L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Lachapelle-Graillouse est une église catholique située dans la commune de Lachapelle-Graillouse, dans le département de l'Ardèche, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes..

Localisation L'église Notre-Dame-de-l'Assomption, église romane construite au , se situe sur un promontoire qui englobe aussi la place principale du village et quelques maisons anciennes.

Historique Généralités

D'après les abbés Therme et Étienne Bethe, curés à Lachapelle-Graillouse dans la première moitié du , une église et donc une paroisse existaient ici en l'an 938.

En effet, à cette date, Ithier, de la maison des Mercœur d'Auvergne, donne à son fils Gauthier en qualité de chanoine de Saint-Julien-de-Brioude plusieurs propriétés en Auvergne avec entre autres, l'église de Lachapelle-Graillouse. Le quatrième abbé de Cluny, saint Odilon de Mercœur (vers 962 - 1048), fit ses études et se forma à la vie religieuse chez Gauthier de Mercœur qui était son cousin. À la mort de Gauthier, les biens de Ithier de Mercœur furent transmis à son neveu Odilon. Ensuite deux versions de l'histoire de l'église sont connues : La première précise que le , saint Odilon donna l'église de Lachapelle-Graillouse au prieuré de Saint-Pierre du Puy-en-Velay ; La deuxième stipule que ce serait Étienne, évêque du Puy-en-Velay et neveu d'Odilon qui aurait donné l'église à ce prieuré.

Dans les deux cas, le prieuré dépendait de l'abbaye Saint-Chaffre du Monastier-sur-Gazeille. Il existe encore de nos jours des copies d'un document du Moyen Âge contenant les annales de cette abbaye. Ces copies résument le contenu de ce document original, perdu, qui est connu sous le nom de « Cartulaire de l'abbaye Saint-Chaffre du Monastier-sur-Gazeille ». Grâce au laborieux travail des copistes du Moyen Âge suivi d'une publication imprimée au , l'histoire de l'église de Lachapelle-Graillouse est par conséquent connue depuis le haut Moyen Âge et vous pouvez ainsi connaitre sa lointaine origine.

Pour ce qui est de son histoire beaucoup plus récente, quelques pages du registre des baptêmes décrivent cette dernière.

Deux faits marquants ces dernières années : 1994 : la paroisse catholique de Lachapelle-Graillouse forme avec 13 autres paroisses l’« Ensemble Inter Paroissial de Coucouron » ; 2003 : création de la paroisse « Notre-Dame de la Montagne », par fusion des paroisses catholiques regroupées au sein des « Ensembles Inter Paroissiaux » de Coucouron et de Saint-Étienne-de-Lugdarès ()site de la paroisse Notre-Dame de la Montagne ;

Un nom étrange pour une chapelle Le nom graillouse intrigue beaucoup des visiteurs de l'église et du village. L'écriture de ce nom a évolué au cours des siècles : Graculosa vers l'an 900. Grattalosa au . Gralhosa en 1516. Grallouse sur Loire en 1793. (durant quelques années, Révolution oblige !) Graihouse au . Graillouse actuellement.

Les visiteurs originaires du Sud-Ouest associent souvent le mot graillouse avec le mot graillou (nourriture). Ils font assurément fausse route.

Les différentes hypothèses : Certains parmi les anciens du pays, le rapproche du nom en patois local (les grailles) des grenouilles qui abondaient jusqu'aux années 1960 dans la narse et le ruisseau passant au bas de l'église. (Ce ruisseau, le Nadales n'en héberge pratiquent plus à cause de la pollution) D'autres disent que c'est une mauvaise lecture du mot gratiosa pour désigner une chapelle particulièrement gracieuse. D'autres encore, évoquent le nom latin le plus ancien, utilisé dans le cartulaire de Saint-Chaffre qui est Graculosa. Ce mot latin correspond aux geais, menâtes ou choucas qui font partie de la famille des corvidés. Les corvidés était très nombreux dans la région jusqu'aux années 1980. Sur un des quatre chapiteaux du chœurs de la chapelle est représenté un oiseau en relief. De même, la sculpture d'un oiseau, aussi en relief, est présente à la base de l'arc en pierre taillée d'une des chapelles latérales.

