Louis-Philippe d'Orléans, dit « le Gros », né le au château de Versailles et mort le au château de Sainte-Assise, est un prince et militaire français membre la maison d’Orléans. Fils unique de Louis d'Orléans, il succède à ce dernier comme duc d'Orléans à sa mort en . Il sera également duc de Chartres, duc de Valois, duc de Nemours ainsi que duc de Montpensier. Il est le père de Philippe-Égalité puis le grand-père du roi des Français .

Biographie

Enfance Louis-Philippe d'Orléans est né au château de Versailles le . Fils unique de son père Louis d'Orléans et de son épouse Auguste Marie Jeanne de Bade-Bade, il est alors titré duc de Chartres dès sa naissance. Il avait une sœur, Louise-Marie d'Orléans, mais qui mourut au château de Saint-Cloud en 1728, âgée d'un an et huit mois. Le père de Louis-Philippe, fidèle à son épouse, se fit de plus en plus pieux et devint reclus en vieillissant. Âgé de quinze ans, le jeune duc de Chartres tomba amoureux d'Henriette de France.

En tant que fille aînée du roi Louis XV encore non mariée, elle était nommée « Madame ». Elle partageait cette passion avec le duc de Chartres. Il voulut l'épouser mais le cardinal de Fleury voyait dans ce projet la source de complications politiques graves. Le monarque avait un fils unique, et, en cas de disparition de celui-ci, la maison d'Orléans et le roi d'Espagne Philippe V pouvaient prétendre au trône de France. C'était rapprocher de trop près les Orléans du pouvoir. Le mariage ne se fit donc jamais. D'un tempérament docile, Henriette y renonça. Elle mourut en 1752.

Mariage Louis-Philippe épouse finalement le Louise-Henriette de Bourbon-Conti, une cousine éloignée. Ce fut un choix désespéré qui ne haussait en rien le prestige de la maison d'Orléans et qui, au contraire, y faisait entrer encore plus de sang des bâtards du roi Louis XIV. Le duc d'Orléans pensait du moins que la jeune fille, élevée dans un couvent, serait un modèle de vertus chrétiennes. Elle se révéla au contraire un modèle de dévergondage et suscita un scandale permanent. Trois enfants, à la légitimité contestée, naquirent de cette union :

Une fille (12 ou - ) ; Louis-Philippe d'Orléans (1747-1793), futur « Philippe-Égalité » et père de Louis-Philippe ; Bathilde d'Orléans, qui épousa Louis VI Henri de Bourbon-Condé, prince de Condé.

Encore Philippe-Égalité n'hésita-t-il pas à affirmer publiquement sous la Révolution qu'il n'était pas le fils de Louis « le Gros » mais celui d'un cocher du Palais-Royal, ce qui était peu probable si l'on en juge par la ressemblance frappante entre le père et le fils. Par ailleurs, Louis d'Orléans, le grand-père, ne croyait pas à la légitimité de ses propres petits-enfants. Pour se consoler, le duc, de son côté, se mit en ménage avec Madame de Villemomble, qui lui donna cinq enfants naturels qui furent élevés avec beaucoup de soin par la famille d'Orléans :

Louis-Étienne de Saint-Farre, comte-abbé de Saint-Farre ; Louis-Philippe de Saint-Albin, comte-abbé de Saint-Albin ; Marie-Périnne-Étiennette d'Auvilliers, qui épousa un officier des dragons d'un régiment de son père, François-Constantin de Brossard, écuyer commandant de l'écurie de Monsieur le duc d'Orléans"Mr de Brossard, écuyer commandant l'écurie de Mr le duc d'orléans", N°Inventaire DE CAR 51 (dessin), sur pop.culture.gouv.fr (POP : la plateforme ouverte du patrimoine), 2000-05-10.; Deux jumelles, les demoiselles de Mérainville, qui entrèrent ensuite en religion.

La duchesse d'Orléans mourut prématurément de tuberculose en 1759 à l’âge de trente-deux ans. Elle fut inhumée en l'église Notre-Dame du Val-de-Grâce. gauche|vignette|Louis Philippe « le Gros », duc d'Orléans.

Charge militaire Servant dans les armées françaises lors de la guerre de Succession d'Autriche, il se distingua lors des campagnes de 1742, 1743 et 1744 ainsi qu'à la bataille de Fontenoy en 1745. À la suite du décès de sa première épouse, il se retira en son château de Bagnolet, où il recevait la société littéraire. Sur les champs de bataille, la duchesse d'Orléans avait accompagné son mari, alors même qu'elle était enceinte. Lorsque son père mourut, il reprit son titre de duc d'Orléans. Le nouveau duc devint également premier prince du sang.

