La Tranclière est une commune française du département de l'Ain, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle appartient au canton de Pont-d’Ain et de l’aire d’attraction de Bourg-en-Bresse dont elle profite de la croissance actuelle.
Commune essentiellement agricole, ce village « discret », d’après Gérald Lévy et Joseph Rousset, est peuplé d’environ 300 habitants depuis le début du XIXe siècle. Ses habitants s'appellent les Tranclériens et Tranclériennes.
Géographie
Localisation La Tranclière se situe à 12 kilomètres au sud de la préfecture Bourg-en-Bresse et 10 kilomètres au nord-ouest de Pont-d’Ain, dans la Bresse et la Dombes.. Moins localement, elle est située à 51 kilomètres de Lyon et 375 kilomètres de la capitale, Paris..
Communes limitrophes
Relief La commune est située globalement sur deux niveaux : le plateau des Dombes et la plaine de la Bresse, à plus de 20 mètres d’altitude en dessous. Son altitude varie de 248 m au plus bas et 302 m au plus haut.. La limite du Plateau des Dombes avec la plaine de la Bresse est marqué sur presque toute la commune sauf au nord où ils se fondent dans une pente plus douce. Cette limite est le reste géologique d’un grand méandre préhistorique, aujourd’hui occupé par la rivière de la Leschère et de son affluent le Pisseur qui rogne le vallum morainique du glacier mindélien entre la Saône et le Revermont.
Au , la commune comportait 25 étangs, dont la plupart sont aujourd’hui asséchés et boisés. De ces étangs dombistes il n’en restent plus que 11 en 2024..
Géologie La grande majorité du sol est essentiellement formée d’alluvions glaciaires, hormis le fond de la vallée de la Leschère constitué, lui, de sables et d’argiles de Bresse avec un affleurement de cailloutis.
Sur la plupart de la surface de la commune, le sol est constitué du limon non calcaire qui vient recouvrir les formations rissiennes (Œb). Ce limon plus ou moins épais sur la moraine de la Dombes (Gxa) est presque absent dans la plaine bressane et surtout le couloir de Certines qui commence sur La Tranclière. La tranchée faite lors des travaux de l’autoroute au lieu-dit En Gouty montre que c’est un limon jaune non panaché, homogène, assez peu compact, avec de rares petits galets siliceux et soumis au colluvionnement (C). Il est d’un épaisseur d’environ 1 mètre.
Dans la partie de la plaine bressanne les alluvions fluvio-glaciaires (FGxa4) correspondent surtout au Riss récent (Fy+z) mais portent des traces du Riss ancien et aussi faiblement de la glaciation du Würm, postérieure (FGxb1). Les géologues du BRGM estiment que les écoulements des glaciers ont creusé sa vallée et ses méandres au Riss et lors de sa fonte, puis que les vallées actuelles ont fini de se former lors du Würm. Les apports durant l’Holocène sont surtout des alluvions minces et fines dans les fonds des vallées (C et CF).
Hydrographie
Nappes phréatiques Du fait de sa situation à la fois sur le plateau de la Dombes et dans le couloir de Certines, la commune est concernée par deux nappes phréatiques de grandes importances :
L’aquifère des « cailloutis de la Dombes », d’une surface de , qui est d’intérêt régional et est présent uniquement sur le plateau et constitué de cailloutis. Il est accessible après un forage moyen d’une dizaine de mètres sous la moraine glacière. Il n’est cependant pas d’un grand débit mais certains points d’eau fournissent 100 à 150 m³/h d’eau en débit d’exploitation. L’aquifère des « alluvions fluvio-glaciaires du couloir de Certines », est, lui, d’une surface bien moins grande : . Il est essentiellement constitué de sable argileux et dispose d’un recouvrement argilo-limoneux pas très épais ainsi que d’un substratum fait d'alternances de niveaux marneux peu perméables et sableux nommés les « marnes de Bresse ». La nappe est, dans la partie centrale du couloir, disponible à 20-25 mètres de profondeur. La nappe peut produire un débit fort sur la commune avec un potentiel mesuré à 720 m³/h d’eau à Donsonnas. C’est également à la bordure avec le plateau de la Dombes que la zone de captage de cet aquifère est alimentée par l’eau souterraine de l’aquifère des « Cailloutis de la Dombes ». Mais le premier présente un risque de pollution accidentelle de deux origines possibles : d’une part l’autoroute A40 et d’autre part du pipe-line Sud Européen. Tous les deux sont positionnés parallèlement à l’axe d’écoulement principal de la nappe qui est du sud vers le nord.