est un film dramatique franco-allemand écrit et réalisé par Leos Carax, sorti en 2012. Il s'agit du cinquième film du réalisateur, treize ans après Pola X.
Il est présenté en compétition officielle lors du Festival de Cannes Dossier de presse sur le site du Festival de Cannes 2012..
Synopsis thumb|La cité des Dents de Scie, de Trappes en Yvelines, ayant servi de décors. Prologue Après un premier plan représentant des spectateurs endormis (ou morts ?) à la projection de ce qui semble être un vieux film, nous nous retrouvons dans la chambre d'un Dormeur (Leos Carax lui-même), réveillé par le bruit d'un paquebot, des mouettes et des vagues. Il pose ses mains sur un mur de sa chambre et y découvre un petit trou dans lequel il introduit une clé apparue à son majeur. Il se retrouve dans la salle de cinéma aperçue dans la première scène.
Départ M. Oscar (Denis Lavant) est un homme d'affaires très riche, qui vit avec ses enfants dans une superbe villa en forme de paquebot (la villa Paul Poiret). Il travaille à la Bourse de Paris, a de nombreux gardes du corps et entre dans une immense limousine blanche. Il reçoit un coup de téléphone d'un de ses amis qui travaille à la Bourse et se plaint d'être le bouc émissaire du peuple miséreux, envisage de prendre une arme avec lui et propose un dîner au Fouquet's avec son interlocuteur. Sa conductrice, Céline (Édith Scob), l'informe qu'il a neuf rendez-vous dans la journée, qu'on aura du mal à dénombrer. Dans la limousine se trouve tout un matériel de maquillage et de déguisement.
Premier rendez-vous Pour le premier rendez-vous, M. Oscar met une perruque de cheveux longs et abîmés, un voile, prend une canne, et sort de la limousine grimé en mendiante boiteuse. Il part mendier sur le pont Alexandre-III, tout en soliloquant sur sa vieillesse, en romani.
Deuxième rendez-vous Le deuxième rendez-vous se déroule dans un studio de motion capture. M. Oscar porte un uniforme noir avec des points blancs lumineux. Dans une salle de capture de mouvement, il utilise des armes pour doubler un combat simulé, comme dans l'univers des jeux vidéo. Entre ensuite une femme habillée de la même combinaison, en rouge, avec qui il entame une chorégraphie contorsionniste et suggestive.
Troisième rendez-vous vignette|Cimetière du Père Lachaise sous la neige Pour le troisième rendez-vous, M. Oscar se déguise en « Monsieur Merde », personnage déjà présent dans le court-métrage Merde de Carax. Il traverse les égouts parisiens, où il croise une foule de réfugiés, puis il sort dans le cimetière du Père-Lachaise où, sur chaque tombe, dont il mange les fleurs d'ornement, est gravé . Ses déambulations le mènent finalement à une séance photo du mannequin Kay M. (Eva Mendes). La foule est apeurée par le personnage repoussant de Monsieur Merde, mais le photographe voudrait réaliser une photo avec celui-ci et le mannequin . Merde mord et sectionne les doigts de l'assistante photographe puis enlève le mannequin pour l'emmener dans les égouts, dans sa tanière. Il découpe sa robe de manière à lui couvrir la tête et les épaules d'un voile évoquant un niqab puis, après s'être entièrement dévêtu, il s'endort le sexe érigé et la tête posée sur les genoux de sa belle, tandis qu'elle lui fredonne une vieille berceuse américaine, All the Pretty Little Horses.
Quatrième rendez-vous M. Oscar interprète ensuite un père de famille qui vient chercher sa fille après une fête. On entend en fond la chanson Can't Get You Out of My Head, de Kylie Minogue. La fille lui affirme avoir passé une superbe soirée, notamment avoir dansé avec plusieurs garçons, mais, en lui parlant, M. Oscar apprend que sa fille a en réalité passé la soirée dans la salle de bains, incapable de se socialiser. Très affecté, il lui reproche son manque de confiance en elle et la laisse devant chez eux, en lui disant :
Cinquième rendez-vous M. Oscar se rend dans une église avec un accordéon. Là-bas, il retrouve de nombreux autres musiciens, avec qui il entame un concert dans l'église vide. Ils effectuent une reprise de R.L. Burnside : "Let my babe ride".
