite que de l'utilisation et de la conception des panneaux sur les routes rurales.

Années 1930 : début d'harmonisation de la signalisation États-Unis : naissance du MUTCD (1935) À la suite d'une enquête nationale sur les dispositifs de contrôle de la circulation existants, le NCSHS publie en 1930 le « Manual on Street Traffic Signs, Signals, and Markings » (Manuel sur les panneaux, feux et marquages routiers) afin de traiter des dispositifs de contrôle de la circulation urbaine. Ce manuel correspondait au manuel rural de l'AASHO, à l'exception du fait qu'il traitait également des feux de signalisation, des marquages au sol et des zones de sécurité. En matière de marquage, sont émises qui concernent les quatre domaines suivants : les lignes sur la chaussée, les couleurs des marques, les mots sur la chaussée ou les bordures et les hachures ou carreaux en damier sur les obstacles, ..

Pour éviter la confusion entre les deux manuels (rural et urbain), l'AASHO et le NCSHS forment le premier comité mixte sur les dispositifs uniformes de contrôle de la circulation qui aboutit à la publication en 1935 de la édition du Manual on Uniform Traffic Control Devices (MUTCD) qui devient le le seul référentiel national. Il définit, entre autres, certaines marques. Par exemple, les lignes médianes n'étaient obligatoires qu'à l'approche des crêtes de collines offrant une visibilité inférieure à , des virages à rayon court, des virages à visibilité réduite ou des chaussées de plus de de large. Les couleurs acceptables pour les lignes médianes étaient le blanc, le jaune ou le noir, selon celle qui offrait le meilleur contraste, ..

International : convention de 1931 Du 20 au , le comité permanent de la circulation routière à la Société des Nations se réunit à Paris pour étudier les nouvelles règles importantes en matière de signalisation routière. Notamment quatre panneaux de danger créés et utilisés depuis 1909 passent définitivement de la forme du disque à celle du triangle. Mais les discussions ne portent pas sur le marques routières. Et la convention internationale qui en découle et qui est signée le et ratifiée par la France le ne comporte elle-non plus aucune recommandation concernant les marques routières.

Années 1940 : contexte de guerre et harmonisation internationale avortée États-Unis : édition du MUTCD en 1948