Berthe Cerny, de son vrai nom Françoise Berthe-Hélène-Lucie de Choudens., est une actrice française, sociétaire de la Comédie-Française, née le à Paris où elle est décédée le Archives en ligne de Paris, arrondissement, année 1940, acte de décès , cote 16D 161, vue 23/31.

Biographie Une femme libre de son époque

Née le Acte de naissance – Paris (30/06/1880) – acte (vue 5) à Paris () et non déclarée à la naissance, Berthe est reconnue successivement à l'âge de douze ans par sa mère Rosalie Françoise le Acte de reconnaissance de sa mère – Paris (30/06/1880) – acte (vue 5) , puis deux ans plus tard le Acte de reconnaissance de son père – Paris (05/10/1882) – acte (vue 30) par son père Émile François de Choudens (1837-1896), déclaré célibataire à son décès. Il aura fallu près de quinze années pour que soit établie officiellement à l'adolescence une identité que ses parents ont refusée à Berthe durant toute son enfance.

Toute petite fille, elle veut être danseuse, et c'est Rachel Boyer qui lui fait abandonner ce projet. Elle ne pense plus qu'au théâtre et prépare le Conservatoire. Elle a quatorze ans quand elle se présente au concours d'admission, dans une scène de ChérubinBerthe Cerny est morte, Le Figaro (Paris, ) ; elle est reçue la première. Ses parents veulent, dit-on, lui faire abandonner la comédie pour l'art lyrique, mais, sur les conseils de son professeur, elle continue ses cours de comédie et en 1885 elle obtient un premier prix avec Les Trois Sultanes ; la carrière théâtrale de Berthe Cerny peut dès lors commencer.

Elle n'a pas encore vingt ans lorsqu'elle met au monde le à Binic (Côtes-d'Armor) un garçon déclaré par la sage-femme sous l'identité de Jacques RobertActe de naissance – Binic (23/09/1887) – acte , de père et mère inconnus. Berthe Cerny ne le reconnait que huit ans plus tard le sous le nom de Jacques Robert de Choudens. Berthe Cerny veille à son éducation en le retirant en de la pension d'Asnières où il est élève pour l'inscrire plus près d'elle à Paris au lycée Jean-Baptiste-Say.

C'est à cette époque en effet que commence sa liaison avec Raoul William Johnston (1870-1915), fils de Nathaniel Johnston (1836-1914), grand négociant bordelais, conseiller général en 1866 et député de la Gironde en 1869. Un enfant naît le à Paris () ; il est déclaré par la sage-femme sous le nom de François de ChoudensActe de naissance – Paris (05/06/1898) – acte (vue 10) , fils de Françoise Berthe Hélène Lucie de Choudens et de père non dénommé. Sa mère le reconnait un an après le ; son père lui donne son nom le et une identité complète.

En Berthe Cerny rencontre le ministre de l'Instruction publique des Beaux-Arts et des Cultes Aristide Briand afin de plaider sa cause, Jules Claretie, administrateur général de la Comédie-Française lui refusant le statut de sociétaire. S'ensuit une liaison qui durera neuf années. , dit-on à leur sujet ; on la surnomme Le Rire : journal humoristique (Paris. 1894) sur Gallica .

Moins d'un an avant cette rupture, la guerre de 1914-1918 lui a pris en Raoul William Johnston, le père de son François qui n'a pas encore 17 ans, puis la même année en juin son fils aîné Jacques âgé de 27 ans, tous deux morts pour la France. Au sortir de la guerre, en 1919, elle reçoit la médaille d'argent de la Reconnaissance française en même temps que de nombreux autres artistes dont Sarah Bernhardt.

Elle entretient alors une liaison avec Paul Reynaud. Elle partage son temps entre son appartement parisien du au de la rue Benjamin Franklin dans l'immeuble construit en 1904 par l'architecte Auguste Perret et sa villa « la Veine » de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).

