Gustavo Durán Martínez ( – Diccionario Biográfico Español) est un musicien espagnol, qui fut aussi militaire, écrivain et un diplomate.

Jeunesse Né à Barcelone en 1906, il étudie très tôt le piano au Conservatoire Royal de Madrid sous Manuel de Falla et Joaquín Turina. Pendant ses études, il côtoie le large et diffus mouvement culturel espagnol appelé Generación del 27 et a pour amis les autres pensionnaires de la Residencia de EstudiantesGustavo Durán: memoria de un español polifacético, Jorge de Persia, Centro de Documentación, Residencia de Estudiantes. : Federico García Lorca, Salvador Dalí, Luis Buñuel, Rafael Alberti (dont il a mis les poèmes en musique). thumb| La Residencia de Estudiantes, ensemble de constructions de style néo-mudéjar édifiées à partir de 1915 au nord de Madrid, a été le foyer de la (« Âge d'Argent des Lettres et Sciences Espagnoles »), fleurissement culturel très actif jusqu'en 1939 - ainsi qu'un centre de résistance lors de la bataille de la Cité universitaire de Madrid.

Durán dédie sa première composition musicale, El corazón de Hafiz (« Le cœur de Hafiz ») au poète de Grenade, Federico García Lorca.

En 1927, il compose un ballet Fandango del Candil, (« Fandango du lumignon ») pour la fameuse Antonia Mercé (La Argentina, célèbre ballerine et chorégraphe, muse de l'avant-garde musicale espagnole, et il l'accompagne pendant sa tournée en Europe.

En 1929, il séjourne à Paris et étudie sous Paul Dukas et Paul Le Flem de la Schola Cantorum, rencontre Alejo Carpentier, Anaïs Nin, Ernest Hemingway, Ilya Ehrenbourg.

En 1933, il se détourne de la musique : de retour à Madrid, il est employé par la branche espagnole de la Paramount Pictures et travaille aussi pour la Fono-Espana, Inc. : il double des films pour le marché latino-américain avec son ami Luis Buñuel Semblanza de Gustavo Durán..

Il se rend plusieurs fois aux Îles Canaries, et sert de modèle au peintre canarien Néstor Martín-Fernández de la Torre, qui réalise sa grande œuvre Poema del Atlántico, (exposée au Musée de Las Palmas).

Sur le plan politique, influencé par Rafael Alberti, il devient une des figures de « La Motorizada », la section motorisée du mouvement des jeunes socialistes d'Indalecio Prieto.

Guerre civile espagnole Durán s'engage dans l'armée républicaine espagnole (Quinto Regimiento de Milicias Populares) le , et il y restera presque jusqu'à la fin de la guerreVoir la photographie extraite des archives du PCE : http://alfama.sim.ucm.es/greco/visualizador/frameset.htm?http://alfama.sim.ucm.es/greco/GuerraCivil/1400028.jpg, et noter les mains soignées et les ongles longs. Photo de Robert Capa ?.

Il rejoint le PCE, devient chef d'état-major d'Emilio Kléber (Manfred Stern), participe à l'arrestation des officiers putchistes qui s'étaient révoltés contre la République et à la défense de la capitale lors de la bataille de Madrid ().

Il retrouve Ernest Hemingway (qu'il avait connu à Paris) lorsque l'écrivain est envoyé spécial de la NANA () en reportage sur la guerre civile espagnole. Durán prend la tête de la brigade mixte engagée dans la Seconde Bataille de la route de La Corogne et dans l'offensive sur Ségovie. Lors de la bataille de Brunete il commande la division ; il combat aussi à Teruel.

Il couvre la retraite des Républicains pendant l'offensive d'Aragon lancée par les nationalistes, et est l'un de ceux qui défend la Ligne XYZ en 1938.

Attiré par Alexandre Orlov, un des chefs des services secrets soviétiques en Espagne, Durán sert aussi (brièvement, et malgré l'opposition du ministre de la Défense nationale Indalecio Prieto) dans le Servicio de Investigación Militar, comme chef de la section renseignement de l'Armée du Centre. Ayant fait preuve d'insubordination, il revient à l'armée, et retourne à la .

En 1938, il est nommé colonel et affecté à la défense de Valence.

En , lorsque les troupes du général Franco atteignent Valence lors de l’Ofensiva del Levante, Durán parvient à quitter l'Espagne sur un destroyer britannique, et arrive à Marseille.

