Les Français en Belgique sont les citoyens français vivant en Belgique. Les Français forment la première communauté étrangère en Belgique.

L'expression « communauté française de Belgique » n'est pas utilisée pour les désigner car elle désigne déjà une entité fédérée belge (appelée « Fédération Wallonie-Bruxelles » depuis ). Quant à l'expression français de Belgique, elle renvoie ici à la langue, et non aux personnes.

Histoire De nombreux Français, dont le père de l'écrivain-phare du nationalisme flamand Hendrik Conscience, s'étaient installés sur le territoire de la future Belgique pendant la période d'annexion à la France (1795-1815), au cours de laquelle tous les habitants de ce territoire divisé en départements étaient donc de nationalité française, pour devenir ensuite sujets néerlandais en 1815. Il n'a jamais existé de nationalité belge avant 1830.

Les ouvrages traitant du droit électoral belge et de la nationalité au détaillent avec beaucoup de précision les différentes catégories qui avaient ou non droit à la nationalité belge, y compris les habitants originaires des villes-enclaves françaises annexées aux provinces belges des Pays-Bas en 1815, Philippeville et MariembourgM.C. Delcour, Traité théorique et pratique du droit électoral appliqué aux élections communales, Louvain, Ickx & Geets, 1842Alfred Giron, Manuel de droit électoral, Bruxelles, Bruylant, 1890Pierre-Yves Lambert, La participation politique des allochtones en Belgique - Historique et situation bruxelloise, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant (coll. Sybidi Papers), juin 1999, .

Profils Les causes et les profils de l'immigration de Français en Belgique sont variés.

Frontaliers nordistes

Le phénomène des travailleurs frontaliers est massif dans le Nord de la France. Selon les analyses de l'INSEE, en 2021 environ des Hauts-de-France traversent chaque jour la frontière pour aller travailler en Belgique, attirés par des salaires souvent plus élevés et un marché de l'emploi dynamique. Une grande partie de ces frontaliers occupe des postes d'ouvriers dans l'industrie manufacturière ou la logistique, par exemple à Tournai, Mouscron ou Courtrai, mais on observe une augmentation du nombre de cadres lillois travaillant à Bruxelles qui n'est qu'à une demi-heure de la métropole lilloise en TGV. Il existe une dynamique particulière en Flandre française (autour de Dunkerque, Hazebrouck et Bailleul) où l'apprentissage du néerlandais est encouragé pour accéder au marché de l'emploi en Flandre belge, où le taux de chômage est extrêmement bas.

Études supérieures

Depuis ces dernières décennies, la Belgique connait une important immigration d'étudiants français. Ces étudiants immigrent dans le pays afin d'étudier dans les universités belges, en raison du manque de places disponibles dans les universités françaises, mais aussi surtout pour les filières sélectives en France qui ont peu ou pas de sélection en Belgique (architecture, vétérinaire, masseur-kinésithérapeute, orthoptie, audiologie, logopédie etc.). Les élèves qui n'arrivent pas à être sélectionnés en France peuvent ainsi profiter d'un cursus belge de substitution. Cette forte présence d'étudiant français dans les universités belges fait l'objet de critiques en Belgique. Ainsi, la France est, de loin, la première nationalité étrangère à Ixelles (13,66%), devant l'Italie (6 %) et l'Espagne (3,5 %).

Fiscalité

Pour certains profils, la Belgique est plus intéressante que la France au niveau fiscal. Ce n'est pas le cas sur l'impôt sur le revenu. En revanche, la Belgique ne possède pas d'impôt de solidarité sur la fortune, ce qui attire historiquement les grandes fortunes. Bien que les droits soient élevés, certaines niches (notamment sur les donations de biens meubles) restent intéressantes pour la transmission de patrimoine. Sous certaines conditions (gestion en "bon père de famille"), les plus-values réalisées par des particuliers sur des actions ne sont pas taxées. Ainsi une partie de la famille Mulliez, propriétaire d'Auchan, s'est installée à Nechin. On retrouve beaucoup de Français aisés à Uccle.

