La Zorille de Libye (Ictonyx libycus syn. Poecilictis libyca), est une espèce de mammifère carnivore de la famille des mustélidés. On rencontre cet animal de taille moyenne essentiellement sur le pourtour du Sahara en Afrique du Nord.

Bien qu'un débat subsiste parmi les experts quant à son genre d'appartenance ; s’il est le plus souvent placé dans le genre Ictonyx aux côtés du zorille commun, il est dans les sources les plus récentes considéré comme le seul membre d'un genre distinct appelé Poecilictis. Les analyses génétiques ont montré que ses plus proches parents vivants sont le zorille commun et la Poecilogale à nuque blanche. Il habite principalement des environnements secs de type steppique avec un couvert arbustif clairsemé le long des bordures du désert du Sahara et sur ses massifs montagneux, évitant les régions les plus arides de son centre. On le trouve occasionnellement dans les oasis, les zones boisées et les terres cultivées. En tant qu'animal discret, il était probablement méconnu dans certaines parties de son aire de répartition, et des observations sont encore signalées ces dernières années dans des localités où il n'avait jamais été recensé auparavant.

Mesurant entre de long sans la queue, c’est un petit animal svelte avec des pattes courtes et une queue touffue. Il a tendance à avoir la face, le ventre et les pattes noirs, avec des motifs faciaux blancs, un dos et des flancs de couleur claire, et des rayures sombres courant le long du dos. Cependant, la coloration et les motifs exacts sont très variables d'un individu à l'autre, et plusieurs sous-espèces ont été établies sur la base de ces différences. La longueur de la fourrure est également variable ; chez certaines populations, les poils clairs deviennent si longs qu'ils masquent partiellement les rayures dorsales, donnant l'impression de taches ou de plaques. Contrairement à ses proches parents, le zorille de Libye possède de la fourrure sous la plante des pattes, probablement une adaptation à son habitat sablonneux. Il possède des glandes près de l'anus qui peuvent projeter un liquide nauséabond sur d'éventuels prédateurs afin de se défendre. Sa coloration contrastée est un exemple d'aposématisme, avertissant les prédateurs de sa projection pour les dissuader d'attaquer. Il est également très agressif envers les espèces qu'il perçoit comme des menaces, y compris l'humain, sifflant et crachant couramment au lieu de fuir immédiatement. Parfois, il peut aussi faire le mort pour éviter la prédation.

Cet animal est doué pour creuser des tunnels, utilisant ses griffes pour aménager des terriers afin de s'abriter. Il est nocturne et se retire dans ces terriers pendant la journée, bien qu'il occupe également des crevasses rocheuses ou des terriers creusés par d'autres animaux. La nuit, il chasse de petits animaux qu'il tue d'une morsure à l'arrière du crâne. Il s'attaque principalement aux lézards, mais consomme aussi des insectes, des oiseaux, des œufs et de petits mammifères. Les individus en captivité sont également connus pour manger de petites quantités de matières végétales. En raison de son comportement défensif agressif et de ses projections, la plupart des prédateurs évitent probablement de s'attaquer à lui, le Grand-duc du désert (Bubo ascalaphus) étant celui qui le chasse le plus régulièrement. Il peut également entrer en compétition avec d'autres mustélidés tels que le zorille commun et la belette d'Europe. Animal solitaire, le zorille de Libye vit généralement seul à l'état sauvage, mais il est rapporté que des individus captifs peuvent être gardés ensemble sans se battre. La saison des amours est sans doute variable, et les femelles donnent naissance dans un terrier à une portée de deux à six petits après une gestation allant de 37 jours à 11 semaines. Bien que classée comme espèce de préoccupation mineure par l'UICN, peu de recherches ont été effectuées sur sa population. Compte tenu de la pression exercée par la perte et la modification de son habitat, les conflits avec les humains, la collecte pour la médecine traditionnelle et les chiens errants, cette espèce pourrait en réalité être menacée. Dénominations Nom scientifique : Ictonyx libyca (Hemprich & Ehrenberg, 1833) Noms vulgaires anglais, (putois rayé du Sahara), , Noms vulgaires : Zorille de Libye Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. , 9780444518774. 857 pagesRechercher dans le document numérisé (ou Zorilla de Libye), Zorille du désertMeyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad., Zorille du Sahara ; Noms vernaculaires : zorille, zorilla ;

Taxonomie et évolution

vignette|alt=Peinture d'un animal ressemblant à une belette en noir et blanc|Illustration réalisée avant 1875 d'un zorille de Libye.|gauche

Le Zorille de Libye a reçu son nom scientifique en 1833, lorsque les biologistes allemands Wilhelm Hemprich et Christian Gottfried Ehrenberg ont rapporté qu'une espèce de mammifère similaire au zorille commun (mais différant par ses motifs et sa taille plus petite) avait été découverte en Libye. À l'époque, le zorille commun était classé dans le genre Mustela, ils ont donc assigné cette nouvelle espèce au même genre sous le nom de Mustela libyca, l'épithète spécifique faisant référence à son pays d'origine. Un genre distinct nommé Ictonyx fut établi plus tard en 1835, ne contenant initialement que le zorille commun. Le zorille de Libye fut ensuite déplacé dans ce genre, étant désigné sous le nom d'Ictonyx libyca pendant des années ; toutefois, un article publié en 2013 a souligné que, le nom générique Ictonyx étant masculin, l'épithète spécifique devrait s'orthographier libycus au lieu de libyca lorsqu'elle est rattachée à ce genre.

vignette|alt=Photo de deux spécimens naturalisés d'animaux ressemblant à des belettes avec une fourrure blanche et brune|Deux spécimens naturalisés exposés au Muséum d'histoire naturelle de Vienne ; la couleur de la fourrure s’est légèrement éclaircie avec le temps.|gauche

Le placement générique du zorille de Libye a fait l'objet de débats. Son assignation à Ictonyx fut contestée pour la première fois en 1920 par les zoologistes britanniques Oldfield Thomas et Martin Hinton, qui conclurent qu'il était suffisamment distinct du zorille commun pour justifier un genre séparé. Ils créèrent donc le genre Poecilictis, dont le zorille de Libye devint l'espèce type, renommé alors Poecilictis libyca. Le nom de ce genre combine les mots du grec ancien « poikilos » (, signifiant « multicolore » ou « pie ») et « iktis » (, signifiant « belette »), en référence à son pelage contrasté noir et blanc.

