Thierry Boutsen, né le à Bruxelles, est un pilote automobile belge francophone naturalisé monégasque, ayant notamment remporté plusieurs victoires en Formule 1 et en endurance.

Biographie thumb|Thierry Boutsen sur Arrows A7 en 1984 à Dallas. thumb|Thierry Boutsen sur Benetton B188 en 1988 au Canada.

Débuts Il commence sa carrière sportive en 1975 en Formule VW en remportant le volant de l'école de pilotage d'André Pilette sur le circuit de Zolder, et gagne ses premières courses. En 1976, il obtient encore trois succès, et passe, la même année, en Formule Ford, dans laquelle il engrange 15 victoires en 1978. L'année suivante, il passe en Formule 3 et monte sur la première marche du podium à Zolder. Il remporte le titre de vice-champion d'Europe en 1980, grâce à ses victoires au Nürburgring, à Zolder et à Magny-Cours.

En 1981, il aborde la Formule 2. Il comptabilise deux victoires et termine le championnat d'Europe en deuxième position. Il quitte la Formule 2 l'année suivante, après trois victoires (Nürburgring, Francorchamps et Enna).

Formule 1 Thierry Boutsen débute en Formule 1 avec l'équipe britannique Arrows en 1983. Il suit une progression limpide : premiers Grands Prix en 1983, premiers points en 1984 et premier podium en 1985. La saison 1986 est par contre une grande déception puisque l'Arrows A9 est une mauvaise monoplace qui de plus s'est longtemps fait attendre. Boutsen doit commencer l'année avec le châssis A8 avant de constater que la fiabilité de l'A9 est catastrophique à cause des vieux blocs BMW turbo dépassés. Bien que le châssis soit plusieurs fois modifié, rien ne changera.

Boutsen passe chez Benetton en 1987, et retrouve le soutien officiel de Ford. Il fait une solide saison avec la B187 à moteur V6 turbo. En 1988, il étrenne la B188 à moteur V8 atmosphérique et est le principal outsider derrière Ayrton Senna et Alain Prost qui disposent d'un moteur turbo. Boutsen remporte le trophée Colin Chapman qui sacre le meilleur pilote courant avec un moteur atmosphérique.

En 1989, certains amateurs belges de Formule 1 voient en lui un nouveau Jacky Ickx et rêvent d'avoir enfin un champion du monde de la discipline. À la suite du départ de Nigel Mansell vers Ferrari, le baquet de la Williams-Renault FW 12 lui est confié. Boutsen remporte ses deux premières victoires au Canada et en Australie mais, bien qu'ayant réalisé une saison supérieure à son équipier Riccardo Patrese, est désavoué par Patrick Head qui le trouve « mou ». 1990 commence très mal avec une violente sortie de route qui le handicape toute la saison. Il remporte toutefois une victoire et signe la pole position en Hongrie. À la fin de la saison, il est remplacé par Mansell.

Renault lui conserve toutefois sa confiance et Boutsen poursuit désormais sa carrière chez Ligier en 1991. Mais pour des raisons de contrat d'exclusivité avec Williams, Renault ne peut équiper Ligier qui doit se contenter des blocs Lamborghini peu performants. Boutsen tombe en fond de ligne et subit même l'épreuve couperet des pré-qualifications. L'année 1992 est tout aussi décevante : le châssis Ligier est très perfectible et les moteurs enfin fournis par Renault sont les blocs ancienne génération RS2 de chez Williams. Renault porte tous ses efforts sur Williams (qui remportera les deux titres mondiaux cette année) tandis que les dirigeants de Ligier font peu de cas de Boutsen car ils envisagent un temps de recruter Alain Prost. Boutsen se rend compte qu'il n'est qu'un remplaçant de luxe et démotivé, terminera péniblement sa seconde saison chez Ligier.

En 1993, Boutsen tente encore une saison chez Jordan Grand Prix, mais il jettera les gants en cours de saison, après son Grand Prix national.

