Paul Biva, né le à Montmartre, et mort le à Avon (Seine-et-Marne) est un peintre français.
Biographie Paul Biva et son frère aîné Henri Biva (et wikipédia anglophone Henri Biva) (1848-1929, Paris) sont issus d’une famille originaire d’Alsace et des Grisons. Leur père, Charles Biva (1821, Mulhouse – 1884, Paris) est dessinateur. En 1845 ce dernier s’établit à Montmartre où il crée un atelier de dessin industriel qui produit des motifs pour tissu, papier peint, etc. Le premier apprentissage et les premiers travaux des deux frères Biva sont de dessiner pour l’entreprise familiale. La délicatesse et la sûreté des traits, des couleurs, des compositions des bouquets de fleurs et des natures mortes de Paul Biva viennent en partie de cette formation particulière, qui s’inscrit aussi dans le contexte artistique du Montmartre de l’époque. Également paysagiste, Paul Biva fut élève de Camille Corot.
Outre le poids du travail pour l’entreprise familiale, Paul Biva est incorporé en 1870 dans la Garde Nationale pour un service militaire obligatoire, au cours d’une période politique et sociale difficile : la guerre vient de prendre fin, la période insurrectionnelle de la Commune de Paris s’ouvreJournal Officiel de la Commune de Paris.
Après le Salon de 1878, Paul Biva expose pratiquement sans discontinuer au Salon des artistes français jusqu’en 1901, et dans de nombreux autres salons à Paris et en Province.
Œuvre Son héritage artistique mêle la tradition baroque des natures mortes hollandaises, la simplicité de Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779), redécouvert un peu plus tôt par le milieu artistique, et l’énergie des peintres réalistes après la biennale du Salon de 1850. Par la suite Paul Biva sera sensible au mouvement impressionniste des années 1870Janet Whitmore, article « Paul Biva ».
L’influence de l’environnement spécifique de Montmartre joue également, comme l'exprime André RoussardAndré Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, aux et siècle, Montmartre, mars 1999. :
De sa première exposition au Salon des artistes français de 1878 jusqu’à sa mort, les œuvres de Paul Biva ont toujours été reconnues et appréciées du public et des critiques, comme en témoignent les articles commentant les nombreuses expositions auxquelles il participe.
Ses sujets de prédilection sont les fleurs, et tout particulièrement les roses et les pivoines. Le coloriste sait faire jouer la lumière sur des corolles subtilement nuancées, utiliser des contrastes vigoureux mettant en relief les teintes expressives de ses fleurs. (Bulletin des Sociétés artistiques de l’est, 1900En ligne.)
À côté de son œuvre peint, le talent de dessinateur de Paul Biva se révèle aussi dans les dessins reproduisant ses tableaux qu’il réalise pour le catalogue illustré du Salon des artistes françaisCatalogue Illustré du Salon des Artistes Français, années 1878 à 1901.
La famille Biva
La littérature critique mêle souvent les deux frères, l’œuvre de Paul étant parfois assimilée à celle d'Henri Biva, l’aîné ayant eu une vie plus longue de 30 années, et une production plus abondante de ce fait. La « Causerie » de Jacques Mauprat dans le Progrès Illustré du Jacques Mauprat, « Causerie », dans Le Progrès Illustré du 18 février 1894., mentionne les exposées au Salon Lyonnais, et en 1993, Élisabeth Hardouin-Fugier et Étienne Grafe, dans leur ouvrage Les Peintres de Fleurs en France, de Redouté à RedonÉlisabeth Hardouin-Fugier et Étienne Grafe, Les Peintres de Fleurs en France, de Redouté à Redon, Éditions de l’Amateur, 1993, 177, 199, 240, 248, 304, 315, 349., mentionnent à plusieurs reprises « Biva » sans préciser lequel, bien que plusieurs de leurs tableaux, soient reproduits dans leur livre. Or l’œuvre des chacun des deux frères s'est progressivement différenciée.
