Taza (en berbère : ⵜⴰⵣⴰ ; en ) est une ville marocaine située entre le Rif et le Moyen Atlas, dans la région de Fès-Meknès (administratif) et le chef-lieu de la province de Taza. Elle appartient au Maroc oriental géographiquement et culturellement. Elle se trouve à de Hoceima, à l'ouest de Nador et à à l'est de Fès. Le nom de la ville vient de la langue berbère signifiant : col.

Géographiquement, Taza fait partie du nord et du nord-est marocain.

Géographie

Situation Taza est située à d'Oujda, de Fès et d'Al Hoceïma, dans le « couloir de Taza » qui sépare le Rif du Moyen Atlas. La ville est naturellement protégée par sa situation dominante surplombant l'Oued Taza. L'explorateur français Charles de Foucauld a vanté la qualité défensive de son site : « adossée au sud à une haute chaîne de montagne, bordée de précipices au nord et à l'ouest et d'un talus très raide au nord-ouest, elle n'est facilement accessible que d'un côté, le sud-est ».

Climat Données climatique de Taza, moyenne de la période (1961-1990)http://www.hko.gov.hk/wxinfo/climat/world/eng/africa/mor_al/taza_e.htm :

Mois Jan Fév Mars AvrMai JuinJuilAoût SeptOctNov Déc AnnéeMaximales (°C) 14.416.018.119.924.329.434.934.730.624.218.514.7 23.31Minimales (°C) 5.4 6.6 7.9 9.6 12.416.119.619.917.513.49.1 6.1 11.97Précipitations (mm) 109.7137.390.494.253.818.68.32.614.048.0105.1118.7 800.7 Transports Réseau routier Taza est accessible par l'Est et par l'Ouest en empruntant l'un des deux sorties de l'autoroute A2 qui la relie à Rabat et à Oujda. Elle est également accessible par la route nationale N6 reliant Fès à Oujda. Taza est reliée à la ville d'Al-Hoceïma grâce à la voie rapide (2×2), mais aussi à Midar, Driouch et Nador à partir de Kassita en empruntant la route nationale N2.

Transports en commun Les « Taxis Bleus », appelés aussi « Petits taxis », sont utilisés comme moyen de transport pour les déplacements à l'intérieur du périmètre urbain. Ils acceptent jusqu'à trois passagers à la fois. La compagnie "Foughal Bus" propose plusieurs lignes à l'intérieur du périmètre urbain, mais aussi entre les faubourgs de la ville ainsi qu'à une dizaine de kilomètres hors de Taza. Le réseau de bus est en cours de réhabilitation, avec l'arrivée de nouveaux bus modernes.

Une gare routière est en fin de construction situé à l'entrée Est de la ville, afin de remplacer celle du centre-ville.

Réseau ferroviaire La ville de Taza est située sur la ligne ferroviaire Fès-Oujda, la reliant aux principales villes du Maroc : via Fès : Meknès, Rabat, Casablanca, Marrakech et Tanger ; via Taourirt : Nador et Oujda. L'électrification de la ligne est prévue pour 2014|électrification de ligne ferroviaire Oujda Fès. Une nouvelle gare ferroviaire est en cours de construction, toujours au même endroit.

Urbanisme vignette|Vue de la Ville nouvelle depuis Taza-Haut et les escaliers Bab Jemâa La topologie de la zone a imposé un schéma d'urbanisme étalé. Vue d'en haut, la ville prend la forme d'un "T". Elle tire sa racine à Taza haut et s'étend vers le nord, jusqu'à atteindre le lit de l'oued Larbaâ. Dès lors l'urbanisme s'étale vers l'est et l'ouest en longeant la nationale N6 reliant Rabat à Oujda.

À l'aube de l'indépendance, la ville était constituée de la médina à Taza haut, du quartier européen occupant la presque colline dite "Adrar n illouz". Les gens le prononcent généralement "Draâ louz". Ce quartier est devenu le centre-ville, et enfin du quartier de la gare quelques kilomètres plus bas.