De nombreux auteurs ultérieurs ont accepté l'usage de ce genre, comme le paléontologue américain George Gaylord Simpson en 1945, ou les naturalistes britanniques John Ellerman et Terence Morrison-Scott en 1951. À l'inverse, les zoologistes Pierre Louis Dekeyser (1950) et Jochen Niethammer (1987) ont rejeté l'usage de Poecilictis, classant le zorille de Libye dans le genre Ictonyx, classification suivie dans la troisième édition de Mammal Species of the World en 2005. Avec les progrès des analyses génétiques, des études moléculaires du ont montré que limiter le genre Ictonyx aux seuls zorille commun et zorille de Libye le rendrait paraphylétique. Ce problème peut être résolu soit en incluant la Poecilogale à nuque blanche dans Ictonyx, soit en isolant le zorille de Libye dans le genre Poecilictis.

Sous-espèces Plusieurs formes du zorille de Libye ont été initialement nommées comme des espèces distinctes, mais elles sont aujourd'hui considérées comme représentant une seule espèce très variable. Quatre sous-espèces étaient reconnues dans la troisième édition de Mammal Species of the World en 2005 et sont toujours valables selon :

+Sous-espèce d’Ictonyx libycus selon Sous-espèce Autorité Description Répartition Synonymes I. l. libyca(Espèce-type) Hemprich et Ehrenberg, 1833 Sous-espèce plus petite avec des motifs irréguliers et indistincts ; bout de la queue noir. Égypte et Libye alexandrae Setzer, 1959 I. l. multivittata Wagner, 1841 Taille variable, motifs plus distincts que la sous-espèce type ; bout de la queue noir ou blanc. Maroc, Algérie, Tunisie, Sahara occidental, centre du Soudan et peut-être Tchad oriental frenata Sundevall, 1842 ; vaillanti (Loche, 1856) I. l. oralis Thomas et Hinton, 1920 Plus grande que la sous-espèce type ; motifs également indistincts et bout de la queue noir. Zones côtières du Soudan I. l. rothschildi Thomas et Hinton, 1920 Petite sous-espèce à fourrure fine, motifs distincts et bout de la queue noir. Crâne plus robuste que celui d'I. l. multivittata. Sud-ouest du Sahara et nord du Nigeria

Évolution

Le zorille de Libye appartient plus spécifiquement à la sous-famille des Ictonychinae. Cette sous-famille est divisée en deux tribus connues sous les noms d'Ictonychini et de Lyncodontini. Cette espèce est membre de la première tribu, qui comprend également le zorille commun, le poecilogale à nuque blanche et le pérousca. Les résultats des analyses génétiques indiquent que les plus proches parents vivants du zorille de Libye sont le zorille commun et la poecilogale à nuque blanche. Ces deux espèces forment un clade qui constitue le groupe frère de la lignée dont le zorille de Libye est le seul représentant vivant.

Une étude publiée en 2008 a suggéré que les lignées de ces deux groupes ont divergé il y a entre 3,5 et 3 millions d'années, et a émis l'hypothèse qu'une augmentation de l'aridité en serait la cause. Cependant, une étude de 2012 a proposé une date plus ancienne pour cette divergence, située entre 4,8 et 4,5 millions d'années. Le cladogramme suivant montre la position du zorille de Libye parmi ses plus proches parents vivants :

Des restes fossilisés de zorilles de Libye ont été découverts dans des dépôts datant du Pliocène et du Pléistocène en Afrique du Nord. Les premiers spécimens découverts proviennent d'Ahl al Oughlam, un site au Maroc préservant des fossiles datant d'il y a 2,8 à 2,4 millions d'années. Cette période s'étend de l'étage Plaisancien du Pliocène supérieur jusqu'au Gélasien du Pléistocène inférieur, traversant ainsi la limite Pliocène-Pléistocène. En 1997, des fossiles ressemblant étroitement aux os des zorilles de Libye modernes ont été signalés sur ce site, se distinguant uniquement par leur taille plus petite. Une sous-espèce préhistorique nommée Poecilictis libyca minor a donc été établie sur la base de ces spécimens. Sur le site de Tighennif, en Algérie, des dents fossilisées et des fragments de mâchoires comparables à ceux du zorille de Libye ont également été découverts. Ils ont été répertoriés sous le nom de Poecilictis cf. libyca car, bien qu'ils représentent probablement l'espèce moderne, le matériel est trop fragmentaire pour une identification concluante. L'âge exact des dépôts de Tighennif n'est pas connu avec certitude, mais on estime qu'ils se sont formés il y a environ 1 million d'années, durant l'étage Calabrien du Pléistocène.

Caractéristiques physiques

vignette|alt=Six photos d'animaux ressemblant à des belettes|Individus sous tranquilisant montrant la variété des longueurs de fourrure et des motifs chez cette espèce.|redresse