Nommée sociétaire honoraire de la Comédie Française en 1931, elle vit à l'écart du théâtre, très affectée par le décès de son second fils en 1936 et meurt le à son domicile parisien"Berthe Cerny est morte", André Warnot, Le Figaro, Berthe Cerny est morte

Berthe Cerny est morte. C'est une grande comédienne qui s'en va, une comédienne qui servit bien le répertoire chez Molière en même temps qu'elle marqua de sa personnalité d'importantes pièces modernes. Berthe Cerny meurt à soixante-douze ans. Elle naquit en effet à Paris le . Son nom était Berthe-Hélène-Lucie de Choudens. Toute petite fille, elle voulait être danseuse, et c'est Rachel Boyer qui lui fit abandonner ce projet en la présentant à Guillemaud. Celui-ci lui fit travailler la comédie elle ne pensa dès lors plus qu'au théâtre et prépara le Conservatoire. Elle avait quatorze ans quand elle se présenta au concours d'admission, dans une scène de Chérubin. Elle fut reçue la première. Un peu après, Worms la prenait dans sa classe, en 1884, et en 1885 elle obtenait un second prix dans Les Folies amoureuses. Ses parents voulurent, dit-on, lui faire abandonner la comédie pour l'art lyrique, mais, sur les conseils de son professeur, elle continua ses cours de comédie et fit bien puisque en 1885 elle obtenait un premier prix avec Les Trois Sultanes. Sa carrière commença donc en 1885, d'abord à l'Odéon, et ensuite au Boulevard, car c'est après un long détour qu'elle arriva à la Comédie-Française. Son passage à l'Odéon est marqué par la création de Numa Roumestan et de Renée Maupérin. Au Vaudeville, elle joua L'Affaire Clemenceau ; au Gymnase, L'Homme à l'oreille cassée ; au Palais-Royal, elle crée Monsieur chasse, Leurs Gigolettes en 1893 ; elle va jouer le Collier de la reine, à la Porte-Saint-Martin (1895), Les Complices aux Nouveautés ; elle retourne à l'Odéon, où elle crée Le Passé (1897), elle revient à la Porte-Saint-Martin. Pendant ces quinze premières années, elle aura joué dans tous les théâtres parisiens. Son tempérament va s'affirmer, elle va être une des grandes vedettes du Boulevard. Lucien Guitry l'engage à la Renaissance pour jouer La Châtelaine, Clarisse Arbois. Au Vaudeville, elle créera Décadence, elle joue L'armature, Les Demi-Vierges, La Cousine Bette. C'est alors qu'elle est engagée à la Comédie-Française. Elle débute le , dans Paraître. Sa carrière va suivre un cours nouveau. Elle revient aux classiques et les interprète en grande artiste, surtout Marivaux. Elle sera Célimène du Misanthrope et Suzanne du Mariage de Figaro. On la verra dans Poliche, La Parisienne, Le Ménage de Molière, L'Embuscade (1913), La Figurante (1916), Les Noces d'argent (1917), Maman Colibri (1920). Depuis le elle était sociétaire honoraire. Elle se tint alors loin du théâtre, et depuis la mort de son fils vivait très retirée. Ce fut une belle artiste, qui honora la scène française. André Warnod. in Le Figaro du sur Gallica .

vignette|Tombe au cimetière d'Auteuil (Paris). Lors de ses obsèques le à l'église Notre-Dame de Grâce de Passy, un hommage lui est rendu sur le parvis au nom des comédiens français par Georges Le RoyHommage adressé à Berthe Cerny sur le parvis de Notre-Dame de Grâce de Passy, le par M. Georges Le Roy , ancien sociétaire de la Comédie Française, et professeur au Conservatoire de Paris. Elle est inhumée ensuite le même jour au cimetière d'Auteuil ( arrondissement de Paris).

Une femme de théâtre

Elle se présente en 1882 au Conservatoire de Paris dans une scène de Chérubin de Beaumarchais et est admise ; elle obtient un Beaumarchais : journal satirique, littéraire et financier, , sur Gallica de comédie en 1883 avant d'intégrer la classe de Gustave-Hippolyte Worms en 1884. Second prix en 1884 dans Les Folies amoureuses de Jean-François Regnard elle décroche l'année suivante le premier prix de comédieCartes des chemins de fer français et tarifs des voyages circulaires & excursions en France, Suisse, Belgique, Espagne, Portugal, Algérie et Tunisie, Allemagne et Italie, sur Gallica avec Les Trois sultanes de Charles-Simon Favart.

Elle n'a pas encore dix-huit ans lorsqu'elle débute cette même année 1885 au théâtre de l'Odéon. Le elle est de la création de Un coup de soleil, comédie en un acte d'Albéric Second avec Théodore de Grave. Avec Berthe Cerny, Berthe de Choudens s'est trouvé son nom d'artiste dans le rôle de BertheLe théâtre à Paris. , 1885 sur Gallica . L'année suivante 1886 elle est à l'affiche de Renée Mauperin, pièce d'Henry Céard d'après le roman des frères Goncourt, à l'origine en 5 actes puis réduite à 3 mais qui sera un échec ; en 1887 elle est La petite Dachellery dans Numa Roumestan, pièce en cinq actes d'Alphonse DaudetLe Costume au théâtre et à la ville : revue de la mise en scène, sur Gallica .

