L'église Saint-Laurent est une église catholique située dans la commune d'Illats, dans le département de la Gironde, en France.
Localisation L'église se trouve au centre du bourg d'Illats, à proximité de la mairie.
Historique
L'église Saint-Laurent est située sur une des voies des Chemins de Compostelle (Lou Laussat ou Lou camin Gallian) menant à Saint-Jacques-de-Compostelle et le second patron de la paroisse est saint Roch, qui est figuré sur l'un des vitraux de l'abside en habit de pèlerin de Compostelle.
La construction de l'édifice, dédié à saint Laurent, fut commencée avec le sanctuaire à la limite du et du . Cependant, des fouilles en 2007 dans son entourage immédiat ont révélé la présence de sépultures très anciennes, d’époque mérovingienne du ou , ce qui suggère que l'église est bâtie sur un ancien édifice religieux.
La nef et portail étaient construits à la limite du et du ; Au , lors de Guerres de religion, l'abside fut rehaussée avec un chemin de garde. Le bras sud du transept est du ; le bras nord de la première moitié du ; La chapelle des fonts baptismaux et sa symétrique datent du milieu du .
Depuis 1830, l’église n’est plus entourée de son cimetière, transféré, avec sa croix, à l’écart du village.
Le portail de l'église a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du et l'église en totalité par arrêté du .
Extérieur de l'église
La façade occidentale de l'église est ornée d'un portail roman à claveaux sculptés. Cette façade est surmontée d'un grand pignon percé de deux baies pour deux cloches.
L'abside, également romane, est dépourvue de chapiteaux sculptés et de modillons, comme les murs extérieurs de la nef et du transept.
Au deux petites chapelles ont été ajoutées au nord et au sud de la nef.
Portail
La porte en plein cintre est surmonté d'une voussure également en plein cintre, appareillée à cinq rouleaux à ressauts délardés et une archivolte retombant sur quatre piliers par le biais d'impostes et sur huit colonnes par le biais de huit chapiteaux.
L'arc de la porte est orné d'une frise de losanges. Le décor des voussures :
Les chapiteaux du portail sont constitués d'un astragale, d'une corbeille et d'un tailloir ; ceux des colonnes extérieures recevant l'archivolte sont en fait constitués par le tambour supérieur de la colonne. Le bandeau formant tailloirs et impostes présente des entrelacs aux motifs variés (entrelacs type vannerie, entrelacs à feuillage) ; certains angles saillants portent des têtes humaines ou des masques.
Ébrasement nord
Sur l'ébrasement nord il ne reste que quatre sculptures romanes lisibles : N°1 : Retombée sur une tête humaine sur entrelacs ; N°3 : Retombée sur tête humaine sur entrelacs ; N°4 : Corbeille de feuillages et tailloir d'entrelacs, type vannerie ; N°6 : Sur le troisième chapiteau, un animal bicorporé (une tête et deux corps), aux pattes griffues et queue redressée et fleurdelisée, sur la corbeille. Le tailloir est décoré avec un entrelacs, type vannerie.
Ébrasement sud
Sur l'ébrasement sud il reste cinq sculptures romanes qui sont toujours lisibles :
N°1 : Retombée sur tête humaine entre deux volutes ; N°2 : Sur le premier chapiteau, une tête (?) entre animaux adossés et un masque et entrelacs à feuillage sur le tailloir ; N°3 : Retombée sur une tête d'un félidé, au-dessus d'un autre animal renversé ; N°4 : Retombée sur le deuxième chapiteau avec un homme debout entre deux quadrupèdes aux pattes griffues, peut-être des lions. Sur le tailloir, entrelacs à palmettes à gauche et entrelacs type vannerie à droite ; N°5 : Retombée sur le troisième chapiteau avec entrelacs à agrafes et entrelacs à feuillage ou palmette sur le tailloir. Le contrefort nord Sur le contrefort nord de la façade occidentale se trouve une pierre sculptée avec un entrelacs classique. Cette pierre, dont les dimensions ne correspondent pas aux dimensions des autres pierres sculptées dans l'église, est un peu mystérieuse. Peut-être, simplement, lors de la construction ou la restauration du contrefort, le maçon avait une pierre de la bonne dimension « sous la main » et il l'a utilisée en exposant la face sculptée ?