Endurance Thierry Boutsen fait ses débuts en endurance aux 24 Heures du Mans 1981 sur la WM-Peugeot P81 n° 82 associé à cette occasion à Michel Pignard et Saulnier. La voiture est engagée en groupe C ; Saulnier qualifie la voiture en et c'est Boutsen qui prend le départ, donné à 15 heures. La première expérience de Boutsen aux 24 heures est dramatique : à 16 h 06, il sort de la piste dans la ligne droite des Hunaudières à la vitesse de 350 km/h fauchant pour l'occasion trois commissaires de piste, tuant l'un d'eux. La course est aussitôt neutralisée. Thierry Boutsen sort indemne de cet effroyable accident. On revit l'année suivante Boutsen au volant d'une groupe C, en l'occurrence une Rondeau M382 usine qu'il partage avec Henri Pescarolo lors des 1000 km de Spa le (sortie de piste de Boutsen) puis lors des 6 Heures du Mont-Fuji le . L'année 1983 débuta par une belle victoire aux 1000 km de Monza le en compagnie de Bob Wollek au volant d'une Porsche 956 engagée par le Joest Racing. Il disputa plusieurs courses au volant de Porsche 956 au cours de l'année ainsi qu'en 1984 et 1985. En 1985, il remporte les 24 Heures de Daytona en début de saison sur une Porsche 962. Par la suite, il dispute diverses courses du championnat du monde des sport-prototypes pour Brun Motorsport. Lors des 1 000 kilomètres de Spa, son équipier Stefan Bellof mène l'épreuve au mais, à la suite d'un ravitaillement un peu trop long, la Porsche officielle de Mass-Ickx prend la tête. Bellof souhaite absolument gagner avec sa voiture privée devant la machine officielle de Jacky Ickx. Au , Bellof, revenu dans les échappements du Belge, tente de le dépasser dans le raidillon de l'Eau Rouge, mais il l'accroche. Sa voiture s'encastre alors de face dans l'angle d'une tribune et s'embrase aussitôt. Le pilote allemand ne survivra pas à ses blessures. vignette|La Toyota GT-One de Boutsen lors des 24 heures du Mans 1998. Thierry Boutsen, son ami de la F2 et coéquipier vit le crash en direct et restera marqué à jamais : La mort de Stefan est le plus mauvais souvenir de ma carrière, et de loin. Ce jour-là, j'ai perdu un formidable équipier, mais j'ai surtout perdu un ami. Il m'a fallu des années pour m'en remettre. Et encore... Il remporte l'épreuve en 1986 avec Frank Jelinski sur une Porsche 962C de l'écurie Brun Motorsport.

Après sa carrière en Formule 1, Boutsen exerça encore ses talents de pilote en endurance pour Peugeot ( aux 24 Heures du Mans 1993), Porsche ( aux 24 Heures du Mans 1994 et en 1996) et Toyota. Il met un terme à sa carrière à la suite d'un terrible accident, survenu à près de 300 km/h lors des 24 Heures du Mans 1999, au volant d'une Toyota GT-One.

Autres courses en voitures de sport Il remporte également une épreuve du DRM en 1984 au Norisring sur Porsche 956 du John Fitzpatrick Racing, puis en 1996 coup sur coup les 4 Heures de Brands Hatch et de Spa en septembre sur Porsche 911 GT1, en Championnat BPR, et il termine troisième des 12 Heures de Sebring en 1998 avec cette voiture ( en 1999), notamment avec Bob Wollek. Toujours en 1998, il gagne ensuite les 24 Heures de Zolder GT avec Patrick Huisman et Marc Goossens sur 993, finit troisième au Petit Le Mans avec Wollek et Helmut Kelleners sur la 911 GT1, et il termine la saison par un titre de Champion des États-Unis de courses sur route (USRRC) en catégorie GT1.