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat semi-continental et le climat de montagne et est dans la région climatique Bourgogne, vallée de la Saône, caractérisée par un bon ensoleillement (), un été chaud (), un air sec au printemps et en été et des vents faibles. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ceyzériat à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , La Tranclière est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bourg-en-Bresse, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (49,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (49,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (49,8 %), terres arables (29,7 %), prairies (10,1 %), zones agricoles hétérogènes (9,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,2 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports
L’aérodrome de Bourg-Pont d’Ain Le hameau de Donsonnas héberge dès 1959, sur un terrain prêté par Maurice Curnillon, un aérodrome. créé et utilisé par l’aéro-club de Bourg-en-Bresse. Le terrain classé privé sera dénommé « Bourg-Pont d’Ain ». Le choix du lieu a été fait car Bourg-en-Bresse ne disposait pas d’aérodrome et celui d’Ambérieu-en-Bugey était jugé trop éloigné pour la formation. L’aérodrome est utilisé en tant que terrain-école pour les élèves pilotes. La piste qui est bien dégagée fait de longueur sur 30 mètres de largeur et est engazonnée. Il sera arrêté et déclassé le à cause de la mise en service de l’aérodrome de Bourg-Teyssonge à Ceyzériat.
En 1990, Roland Curnillon dépose une demande pour la réouverture à titre privé de l’aérodrome qui sera effective en 1991. Il est réservé aux avions et ULM déclarés en Préfecture.
Toponymie Le nom de La Tranclière apparaît sous la forme « Trancleria » en 1325. Il est soit d’origine latine d’après le nom de personne « Tranquillus » ou plus probablement germanique d’après le nom « Tranculf », nom du premier propriétaire du lieu, avec le suffixe -aria. L’ajout d’un son // après le groupe consonantique « cl » est typique du francoprovençal de la Bresse.
Le village puis hameau de Prin est trouvé en 1150 orthographié « Prings » dans la charte de Cluny (t. V, ), « Prins » en 1285 puis « Prenx » en 1587. On le trouve encore aujourd’hui sous la variante Prins. C’est un nom d’origine burgonde qui rappelle la notation Brengs (Brens) qui se retrouve dans Brans (Jura) et Bereins (Ain). La forme primitive est Beringos qui signifie « chez les Beringi » et est construite à partir du nom propre « Bera ».
Le hameau de Donsonnas est attesté en 1267 sous la forme « Donçona ». Il faut sans doute y voir une forme de D’onçona et rapprocher le nom avec Onzon et Anzon. L’origine serait alors l’hydrotoponyme pré-celtique *Alis-, qui donnera *Alisona en gaulois d’où viendrait le toponyme actuel.
Histoire
Antiquité et Moyen Âge vignette|Blason du Marquisat de Varambon.|100px Les plus anciennes trace d’habitations du territoire ont été trouvées lors des fouilles de 1984, réalisée par les travaux de l’autoroute A40 qui ont mis au jour au lieu-dit en Gouty, près de la Leschère, trois fours gallo-romain du milieu du premier siècle de notre ère. Ces fours à céramiques sont la preuve que la commune est habitée depuis au moins cette période.
Lors de fouilles en à l’emplacement de l’ancienne église du hameau de Prin, des sépultures orientées ainsi que du mobilier funéraire important donné généralement comme préhistoriques mais identifié par les spécialistes comme étant burgondes, constitué notamment de haches et de bracelets, ont été trouvés et légué par l’inventeur de la fouille au musée de Saint-Germain-en-Laye.
À la fin du , la paroisse de la Tranclière, à l’instar des paroisses environnantes, appartenait à Barnard, fondateur de l’abbaye d’Ambronay, auquel il la rattacha à sa fondation.. Les moines de cette dernière établirent alors un doyenné rural pour y développer la paroisseJacques Dubois, « L'implantation monastique dans le Bugey au Moyen Âge », Journal des savants, 1971, , lire en ligne.. Dès le , la Tranclière est un petit village actif sur un territoire où l’on trouve aussi celui de Prins, cité dès cette époque. La gestion fut alors du fait des moines qui y assurèrent un service d’église et bénéficiaient des libéralités de Girard de la Palud en 1299.