Le diététicien, ou diététiste est un expert en nutrition et alimentation, et ce, dans toutes ses dimensions.
En 1967, l'Organisation internationale du travail propose une définition de la profession de diététicien : .
Puis, en 1980, la Fédération Européenne des Associations de Diététiciens (EFAD pour European Federation of the Associations of Dietitians) définit le diététicien comme la .
En France
Historique
Le métier de diététicien est relativement récent en France. En 1945, la chercheuse biologiste Lucie Randoin forme les premiers « spécialistes en alimentation rationnelle », dix ans après avoir élaboré les lois de la diététique. 1949 voit apparaitre deux innovations majeures : d'une part la création de La Cadenelle, établissement privé marseillais qui est la première école de diététique ; et la création du « corps des diététiciens » par le professeur Jean Trémolières d'autre part. Puis en 1951, Randoin et Trémolières ouvrent la première école publique de diététique à Paris et créé le Brevet de Technicien en diététique, officialisant ainsi la profession de diététicien.
En 1953, le premier service diététique est créé à l'hôtel-Dieu de Marseille tandis qu'en 1954 est créée par Jacqueline Farquet l'Association des diététiciens de langue française (ADLF), qui s'appelle l'Association française des diététiciens nutritionniste (AFDN) depuis 2008.
En 1962, le Brevet de technicien en diététique devient le Brevet de technicien supérieur (BTS) Diététique. Puis, en 1966, le Diplôme universitaire de technologie Génie biologique (DUT GB) option diététique est créé. Il permet, tout comme le BTS, d'exercer le métier de diététicien. Par la suite, le BTS et le DUT sont respectivement modifiés en 1987 et 2005.
Bien qu'inscrit dans le Code de la santé publique depuis 1986, rubrique auxiliaires médicaux (chapitre 4, livre 3, titre 7), ce n'est qu'en 2007 que le diététicien est reconnu comme professionnel de santé.
Missions
Il s'agit d'un professionnel de santé diplômé et reconnu. Son rôle est de préserver et/ou d'améliorer la santé à travers l'alimentation. Le diététicien va donc agir dans deux grands domaines conformément à l'article L4371-1 du Code de santé publique: Le respect des réglementations françaises et européennes en matière d'hygiène (Paquet hygiène, Plan de maitrise sanitaire, HACCP, Guide des Bonnes Pratiques d'Hygiène, etc.) et en matière de nutrition (recommandations du GEMRCN) L'éducation nutritionnelle (théorie et pratique) des individus, qui peut s'effectuer auprès de : Patients (ou malades) : diabète, obésité, dénutrition, maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, maladies hépatiques, pancréatiques, rénales, allergies/intolérances alimentaires, adaptation en fonction du traitement médicamenteux, etc. Personnes bien-portantes : enfants, adolescents, adultes, femmes enceintes, sportifs, végétariens/végétaliens, personnes âgées, etc. L'éducation peut se faire en groupe ou en individuel. Dans le cadre d'une éducation individuelle, le diététicien se fonde entre autres sur une évaluation personnalisée à l'aide des informations médicales, d'une enquête alimentaire ainsi que du mode de vie, des goûts, et des croyances (au sens large) du patient. Ces informations lui permettent d'établir un diagnostic diététique puis des objectifs en partenariat avec le patient qui serviront de base lors du suivi.
Droit d'exercice
Le titre de diététicien a tout d'abord été protégé par la loi 86-76 du et les décrets 88-403 et 88-404 du , textes désormais abrogés.
C'est actuellement le Code de la santé publique qui définit et protège la profession de diététicien.
Conformément à l'article L. 4371-2 du Code de la santé publique, . Toutefois, ce diplôme n'a toujours pas été créé. Le Code de santé publique a donc fixé une dérogation pour les titulaires du BTS Diététique et du BUT génie biologique option diététique.
Sans l'un de ces deux diplômes, l'exercice de la profession de diététicien est donc illégale. Ainsi, selon l'article L 4372-1 du Code de la santé publique, .
Pour exercer, il est également obligatoire de se déclarer auprès de l'Agence régionale de santé afin d'être inscrit dans le fichier ADELI.
Lieux d'exercice
Le diététicien peut exercer dans de nombreuses structures différentes :
Établissement de santé public ou privé : hôpital, clinique, institut, structure de soins de suite et de réadaptation (SSR), établissement d'hébergements de personnes âgées et dépendantes (EHPAD), etc. Restauration collective : cantines scolaires, restaurants d'entreprise, restaurants universitaires, cuisines centrales, etc. Prestataire de santé à domicile : nutrition entérale Collectivité : écoles, maisons de retraite, services de Protection maternelle et infantile, etc. Industrie agroalimentaire Cabinet libéral individuel ou de groupe Club ou centre sportif : au sein d'une fédération ou dans une salle de sport Réseau de santé Enseignement : formation des étudiants en diététique, formation des (futurs) professionnels de santé (infirmiers, aide-soignants, etc.), formation des (futurs) professionnels sociaux (conseiller en économie sociale et familiale) Organisme humanitaire Laboratoire et industrie de santé Pharmacie d'officine Autres
Les activités du diététicien varient selon la structure mais également au sein même de la structure selon les besoins identifiés par cette dernière, les compétences du diététicien et le nombre d'heures de travail dans la structure, les objectifs fixés, etc.
Salaire
Le salaire d'un diététicien varie en fonction de nombreux facteurs, notamment son secteur d'activité et son expérience. Il est donc peu pertinent de donner un salaire moyen.
Dans la fonction publique hospitalière, le salaire est fixé par une grille. Un diététicien débutant commence ainsi en classe normale avec un salaire mensuel brut de 1 tandis qu'un diététicien en classe normale ayant 20 ans d'expérience touche un salaire mensuel brut de 2 .