Franco-Marocains

Historiquement, de nombreux Marocains sont arrivés en Belgique après avoir travaillé ou vécu en France (notamment dans les mines du Nord ou du Pas-de-Calais). Ils possèdent souvent la double nationalité française et marocaine et se sont installés définitivement en Belgique. De plus, certains franco-marocains s'installent à Molenbeek ou d'autres communes avec une grande porportions d'immigrés marocains pour des opportunités professionnelles, tout en gardant un lien fort avec leur culture d'origine. Ainsi Salah Abdeslam et Brahim Abdeslam, bien qu'ils soient nés et ait grandi à Molenbeek, possèdent uniquement la nationalité française (leurs parents étant des immigrés marocains ayant acquis la nationalité française avant sa naissance). Mohammed Amri, Bilal Hadfi et Ali Oulkadi, membres des cellules terroristes des attentats de 2015 et 2016 en France et en Belgique sont également des Français vivants en Belgique.

Proximité et langue

Étant donné que les Français émigrent de préférence en Europe et dans des zones francophones, la Belgique est un choix évident. La barrière de la langue et de la culture est inexistante en Wallonie et à Bruxelles, facilitant l'intégration immédiate.

Naissance

Beaucoup de Français en Belgique sont nés en Belgique et ont toujours vécu en Belgique. Environ 2,5 % à 3 % des enfants nés en Belgique ont une mère de nationalité française, ce qui correspond à environ 2 700 à 3 200 naissances par an. Ces naissances ont majoritairement lieu dans la Région de Bruxelles-Capitale (notamment à Ixelles et Uccle) et dans les communes frontalières du Hainaut (Mouscron, Estaimpuis). De plus, si les Français forment la première communauté étrangère en Belgique, ils sont parmi ceux qui demandent le moins la nationalité belge. Cela s'explique par le fait que, grâce à la citoyenneté européenne, ils bénéficient déjà de la quasi-totalité des droits (résidence, travail, vote aux élections communales) sans avoir besoin de changer de passeport. Ainsi, d'après les données de Statbel (2024-2025), alors que les Marocains, les Syriens et les Turcs sont en tête des naturalisations, les Français ne représentent qu'environ 3 % des nouveaux Belges chaque année, malgré leur nombre important sur le territoire.

Enseignement thumb|Lycée français Jean-Monnet Le Lycée français de Bruxelles, « Lycée français Jean-Monnet », qui existe depuis 1907, et le Lycée français international d'Anvers, « Lycée d'Anvers - Collège Marie-José », fondé en 1901 sous la dénomination d'Institut Rachez, constituent, selon le site de l'Ambassade de France en Belgique, des établissements scolaires français liés à l’Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) par une convention et reconnus par le ministère de l'Éducation nationale françaisÉtudier en Belgique, Site de l'Ambassade de France en Belgique.

Un établissement similaire avait vu le jour à Gand en 1889, il ferma ses portes en 1908Historique, sur le site du lycée français d'Anvers, mais il existait encore une École française (également dénommée « Collège français ») de Gand. Le Collège de Gand a fermé ses portes en .

Démographie thumb + Statistiques officielles belges Année Français Français % Populationde la Belgique Françaisdevenant belges 1998 Population par sexe, groupe d'âge et nationalité au janvier, Eurostat 491 1999 363 2000 1,05 % 948 2001 2002 856 2003 113.037 698 2004 Structure de la population selon la nationalité actuelle au janvier, Direction générale Statistique et Information économique, SPF Économie 1,06 % 780 2005 1,12 % 772 2006 1,15 % 820 2007 836 2008 1,15 % 2009 1,13 % 2010 1,13 % ressortissants français résidaient en Belgique au selon les statistiques officielles belges, n'incluant donc pas les binationaux franco-belges, considérés comme belges en Belgique, ce alors qu'en seuls Français, dont 27 % de binationaux, étaient immatriculés dans les consulats français de BelgiqueConsulat général de France à Bruxelles, La communauté française dans la circonscription de Bruxelles., ce qui faisait une différence d'environ Français "mononationaux" inconnus des consulats français, soit 46 % du total.