En patois local, les corvidés sont nommés les Grails. Ces nombreux indices peuvent laisser à penser que la chapelle Graillouse était à l'origine la chapelle aux oiseaux.

Description Extérieur Le clocher Comme beaucoup des églises du plateau ardéchois, celle de Lachapelle-Graillouse possède une façade incluant un clocher peigne avec quatre cloches de tailles différentes. 1041, année de construction du clocher de l'église, figure gravée en gros chiffres très lisibles sur la face interne d'un des deux piliers du milieu du clocher. La nef de l'église, dans son état actuel, a donc été terminée huit ans avant la mort de saint Odilon. Une porte de facture moderne, posée en 2002, interdit l'accès au clocher, la gravure est désormais invisible pour le visiteur. En plus, à la suite des travaux de décaissement d’aout 2011 effectués dans l'ancien cimetière, l'escalier d'accès au clocher s'est en partie effondré en novembre 2011.Au-dessus du clocher, trois boules de pierres posées sur des supports couronnent le haut de la façade. En 2003, la foudre a frappé et projeté sur la place celle de droite. À cette occasion, quelques pierres du clocher ont été aussi abimées. On distingue bien sur le haut du côté droit de la façade, les traces de la réparation qui a suivi cet événement.La charpente et la couverture de la toiture de l'église et du clocher ont été rénovées dans les années 1970 avec des tuiles sombres. Avant cette rénovation, les tuiles étaient rouges et la paroi située en arrière du clocher était composée partiellement d'une cloison en bois. Le son des cloches, réparti harmonieusement tout autour de l'église, s'entendait très loin dans la campagne. Depuis cette rénovation, un mur en pierres bétonné grossièrement a remplacé cette cloison en bois. Ainsi, quand les cloches sonnent à toute volée, ce mur renvoie le son principalement en direction de la place de l'église de façon très désagréable.

Les cloches La grande cloche fut fondue à Toulouse en 1920. Elle en remplaçait une bien plus ancienne qui se fêla durant la période de la guerre de 1914-1918. Elle se nomme Maria Victorina Celina. Elle fut mise en place du temps du curé Casimir Méjean et a comme parrains Célina Hilaire et le maire de l'époque, Victorin Hilaire. Elle porte l'inscription latine classique « A fulgure et tempestate libera nos domine » ce qui signifie « De la foudre et de la tempête, seigneur libère nous ».Sur la deuxième, par ordre de grandeur, la date n'est pas complète car il n'y a que les deux premiers chiffres soit 17.., mais comme il est indiqué qu'elle fut fondue alors que M. Chany était curé, on sait que la date de fonte se situe entre 1740 et 1760.Sur la troisième, la date de fonte est 1705, Arnoux étant curé et Jean Bonnet parrain. Elle porte l'inscription latine « sit nomen Domini benedictum. Sancta Maria.Joseph. orate pro nobis » ce qui signifie « Que le nom du Seigneur soit béni. Sainte-Marie, Joseph, priez pour nous ».La quatrième, la plus petite, sonne pour les baptêmes. Il est indiqué qu'elle fut donnée par le noble sieur de Mailhet du Pièbre, en 1777. Au bas de la cloche se trouve le nom Valetoner qui est probablement celui du fondeur.

Depuis la construction de l'église, une personne de la paroisse faisait fonction de sonneur. Il sonnait les cloches pour les baptêmes, les enterrements et les grands moments de la vie religieuse.Le sonneur Dominique Malartre, âgé de 29 ans fut projeté en 1724 dans le cimetière par la cloche qu'il actionnait.Le dernier sonneur fut Gérard Hébard de Vente.En 2002, la municipalité a électrifié la commande des quatre cloches. Ainsi, pour chacune des cloches : Un moto-réducteur électrique avec pignon/chaine peut faire osciller le joug afin de sonner à la volée ; Un électroaimant actionne un marteau qui peut frapper sur la panse de la cloche latéralement par l'extérieur pour sonner au coup par coup.

