La constitution de la république populaire de Chine reconnaît la « citoyenneté chinoise » pour tous ses habitants selon le droit du sol, ainsi que le droit du sang pour sa population répertoriée en 56 « ethnies » (en chinois : 民族, mínzú : « clan », « peuple », « ethnie », « tribu » ; en anglais : nationality)La liste figure dans les annexes des dictionnaires chinois-français, avec la liste des provinces : voir Wen Zongfu Petit dictionnaire chinois-français., composant officiellement les groupes ethniques de Chine.

Les Hans, qui représentent 92 % de la population, soit plus de de personnes, sont l'ethnie majoritaire de Chine, connaissant eux-mêmes une diversité linguistique, avec plusieurs variantes régionales des langues chinoises (han). Bien que les 56 ethnies représentent ensemble la nation chinoise, les Hans constituent principalement par leur majorité, l'essence de la culture chinoise et des notions que l'on attribue au terme « chinois ». Les 55 autres ethnies composent ainsi les ethnies minoritaires, qui présentent souvent leurs propres spécificités culturelles et linguistiques.

Sur la carte d'identité chinoise, l'identité ethnique est mentionnée et permet selon le gouvernement chinois, d'appliquer une « discrimination positive » afin de préserver la culture et la langue des peuples « non-Han ». thumb|300px|Carte linguistique de la Chine et des pays voisins.

Notion d'ethnie en Chine Le mot « nationalité » est utilisé en 1913 par Staline qui, dans son article « Le Marxisme et la Question nationale »Joseph Staline, « Le Marxisme et la Question nationale », 1913, pages 9 et 10, in : Les œuvres complètes, Сталин И.В. Сочинения, traduction en français sous la direction de Georges Cogniot et Jean Fréville, Éditions sociales, Paris 1953., définit une « nationalité » (национальность, natsionalnost’ en russe) comme . C'est dans ce sens que l'Union soviétique définira ses « nationalités », notion reprise en mandarin par la République populaire de Chine, qui utilise le terme pour désigner les minorités ethniques. Il est composé de « minorité » et de , souvent rendu en anglais par le mot nationality, « ethnie », lui-même composé de et de pouvant signifier « clan », « groupe », « peuple », « ethnie », « tribu », « famille »). Le terme est lui-même composé de la clé () de la bannière au vent (version modifiée de ), également utilisée pour la bannière ) et de la flèche (, symbolisant l'unité du clan.).

La traduction du terme dans les documents officiels chinois (République de Chine et République populaire de Chine) est « ethnie» en français, et nationality en anglais. Lorsqu'on ne parle que des groupes minoritaires, on parle de , « ethnies minoritaires ». Les noms de ces minorités en chinois et leur équivalent en anglais sont standardisés par la norme GB/T 3304-1991.

Cette notion n'est pas typiquement chinoise (Chine continentale + Taïwan) et s'inspire directement du droit du sang, appliqué jadis en Europe centrale et, plus tard, en URSS. Le terme « nation » parfois utilisé est ainsi à prendre au sens d'ethnie selon le droit du sang, et non de citoyenneté selon le droit du sol : les deux significations y sont distinguées. Le faux ami « nationalité » correspond donc non pas à une citoyenneté, mais à une ethnie, un peuple défini par une histoire, une culture, une langue, une religion ou des traditions propres, bien que cette définition soit parfois vague, selon les critères considérés (langue, religion, géographie ou coutumes) : ainsi, seule la religion (musulmane) distingue les Hui des Han.

L'ethnie Han constitue la majorité (plus de 92 % de la population) et occupe 40 % du territoire. Les 55 autres sont appelées des « ethnies minoritaires» et occupent 60 % du territoire.

Chaque Chinois ayant une certaine filiation (un grand-père) avec l'une de ces 55 « ethnies » peut demander d'appartenir à cette minorité. Cette identité permet à certaines minorités d'avoir deux enfants, un bonus de points au concours national (handicap de la langue, à l'équivalent du baccalauréat en France). Les régions ou villes autonomes (c’est-à-dire d'une minorité) ont des quotas de fonctionnaires et de conseillers municipaux (PCC) de leur ethnie dans la mairie.

Parmi les 55 ethnies minoritaires, à l'exception des Hui et des Mandchous qui utilisent les dialectes chinois, 53 ont leur propre langue, 21 possèdent leur propre écriture et utilisent 27 systèmes d'écriture. On appelle hanyu l'ensemble des groupes de langues chinoises et ses dialectes. Certaines minorités parlent le hanyu de nos jours, car leur langue a disparu ou est en cours de disparition. C’est le cas des Hui, dont on ne connaît la langue originelle, des Ban notamment, qui ont perdu la totalité de leur langue, mais aussi des Bai du Yunnan qui l’ont perdue en majorité.