Entre 1985 et 1997, Français ont acquis la nationalité belge. La Convention de Strasbourg, adoptée par le Conseil de l’Europe le en vue de réduire les cas de " pluralité de nationalité " entre États membres, a été ratifiée par la Belgique le , le ressortissant d'un État ayant ratifié tous les articles de cette convention (notamment la Belgique et la France) qui a acquis volontairement la nationalité d’un autre État partie à la Convention perdait dès lors automatiquement sa nationalité d'origine, sans effet rétroactif toutefois. Un arrêté royal du a dénoncé cette Convention de Strasbourg.

+ Population de la Belgique par origine au recensement du (dernier recensement belge)Source des données de ce tableau: T. Eggerickx et al., La population allochtone en Belgique, Recensement général de la population et des logements du mars 1991, Monographie nr. 3, 1999, Institut national de statistiques Belges nés en Belgique 86,6 % Belges (de naissance) nés à l'étrangercatégorie incluant tant des Belges nés à l'étranger d'un père belge, comme Jean-Luc Dehaene, né à Montpellier pendant l'Exode, que des enfants nés à l'étranger à partir de 1985 d'un père étranger et d'une mère belge (Loi du 28 juin 1984 sur la nationalité belge) dont France 1,3 %23,1 % 16,6 % Immigrés naturalisés dont France 1,9 % 21,6 % 22,2 % Naturalisés de et (nés en Belgique) dont France 1,2 % 15,3 % 9,7 % Non-naturalisés de et dont France 3,1 % 6,5 % 11,2 % Anciens immigrés (non naturalisés nés à l'étranger et vivant en Belgique en 1986) dont France 4,3 % 12,2 % 28,6 % Immigrés récents (non naturalisés nés à l'étranger et arrivés en Belgique après 1986) dont France 1,6 % 13,0 % 11,6 % Total Belgique dont Français, nés en France ou nés français 100 %1,82 % 100 %

Politique Élections françaises

+ Participation au premier tour de l'élection présidentielle Élection Nombre d'inscrits Participation 199554,88 % 200242,90 % 200747,84 % 201266 87966 879 inscrits pour les législatives et les présidentielles, mais au total 77 473, incluant les électeurs ayant choisi de voter en France, cf. Inscrits sur les listes électorales consulaires, nombre arrêté par la Commission électorale du 29 février 201249,5 %

Élection présidentielle de 1988 Au premier tour de l'élection présidentielle de 1988, Raymond Barre, ancien commissaire européen, était arrivé en tête en Belgique.

Élection présidentielle de 1995 Au premier tour, Lionel Jospin est arrivé en tête avec 29,80 %, suivi d’Édouard Balladur (28,60 %), Jacques Chirac (22,72 %) n'arrivant qu'en troisième position. Le taux d'abstention a dépassé 45 %, avec votants sur inscrits« Le candidat socialiste l'emporte dans quinze régions sur vingt-deux », Le Soir, 25 avril 1995.

Élections européennes de 1999 De 1979 à 1999, les Français établis en Belgique ont pu voter pour les listes françaises aux élections européennes dans des locaux prévus à cet effet par les consulats. Cette possibilité a pris fin en 2004, avec la fin de la circonscription électorale unique.

Par ailleurs, ils pouvaient s'inscrire sur les listes électorales belges pour ces élections, les binationaux étant inscrits d'office sur celles-ci et soumis à l'obligation de vote. Le double vote est théoriquement interdit, mais dans la pratique tout contrôle est impossible pour cause de souveraineté nationale, aucun pays n'étant disposé à communiquer le contenu d'une liste électorale ou d'émargement à un autre.

Élection du Conseil supérieur des Français de l'étranger de 2000