Armand-Maximilien-François-Joseph-Olivier de Saint-Georges, vicomte puis marquis de Vérac, né le à Paris et mort le en son château du Tremblay-sur-Mauldre est un militaire et homme politique français des .
Biographie
Quatrième fils du marquis de Vérac, Olivier de Saint-Georges naît à Paris, le .
Destiné comme ses aïeux à la carrière des armes, il débute à l'âge de quinze ans dans les gardes du corps du roi ; passe, en 1786, sous-lieutenant dans les carabiniers royaux, et y reçoit le grade de capitaine en 1788. Sa carrière naissante est brisée par la Révolution française.
Émigration S’étant rendu à Soleure, auprès de son père, ambassadeur en Suisse du Roi de France, il y trouve le baron de Breteuil, ancien ministre de la maison du roi, qui y résidait avec sa famille depuis les premiers jours de l’émigration. Le baron de Breteuil, choisit le jeune Olivier de Vérac pour être son secrétaire, l’aider dans sa correspondance avec le Roi et l’étranger, l’envoyer même porteur de dépêches à Paris, , l’initiant ainsi à des secrets qu’ignorait son père.
Après que l'on ait appris la nouvelle de l’arrestation du Roi, le jeune homme demeure au même poste, associé aux efforts que continua de faire M. de Breteuil pour sauver le Roi et la Reine.
Il est ainsi constamment initié aux confidences que les souverains déchus et captifs, parvenaient quelquefois à adresser à leurs serviteurs.
Après l'exécution de Louis XVI, Vérac suivit le baron de Breteuil à Bruxelles puis prend du service à l’étranger. En 1796, il suit, dans l'état-major de Wurmser les opérations de la campagne d'Italie.
Le vicomte de Vérac, qui n'était porté nominativement sur aucune liste d’émigrés, rentre en France, en 1799.
Sa tante, Hélène Françoise d'Angennes, sans proche famille, lui lègue la terre et le château du Tremblay sur Mauldre lorsqu'elle décède, le 2 décembre 1802.
Premier Empire
En 1807, Vérac est l’objet d’une rigueur personnelle, et exilé en Belgique, dans la famille de sa mère, par l’Empereur, qui le met pendant plusieurs années sous la surveillance des autorités administratives. Grâce à l'intervention de son ami Adrien de Montmorency Laval, Il rentre définitivement en France en 1809.
En 1810, il épouse mademoiselle Euphémie de Noailles, fille du général-vicomte de Noailles, qui venait de périr, en 1804.
Restauration française Après l’abdication de Fontainebleau, Vérac salue, avec enthousiasme en 1814, le retour des Bourbons, qui n’avaient pas perdu le souvenir de son dévouement à Louis XVI.
Il est nommé chevalier de Saint-Louis, le ; membre du Conseil général de Seine-et-Oise, le de la même année, et pair de France, le .
Entré dans la vie publique, dans la voie du gouvernement représentatif dont la Restauration venait de doter la France. Il fait partie des membres les plus décidés et les plus intelligents du parti modéré qui formait la majorité de la pairie, et qui fut connu plus tard sous le nom de centre droit. Il était ami intime du duc de Richelieu, et partageait ses opinions. Il le sert activement dans sa ligne de conduite, et entre autres, contribue beaucoup à son rapprochement avec M. de Villèle.
Vérac vote pour la mort dans le procès du maréchal Ney.
Il tient constamment une place importante à la chambre haute (bien qu'éloigné de la tribune par un léger défaut de prononciation), par la part qu’il prend aux questions qui s’y traitent, au travail des commissions, aux transactions des partis, et il porte le même esprit et la même influence dans les conseils généraux et les collèges électoraux (qu’il présidait, depuis 1818, à chaque session), également apprécié par les hommes politiques et par la cour, où il tient une place marquante, comme grand officier de la Légion d'honneur et gouverneur du château de Versailles (1819).
M. de Forbin ayant eu l'idée, en 1822, en raison de l'abondance des tableaux, d'installer un musée à Versailles, M. de Vérac s'oppose à tout aménagement qui rendrait le palais inhabitable pour le Roi ; il objecte en outre que, parmi les tableaux, il y en avait de peu convenables, entre autres une Athalie . L'idée est abandonnée.
Gouverneur intérimaire du palais des Tuileries en 1823, commandeur de la Légion d'honneur à l'occasion du sacre de Charles X, le marquis de Vérac est élevé au rang de grand officier de la Légion d'honneur en 1829.
Monarchie de Juillet
Il est encore gouverneur de Versailles lorsqu'éclate la révolution de Juillet 1830 : , mais la chambre des pairs ayant été conservée, il continue à y siéger, professant la maxime .
