La Rize (ou plus rarement, surtout au , la Rise) est un cours d'eau français, affluent du Rhône, situé dans la Métropole de Lyon, en région Auvergne-Rhône-Alpes, et qui traverse les communes de Décines-Charpieu, Vaulx-en-Velin, Villeurbanne et Lyon ( et arrondissements).
Modeste ruisseau à l'hydrologie complexe, issu de résurgences et de diffluences du Rhône, et dont le cours suit vraisemblablement le tracé du Rhône après la glaciation de Würm, la Rize émerge au nord de l'actuelle commune de Décines-Charpieu, à la limite méridionale de l'actuel Grand Parc de Miribel-Jonage, et irrigue historiquement une partie de l'est de l'agglomération lyonnaise, avant de rejoindre le Rhône en rive gauche, à Lyon.
S'écoulant intégralement à l'air libre jusqu'au , la Rize est coupée en deux par la mise en service du canal de Jonage dans les années 1890. En outre, elle est progressivement mise en égout ou asséchée voire supprimée sur la quasi-totalité de son cours aval, après le canal, sur le territoire de Villeurbanne et Lyon, entre les années 1850 et les années 1970, dans un contexte d'intense urbanisation et de développement industriel occasionnant une dégradation sensible du milieu naturel. Un affluent de ce cours d'eau, la Risette, a également disparu.
Au début du , seule une portion restreinte mais en partie remaniée de la Rize demeure à l'air libre, dans sa partie amont, au nord du canal de Jonage, sur les communes de Décines-Charpieu et Vaulx-en-Velin. Quelques rares traces paysagères indirectes en aval, et plusieurs initiatives de valorisation patrimoniale entretiennent la présence de la Rize dans le paysage contemporain, et des projets de restauration partielle initiés depuis les années 1990 visent à en restituer la qualité écologique.
Hydronymie Pour expliquer le nom de la Rize, le poète de langue franco-provençale du Guillaume Roquille propose un rapprochement avec le terme lyonnais risa (« petit ruisseau »), peut-être dérivé d'un mot burgonde signifiant la même chose..
Le terme risa est présenté dans le glossaire des termes toponymiques dialectaux, proposé par la Commission nationale de toponymie, comme un hydronyme synonyme de « petit ruisseau d'eau courante », en usage en région lyonnaise..
Hydrographie Cartographie center|800px|Carte du cours de la Rize.
Généralités L'IGN attribue de longueur à la Rize. L'étude hydromorphologique menée en 2016 sur la Rize évalue sa longueur à , en faisant commencer son cours au niveau du coude des Terres Noires, et non à la Petite Camargue. Ces mesures ne s'appliquent qu'à la Rize à l'air libre, située sur la rive droite du canal de Jonage, entre Décines-Charpieu et Villeurbanne.
La pente de la Rize, extrêmement faible, oscille entre et .
« Sources » vignette|Habitations de la Petite Camargue. vignette|Premier pont répertorié sur la Rize, au niveau du lieu-dit la Petite Camargue (chemin de Cornalon). De nos jours, on estime par convention que la Rize naît dans le secteur de La Petite Camargue, un hameau situé sur la commune de Décines-Charpieu, à proximité immédiate du lac des Simondières, qui constitue l'un des plans d'eau formant l'ensemble lacustre du Grand Parc de Miribel-Jonage, créé dans les années 1970. Cette localisation, sans être fausse, est incomplète.
Le ruisseau sourd initialement des marais situés au nord des communes de Décines, Vaulx-en-Velin et Villeurbanne. Il s'agit en vérité en partie de la résurgence d'un bras détaché du Rhône., dont le cours a été grandement modifié au cours de l'histoire, notamment en raison de crues récurrentes., dans la section séparant la Côtière au nord du pays du Velin au sud.