Un automate équipé d'une horloge commande le système depuis l'intérieur de l'église. Quand le système n'est pas en panne, une des quatre cloches sonne automatiquement les heures de 8 heures du matin à 9 heures du soir. L'angélus est sonné trois fois par jour, le matin, à midi et le soir. L'ensemble des cloches sonne l'appel à la messe le dimanche. Depuis 2002, les coups générés sur les cloches par cet ensemble mécanique semblent avoir altéré le son de certaines des quatre cloches (en particulier la petite).

Le portail Le portail d'entrée est un ajout tardif de style gothique qui est enchâssé dans la façade dont les pierres ont été pour l'occasion coupées très finement. Seules deux pierres de la façade, situées à côté du porche, comportant des rajouts sous la forme de petits morceaux rectangulaires de roche témoignent de ce travail de découpe. Avant la confections des joints plats en ciment visibles sur toute la hauteur de la façade, l'encastrement de ce portail se distinguait très bien. Des traces des coups de hache sur un des deux vantaux de la porte d'entrée témoignent des difficultés rencontrées en 1906 lors de l'inventaire qui a fait suite à la loi de séparation de l'Église et de l’État.

Intérieur La nef et le chœur En 1041, l'église ne comportait que le clocher, l'abside et la nef centrale réalisés dans le style roman. La fenêtre de la façade, les trois voûtes successives en plein cintre dont les dimensions vont en diminuant et qui sont séparées par des arcs doubleau, la voûte en « cul de four », les colonnes et les trois ouvertures de l'abside en témoigne. Le matériau utilisée pour la construction de la nef et de l'abside est une pierre volcanique, sombre, légère mais manquant de dureté. On n'en trouve pas sur le territoire de la commune.La façade du clocher et le dallage de l'église sont en pierres de couleur claire, plus résistantes mais bien plus lourdes. Il en existe d'anciennes carrières localement. L'ajustement des pierres utilisées pour la réalisation des voûtes et du cœur témoigne de la valeur des constructeurs de l'an mil qui ont initialement bâti cette église.En observant la disposition des murs et des arcs latéraux de la nef on se rend compte que cette réalisation est modulaire. En effet, des arcs ont été inclus dès la construction des murs latéraux de celle-ci afin d'y adjoindre, plus tard, des chapelles. Cela se voit très bien avec les arcs inclus dans les murs latéraux de la première travée (sous la tribune). Dans cette travée, il n'y a pas de chapelle latérale mais les arcs sont bien présents.Il se disait au village qu'un souterrain partant du chœur de l'église allait vers une des maisons donnant sur la place.Cette maison, tombée en ruine dans les années 1990, était une ancienne ferme qui comportait un corps de logis bourgeois avec une cour fermée et flanquée d'un bâtiment faisant office d'étable et de grange. Une inscription dans la toiture de la grange indiquait que celle-ci datait de la fin du .En 2007, lors de la reconstruction presque totale de cette maison aucun souterrain n'a été découvert.

Les chapelles latérales Au cours du temps, des chapelles latérales ont été ajoutées sur les deux côtés de l'église.

Cela se voit très bien en faisant le tour de l'église en passant dans l'étroit passage ménagé à l'extérieur du côté gauche de l'église.

Contrairement au côté droit, les murs extérieurs de l'église ne sont ici pas crépis. Les murs des chapelles, plus grossiers, ne sont visiblement pas de même facture que ceux de la nef.À l'origine, des pierres en basalte rouge sombre servant de corniche étaient disposées tout autour de la base du toit qui couvre la nef. (Certaines sont encore en place et sont visibles juste derrière le clocher). Lors de l'ajout du toit des chapelles latérales, les corniches qui ne servaient plus ont été déplacées pour être posées avec plus ou moins d'adresse sur les rives de la toiture qui couvre les chapelles.