John André, né le à Londres et mort pendu le à Tappan, est un peintre, dessinateur, graveur et major anglais, exécuté pour sa participation à la trahison de Benedict Arnold durant la guerre d’indépendance des États-Unis.
Biographie Issu d'une famille huguenote, il est le fils d'Antoine André (1717-1769), négociant et banquier à Londres, et de Marie-Louise Girardot de Chancourt.
Il étudie à l'école Saint-Paul de Londres, à la Westminster School et à Genève; il rentre en Angleterre à l'âge de dix-huit ans. Destiné à une carrière commerciale, il y renonce et entre dans une maison de banque.
André est réputé pour sa beauté remarquable et son élégance raffinée. Il compte de nombreuses conquêtes. Il veut épouser une demoiselle mais son père s’y oppose ; Honora épouse peu après Richard Lovell Edgeworth ; André s'engage dans l'armée en tant que lieutenant.
André demande sa mutation au Canada, et participe à l'expédition menée par le général britannique Guy Carleton contre le général Richard Montgomery, commandant de l'armée continentale des États-Unis. Il participe au siège de Montréal (1775-1776), est capturé par les forces adverses. Libéré par voie d'échange, il est nommé aide de camp du général Grey. Lorsque ce dernier est rappelé en Angleterre, il le recommande à son successeur, le général Henry Clinton.
Il est considéré comme un officier brillant, brave et intelligent ; il est éloquent et parle plusieurs langues, a beaucoup lu et est doté d’une grande mémoire, dessine bien, excelle dans la caricature, écrit de la poésie, et est bon musicien.
Durant l'occupation britannique de Philadelphie, André rencontre Peggy Shippen, qui deviendra en 1779 Arnold : ils entretiennent une correspondance assidue, dit Xavier Eyma,
Mission d'espionnage En , le général Benedict Arnold, de l'armée continentale des États-Unis, déçu d'être peu récompensé, et après une grave blessure à la jambe, demande et obtient le commandement du fort de West Point. Il propose de livrer ce fort au général ennemi Clinton en échange de livres et le grade de brigadier général ; il désigne André pour négocier.
André refuse cette mission ; Clinton lui en donne l'ordre. Il commence par échanger des lettres ; il signe « John Anderson », alors qu'Arnold signait « Gustavus ». La politique y est traitée sous couvert de questions commerciales.
Un rendez-vous est pris à Dobbs Ferry, petit village sur l'Hudson, à quelques milles de West Point. Arnold n’arrive pas à temps, André est déjà parti.
Un nouveau rendez-vous est donné pour le . André voulait un rendez-vous sur le Vulture, bâtiment anglais mouillant sur l'Hudson ; Arnold insiste pour qu'il ait lieu à terre. Joshua Smith les conduit dans sa maison : Benedict Arnold livre au major les plans et renseignements pour que les Anglais s’empare de West Point. André verse un acompte sur le prix convenu avec Arnold ; le reste sera payé à l'entrée des Anglais dans West Point ; la date est prévue au .
vignette|gauche|250px|La capture de John André, par Thomas Sully, 1812.
Arnold repart pour son quartier général. Une canonnade des avant-postes américains oblige le Vulture à changer de mouillage. André ne peut le rejoindre et décide de regagner New York par la terre, sous un déguisement. Smith s’offre à lui servir de guide. Parti avec un passe du général Arnold, André franchit les lignes américaines ; il se retrouve en terrain neutre, infesté de brigands. Smith le quitte, en lui recommandant une route pour gagner New York.
André en choisit une autre ; il est arrêté à 27 milles de New York, près de Tarrytown. Les trois miliciens , et lui demandent d’où il vient. André croit avoir affaire à des amis, répond qu’il est « d'en bas », c’est-à-dire de New York. Un des miliciens saisit son cheval par la bride, les deux autres le mettent en joue ; le major leur propose les 400 livres sterling en or qu’il avait dans ses poches, plus sa montre ornée de diamants, et tous ses bijoux. Les miliciens le dépouillent et trouvent dans ses bottes les papiers dont il est porteur. Ils le conduisent aux avant-postes américains : le colonel John Jameson veut l’expédier au général Arnold mais, sur les conseils du major Benjamin Tallmadge, le fait revenir, informe Arnold et écrit à George Washington.