Jean Moussa définit la Rize comme résultant des résurgences issues des importants dépôts morainiques de graviers argileux issus des glaciations successives dans la région (Mindel, et surtout Riss et Würm, la constitution des dépôts formant les Balmes viennoises, au pied desquelles la Rize émerge, étant précisément attribuée à la glaciation de Riss) ; aussi ne parle-t-il pas de la « source » de la Rize mais de son « apparition ».. Alimentée en grande partie par la nappe souterraine, la Rize peut être qualifiée de « cours d'eau phréatique »Le Comité national français des sciences Hydrologiques (CNFSH) définit la « rivière phréatique » comme un « cours d'eau dont le débit provient majoritairement de la nappe phréatique qu'il draine »., pour sa partie orientale tout du moins. Cette situation rapproche la Rize du Loiret, essentiellement nourri d'eaux résurgentes de la Loire. Dans sa partie occidentale (Vaulx-en-Velin), la Rize semble alimenter la nappe en retour.
Le cours de la Rize prend place dans le cours du Rhône à l'époque de la fonte post-würmienne, avant son déplacement vers l'ouest, la Côtière et la Croix-Rousse.. Philibert Russo et Amable Audin qualifient la Rize de « bras préhistorique » du Rhône, avant que ce dernier ne migre vers le nord-ouest après la glaciation de Würm.. Ce bras longe les Balmes viennoises, sur sa rive gauche, dont le relief se remarque encore de nos jours dans la déclivité marquée du terrain au sud de Villeurbanne, entre Cusset et Montchat. Les mêmes auteurs esquissent un cours ancien de la Rize plongeant dans le Rhône au pied de l'actuelle montée de Choulans, la confluence Rhône-Saône s'effectuait en amont de l'actuelle presqu'île. De nouvelles recherches menées ultérieurement laissent à penser que la Rize s'est aussi établie aux environs du dans un lit que le Rhône a utilisé au Néolithique moyen..
vignette|gauche|Pont sur la Bletta, entre les Allivoz et les Simondières, à environ à l'est du début du cours de la Rize. L'émergence de la Rize se fait donc dans un contexte hydrologique complexe, marécageux, marqué par la présence de plusieurs autres cours d'eau de même régime, comme le Rizan, la Bletta (ou ruisseau du Gua). ou le ruisseau du Plat (ou Plan), auxquels elle est connectée par des fossés aléatoirement en eau. Dans les faits, le cours d'eau émane donc de plusieurs « sources », dont une autre était probablement située au niveau du réservoir du Grand-Large avant sa création dans les années 1890.. La carte d'état-major de 1866, quant à elle, présente la Rize comme étant en outre parallèlement alimentée par des ruisseaux dérivant directement du Rhône dans le secteur de Jonage, et non seulement des résurgences.
Sur les cartes du , aucune source de la Rize n'est d'ailleurs mentionnée, l'amont du cours d'eau étant présenté en connexion directe avec le ruisseau du Gua (lui-même connecté au lac des Eaux Bleues au nord), la jonction se faisant entre Les Simondières et La Petite Camargue, à une altitude d'environ , et à à l'est-nord-est du bourg de Vaulx-en-Velin. Le ruisseau du Gua, qui dessert le moulin de Cheyssin, est d'ailleurs parfois présenté comme lieu de naissance de la Rize.. À cet égard, la Rize peut aujourd'hui être qualifiée de cours d'eau « sans source » du point de vue hydrologique..
Cours amont Tout au long de son cours amont historique, la Rize s'alimente d'autres résurgences. Son cours amont, essentiellement à l'air libre, concerne les communes de Décines, Vaulx et de façon très marginale, Villeurbanne.
Décines-Charpieu La Rize chemine d'abord vers le sud, parallèle à la rue Claude-Monet, puis la rue Auguste-Rodin dont elle est distante d'une cinquantaine de mètres en moyenne. Elle longe ainsi l'arrière des parcelles résidentielles qui donnent sur ces deux rues, tandis qu'elle est bordée sur sa gauche par une vaste parcelle agricole, donnant d'autre part sur l'ancien moulin de Cheyssin. Dans le secteur des Terres Noires, après environ de cheminement, elle bifurque brutalement vers le sud-ouest, à seulement du réservoir du Grand-Large, qu'elle longe ensuite sans jamais s'en approcher à moins de , et emprunte un tracé creusé au .