Rallyes Après avoir joué le rôle d’ouvreur dans un rallye national en 1982, Boutsen prend part l'année suivante au Rallye du Condroz au volant d'une Porsche 911 SC. Il est pour l’occasion navigué par Willy Lux, le copilote habituel de Marc Duez. Il se montre d'emblée performant, pointant à la troisième place derrière la Porsche de Patrick Snijers et la Ford Escort de Robert Droogmans, deux spécialistes de l'épreuve. Une sortie de route dans la seconde boucle de la première étape le fait cependant rétrograder à la neuvième place, mais le pilote belge va ensuite progressivement remonter pour terminer à la cinquième place finaleRevue Auto hebdo - 24 novembre 1983.

Boutsen Ginion Racing

Thierry Boutsen parraine une écurie de sport automobile, le Boutsen Ginion Racing, qui fait rouler des voitures en Clio Cup et en Mégane trophy, ainsi qu'une LMP2 en European Le Mans Series. À Monaco, il gère aussi la société Boutsen Aviation, créée en 1997. Son activité est le courtage, achat et vente d'avions d'affaires ou Business jets.

Vie personnelle En 2025, il est naturalisé monégasque.

Résultats en championnat du monde de Formule 1 Saison Écurie Châssis Moteur Pneus GP disputés Victoires Points inscrits Classement 1983 Arrows Racing TeamA6Ford V8Goodyear 1000n.c. 1984 Barclay Nordica Arrows BMWA6A7Ford V8BMW 4 en ligne turboGoodyear 1505 1985 Barclay Arrows BMWA8BMW 4 en ligne turboGoodyear 16011 1986 Barclay Arrows BMWA8A9BMW 4 en ligne turboGoodyear 1600n.c. 1987 Benetton Formula LtdB187Ford V6 turboGoodyear 16016 1988 Benetton Formula LtdB188Ford V8Goodyear 16027 1989 Canon Williams TeamFW12CFW13Renault V10Goodyear 16237 1990 Canon Williams TeamFW13BRenault V10Goodyear 16134 1991 Ligier GitanesJS35JS35BLamborghini V12Goodyear 1600n.c. 1992 Ligier Gitanes BlondesJS37Renault V10Goodyear 1602 1993 Sasol Jordan193Hart V10Goodyear 1000n.c. Total 163 3 132

Victoires en championnat du monde de Formule 1

+ Tableau synthétique des victoires de Thierry Boutsen en Formule 1#AnnéeManche DateGrand PrixCircuit Position de départÉcurieVoitureRésumé 1 1989 6/16 Canada Montréal Canon Williams Team FW12C Résumé 2 1989 16/16 Australie Adélaïde Canon Williams Team FW13 Résumé 3 1990 10/16 Hongrie Budapest pole position Canon Williams Team FW13B Résumé

Résultats aux 24 Heures du Mans Année Voiture Équipe Équipiers Résultat 1981 WM P81 WM A.E.R.E.M.Serge Saulnier / Michel Pignard Abandon au 1983 Rondeau M482 Ford FranceHenri Pescarolo Abandon au 1986 Porsche 956 Brun MotorsportAlain Ferté / Didier Theys Abandon au 1993 Peugeot 905 Peugeot Talbot SportYannick Dalmas / Teo Fabi 1994 Dauer 962 Le Mans Le Mans Porsche TeamJoest RacingDanny Sullivan / Hans-Joachim Stuck 1995 Kremer K8 Spyder Porsche Kremer RacingChristophe Bouchut / Hans-Joachim Stuck 1996 Porsche 911 GT1 Porsche AGBob Wollek / Hans-Joachim Stuck 1997 Porsche 911 GT1 Porsche AGBob Wollek / Hans-Joachim Stuck Abandon au 1998 Toyota GT-One Toyota MotorsportRalf Kelleners / Geoff Lees Abandon au 1999 Toyota GT-One Toyota MotorsportRalf Kelleners / Allan McNish Abandon au

Distinctions Septuple Champion de Belgique des conducteurs, titre décerné par le Royal automobile Club de Belgique (RACB): 1983 à 1985, et 1987 à 1990; Sportif belge de l'année en 1989 (troisième en 1987 et 1988).

Notes et références

Liens externes

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