Formation
Deux types de formation existent en France. Elles sont dispensées sur deux (BTS) ou trois (BUT) années d'études après une sélection sur dossier, voire entretien (facultatif).
Le Brevet de technicien supérieur Diététique : classiquement, la formation compte 20 semaines de stage mais l'alternance est possible dans certains établissements. Le Bachelor universitaire de technologie en génie biologique option diététique (bac +3) : la première année est un tronc commun avec d'autres options du génie biologique. La formation compte 17 semaines de stage.
Malgré l'existence de deux voies différentes, les matières étudiées durant le cursus des étudiants en BTS et BUT sont les mêmes : Sciences fondamentales : biochimie structurale ; biochimie métabolique ; biologie moléculaire ; enzymologie ; physiologie ; microbiologie ; toxicologie Besoins nutritionnels quantitatifs et qualitatifs : description et intérêts des différents macronutriments et micro-nutriments ; besoins des bien portants Enquêtes alimentaires - Rations individuelles - Plans alimentaires Connaissances des aliments : description et classification ; législation ; production ; valeurs et intérêts nutritionnels ; caractéristiques physico-chimiques, organoleptiques, et hygiéniques ; technologies de transformation ; procédés de conservation ; aspect économique Droit alimentaire - Qualité - Hygiène et sécurité alimentaire Organisation des collectivités : modes de restauration et de distribution ; législation ; étude et choix de matériel Pathologies Régimes thérapeutiques Techniques culinaires : application pratique de la réglementation en hygiène, des régimes thérapeutiques, et des connaissances en aliments à travers la préparation culinaire Économie - Gestion : droit du travail ; gestion des stocks ; communication Sciences humaines
À l'issue de ses études, le futur diététicien soumet un mémoire et le soutient face à un jury composés d'enseignants et de diététiciens.
Après l'obtention d'un de ces deux diplômes, le diététicien est apte à exercer. Il est toutefois possible de poursuivre ses études en licence générale ou professionnelle après examen d'un dossier. Il arrive également que certains diététiciens poursuivent jusqu'en master (après avoir acquis une licence ou avoir effectué une validation des acquis de l'expérience, et plus rarement, en Doctorat.
Sont également accessibles au diététicien des formations continues (type Diplôme d'université, formations par des organismes de formation, par l'AFDN, etc.) afin d'actualiser ses connaissances et ses compétences tout au long de sa carrière.
Une réforme des études de diététique devant aboutir à un diplôme d’État unique de grade licence était prévue pour 2017 mais n'a pas encore vu le jour.
Nombre et répartition
Au , on dénombre 8525 diététiciens en France, soit une hausse de 26,5 % en trois ans.
Le nombre de diététiciens continue d'augmenter puisqu'en 2017, la France compte diététiciens dont 672 hommes, soit 5,8 % de la profession.
Libéraux ou mixtes Salariés en milieu hospitalier Salariés autres secteurs Total Moins de 25 ans 280 315 221 816 25-29 ans 930 676 620 30-34 ans 815 786 593 35-39 ans 696 595 450 40-44 ans 519 464 248 45-49 ans 341 479 146 966 50-54 ans 255 430 110 795 55-59 ans 179 521 89 789 60-64 ans 72 484 43 599 65 ans et + 29 209 17 255Total Pourcentages 35,45 % 42,70 % 21,85 % 100 %
Le département le plus doté en diététiciens est Paris avec 623 diététiciens, tandis que le moins doté est Mayotte avec 8 diététiciens. Pour la France métropolitaine, il s'agit de la Creuse avec 9 diététiciens.
Évolution de carrière
Il est possible pour le diététicien travaillant en établissement de santé d'évoluer s'il le souhaite vers le métier de cadre de santé en diététique.
Qualificatif « nutritionniste »
Le terme de « nutritionniste » est à l'origine d'une confusion pour l'ensemble de la population et même de la profession. Un nutritionniste n'est pas forcément diététicien, ni même médecin. « Nutritionniste » ne représente pas une profession ni une qualification mais un domaine d'exercice.
En effet, la nutrition n'est pas une spécialité médicale et ne fait pas l'objet d'un Diplôme d'études spécialisées (DES) mais d'un Diplôme d'études spécialisées complémentaires de type I. La formation que peuvent suivre certains médecins en matière de nutrition n'est donc pas une formation reconnue comme qualifiante par l'Ordre des médecins. En termes d'appellation, seul le DESC de Nutrition permet d’obtenir le titre de médecin compétent en nutrition, qu'il faut différencier des médecins titulaires d'un Diplôme d'université (DU), dont le programme n'est pas validé par l'Ordre des médecins mais est laissé à l'appréciation de chaque responsable de formation.
L'AFDN (Association Française des Diététiciens Nutritionnistes) a choisi son acronyme notamment afin de mettre en avant la possibilité pour les diététiciens d'utiliser le qualificatif « nutritionniste ».
En Belgique
Missions
En Belgique, cette profession est du type paramédical. L'exercice de la profession et sa place dans l'organisation des soins de la santé est prévu par l'arrêté royal du , relatif au titre professionnel et aux conditions de qualification requises pour l'exercice de la profession de diététicien et portant fixation de la liste des prestations techniques et de la liste des actes dont le diététicien peut être chargé par un médecin.
Les diététiciens peuvent accomplir les prestations techniques suivantes en application de l'article 23, paragraphe premier, alinéa premier, de l'arrêté royal 78 du :
Évaluations diététiques : Détermination des exigences qualitatives et quantitatives en termes de nutriments et non-nutriments, de manière générale pour certaines pathologies et de manière individuelle, chez certains patients; Détermination de consommations alimentaires, sur base d'enquêtes alimentaires. Interventions diététiques :