Second mariage vignette|Louis-Philippe, duc d'Orléans, saluant son armée sur le champ de bataille par Alexandre Roslin, 1757. Louis-Philippe prit pour maîtresse en titre Madame de Montesson, veuve du marquis de Montesson, qui l'appelait « Gros-Père ». Pendant des années, il tenta d'obtenir de la permission de l'épouser ; le roi n'y consentit qu'en 1772, et à la condition expresse que le mariage restât secret et que Madame de Montesson ne devînt pas duchesse, ce qui fit dire que n'ayant ainsi pas pu la faire duchesse, il s'était fait marquis de Montesson. Après le mariage, qui eut lieu en 1773, le duc d'Orléans et sa nouvelle épouse durent quitter le Palais-Royal et le château de Saint-Cloud, leur présence étant devenue incompatible avec l'étiquette.

Ils vécurent discrètement entre la maison que le duc possédait à Bagnolet et le château de Sainte-Assise, cadeau de mariage offert à Madame de Montesson, situé à Seine-Port (actuel département de la Seine-et-Marne) au bord de la Seine. En ce lieu, en dépit de plusieurs années d'intrigues, elle ne reçut jamais de visite du roi et de la reine, Marie-Antoinette refusant même de descendre de sa barque sur le fleuve à l'approche du château.

Fin de vie avait ajouté à l'apanage de la maison d'Orléans l'hôtel de Grand-Ferrare à Fontainebleau, le comté de Soissons et les seigneuries de La Fère, Marle, Ham, Saint-Gobain, le Canal de l'Ourcq et puis l'hôtel Duplessis-Châtillon à Paris, entre 1740 et 1766. En 1780, Louis Philippe offre à son fils le Palais-Royal, cadeau qui marque ainsi leur réconciliation après la rupture provoquée par le second mariage du duc. Dans les nombreuses maisons du duc, le couple reçoit des nobles, des dramaturges ou des scientifiques comme la duchesse de Lauzun, ainsi que la comtesse d'Egmont, le marquis de Lusignan, ou encore le mathématicien d'Alembert.

vignette|Vue du château du Raincy de biais, du côté du parterre par Franck Devedjian, 2014. Il passa les dernières années de sa vie dans sa maison de Bagnolet, protégeant les savants et les gens de lettres, et jouant souvent lui même la comédie. Ce prince éclairé favorisait les découvertes. Homme de biens, il distribuait d'importantes sommes aux nécessiteux. Le baron de Benseval disait alors du duc d'Orléans :

vignette|Vue cavalière du château et du parc de Saint-Cloud vers 1675 par Étienne Allegrain, 1675. Il augmenta les biens de la maison d'Orléans en achetant le château de Raincy aux héritiers du marquis de Livry. En , sur l'insistance de Louis XVI et avec l'aide de Madame du Barry, le duc d'Orléans est forcé de vendre son château de Saint-Cloud, propriété de la famille depuis Philippe d'Orléans (1640-1701), à Marie-Antoinette, pour six millions de livres, un prix bien inférieur au coût initial. Le splendide château avait été complètement ignoré depuis la mort de Louise-Henriette. Entouré de tous les membres de sa famille immédiate, Louis-Philippe s'éteint le , au château de Saint-Assise, âgé de soixante ans.

thumb|285px|Le monument contenant le cœur et les entrailles de Louis-Philippe d'Orléans dans l'église Saint-Sulpice de Seine-Port (Seine-et-Marne).

Son corps est inhumé au Val-de-Grâce tandis que son cœur et ses entrailles sont déposés dans la chapelle Saint-Louis de l'église Saint-Sulpice de Seine-Port. En 1834, son petit-fils le roi Louis-Philippe fera élever un monument en marbre blanc pour accueillir les restes princiers..

Titulature et décorations Titulature  - : Son Altesse Sérénissime Louis-Philippe d'Orléans, prince du sang, duc de Chartres ; - : Son Altesse Sérénissime Louis-Philippe d'Orléans, premier prince du sang, duc d'Orléans.

Décorations dynastiques

50px|Ordre de la Toison d'Or Chevalier de l'ordre de la Toison d'Or (1752)

50px|Ordre du Saint-Esprit Chevalier des ordres du Roi () Bibliographie Dans son œuvre majeure, Mes Mémoires, Alexandre Dumas décrit d'abord le mariage du duc d'Orléans avec Madame de Montesson (, de l'édition Claude Schopp, Paris, Robert Laffont, Bouquins, 1989), puis l'auteur en brosse un portrait. En voici un extrait :

Ascendance

Notes et références

Liens externes

Louis Philippe 1725 Louis 4 Louis 4 Louis 4 Louis 4 Louis 4 Catégorie:Gouverneur du Dauphiné Catégorie:Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit Catégorie:Chevalier de l'ordre espagnol de la Toison d'or (XVIIIe siècle) Catégorie:Naissance à Versailles Orleans, Louis Philippe Catégorie:Naissance dans la province d'Île-de-France Orleans, Louis Philippe Catégorie:Décès à 60 ans Catégorie:Pair né Catégorie:Militaire français de la guerre de Sept Ans Catégorie:Premier prince du sang Catégorie:Seigneur de Beaujeu Catégorie:Prince de La Roche-sur-Yon Catégorie:Prince de Joinville