L'histoire des agences de presse est marquée, depuis près de deux siècles, par une succession d'innovations technologiques et de bouleversements politiques qui ont transformé le paysage dans ce secteur.

début du Échanges et mutualisations, le rôle du à Londres et à Washington vignette| : Le débarquement hollandais lance la « Glorieuse révolution » britannique. La "Glorieuse Révolution britannique" donne au le rôle d'une quasi-agence de presse : il organise l'échange de nouvelles entre journaux anglais, pour mieux faire circuler les informations et mutualiser le coût de leur collecte. Il emploie 700 personnes dès 1696, deux fois plus qu'en 1688 et subventionne les abonnements des journaux les uns aux autres pour presque rien., effectués par six Clerks of the Road, les seuls autorisés à effectuer des envois postaux après 19 heures, réservant aux journaux le créneau horaire des nouvelles les plus récentes.

En 1695, la censure est abolie., 26 publications ayant été créées entre 1688 et 1692"Histoire de la presse en Angleterre et aux États-Unis", par Athanase Cucheval-Clarigny, page 32.. Les quasi-quotidiens, paraissant trois fois par semaine, se multiplient. Dans les années 1720, l'administration de Robert Walpole lance un nouveau développement du service postal grâce auquel l'Angleterre a une cinquantaine de journaux en 1770, dont 9 quotidiens à Londres, où la Poste distribue dès 1782, chaque jour de journaux.

Dans les colonies anglaises d'Amérique, entre 1753 et 1761, l'Office royal des postes est codirigé par . et Benjamin Franklin, tous deux journalistes et éditeurs. Par une circulaire aux maîtres de poste de 1758, ils formalisent cette politique d'échanges systématiques des publications, relevant jusque-là de « gentleman's agreement ».

Les comités de correspondance de la Guerre d'indépendance américaine vignette|left|Pour James Madison, l'échange postal de journaux stimule le civisme. vignette|left|Pour George Washington, il permet d'unir les différentes régions du pays La guerre d'indépendance des États-Unis est précédée par un bouillonnement intellectuel et politique. La puissance coloniale britannique tente de le tuer dans l'œuf, en coupant les services postaux.. Les indépendantistes créent alors des « Committee of correspondence », obéissant à des protocoles précis (agenda, prise de parole, principe d’égalité entre les membres, qui acceptent de subordonner leurs opinions individuelles aux communications du comité).). Ils établissent des plans d'action collectifs, dessinant les prémices d'une union politique formelle entre les colonies et lançant un effort « national » pour un réseau d'information.. Le premier fut formé à Boston en 1764, face aux réformes impopulaires des services des douanes. Près d'une centaine d'autres lui sont reliés en 1772, dans les treize colonies, sous l'impulsion de Samuel Adams et Joseph Warren.

Ces « Comités de correspondance » de 1773 aboutirent au Congrès de 1774, deux ans avant la guerre. Ils ont leurs propres messageries, avec chevaux et bateaux, même si la Royal Navy reste un bastion du pouvoir colonial.

Le modèle américain des comités de correspondance a été imité lors des prémices de la Révolution française, en Bretagne dès 1787 et 1788.. En Auvergne, ils fleurissent à Besse, Brioude, Champeix, Gannat, La Tour d'Auvergne..

Aux Etats-Unis, les pères de l'indépendance américaine, de James Madison à George Washington, veulent un service postal national, dans un esprit civique pour le premier, fédérateur pour le second.. Le "Post Office Act" de 1792 déclare que « chaque éditeur doit envoyer gratuitement un exemplaire de chaque journal à tous les autres éditeurs des États-Unis », la circulation des nouvelles relevant de l'intérêt général.

Le nombre de bureaux de poste américains est multiplié par cent en une quarantaine d'années. La presse est subventionnée. En 1832, elle pèse un sixième des recettes postales américaines mais 95̥ % du poids transporté.. Certains journaux sont encore gratuitement abonnés à 600 autres en 1839., selon le ministre des postes Amos Kendall.

En 1850, le prestigieux quotidien New York Herald offre toujours un contenu majoritairement issu d'échanges de journaux. Le volume télégraphié par l'Associated Press a déjà doublé en deux ans, mais reste centré sur les urgences (décisions politiques, cours des matières premières).. Ce système d'échanges postaux décentralisés permet aux choix éditoriaux de conserver une forme horizontale, en réseau. Il va longtemps influer sur l'histoire des agences de presse américaine. Au nom de l'intérêt général, l'événement local ou national mis en avant par un hebdomadaire rural de l'Ouest ou du Sud, l'éclairage choisi, ont le même droit de cité que l'opinion d'un éditorialiste de Washington. À la Révolution française, Chappe propose une agence de presse Alors que l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 stipule que « tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement », la Révolution française investit dans le télégraphe optique de l'abbé Claude Chappe. Son frère Ignace Chappe (1760-1830), député à l’assemblée législative, l’aide à faire adopter une ligne de quinze stations, déployée sur environ entre Paris et Lille, afin de transmettre les informations de la guerre. Elle fonctionne partiellement dès 1791 et est terminée en 1794, mais prolongée seulement en 1798 vers Dunkerque, la mer, Bruxelles, Anvers et Amsterdam, le Directoire freinant le processus dès 1795. La ligne vers Metz prend aussi du retard.

Une troisième ligne de la télégraphie optique fut construite en 1798, de Paris à Brest, et une quatrième en 1799 de Paris à Lyon, continuée en 1805 jusqu'à Turin et Milan, et en 1809 jusqu'à Venise.