Pendant les années qui suivent (60s, 70s) des quartiers sont apparus, à mi-chemin entre le centre-ville et la gare (Bit goulem, Gaada, Wrida, Bin Jradi).

Dans les années 1980, d'autres quartiers font leur apparition, notamment au nord de la ville (Massira et Qods), des quartiers prolongés et développés jusqu'à nos jours. Le but de cette extension fut la résorption des bidonvilles. Ce fut un succès, puisqu'en 1986, la ville a été déclarée ville sans bidonvilles. L'engouement est tel que des sections comme (Massira II) sont de type villa.

Les années 1990 marquent le début de l'urbanisation de l'axe centre-ville - Taza haut. Il s'agit d'immeubles à 6 ou 7 étages occupant une zone stratégique contenue entre des équipements publics (municipalité, espaces, protection civile, hôpital ibn baja, lycée et collèges...) et de l'autre côté, on est en bas de la roche élevée d'une centaine de mètres. Cette zone est également limitrophe des quartiers chics de Qessou-meddah, Friouato et Hay Chouhada (développés tout au long des trois dernières décennies).

Plus récemment cette zone continue à se métamorphoser et promet une superbe vue depuis les hauteurs de la ville. L'urbanisme s'étale désormais également sur la route de Fès sur plusieurs kilomètres de façon discontinue pour atteindre la régional R508 (vers Tainaste).

Le schéma d'aménagement prévoit une liaison directe entre Taza Ouest (au niveau des "ponts blancs") et Taza haut.

Histoire Taza est une ville atlaso-rifaine qui s'est développée autour du couvent fortifié bâti par les Meknassa au , qui revoltés contre le gouverneur de Kairouan, se refugient au Maroc. Sa position stratégique entre le Rif et l'Atlas, donc dans le pré-Rif, fait d'elle une place forte militaire convoitée par les peuples venus de l'est, désireux de conquérir les terres marocaines. Taza est passée tour à tour aux mains des dynasties qui ont accédé à la tête du Maroc.

Préhistoire Beaucoup d'indices tout autour de la ville attestent de la présence humaine (grottes de Loghmari, le pont de Qarn Ennasrani...). Les fouilles archéologiques entreprises lors du protectorat français ont révélé beaucoup d'objets qu'on retrouve au musée de Taza haut.

Idrissides L'allégeance des tribus habitant la région de Taza et la vallée de l'Inaouen (Branès, Ghiata, Tsoul...) au fondateur de la dynastie idrisside ont permis à la ville d'être un point stratégique pour l'empire montant. À la mort d'Idriss II en 828, son fils Mohammed créa une fédération et confia à son fils Daoud le pays de Houara, Tsoul, Meknassa et Branès, Daoud s'installa à TazaHistoire du Maghreb (): cours professé à l'Institut des hautes études marocaines / Ismaël Hamet | E. Leroux (Paris) 1923.

Meknassa En l'an 910, Taza était déjà prise par les Meknassa sous la conduite de Messala ibn HabbousHistoire du Maghreb (): cours professé à l'Institut des hautes études marocaines / Ismaël Hamet | E. Leroux (Paris) 1923.

En 920, son cousin Moussa Ibn Abi Elafia reçoit le commandement de la région entre Fès et le territoire fatimideHistoire du Maghreb (): cours professé à l'Institut des hautes études marocaines / Ismaël Hamet | E. Leroux (Paris) 1923.

À partir de 931, Moussa Ibn Abi Elafia tourne le dos aux Fatimides et proclame l'autorité des Omayyades. Il finit par être défait par les Fatimides, il se replie à Taza où il fait bâtir un Ribat. En 936, Taza repasse sous autorité de l'Idrisside Al-Qasim Kannun ben Ibrahim allié des Fatimides, Moussa Ibn Abi Elafia s'est réfugié dans le désertHistoire du Maghreb (): cours professé à l'Institut des hautes études marocaines / Ismaël Hamet | E. Leroux (Paris) 1923.

Almoravides / Almohades

En 1074, le sultan almoravide Youssef Ibn Tachfin prend la ville. Taza demeure sous autorité almoravide tout au long du .

