La ligne Mahlmann (en allemand Mahlmann Linie) était une ligne de défense allemande dans le nord du Cotentin durant la bataille de Normandie en juin et juillet 1944. Elle coupait la presqu'île d'ouest en est, s'étendant des plages de Bretteville-sur-Ay à l'ouest jusqu'au sud de la ville de Carentan à l'est, bloquant ainsi la route vers le sud et tout accès vers le reste de la France aux troupes alliées. Elle porte le nom du Generalleutnant allemand Paul Mahlmann qui l'organisa. Son effectif total était de German’s Main Line Resistance. Elle fut enfoncée par le VIII corps de l'armée américaine du général Omar Bradley lors de la bataille des haies au prix de lourdes pertes.

Historique Lors du début de mise en place du mur de l'Atlantique en 1942, les Allemands s'intéressent aux trois monts qui dominent cette partie nord du Cotentin : le mont Étenclin, le mont Castre et le mont Doville. Lors du renforcement du mur en 1943 et surtout début 1944, ses monts sont fortifiés. Mais la ligne ne sera créée en tant que telle qu'avec l'installation et les aménagements faits par la d'infanterie dirigée par le général Mahlmann en .

Cette ligne de défense sera active pendant la bataille de La Haye-du-Puits à partir du . Quelques semaines auparavant, alors que les troupes américaines coupent le Cotentin en deux le à hauteur de Barneville-Carteret, le général Mahlmann profite du fait que l'armée américaine va se focaliser sur la prise de Cherbourg au nord pour réarmer et réorganiser sa ligne en sorte de « mur du Cotentin ». Les derniers éléments de la ligne céderont définitivement vers le , au lancement de l'opération Cobra qui provoquera la percée d'Avranches. Très solide et favorisée par le bocage normand, cette ligne de défense coûta la vie à près de américains..

Les Américains n'ont appris son existence qu'au début de l'offensive pour prendre La Haye-du-Puits le dans des circonstances plutôt insolites. En effet, une patrouille américaine de sept soldats commandée par le lieutenant Stanley Weinberg, guidée par un jeune Français, pénétra dans les lignes allemandes et y captura les servants d'une mitrailleuse. Parmi eux, un officier allemand. Fouillant le prisonnier, les GI's trouvèrent dans sa poche une photo de lui nu et entouré de prostituées. C'est sous la menace de voir atterrir la photo dans les mains de son épouse qu'il révéla la ligne Mahlmann au lieutenant Weinberg Michel Pinel, La Guerre des Haies et la Bataille de La Haye-du-puits, Michel Pinel, Mai 2004..

Bien qu'encore en travaux au moment de l'offensive américaine, la ligne était tout de même déjà opérationnelle et capable d'une défense redoutable comme en témoigne ce récit de l'abbé Paul Levert, curé pendant la Seconde Guerre mondiale de Varenguebec, un village au nord-est de La Haye-du-Puits :

Bataille de Normandie, récits de témoins - éditions de notre temps. p.58 .

Répartition La ligne commence à l'ouest sur les plages de Bretteville-sur-Ay, au sud de Port-Bail et au nord-ouest de Lessay, elle continue vers l'est, s'appuyant sur le village de Montgardon et à ensuite la forme d'un arc de cercle, passant juste au nord de La Haye-du-Puits, Lithaire et Saint-Jores. Ensuite la protection est essentiellement assurée par les marais et les zones inondées de la Sèves et de la Taute jusqu'à Carentan. Une ligne un peu en arrière protège les abords nord du mont Castre.

Au nord-ouest, une avant-ligne mobile située au bord de marécages sert d'éclaireur en cas d'attaque. Ainsi, les Allemands peuvent ralentir la progression des Américains, réunir des informations sur leur stratégie et adapter leur défense. Elle est forte de et est formée par les unités encore opérationnelles de la et de la d'infanterie de la Wehrmacht.

Sur la ligne, de Denneville au sud de Carentan, sont repartis les 77 et d'infanterie de la Wehrmacht commandée par le général Mahlmann et la 17e Panzer grenadier division SS Götz von Berlichingen commandée par le Standartenführer Otto Baum. La ligne est soutenue par les fortifications du mont Castre, surplombant la ligne par son arrière, qui sert à la fois de vigie ( de hauteur et offrant une vue panoramique sur les rivages est et ouest du Cotentin dont la plage de débarquement d'Utah Beach), La Haye-du-Puits et toutes les hauteurs situées en avant de la ligne, fortifiées elles aussi et que pourraient prendre et se positionner les Américains en attaquant depuis Cherbourg. D'autre part, la ligne contourne et surplombe par le sud les marais de Gorges inondés et protégés par de nombreuses « asperges de Rommel ».

Enfin, une troisième ligne en réserve au sud, la Wasserstellung (en français « position des eaux ») s'étend du havre de Lessay et qui suit les trois cours d'eau l’Ay, la Sèves et la Taute vers l'est et jusqu'à ce qu'elle rencontre la ligne principale à hauteur de Saint-André-de-Bohon.

Toute la ligne et ses points d'appui sont renforcés par un grand nombre de feldgendarmes et de fallschirmjäger, les parachutistes de la Wehrmacht utilisés comme éléments d'infanterie durant la bataille de Normandie.

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Notes et références

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