Il y prête, en effet, son appui aux mesures qui pouvaient affermir l’ordre et repousser la révolution, sans faire pour cela le sacrifice de ses sentiments et de ses opinions. Il proteste vivement contre la proposition de l'abolition du deuil national du (commémorant la mort de Louis XVI), s'exprime (1836) dans le procès Meunier en faveur de Lavaux, et élève encore quelquefois la voix dans l’assemblée .
Bien qu'il eût prêté serment à , il n'apparaît plus aux Tuileries après la Révolution d'.
Il se rend à Londres pour rencontrer le « comte de Chambord » vers 1843-1844 et est par la suite, en correspondance avec lui.
Du reste, il ne vécut réellement plus qu’en homme privé, ne siégeant que fort irrégulièrement jusqu'à la révolution de Février 1848 qui le rend à la vie privée. Il meurt le , à 90 ans, en son château du Tremblay sur Mauldre.
Récapitulatifs Titres
Vicomte de Vérac (1768-1817) ; Pair de France :
Marquis de Vérac-pair héréditaire (, lettres patentes du ) ;
Du fait de son élévation au rang de marquis, il y eut deux marquis de Vérac :
de 1818 à 1828, Olivier (marquis et pair) et son père Charles Olivier ( de Vérac) ; de 1828 à 1838, Olivier et son frère aîné Anne Louis Joseph César Olivier ( de Vérac).
Sa titulature était : le marquis de Vérac.
Décorations 106px|Chevalier du Saint-Esprit106px|Grand officier de la Légion d'Honneur106px|Chevalier de Saint-Louis106px|Décoration du Lys Chevalier du Saint-Esprit (dernière promotion : au palais des Tuileries, le , Jour de la Pentecôte) ; Légion d'honneur : Officier (), puis, Commandeur (), puis, Grand officier de la Légion d'honneur (1829) ; Chevalier de Saint-Louis () ; Décoration du Lys (d'après le portrait en début d'article) ;
Armoiries Écartelé: aux 1 et 4, d'argent, à la croix de gueules ; aux 2 et 3, fascé ondé enté d'argent et de gueules de six pièces (de Rochechouart). Supports : deux sirènes ; Cimier : une Mélusine. Devise : .
Ascendance et postérité Armand-Maximilien-François-Joseph-Olivier était le cinquième enfant de Charles Olivier de Saint-Georges (1743-1828), marquis de Vérac et de Marie Charlotte Joséphine Sabine de Croÿ d'Havré (1740-1776).
Il avait pour frères et sœurs : Charles François Marie Joseph de Saint Georges de Vérac (Paris, - ) ; Anne Louis Joseph César Olivier de Saint Georges de Vérac (Paris, - Paris, ), de Vérac, marié, le à Paris, avec Gabrielle Françoise Eustachie ( † ), fille de Charles François Gaspard Fidèle de Vintimille, sans postérité. César de Vérac fut marié très-jeune avec mademoiselle de Vintimille, fille du comte de Vintimille, chevalier d'honneur de madame la comtesse d'Artois, qui obtint pour son gendre la survivance de cette place. Le comte de Vérac suivit la princesse en émigration, servit il l’armée des princes, et rentra en France quand les circonstances le permirent. Il fut nommé, à la Restauration, gentilhomme d’honneur de Monsieur, comte d'Artois, et plus tard, un des quatre chambellans de Charles X de France. Alphonse Christian Théodoric Joseph Olivier de Saint Georges de Vérac (né le - Paris) ; Anne Justine Elisabeth Joséphine de Saint Georges de Vérac (née le - Paris), mariée, le à Paris, avec Benjamin Léonor Louis Frotier (1760-1806), marquis de La Coste-Messelière, colonel de cavalerie, ministre plénipotentiaire, député aux États généraux de 1789, député du Cantal à la Convention nationale, préfet napoléonien (Allier), dont postérité ; Gabriel Louis Christian Joseph de Saint Georges de Vérac ( † à Paris), et chevalier de Saint-Louis. Il servit à l’armée des princes et en Espagne.
Il épouse, le à Paris, Adélaïde-Marie-Euphémie-Cécile de Noailles (Paris, - La Norville, ), fille de Louis-Marie, vicomte de Noailles, maréchal-de-camp, chevalier des ordres de Saint-Louis et , membre de la Société des Cincinnati (1756-1804), et d'Anne-Jeanne-Baptiste-Pauline-Adrienne-Louise-Dominique de Noailles d'Ayen (1758-1794).
Notes et références
Pour approfondir Articles connexes Famille de Saint Georges Maison de Noailles Château du Tremblay sur Mauldre Château de Versailles ; Garde du corps du roi ; Liste des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit ; Chronologie du château de Versailles ;
Liens externes
Bibliographie
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