Il part ensuite à Londres, séjourne à Dartington Hall, dans le Devon est une fondation charitable orientée vers la réhabilitation sociale dans une ambiance hautement artistique et dans un cadre somptueux.. Le , il épouse une riche américaine, Bontë Romilly Crompton..

Carrière américaine En , Durán arrive aux États-Unis. Sa belle-sœur, Belinda Crompton, est l'épouse de Michael Straight (1916-2004), un riche américain formé à Oxford Michael Straight en 1983 décrira dans ses mémoires (intitulés After long silence) ses liens avec les Cinq de Cambridge, un groupe de grands bourgeois britanniques qui travaillèrent pour les services secrets de l'Union soviétique pendant 40 ans.. Les Crompton et les Straight introduisent Durán dans les milieux intellectuels et artistiques américains, et lui procurent un poste au MoMA de New York, section des « Affaires Inter-Américaines » (il y retrouve Luis Buñuel qui travaille à la cinémathèque), puis à l'OEA), section « Musique ». En 1942, il obtient la nationalité américaine.

Comme l'écrit Horacio Vázquez Rial dans son livre El soldado de porcelana :

Il est alors affecté, à la demande de son ami Hemingway, à l'ambassade américaine à La Havane (Cuba)., où il coordonne la lutte contre les franquistes sympathisants des hitlériensVoir l'article Pilar (yacht)..

En , il est assistant de l'ambassadeur Spruille Braden à l'ambassade américaine à Buenos Aires. Il retrouve Rafael Alberti et María Teresa León, qui l'introduisent dans le monde culturel argentin, où règne l'incontournable Victoria Ocampo. Il diffuse son réquisitoire contre Perón : le Libro Azul (Livre Bleu), dans lequel il dévoile les sympathies du futur dictateur pour les nazis et essaye de l'empêcher d'accéder au pouvoir. Mais Perón répondra par son slogan ¡O Braden o Perón! et en publiant son Libro Azul y Blanco ; il l'emportera en se présentant comme le champion de l'indépendance nationale contre la tentative de mainmise de l'impérialisme américain.

Carrière aux Nations unies En , Durán démissionne de son poste d'« assistant spécial » auprès de l’Assistant Secretary of State et entre aux Nations unies comme responsable de la branche sociale du « Bureau des Réfugiés ».

La même année, il est accusé par le député J. Parnell Thomas d'être un agent des services secrets soviétiques et un membre du Komintern.

En 1951, le sénateur Joseph McCarthy, s'appuyant sur un article du journal phalangiste Arriba, accuse Durán d'avoir été un membre du PCE et du SIM et de garder des sympathies pro-communistes.

Durán participe à la formation de l'UNESCO, du CEPALC (Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes) et est envoyé en mission au Congo belge (Léopoldville) en 1960.

Il était représentant des Nations unies en Grèce, quand il meurt à Athènes en 1969.

Sa fille, la poétesse , a fait don des archives de son père au centre de documentation de la Residencia de Estudiantes.

Ses biographes (cf infra) ont parlé à propos de Durán de « soldat de porcelaine » (pour son aspect soigné au milieu d'une armée républicaine en haillons), d'« intellectuel en armes », d'« espagnol à multiples facettes », et de « prélude inachevé » (dans le domaine musical, à partir de 1933 cet ex-enfant prodige n'a joué et composé que pour lui et pour ses amis).

Modèle de personnages de fiction Durán a inspiré des personnages de Pour qui sonne le glas d'Hemingway (« Durán »), de L'Espoir d'André Malraux (« Manuel García ») Javier Rupérez, Gustavo Durán en las novelas de Ernest Hemingway y André Malraux, Revista de Occidente, , , 2006, pages 51-80., de Campo de Sangre de Max Aub.

Dans Pour qui sonne le glas, Ernest Hemingway décrit ainsi Gustavo Durán :

Notes et références

Annexes Bibliographie

Javier Rupérez, « Gustavo Durán en las novelas de Ernest Hemingway y André Malraux », Revista de Occidente, 2006 , . Horacio Vázquez-Rial, El soldado de porcelana, Barcelone, Ediciones B, 1997. Javier Juárez, Comandante Durán. Leyenda y tragedia de un intelectual en armas, Madrid, Debate, 2009. Pedro Almeida, « Gustavo Durán (1906-1969): preludio inconcluso de la generación musical de la República: Apuntes para una bibliografía », Revista de musicología , 1986, Vol. 9, , p. 511-544.

Liens externes

. Jorge de Persia, Gustavo Durán, memoria de un español polifacético (lire en ligne). . Images des archives du PCE.

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