Les Mémoires d'El Baldaq, qui fournissent une chronologie assez précise des campagnes de Abd al-Mumin dans le nord du Maroc, situent la prise de Taza par ce dernier en 1141-1142. La ville fut déclarée capitale provisoire des Almohades.

La grande mosquée de Taza aurait été édifiée dans les années qui suivirent 1142.

Selon le Kitab el Istibsar, les murailles almohades de la ville furent complétées en 1172Royaume du Maroc - Ministère des Habous et des affaires islamiques - La Grande mosquée de Taza.

Mérinides

Au déclin des Almohades, leurs successeurs mérinides occupent Taza dès 1216. Celle-ci est alors considérée comme « la clé et le verrou du Gharb », comme le souligne l'auteur du Bayân : . C'est au méchouar que se situe la médersa mérinide, dont Abou El Hassan Ali dota la ville.

Le sultan Abu Yahya ben Abd al-Haqq nomma son frère Abu Yusuf Yaqub ben Abd al-Haqq Wali de Taza en 1244 : il le resta jusqu'à 1258, où il devint sultan à la place de son frère, mort de maladieالأعلام - ج 8 : نافع بن ظريب - يوهنس.

La reconstruction de la grande mosquée almohade de Taza par le sultan Abu Yaqub Yusuf an-Nasr, de 1292 à , marque l’édification de la première construction d’influence mérinide conservée.

Son successeur et fils la sultan Abu Thabit Amir (Abou Rebia), mort en , fut inhumé dans le sahn de la grande mosquée. Sa stèle funéraire est encore présente de nos joursHistoire de la grande mosquée.

Le successeur Abu Said fut battu et assiégé dans Taza et contraint par son fils Abû `Ali en 1315 à abdiquer et ne garder que le commandement de Taza et sa région. Peu de temps après, les partisans Abû `Ali vinrent rejoindre Abu Said à Taza, ce dernier marcha sur Fès mais pardonna à son fils sa trahison et désigna son autre fils Abu al-Hasan comme prince héritierHistoire de l'Afrique septentrionale sous la domination musulmane / général Faure-Biguet, Gabriel-Isidore (1838-....) | Éditeur : H. Charles-Lavauzelle (Paris) Date d'édition : 1905.

La Médersa de Taza est fondée par le sultan Abu al-Hasan en 1323..

Saâdiens

Le prince saâdien Ennasser ben el-Ghalib, fils du sultan Abdallah el-Ghalib constitua son armée à Mélillia qu'il quitta le en direction de Taza qu'il occupa la même année. L'année suivante, il fut pris dans une embuscade et tué près de Taza par l'armée du sultan Ahmed al-Mansur SaadiNozhet-el hādi bi akhbar moulouk el-Karn el-Hadi : 1511-1670 / par Mohammad al Saghir ben al Hadj ben Abd-Allah al Wafrani ; publ. par O. Houdas ; Titre : Histoire de la dynastie Saadienne au Maroc (page 176-177) : 1511-1670 | Éditeur : E. Leroux (Paris) Date d'édition : 1889 Contributeur : Houdas, Octave (1840-1916). Traducteur. Le sultan Ahmed al-Mansur Saadi qui voulait fermer la porte du Maroc aux Turcs entreprit la restauration des remparts de Taza, et leur adaptation aux nouvelles conditions de la guerre de siège, auxquelles répondait le Bastion, qu'il construit entre "1578 et 1603"Al Fachtali "Manahil Assafa"..

Alaouites

Au , pour s'ouvrir les portes de Fès, Moulay er-Rachid s'empare de Taza et s'y installe en 1665. Il devient le premier sultan de la dynastie alaouite, toujours en place aujourd'hui. Moulay er-Rachid construisit son Dar el-Makhzen au sud de la ville - à l'opposé de la Grande mosquée. Mais il n'oublia pas le grand sanctuaire de sa capitale provisoire.

En 1803, lors de son voyage en Afrique et en Asie, Domingo Badia y Leblich (Ali Bey al-Abbasi) déclare :

Plus loin dans son livre, il ajoute :