Si Paul Biva, en 1873, très jeune et influencé par le goût de l’époque pour les scènes de genre et les paysages, choisit de peindre des paysages qui peuvent évoquer ceux de Camille Corot, il va par la suite explorer d'autres voies et d'autres sujets.
À Paul donc, les fleurs de plus en plus expressives, vigoureuses tout en étant délicates et pleines de fraîcheur, à Henri, les sous-bois et étangs minutieux aux éclairages recherchésJanet Whitmore, article « Henri Biva ».. Mais il est certain qu’une histoire artistique familiale commune est sensible, qui perdurera chez leurs proches et leurs descendants. L’épouse de Paul Biva, Julienne Jouatte, nièce du peintre Alphonse Jouatte (1827-1892), exposera aussi au Salon en 1883 une Nature morte aux fruitsCatalogue Illustré du Salon des Artistes Français, année 1883..
Leur fille, Jeanne Biva, élève de Victor Marec et de Paul Biva, fit partie de la première classe mixte à l’École des beaux-arts de Paris en 1897Denise Noël, Les femmes peintres dans la seconde moitié du , Clio Histoireˏ femmes et sociétés , où elle eut William Bouguereau comme professeur. Elle expose des pastels au Salon des artistes français en 1908 (Boules de neige), 1910 (Boules de neige et muguet), 1912 (Renoncules) et 1913 (Anémones)Catalogue Illustré du Salon des Artistes Français, années 1908, 1910, 1912, 1913..
Leur petite-fille, Huguette Graux-Berthoux (1917-2003)Huguette Graux-Berthoux sur le site amlaures.chez.com étudiera à l'École de dessin de Suzanne et Gigi Coutant, puis à l'École des beaux-arts de Paris, et exposera au Salon des artistes français et dans de nombreux Salons à Paris et en province.
Le fils d’Henri Biva, Lucien Biva (1878-1965), peintre à son tour, émigra aux États-Unis en 1919 où il prit la nationalité américaine.
Charles Biva, Henri Biva, Paul Biva, Julienne Jouatte, Lucien Biva et Huguette Berthoux-Graux sont mentionnés dans le Dictionnaire Bénézit.
Galerie
Musées Le matin à Villeneuve l’Étang, avant 1873, musée des beaux-arts de Troyes Roses, 1889, musée Gétraud, Barbezieux-Saint-Hilaire (Charente) Corbeille de Pivoines, avant 1892, musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc Les Roses, Salon de 1896, musée des beaux-arts de DijonMagnin Jeanne, La peinture au Musée de Dijon, 1929,page 90. Les Pavots, Salon des artistes français de 1898, musée des beaux-arts et d'archéologie Joseph-Déchelette, Roanne Pivoines, mairie d’Isdes, (Loiret) Dahlias, musée des beaux-arts d'Angoulême
Des œuvres de Paul Biva sont également conservées au Château de Dieppe, au musée des beaux-arts de Rouen et au musée des beaux-arts de Tourcoing.
Salons Salon des artistes français
Expositions Le Chemin en campagne, dans l'exposition « Maîtres et petits Maîtres du », Galerie René Drouin, Paris, .
Bibliographie Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Vol. II, 356 Peintres de Fleurs en France, de Redouté à Redon, Éditions de l’Amateur, 1993, 177, 199, 240, 248, 304, 315, 349 Lydia Harambourg, Dictionnaire des peintres paysagistes français du , Ides et Calendes, 1985, 60
Notes et références
Catégorie:Peintre français du XIXe siècle Catégorie:Peintre paysagiste français Catégorie:Peintre floral français Catégorie:Naissance en septembre 1851 Catégorie:Naissance dans le département de la Seine Catégorie:Décès en juin 1900 Catégorie:Décès à Avon (Seine-et-Marne) Catégorie:Décès à 48 ans