Arnold se réfugie à bord du Vulture. André écrit à Washington pour se défendre de la qualification de traître. Washington le fait venir au quartier général, et nomme un conseil de guerre pour le juger.
vignette|200px|La pendaison du major André.
Jugement et mort Sir Henry Clinton fait des démarches en faveur du major André auprès de Washington. Celui-ci propose au général anglais d’échanger André contre Arnold ; Sir Henry Clinton ne peut accepter. Washington envoie un faux déserteur auprès d’Arnold, pour l’enlever, mais sans succès.
Nathanael Greene est le président du conseil de guerre ; deux généraux étrangers, La Fayette et Steuben, en font partie. André est traité avec égards : aucune question blessante n'est posée. Il avoue tout ce qui conduira à sa condamnation. Le conseil n’appelle aucun témoin ; sur les seuls aveux d’André, il le déclare coupable d'espionnage et le condamne à mort, le 1780.
André invoque le droit de suborner ou soudoyer un officier ennemi, mais ne met pas en cause Arnold. Accusé de s'être trouvé dans les lignes américaines, André répond que c'est par accident. Il fait aussi valoir qu'un prisonnier de guerre a le droit de s'échapper en vêtements civils.
Le , le conseil de guerre le juge coupable de s'être trouvé derrière les lignes américaines sous un faux nom et un déguisement, le considère comme un espion, et, conformément aux lois et coutumes des nations, est condamné à mort.
André écoute la sentence avec calme, demande d'aller à la mort dans son uniforme : l'autorisation lui est accordée. Il fait lui-même son portrait dans sa prison, et le donne au colonel Hamilton. Il écrit à Washington et demande à mourir en soldat. Washington consulte le conseil de guerre ; la demande est rejetée. La loi punit l’espionnage par la pendaison, le conseil veut faire un exemple.
En l'apprenant, André aurait dit : . Il se passera lui-même la corde au cou. Il meurt le .
Le colonel Hamilton l’assiste jusqu’au dernier moment et écrit : .
Sa tombe existe encore dans la vieille ville de Tappan. Le gouvernement anglais fait réclamer ses restes, qui lui furent rendus. Un monument en marbre blanc a été érigé dans l'abbaye de Westminster.
Le Congrès votera une pension de et une médaille à chacun des trois miliciens qui avaient arrêté André. L'un d'eux réclamera plus tard une augmentation de sa pension ; le major Tallmadge fit connaître les faits, et le Congrès s'en tint à ce qui avait été primitivement accordé.
Pour approfondir
Bibliographie James Thomas Flexner, The traitor and the spy: Benedict Arnold and John André, New York, Harcourt, Brace, 1953. Alexander Hamilton, John Laurens, The fate of Major André: a letter from Alexander Hamilton to John Laurens, New York, C. F. Heartman, 1916. Robert McConnell Hatch, Major John André: a gallant in spy's clothing, Boston, Houghton Mifflin, 1986 . Charles Inglis, The case of major John Andre, adjutant-general to the British army, who was put to death by the rebels, October 2, 1780, candidly represented: with remarks on the said case, New York, James Rivington, 1780. Benson John Lossing et Anna Seward, The two spies: Nathan Hale and John André, New York, D. Appleton and Co., 1886. Winthrop Sargent, The life and career of Major John André, adjutant-general of the British Army in America, Boston, Ticknor and Fields, 1861. Harry Stanton Tillotson, The beloved spy: the life and loves of Major John André, Caldwell, Caxton Printers, 1948. William Duckett fils, Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous. Supplément, , Paris, Firmin Didot et Cie, 1878, .
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Notes et références
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