Raymond-Joseph-Paul, comte de Ségur d'Aguesseau, né le à Paris et mort le au château d'Oléac-Debat, est un administrateur et homme politique français.
Biographie Fils d'Octave de Ségur, frère d'Eugène de Ségur et d'Adolphe de Ségur-Lamoignon, petit-fils de Louis-Philippe de Ségur et de Henri Cardin Jean-Baptiste d'Aguesseau, il joignit à son nom celui de sa mère dont la famille s'était éteinte en 1826. Il fit son droit à Paris, puis à Aix, entra, comme auditeur au conseil d'État le , puis fut nommé substitut du procureur du roi à Rambouillet (), d'où il passa, en qualité de substitut du procureur général, à Amiens (). Il se montra favorable au parti constitutionnel libéral et adhéra, après juillet, au gouvernement de Louis-Philippe.
Il eut à requérir la condamnation de plusieurs journaux démocratiques poursuivis par le ministère, et fut appelé, le , à la préfecture des Hautes-Pyrénées. Son zèle pour le pouvoir ne se démentit pas dans ce poste. En , il passa à la préfecture du Lot, puis il revint, en 1837, sur sa demande, à la préfecture des Hautes-Pyrénées. Mais son attitude lors des élections générales de cette même année amena sa destitution : il avait refusé de combattre les légitimistes. gauche|vignette|Caricature de Raymond de Ségur d'Aguesseau par Honoré Daumier, 1850. Après avoir échoué plusieurs fois comme candidat à la députation, notamment lors des élections à l'Assemblée constituante (1848), Ségur d’Aguesseau fut élu, le , par les conservateurs royalistes des Hautes-Pyrénées, représentant à l'Assemblée législative, le sur 5. À l'ouverture de la session, lorsque Landelphe demanda qu'on acclamât le gouvernement républicain, Ségur d'Aguesseau expliqua le peu d'enthousiasme de la droite. Ségur opina avec la majorité, pour l'expédition de Rome, pour la loi Falloux-Parieu sur l'enseignement, pour la loi restrictive du suffrage universel. Il se sépara de la majorité pour seconder la politique du prince-président et fit partie de la Commission consultative nommée au lendemain du coup d'État. Dans la dernière séance de cette Commission, il dit: « La voix de Dieu vient de se faire entendre ; le grand acte du , cet admirable coup de vigueur contre l'anarchie, contre l'un des foyers les plus ardents de la démagogie européenne, est désormais ratifié, consacré, glorifié par le peuple français. » Et il demanda, « pour faire cesser la situation abaissée faite depuis trois ans au chef de l'État que le président logeât dans l'antique palais des rois héréditaires, seule résidence digne de lui. »
Le , il fut fait sénateur. Vice-président du conseil général des Hautes-Pyrénées, il fit, le , émettre le vœu qu'usant de l'initiative à lui confiée par la Constitution, le Sénat proposât au peuple français le rétablissement de la dignité impériale. Il resta pendant toute la durée de l'Empire, dans la Chambre haute, un des plus fermes soutiens de la dynastie, et opina constamment avec la droite autoritaire et catholique. Il fait partie le des nombreuses personnalités invitées par Augustin Louis Cauchy et Charles Lenormant à la réunion qui a jeté les bases de la fondationhttps://www.oeuvre-orient.fr/wp-content/uploads/LE-CINQUANTENAIRE-DE-LŒUVRE-DES-ECOLES-DORIENT.04.07.2017.pdf de L'Œuvre des Écoles d'Orient, plus connue actuellement sous le nom de L’Œuvre d’Orient.. Il fut même membre de son Conseil généralVoir le fascicule de l’Œuvre des Écoles d’Orient publié à Paris, le 25 avril 1856 mentionnant la composition de son Conseil Général du de la même année.
vignette|Raymond de Ségur d'Aguesseau. En , dans la discussion de l'Adresse, il s'éleva contre la licence de la presse et attaqua la candidature patronnée de Havin dans la Manche. En , il proposa que la France, avant de quitter les États romains, fit restituer au Pape toutes les provinces détachées du Saint-Siège ; il traita de « triste et scandaleux » le discours à tendances « libérales » prononcé au Sénat par le prince Napoléon dans la discussion du sénatus-consulte du , désapprouva les tentatives de retour au régime parlementaire qui marquèrent la fin du règne de Napoléon III, et ne craignit pas de blâmer ce qu'il appela la « faiblesse » des ministres à l'égard de la presse en 1858, un grave dissentiment qui s'éleva entre lui et le préfet du département des Hautes-Pyrénées lui fit donner avec éclat sa démission de conseiller général. Le préfet reçut une autre destination. Ségur d’Aguesseau rentra dans la vie privée au .
Hommage Son nom est donné à un quai de la ville de Cahors.
Mariages et descendance Il épouse en premières noces à Rome le 5 février 1824, Nadine Swetchine († 15 juillet 1836), fille naturelle du général , gouverneur militaire de Saint-Pétersbourg et époux de Sophie Swetchine, dont trois enfants.
En secondes noces, il épouse le 22 avril 1845 Walentyna, princesse Lubomirska, fille du prince Constantin Stanislas Xavier Félix Lubomirski et de la comtesse Catherine Tolstoï. Elle était la petite-fille du prince Franciszek Ksawery Lubomirski. Dont cinq enfants.
Laure de Ségur d'Aguesseau, chanoinesse de Bavière (Fresnes, 29 mai 1826 - Paris 23 octobre 1860) ; Édouard de Ségur d'Aguesseau (Fresnes, 7 décembre 1827 - après 1863) ; Marie de Ségur d'Aguesseau (Auvers sur Oise, 4 août 1829 - Paris, 29 novembre 1911), mariée à Paris le 19 novembre 1851 avec le vicomte Jean Paul François de Malezieu (1826-1875). Dont postérité : ils sont les arrière-grands-parents de Jacques de Villiers ; Raymond Stanislas de Ségur d'Aguesseau (Paris, 16 mars 1846 - Paris, 18 avril 1846) ; Raymond de Ségur d'Aguesseau, diplomate, chevalier de la Légion d'honneur (Paris, 5 septembre 1851 - Paris, 12 septembre 1928), marié le 3 janvier 1880 avec Béatrix de Chambaud de Jonchères. Sans postérité ; Marie-Christine de Ségur d'Aguesseau (Versailles, 12 avril 1854 - Amélie les Bains, 3 février 1865) ; Marie Constance de Ségur d'Aguesseau (Versailles, 11 août 1856 - Lourdes, 28 février 1917), non mariée ; Emmanuel de Ségur d'Aguesseau, officier de cavalerie, chevalier de la légion d'honneur (Oléac-Debat, 22 août 1861 - Paris, 14 mars 1897), marié le 21 juin 1896 avec Yvonne de Chambaud de Jonchères. Sans postérité
Notes et références
Sources
Voir aussi Lien interne Famille de Ségur
Liens externes
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