En , Claude Chappe propose la création, entre autres, d'une sorte d'agence de presse télégraphique.. En , dans une lettre au Consulat, l'abbé Claude Chappe pronostique à nouveau la création d'une agence de presse, mais moins ambitieuse, sous la forme d'un Journal des départements qui recevrait une dépêche de Paris par télégraphe optique., mais il n'est pas suivi par le 1er consul Napoléon Bonaparte, qui trouve cette technologie chère et peu sûre.

La Suède, le Danemark et l'Angleterre ont aussi mis en œuvre la télégraphie optique peu après. En France, le télégraphe reste exploité par une société privée informelle, celle des frères Chappe. Après l'intérim assuré par Pierre-François Marchal (1785 - 1864), député de la Meurthe, Alphonse Foy leur succédera comme « directeur du télégraphe Chappe », passé aux mains de l'État, et s'opposera aux projets concurrents de l'homme d'affaires Claude Ferrier. puis militera pour que soit rédigé un projet de loi instituant un monopole public du télégraphe, présenté aux députés en .

Entretemps, en en Prusse, un mémorandum à l'État-major propose l'édification du télégraphe optique prussien, qui est lancée en , tandis qu'en 1831, un ancien employé de Chappe, Pierre-Jacques Château, renvoyé après la Révolution de 1830, a établi en Russie deux lignes de télégraphie aérienne à vocation militaire, l'une, simplement expérimentale, de huit postes entre Saint-Pétersbourg et l'île de Cronstadt, et l'autre, longue de cent quarante-huit postes entre Saint-Pétersbourg et Varsovie. La première ligne a été ouverte en , la seconde à la fin de .

Des paquets de journaux, lancés du bastingage des navires venus d'Europe Jusqu'en 1830, les nouvelles commerciales, comme les prix et pénuries de marchandises attendues dans les ports, sont la priorité de trois des six patrons de presse américains qui fonderont deux décennies plus tard l'Associated Press : Gerard Hallock, James Watson Webb et son bras doit Gordon Bennett. Afin de publier de l’information fraîche avant leurs concurrents, ils affrètent des petits bateaux rapides allant à la rencontre des gros navires venus d'Europe, qui leur lancent des paquets de journaux français, anglais et belges. Cette technique est développée dès la fin du par la New York Gazette de John Lang. L'Amérique n'a alors pas encore d'industrie véritable et les prix des marchandises varient très fortement, car le commerce atlantique a été bouleversé par l'indépendance haïtienne et le Blocus continental des guerres napoléoniennes.

Puis c'est la guerre de 1812 entre l'Angleterre et les États-Unis. Sa fin est révélée par le Post and Courier de Aaron Smith Willington, en Caroline du Sud, qui approche un navire espagnol venu de Floride. À Boston, les nouvelles du port sont centralisées par Henry Ingraham Blake et Samuel Topliff, qui a un télégraphe optique entre le port et la ville et une « salle de nouvelles » ouverte aux journalistes et aux négociants recherchant de précieuses informations commerciales, en particulier les prix européens des marchandises. Gerard Hallock l'embauche à New York, en 1828, lorsqu'il fonde le Journal of Commerce, avec Arthur Tappan et Samuel Morse, puis rachète la liste d'abonnés du New York Gazette. Au début des années 1830, James Watson Webb dépense près de dollars. pour son schooner, qui patrouille à cent kilomètres des côtes, dans l'espoir d'approcher le premier d'éventuels navires venus d'Europe, avec des scoops pour son journal financier, le New York Morning Courier, animé par Gordon Bennett. Hallock, Webb et Benett lanceront aussi des service d'information par relais de chevaux lors de la décennie suivante.

Années 1830 Les révolutions de 1830 en Europe font éclore un grand nombre de journaux, mais la tentative d'assassinat de l'attentat de Giuseppe Fieschi contre Louis XVIII en 1835 amène le gouvernement français à les surveiller, en favorisant le modèle semi-privé de l'Agence Havas..

La multiplication des « agencicules » et « correspondances » parisiennes après la Révolution de 1830 vignette|Le combat devant l’Hôtel de ville le . par Jean-Victor Schnetz. thumbnail|Le Génie de la Liberté en haut de la colonne de la Bastille, élevée en mémoire des Trois Glorieuses. En France, de 1815 à 1870, une « bonne partie du débat politique tourne autour de la Liberté de la presse », dopée par les révolutions de 1830, 1848 et 1870.. Celle de juillet 1830 a pour épicentre la révolte des journalistes pour la liberté de la presse. Par la suite, plusieurs « agencicules » diffusent par la poste des « correspondances » lithographiées à un ensemble de journaux, afin de mutualiser le coût des nouvelles nationales et internationales, des cours de Bourse ou des matières premières. En 1833, Alexandre Labot a recensé les statistiques des 335 journaux publiés dans 113 villes de provincetandis que le journal La Bourse d'août 1837 a dénombré 260 sociétés françaises cotées, dont 38 journaux.. Beaucoup d'« agencicules » sont aussi des « courtiers d’annonces », collectant les publicités de la page et accordant une remise de 20 % à 50 %, sur le prix. Dès 1836, les recettes publicitaires du Journal des débats, de la Gazette de France et du Constitutionnel dépassent .. Les « principaux courtiers d’annonces » sont treize en 1838Les 13 sont Roger et Hus, Goisier et Bigot, Bourgoin et Lepelletier, Justin et Cie, Pignère de la Bouloye, Desertine, Gover, Desfontaines, Aiguillé et Cie, Siclot et Defos, l'Agence générale des journaux français et étrangers, Estibal, Prévost, et Louis, selon Felix Verneuil et son livre "La page des journaux, histoire impartiale de l'annonce et de la réclame, depuis leur naissance jusqu'à ce jour" en page 1666, Éditions Martinon, 1838. À partir de 1828, chaque agencicule répond aux besoins d'une catégorie de journaux.