Sixième rendez-vous M. Oscar va ensuite interpréter Alex, qui vient tuer, pour des raisons qui nous sont inconnues, un travailleur de nuit prénommé Théo, qui a le même visage que lui, en lui tranchant la jugulaire au couteau. Ensuite, il le déguise de telle manière qu'on croie que c'est lui-même qui est mort (il maquille Théo en Alex). Mais, alors qu'il a presque fini, Théo, dans un dernier soubresaut, prend le couteau et le lui plante dans le cou de la même manière. Monsieur Oscar réussit à se traîner jusqu'à la limousine mais s'écroule à quelques mètres, et c'est Céline qui le traîne à l'intérieur.
Un homme à la tache de vin sur le visage (Michel Piccoli), arrivé on ne sait comment dans la limousine, s'enquiert de la santé morale de M. Oscar, se présentant comme l'employeur de ce dernier, ou comme son chef. Il se demande si Oscar n'a pas perdu la foi dans ce qu'il fait, ce à quoi ce dernier répond : Une fois l'homme parti, la limousine avançant au centre de Paris, Oscar demande brusquement à Céline de s'arrêter devant le restaurant du Fouquet's. Il descend avec une cagoule rouge sur la tête et assassine un nouveau sosie de lui-même avant d'être abattu par les gardes du corps. Céline se penche à côté du cadavre et lui murmure : Alors, Oscar se relève et part vers ses derniers rendez-vous.
Septième rendez-vous Oscar se déguise ensuite en vieil homme, M. Vogan, qui regagne sa chambre d'hôtel pour s'allonger sur son lit aux côtés d'un gros chien noir. Il est rejoint par une jeune femme, Léa, sa nièce (Élise Lhomeau). On apprend que le vieil homme est sur le point de mourir. S'engage alors, dans une situation reproduisant la fin du film The Portrait of a Lady de Jane Campion, une discussion sur la vie et l'amour, qui se conclut par le dernier soupir du vieil homme. Puis Oscar se lève délicatement, remercie Léa/Elise et chacun retourne à ses rendez-vous. vignette|La Samaritaine à Paris En allant vers ses deux derniers rendez-vous, la limousine d'Oscar heurte une autre limousine. Dans cette autre limousine se trouve une actrice, comme lui (Kylie Minogue), qu'Oscar a bien connue et dont il était sans doute amoureux. Au cœur de La Samaritaine désaffectée, un dialogue mélancolique a lieu sur leur vie passée, partiellement chanté par l'actrice sur le thème principal du film : Who Were We? Puis ils se quittent. L'actrice enjambe la balustrade du bâtiment où elle se trouve, apparemment prête à se jeter dans le vide. Dans l'escalier, Oscar entend monter le partenaire de l'actrice et se cache pour ne pas le croiser.
Descendu, il voit les cadavres de l'actrice et de son partenaire. Il hurle et se précipite dans la limousine.
Dernier rendez-vous
Céline a déposé Oscar dans une banlieue résidentielle où toutes les maisons se ressemblent. Elle lui donne son argent pour la journée, la clé pour la nuit, et lui donne rendez-vous pour le lendemain matin, à l'heure habituelle. Oscar, comme hésitant, finit par entrer dans la maison où il retrouve sa famille, sa femme et ses deux filles, qui s'avèrent être des primates. Il leur raconte sa journée et leur annonce que leur vie va changer. Pendant toute cette séquence, on entend Gérard Manset chanter Revivre.
Céline ramène la limousine dans un grand entrepôt sur lequel trône l'enseigne Holy Motors. Elle met un masque, prend son téléphone et dit . Une fois qu'elle est sortie du garage, les limousines entament une discussion où elles se plaignent de leurs journées et ont peur d'être vite remplacées par les humains, qui . Reste le silence ? La conversation se termine par un général.