Elle quitte l'Odéon en 1890 pour le théâtre royal du Parc à Bruxelles. La saison 1890-1891 elle y joue dans MensongesUne base de données de l'histoire des arts du spectacle belge francophone , de Pierre Decourcelle en collaboration avec Léopold Lacour, d'après le roman de Paul Bourget. La saison suivante elle est à l'affiche successivement dAmoureuse, comédie de Georges de Porto-Riche, de Clary contre clary, comédie d'Albert Millaud, de La Danseuse au couvent, comédie en un acte de Pierre Decourcelle, de Le Gendarme du même Pierre Decourcelle et enfin de Ma Cousine, comédie en 3 actes d'Henri Meilhac.

De retour en France elle se produit sur la plupart des scènes parisiennes. Au Vaudeville elle est Iza dans L'Affaire ClemenceauL'affaire Clemenceau, Théâtre du Vaudeville, , pièce tirée du roman de Alexandre Dumas fils par Armand d'Artois. Elle crée Léontine le au Palais-Royal dans Monsieur chasse !Les Archives du Spectacle, Berthe Cerny [Berthe Hélène Lucie de Choudens] - (1868 - 1940) Monsieur chasse !, Théâtre du Palais-Royal, , un vaudeville en 3 actes de Georges Feydeau ; le , c'est le rôle de Demareuil dans Celles qu'on respecteAnnuaire des artistes et de l'enseignement dramatique et musical, année 1893, sur Gallica , comédie en 3 actes de Pierre Wolff créée au théâtre du Gymnase. Au même Gymnase le elle interprète Clémentine dans L'Homme à l'oreille casséeL'Homme à l'oreille cassée, théâtre du Gymnase, , conte en trois actes et en deux époques, tiré du roman d’Edmond About, par Pierre Decourcelle et Antony Mars.

Elle figure à l'affiche du théâtre du Palais-Royal le pour la première de Leurs GigolettesLeurs Gigolettes, Théâtre du Palais-Royal, , comédie en 4 actes d'Henri Meilhac et Albert de Saint-Albin. Le au théâtre de la Porte-Saint-Martin elle tient les rôles de Marie-Antoinette et de Oliva à la création du Le Collier de la ReineLe collier de la reine, Théâtre de la Porte Saint-Martin, , pièce en 5 actes et 13 tableaux de Pierre Decourcelle. Elle joue ensuite en 1896 à la Renaissance dans La MeuteRenaissance, La Meute, pièce en quatre actes , pièce en quatre actes d'Abel Hermant. Aux Nouveautés elle est à l'affiche de Les Complices. Elle retourne à l'Odéon où elle crée en 1897 Le Passé, comédie en 5 actes de Georges de Porto-Riche.

Pendant ces quinze premières années, elle aura joué dans tous les théâtres parisiens. Son tempérament va s'affirmer, elle va être une des grandes vedettes du Boulevard. Lucien Guitry l'engage à la Renaissance pour jouer La Baronne de Morènes dans La Châtelaine, pièce d'Alfred Capus qu'il crée en 1902 ; elle est ensuite à l'affiche de Clarisse Arbois, comédie en trois actes de Maurice BonifaceMaurice Boniface (1862-1945) .

C'est ensuite le au Vaudeville Jeannine dans DécadenceDécadence, Théâtre du Vaudeville, Berthe Cerny dans Décadence, Harlay, album Reutlinger sur Gallica d'Albert Guinon. Aux Nouveautés elle est en 1904 à l'affiche de La gueule du loupLa gueule du loup, Théâtre des Nouveautés, , pièce de Maurice Hennequin et Paul Bilhaud. Au Vaudeville elle crée le le rôle de Giselle d'Exireuil dans L'armatureL'armature, Théâtre du Vaudeville, , pièce en 5 actes d'Eugène Brieux. C'est un rôle dans Les Demi-Vierges, d'après le roman de Marcel Prévost adapté à la scène ; elle est ensuite Madame Marneffe le dans La cousine BetteLa cousine Bette, Théâtre du Vaudeville, , pièce en 4 actes de Pierre Decourcelle et Paul Granet d'après le roman d'Honoré de Balzac.