Le ruisseau est dès lors longé en rive droite par la promenade de la Rize, aménagée pour la promenade à pied ou à vélo. Deux passerelles pédestres permettant d'atteindre la rive gauche (passerelle des Platanes, passerelle des Bouleaux) apparaissent abandonnées au début des années 2020. La Rize est ensuite traversée par un premier petit pont routier, au niveau du chemin des Cent-Écus, qui permet d'accéder au contre-canal de Jonage. La Rize passe ensuite sous la RN 346 (« rocade Est de Lyon »), et est alors traversée par deux nouveaux franchissements, dont l'un est routier (extrémité de la rue Claude-Monet). Le cours d'eau est ensuite suivi par le chemin de la Rize, borde le champ de captage d'eau potable de la Rubina avant d'être à nouveau croisé par une route carrossable, la route de Vaulx.
Après la route de Vaulx, la suite de son parcours décinois se fait dans un contexte périurbain (secteur des Jonchères) marqué par le maintien d'une ripisylve et l'aménagement de chemins piétonniers de part et d'autre (chemin de la Rize en rive droite et promenade de l'Ondine en rive gauche), reliés par un gué, puis deux passerelles (passerelle de l'Ondine, passerelle des Noyers). Au niveau du lieu-dit Sous Rattier, la Rize entre dans sa première portion busée, longue de , qui la fait longer une allée en impasse (chemin du Mas Sous Rattier) et le sud de la zone industrielle de la Rize, puis traverser la route reliant Vaulx-en-Velin à Bron et qui se divise ici en deux traversées du canal de Jonage : le pont de la Sucrerie et le pont de la Soie.
Vaulx-en-Velin La Rize entre dès lors sur le territoire de Vaulx-en-Velin, après un parcours d'environ . Rejointe par le contre-canal du canal de Jonage au-delà du Pont de la Sucrerie, elle poursuit son chemin vers l'ouest en bordant les quartiers urbanisés et résidentiels de Vernay et du Pont des Planches ainsi que la zone artisanale de la Rize, dans l'axe de l'avenue Grandclément, qui longe sa rive droite. La rive gauche est aménagée pour la promenade. Plusieurs passerelles piétonnes franchissent successivement le ruisseau sur une portion longue d'environ (passerelle du Déjeuner-sur-l'Herbe, des Promeneurs, des Sportifs, des Artistes et des Jardiniers). La rive gauche abrite un parcours sportif sur la prairie humide qui sépare la Rize du canal.
Exutoires dans le canal de Jonage Le ruisseau poursuit plein ouest pour rejoindre le canal de Jonage en passant une écluse, juste avant le pont de Cusset et après avoir effectué ses 50 derniers mètres sur le territoire de Villeurbanne. Les eaux de la Rize rejoignent ici celles du Rhône.
À ce premier exutoire s'ajoutent deux autres issues : l'une consiste en un bras traversant la station de relèvement des eaux usées de Cusset, plus à l'ouest, avant de finir dans le canal de Jonage au pied du pont de Cusset.
L'autre se dissocie de la Rize en rive droite juste avant l'écluse, déviée vers le nord-ouest, et franchit l'avenue Grandclément pour irriguer quelques jardins ouvriers sur environ de long avant de replonger dans le canal dans l'axe de la rue Tita-Coïs. Ce bras constitue l'amorce d'une ancienne diffluence de la Rize, qui avant le percement du canal de Jonage regagnait le Rhône à la Doua, ce qui apparaît nettement sur la carte d'état-major de 1866 ou la carte topographique du Rhône établie en 1885.. Sur certaines cartes de l'époque, comme la carte d'état-major de 1892 (feuille XXII-25), cette diffluence marécageuse longue de porte même le nom de la Rize. Il s'agit en fait d'un ancien bras majeur du Rhône, que le fleuve a abandonné après une crue importante au .. Aujourd'hui en partie avalée par le canal de Jonage, cette portion ancienne du ruisseau reparaît en partie plus en aval sous la forme d'un fossé en rive droite du canal, qui supporte encore la limite administrative entre Villeurbanne (quartier Saint-Jean) et Vaulx-en-Velin.
Son tracé contemporain à l'air libre s'achève ici, près du pont de Cusset. La suite du cours historique de la Rize est décrite dans la partie suivante.
Cours aval Cours unique à Villeurbanne