Fiche technique
Titre original : Réalisation : Leos Carax Scénario : Leos Carax Direction artistique : Florian Sanson Décors : Emmanuelle Cuillery Costumes : Anaïs Romand Photographie : Caroline Champetier Son : Erwan Kerzanet Montage : Nelly Quettier Maquillage : Bernard Floch Manipulation d'images : Jacques Perconte Production : Pierre Grise Productions Sociétés de production : Pierre Grise Productions ; Arte, CNC et Les Films du Losange (coproductions) Société de distribution : Les Films du losange Budget : Liste de films agréés sur le site du CNC (onglet 2011, case E130). Pays de production : | Langues originales : anglais, français, mandarin Format : couleur - 1,85:1 Genre : drame Durée : 115 minutes Dates de sortie : France : (Festival de Cannes) ; (sortie nationale) Belgique : Québec :
Distribution Denis Lavant : Monsieur Oscar Édith Scob : Céline Eva Mendes : Kay M. Kylie Minogue : Eva Grace (Jean) Jeanne Disson : Angèle Élise Lhomeau : Léa (Élise) Michel Piccoli : l'homme à la tache de vin Leos Carax : le dormeur Nastya Golubeva‑Carax : la petite fille Reda Oumouzoune : l'acrobate (capture de mouvement) Geoffrey Carey : le photographe Annabelle Dexter-Jones : l'assistante photographe Bertrand Cantat : un membre de l'orchestre dans l'église François Rimbau : homme aveugle (non crédité) Karl Hoffmeister : spectateur (non crédité)
Production Développement Le précédent long-métrage de Leos Carax date de 1999 avec Pola X ; entre-temps, il n'avait réalisé que des courts et moyens-métrages. Il explique que cela était dû à des problèmes de distribution et à des problèmes d'argent pour réaliser un film. Pour contourner ces limites, il décide, pour Holy Motors, d'utiliser en grande partie des caméras numériques, qui réduisent largement les coûts de production, bien qu'étant hostile à cette technique de prise de vueNotes de production de Holy Motors : entretien avec Leos Carax sur Cinémovies.fr, consulté le 18 juin 2012.
Le choix du titre du film, qui signifie littéralement « Saints Moteurs », ainsi que son sujet lui ont été inspirés par un voyage aux États-Unis, où il a croisé d'immenses limousines blanches, qu'il a étonnamment revues à Paris. Il raconte y avoir vu métaphoriquement Secrets de tournage de Holy Motors sur Allociné.fr, consulté le 18 juin 2012. Avec Holy Motors, Leos Carax revient, sous la forme d’un manifeste, au Cinéma du look de ses débuts, esthétique qu’il magnifie de manière exemplaire, comme le note Scott Fundas dans ..
Audition Édith Scob avait déjà joué avec Carax dans Les Amants du Pont-Neuf, mais la plupart des scènes où elle était présente avaient été coupées au montage (ne restent que ses mains et sa nuque). Le réalisateur lui offre, dans Holy Motors, le rôle de Céline. Leos Carax propose le rôle de l'homme à la tache de vin à Michel Piccoli, qui a quelques réticences. Le réalisateur propose de le maquiller de telle manière qu'il ne soit pas reconnaissable, et va même jusqu'à mettre un faux nom dans le générique, Marcel Tendrolo. Mais l'affaire est ébruitée et cette idée fantasque n'a pas pu tenir. Pour le rôle du mannequin, Carax avait pensé à Kate Moss, d'abord pour son projet inabouti Merde in the USA. Après une rencontre avec l'actrice américaine Eva Mendes, il modifia son choix et opta pour cette dernière.
Quant au rôle principal, il a toujours voulu le dédier à son acteur fétiche, Denis Lavant. Il ironise, d'ailleurs : .
Il est à noter la silhouette de Bertrand Cantat, qui participe à « l'entracte » dans la scène de l'orchestre d'accordéons, jouant de l'harmonicaLes surprises de Cannes dans Le Point du 26 mai 2012..
Traitement de l'image Dans la séquence 27, l'image a été modifiée par des techniques de manipulation numérique de l'image. Le paysage se liquéfie et devient une image abstraite. Cette pratique est connue sous le nom de . La séquence est réalisée par le plasticien Jacques Perconte. Le film est également entrecoupé d'images chrono-photographiques, extraites de plusieurs films d’Étienne-Jules Marey.
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Accueil critique Après la présentation de Holy Motors, le , au festival de Cannes, la critique le place comme l'un des meilleurs films, des plus originaux du festival.