Intérieur de l'église
Après le portail, percé dans le mur pignon de façade qui supporte le clocher, l'édifice s'ouvre sur un narthex créé par la tribune, suivi par une longue nef unique.
Immédiatement après le narthex, à droite et à gauche, deux petites chapelles latérales ont été ajoutées à l'édifice au milieu du . La chapelle au nord abrite les fonts baptismaux. Le bras nord du transept abrite une chapelle consacrée à la Vierge et celui du sud, une chapelle consacrée au Sacré-cœur. La nef est terminée par un petit chœur et une abside en hémicycle.
La nef et croisée de transept sont couvertes d'une fausse voûte d'ogives. L'abside est voûtée en cul-de-four et le chœur voûté en berceau brisé. Les bras du transept sont voûtés d'ogives.
Le sanctuaire abrite le maître-autel et un retable du .
Chapiteaux romans
Il y a huit chapiteaux romans dans l'église. Les quatre chapiteaux les plus anciens se trouvent dans le chœur. Ils datent de la fin du ou du début du et sont inscrits à l'Inventaire général du patrimoine culturel.
Les deux chapiteaux de l'arc triomphal et les deux chapiteaux de la nef, qui datent de la fin du - début du , sont également inscrits à l'Inventaire générale du patrimoine culturel.
Chapiteaux du chœur
Les chapiteaux, qui ont tous la même structure (astragale torique, corbeille et tailloir chanfreiné) sont assez érodés. Chapiteau N°1 : tête humaine à chaque angle de la face principale. Entre les deux têtes se trouve une feuille (de figue ?), le seul décor. Chapiteau N°2 : deux masques aux angles de la corbeille et un décor très sommaire sur la face principale. Chapiteau N°3 : la corbeille est formée par un buste d'homme, en haut relief, qui soutient le tailloir. C'est un Atlante. Chapiteau N°4 : volutes en crosse aux angles de la face principale et feuille de choux entre les deux.
Les chapiteaux de l'arc triomphal
Les chapiteaux de l'arc triomphal représentent le Jugement dernier (au nord) et le Martyre de Saint-Laurent (au sud).
Le Jugement dernier : Le tailleur d'image a sculpté la Pesée des âmes et la Résurrection des morts. L'archange saint Michel tient une balance, et une âme, représentée par un homme nu, est agenouillée devant lui. Le diable, coiffé d'un turban orné d'une plume, a déjà saisi l'homme par les cheveux ; mais la balance que tient saint Michel penche du bon côté, et diable et serpent sont évincés pour cette fois-ci.
La Résurrection des morts est représentée sur les faces latérales par quatre anges, tenant chacun un livre, qui soufflent dans un olifant. La partie basse de ces mêmes faces évoque la Séparation des élus et des damnés : Au-dessus de l'astragale, six morts représentés par des têtes humaines seulement, sortent de terre ; un serpent enlace de ses replis le cou de quatre d'entre eux.
Le martyre de saint Laurent, patron de l'église : Au milieu de la face principale de la corbeille se trouve le Saint, les pieds et les mains liés, étendu sur le gril sous lequel brûlent des charbons. Derrière lui, le préfet de Rome ordonne le supplice pendant que deux bourreaux s'acharnent à augmenter les douleurs du martyr, celui de gauche en le frappant avec une hache énorme, celui de droite en activant le feu au moyen d'un soufflet. Un dessin de Léo Drouyn montre, à la fois, les trois faces de la corbeille.
Les chapiteaux de la nef
Chapiteau n° 7 : La Vierge à l'Enfant, tient sur ses genoux l'Enfant-Jésus dont la tête est surmontée d'une petite croix. Jésus, au lieu de bénir, tient ses deux bras légèrement écartés du corps et ses deux mains ouvertes. Le trône de Marie est entouré de grandes feuilles lancéolées. Des étoiles garnissent le fond du tableau, et des raisins pendent aux angles du tailloir. Sur les deux faces latérales, un décor de feuilles elliptiques et spatulées. La pose de la Sainte-Vierge est remarquablement solennelle, mais la sculpture est assez grossière.