Cependant, toutes les langues minoritaires n’ont pas disparu : le mandchou par exemple n’est pas une langue morte, car l’ethnie Xibe au Xinjiang la parle toujours.

Les ethnies du nord, c’est-à-dire, les Mongols, les Coréens, les Tibétains et les Ouigours ont préservé leur écriture traditionnelle : les Xibe, les Kazakhs, les Russes ont aussi leur écriture.

Mais les multitudes d’autres plus petites minorités au Nord ont des difficultés à résister et à survivre culturellement, car elles sont petit à petit grignotées par les Han, ou les minorités les plus imposantes, comme celle des Ouïgours.

Au sud, les ethnies sont plus nombreuses et dispersées. Elles peuvent être plus difficiles d’accès pour les Han. Les Yi au Sichuan par exemple, n’ont été conquis par les Han qu'au début du , à cause des monts froids qui les entourent, et qui sont difficiles d’accès. Ces Yi ont leurs écoles, lycées et universités à Xide. Les autres Yi vivent au Yunnan, parlent cinq autres langues, et appartiennent au groupe linguistique lolo-birman.

Deux autres ethnies sont importantes au Sud : les Zhuang au Guangxi et les Miao au Guizhou et au Yunnan. Ce sont des ethnies peu sinisées certainement en raison de leur nombre.

Cependant, certaines sont aussi peu sinisées malgré une faible population : en effet, l’éloignement géographique freine l’évolution de majorités. Les Dulong (ou Drong) par exemple vivent dans des montagnes difficiles d’accès au Yunnan, ce qui leur a permis de conserver intacts leur mœurs et leur langue traditionnelle.

Sur 55 langues recensées, vingt-deux possèdent leur propre écriture : les Han, les Mongols, les Tibétains, les Ouïgours, les Kazakhs, les Xibes, les Russes, les Dai, les Yi, les Jingpo, les Jahu, les Lisu, les Miao, les Zhuang, les Huyi, les Dong, les Wa, les Naxi, les Hani et les Li.

Certaines de ces ethnies ont même parfois plusieurs écritures, comme les Yi qui en ont trois, les Miao quatre, et les Da, deux. Elles possèdent souvent des institutions scolaires, parfois jusqu'à l’université, et dans certaines provinces, des instituts de minorités ethniques ont été créés, par exemple à Lanzhou, à Wuhan, à Chengdu, à Kunming.

Les autres ethnies utilisent l’écriture Hanzi dominante. La conservation de la langue est très importante pour la conservation et l’intégrité d’une ethnie.

En ce qui concerne les religions, les populations suivantes sont de confession musulmane : Hui, Ouzbeks, Ouïgours, Kazakhs, Kirghiz, Tatars, Tajiks (chiites), Dongxiang, Salar et Bao’an, soit au total de personnes, mais il y a aussi des membres de l'ethnie Han qui sont musulmans. Les bouddhistes en Chine sont les Han (pour partie), les Mongols, les Tibétains, les Mandchous et les Dai. Cependant, la Chine ne publie pas de statistiques à ce sujet.

Liste des ethnies reconnues officiellement par la république populaire de Chine Le gouvernement de la Chine reconnaît officiellement 56 ethnies différentes en Chine continentale. En voici la liste exhaustive, dans laquelle les ethnies sont classées par ordre de population. Cette liste utilise les noms couramment admis en français. La liste officielle utilise « Yugur » et non pas « Ouigours », « Uzbek » et non pas « Ouzbeks », « Kirgiz » et non pas « Kirghizes », « Mulam » et non pas « Mulao », « Primi » et non pas « Pumi ».

