vignette|Moulin à sucre à traction bovine à Galette-Chambon dans la plaine du Cul-de-Sac en Haïti
thumb|350px|Trapiche à Santo Antão (Cap-Vert) Le trapiche (ou engenho) est un moulin traditionnel utilisé pour extraire les sucs de la canne à sucre en vue de sa distillation – parfois aussi de l'olive. Par extension le terme peut aussi désigner le lieu sur lequel se trouve l'installation, c'est-à-dire la ferme (finca-trapiche) Élizabeth Lopez et José Muchnik, Petites entreprises et grands enjeux : le développement agroalimentaire local, L'Harmattan, Paris, Montréal, 1997, vol. 1 p. 337 , ou par la suite l'atelier.
Automatisée dans les pays plus industrialisés, l'extraction du jus de canne à l'aide du trapiche se poursuit au Cap-Vert, particulièrement sur les îles de Santo Antão et Santiago, où il reste nécessaire à la fabrication du grogue, le rhum local.
En Amérique du Sud une forme de trapiche était aussi utilisée pour l'extraction du minerai Diccionario de la lengua española, Espasa Calpe, 2001 ( éd.) .
Étymologie et définition Dans son Nouveau dictionnaire français-espagnol et espagnol-français Nicolas de Séjournant, Nouveau dictionnaire français-espagnol et espagnol-français, Jombert, éd. 1789, tome 1, de 1775, Nicolas de Séjournant propose une étymologie latine, trapetum, et donne la définition suivante : « Rouleaux qui servent à écraser les cannes de sucre, dans les moulins à sucre ».
Fonctionnement À l'origine le trapiche est une sorte de pressoir en bois constitué de trois cylindres métalliques tournant en sens contraire Sabrina Requedaz et Laurent Delucchi, Cap-Vert, Éditions Olizane, Genève, 2011 ( éd.), . Grâce à un levier en bois légèrement arqué (parfois appelé almanjarra Reinhart P. A. Dozy, Supplément aux dictionnaires arabes, vol. 1, Gorgias Press, Piscataway, NJ, 2007 ( éd. 1881), ) et à un système d'engrenages, ils sont actionnés par la rotation d'une paire de bœufs ou de mules, guidés par un homme connu sous le nom de kolador di boi au Cap-Vert. Deux autres personnes font passer la canne à sucre entre les cylindres qui la broient et permettent l'écoulement du jus.
Histoire Dans les archipels de la Macaronésie comme en Amérique latine, l'histoire de la canne à sucre est étroitement liée à celle de la colonisation et de l'esclavage Yves Demarly et Monique Sibi, Amélioration des plantes et biotechnologies, J. Libbey Eurotext, Montrouge, 1996 ( éd.), . Sa culture se développe entre le et le .
Plusieurs gravures anciennes, dont une planche de la série « Œconomie rustique-Sucrerie » de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, illustrent cette technique aussi rudimentaire que répandue.
Au Cap-Vert, sous l'ère coloniale, le trapiche est d'abord actionné par des esclaves, avant le recours à la force animale. De cette période, sur l'île de Santo Antão, datent les « cantigas-de-curral-de-trapiche » (ou aboios), des chants destinés à encourager les bœufs ou les hommes, .
Notes
Voir aussi
Bibliographie « Trapiche », in Maya atlas : the struggle to preserve Maya land in southern Belize, North Atlantic Books, Berkeley, Calif., 1997, Michèle Guicharnaud-Tollis (dir.) Le sucre dans l'espace caraïbe hispanophone aux : stratégies et représentations : actes du colloque organisé à Pau, 14 et , l'Harmattan, Paris, 1998, 398 p. Élizabeth Lopez et José Muchnik, « Ferme-trapiche (finca-trapiche) : entreprise charnière de la production de la panela », in Petites entreprises et grands enjeux : le développement agroalimentaire local, L'Harmattan, Paris, Montréal, 1997, vol. 1
Liens externes « El azúcar promueve la esclavitud y el capital » (Fichas Azúcar, Editorial El Antillano) Trapiche de Santo Antão (fábrica de grogue) (vidéo, 2012, 2 min 39, montrant le fonctionnement du trapiche)
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