Chapiteau n° 8 : décor de feuillage aux tiges entrecroisées.
Vitraux Les six vitraux de l'abside et la nef sont l’œuvre de Louis-Victor Gesta, maître-verrier à Toulouse. Les quatre verrières de la nef et deux verrières de l'abside sont inscrites à l'Inventaire Générale du Patrimoine Culturel. Les deux vitraux des chapelles sont de simples formes géométriques.
Verrières de l'abside Saint Laurent diacre. saint Roch de Montpellier.
Verrières de la nef
Immaculée Conception et sainte Anne. Saint Jean-Baptiste et saint Joseph. Saint Paul et saint Pierre. Sainte Marthe et sainte Élisabeth de Hongrie.
Mobilier
Autels et retables
L'église possède un autel-maître et deux autels secondaires. Les trois autels datent de la fin du . L'autel-maître, son retable et les deux autels secondaires, leurs retables et le tabernacle de l'autel du sud, sont inscrits à l'Inventaire général.
Maître-autel : L'autel de marbre blanc est plaqué sur une structure de briques et de ciment et placé sur un degré de trois marches. La face de l' autel est ornée d'une arcature aveugle formée de cinq arcs en plein cintre reposant sur six colonnettes de marbre rouge. Les figures ainsi que les chapiteaux et les bases des colonnettes sont peut-être en terre cuite. La table d'autel est en calcaire ou en pierre reconstituée, la pierre d'autel est en marbre blanc avec un sceau de cire rouge. Les gradins et le tabernacle sont en marbre blanc, les colonnettes du tabernacle en marbre rouge, la porte en chêne et son décor rapporté en métal.
Sous les arcs de la face de l'autel : le Bon Pasteur avec l'Agneau sur l'avant-bras, gauche au centre et entouré des Évangélistes tenant un parchemin de la main gauche, leur symbole à leurs pieds : saint Luc et saint Jean à gauche, saint Marc et saint Matthieu à droite. La porte du tabernacle, surmontée d'un chrisme entre l'alpha et l'oméga, est ornée d'une croix au décor de perles.
Retable du maître autel : L'entablement porte un décor de rosaces, d'entrelacs, de denticules et de modillons. Le tableau de la contre-table est surmonté de la colombe du Saint Esprit sur une nuée rayonnante et encadré de chutes de fleurs et fruits. Le couronnement de la partie centrale présente Dieu le père tenant le globe surmonté d'une croix dans la main gauche, la main droite levée, sur une nuée peuplée d'angelots ; au-dessus, une colombe, également sur une nuée, est inscrite dans le fronton surmonté d'une corbeille à fleur encadrée de pots à feu. Chaque aile, délimitée par deux colonnes torses à base moulurée et chapiteau corinthien et ornées de pampres, possède en partie médiane une niche, avec console (aigle de saint Jean à gauche, lion de saint Marc à droite), surmontée d'un angelot avec guirlande ; le couronnement est composé d'un fronton surmonté de deux anges présentant une couronne, placés de part et d'autre d'un pot à fruit (vase Médicis), et encadrés de pots à feu. Le retable a été réalisé entre 1691 et 1738. Le tableau et le cadre ont probablement été ajoutés vers 1760. Le tabernacle du déposé dans la chapelle sud était probablement celui du maître-autel de l'époque.
Autel de la Vierge : La face de l'autel de la Vierge est ornée d'un quadrilobe en creux portant une Vierge assise sur un trône et tenant sur ses genoux une roue pommetée à six rayons, une colombe figurant au centre et sur chaque pommette ; des rinceaux avec pommes de pin, gravés et dorés, encadrent le quadrilobe et décorent le gradin et le tabernacle. Le monogramme MA est gravé sur la porte du tabernacle.