EthniePinyinSinogramme simplifiéSinogramme traditionnelPopulationHanhàn zú汉族漢族Zhuangzhuàng zú壮族壯族Mandchousmǎn zú满族滿族Huihuí zú回族回族Miaomiáo zú苗族苗族Ouïghourswéiwúěr zú维吾尔族維吾爾族Tujiastǔjiā zú土家族土家族Yiyí zú彝族彝族Mongolsměnggǔ zú蒙古族蒙古族Tibétainszàng zú藏族藏族Bouyeibùyī zú布依族布依族Dongdòng zú侗族侗族Yaoyáo zú瑶族瑤族Coréenscháoxiǎn zú朝鲜族朝鮮族Baibái zú白族白族Hanihāní zú哈尼族哈尼族Kazakhshāsàkè zú哈萨克族哈薩克族Lilí zú黎族黎族Daidǎi zú傣族傣族Sheshē zú畲族畲族Lisulìsù zú傈僳族傈僳族Gelaogēlǎo zú仡佬族仡佬族Dongxiangdōngxiāng zú东乡族東鄉族Gaoshangāoshān zú高山族高山族Lahulāhù zú拉祜族拉祜族Suishuǐ zú水族水族Vawǎ zú佤族佤族Naxinàxī zú纳西族納西族Qiangsqiāng zú羌族羌族Tutǔ zú土族土族Mulaomùlǎo zú仫佬族仫佬族Xibexíbó zú锡伯族錫伯族Kirghizeskēěrkèzī zú柯尔克孜族柯爾克孜族Daurdáwòěr zú达斡尔族達斡爾族Jingpojǐngpō zú景颇族景頗族Maonanmàonán zú毛南族毛南族Salarsǎlá zú撒拉族撒拉族Blangbùlǎng zú布朗族布朗族Tadjikstǎjíkè zú塔吉克族塔吉克族Achangāchāng zú阿昌族阿昌族Pumipǔmǐ zú普米族普米族Ewenkièwēnkè zú鄂温克族鄂温克族Nunù zú怒族怒族Ginjīng zú京族京族Jinojīnuò zú基诺族基諾族De'angdéáng zú德昂族德昂族Bonanbǎoān zú保安族保安族Russeséluōsī zú俄罗斯族俄羅斯族Yugursyùgù zú裕固族裕固族Ouzbekswūzībiékè zú乌孜别克族烏孜别克族Monbaménbā zú门巴族門巴族Oroqenèlúnchūn zú鄂伦春族鄂倫春族Derungdúlóng zú独龙族獨龍族Tatarstǎtǎěr zú塔塔尔族塔塔爾族Hezhenhèzhé zú赫哲族赫哲族Lhobaluòbā zú珞巴族珞巴族Comprend parfois les Utsuls de Hainan, descendants des réfugiés Cham Les Miao regroupent différentes ethnies dont les Hmong Comprenant les Amdo, et les Khambas Cette catégorie comprend différents groupes parlant historiquement thaï et appelés Bai-yi Un nom collectif pour tous les groupes aborigènes de Taïwan, Taïwan distingue même 14 minorités (aborigènes) de l'île. Comprend également les Moso Le même groupe que les Vietnamiens ou Kinh en vietnamien et historiquement appelés 越 Yue, ou Sino-Vietnamiens. Le même groupe que Nanaïs du côté russe de la frontière.

Origines de ces nationalités Les Han sont aujourd'hui la nationalité la plus nombreuse de Chine. Ce sont de multiples et divers peuples, que l’histoire a réunis. Ils proviennent de la dynastie impériale, qui a régné de 206 avant Jésus-Christ jusqu'à 220 après Jésus-Christ. Leur extension est due à l’impérialisme de la dynastie, c’est-à-dire à ses conquêtes militaires et expansions politiques sur les autres ethnies, mais aussi grâce à l’arrivée de paysans et de pionniers.

Leur densité a engendré la disparition de langues et cultures de populations allogènes, tel que le les Quiang, les Di, les Xiong nu, les Xian bei.

Lors de la révolution chinoise de 1911, les délégués ont choisi le drapeau à cinq couleurs représentant les cinq principaux groupes ethniques peuplant le pays : les Hans en rouge, les Mandchous en jaune, les Mongols en bleu, les Huis en blanc et les Tibétains en noir.

Depuis la proclamation de la République populaire de Chine en 1949, plusieurs politiques sont menées à l’égard des minorités. Mais c’est à partir de 1947 que s'exercent des pressions religieuses, culturelles et administratives.

En 1950, l’armée chinoise entre au Tibet : il y a dans la résistance tibétaine. Neuf ans plus tard, après la révolte des Kappas et l’insurrection générale meurent sous les coups de la répression. En 1958, Mao Zedong, établit la politique du « grand bond en avant », et les conséquences sont lourdes : la Chine connait trois années de famine, et plus de de morts entre 1959 et 1961. Cette période marque des conflits entre les cadres chinois, qui veulent battre les différentes résistances minoritaires.

En cette même année de 1958, les journaux de Pékin déclarent la guerre aux usages et coutumes des minorités, car ils freinent le développement de la production. Des luttes sont engagées pour faire disparaître certaines fêtes religieuses ou coutumes ancestrales, chez les Tongs, les Yaos, les Miaos, les Tujias dans la province du Yunnan, chez les Lis, sur l’île de Haïnan, chez les Yis dans la province du Guangxi, chez les Dais au Yunnan, et les Miaos au Guizhou.