Olivier Frapolli, né le à Hyères (Var), est un footballeur puis entraîneur français. Il est actuellement l'entraîneur du Grenoble Foot 38.

Avec trois montées de National en Ligue 2, il est l'un des deux entraîneurs ayant connu le plus d'accessions à ce niveau. Ses pairs l'élisent meilleur entraîneur de National en 2014 et 2022.

Biographie

Le joueur (1978-2004) Olivier Frapolli passe son enfance à Vitrolles, commune proche de Marseille. Il commence à jouer au football à 5 ans avec ses frères. Il joue dans les trois clubs de Vitrolles jusqu'à l'âge de 12 ans. Sur les terrains, il est souvent opposé à Zinédine Zidane, qui évolue alors au SO Septèmes, commune toute proche, et participe à des sélections régionales avec lui. D'avril à , ils disputent ensemble la Coupe nationale des cadets avec l'équipe de la Ligue Méditerranée, entraînée par Richard Tardy. Ils atteignent les demi-finales mais sont défaits par la Ligue de Paris-Île-de-France de Pascal Nouma.

Repéré par de nombreux recruteurs, Olivier Frapolli quitte en son club de l'AS aixoise pour signer un contrat aspirant avec le Toulouse FCFrance Football Officiel, publication officielle de la FFF,‎ 14 octobre 1988,  23, malgré les relances de Michel Hidalgo, le patron technique de l'Olympique de Marseille. et était réputé pour donner du temps de jeu aux jeunes.

vignette|left|upright=0.60|alt=Portrait de Zinédine Zidane, en 2013.|Olivier Frapolli côtoie Zinédine Zidane chez les Bleuets. Souhaitant devenir architecte et ne faisant pas du football une priorité, c'est également pour les études qu'il choisit Toulouse, ainsi que pour l'ambiance, qui lui avait bien plu lors d'un séjour d'une semaine. Au centre de formation, il a comme voisin de chambre Fabien Barthez. Côté études, en plus d'un baccalauréat économique obtenu avec un an d'avance, il décroche dans la ville rose un BTS action commerciale, mais aussi le tronc commun du Brevet d'État d'éducateur sportif (BEES degré) en 1989. Par la suite, il a plus de mal à suivre les cours de son DEUG AES, étant devenu depuis 1992 le libéro du Téfécé, en Division 1. Sous contrat stagiaire depuis 1990, il signe son premier contrat professionnel en 1993Foot, hebdomadaire de la FFF, 4 septembre 1993, page P. Avec le TFC, il disputera 50 matches de Division 1 dont le premier au Parc des Princes. Un des plus beaux souvenirs de sa carrière restera le match du contre l'OM, tout juste sacré champion d'Europe, où il retrouvera Fabien Barthez et fera la fête avec les héros de Munich. International juniors, puis espoirs en 1993, aux côtés des futurs champions du monde Zidane et Thuram, il contribue à la qualification pour l'Euro Espoirs 1994, sans toutefois participer à la phase finale.

Après une saison 1993-1994 ponctuée par seulement quatre victoires auxquelles il ne participe pas, le TFC est relégué et Frapolli ne rentre plus dans les plans du coach. Avide d'un véritable statut de titulaire, il accepte d'être prêté en Division 2, d'abord à Perpignan, club promu dont l'entraîneur Jean-Pierre Carayon recherche un libéro, puis au Stade poitevin, où il forme avec le futur international sénégalais Ferdinand Coly une charnière centrale redoutable. Plus tard, il dira regretter ce choix d'être prêté, considérant qu'il est parti trop tôt de Toulouse, et qu'il aurait fini par s'imposer et faire partie de la remontée du club en D1 s'il était resté. De ces expériences dans le bas de tableau de D2, il dira cependant qu'elles lui ont forgé le caractère et lui seront utiles pour l'avenir.

En 1996, de retour de prêt, il quitte le Toulouse FC et signe à l'AS Beauvais Oise, club promu en D2, qui s'y maintient deux saisons de suite avant de terminer lanterne rouge.

Après ces trois saisons en Picardie, il retrouve sa Provence natale en signant au FC Martigues, qui vient de sauver de justesse sa place en National mais a conservé son statut professionnel. Le début de saison est mauvais et les Sang et Or sont relégables en octobre, mais il remontent la pente après avoir changé d'entraîneur, enchaînant sept victoires d'affilée durant l'hiver, pour finir vice-champions de National et retrouver la D2.

En 2001 Martigues est relégué. Le club sera finalement repêché mais Olivier Frapolli a déjà mis les voiles pour l'US Créteil, présidé par Alain Afflelou. Dans un contexte agité, il contribue au maintien de son club, qui terminera premier non-relégable deux saisons de suite, bien loin des objectifs initialement affichés. En , il effectue un essai, non concluant, à Huddersfield Town, club de troisième division anglaise. Dès son retour d'Angleterre, il retrouve sa place de titulaire.

L'entraîneur (depuis 2003) En , après deux sessions de stage et un examen au CTNFS de Clairefontaine, il obtient la partie spécifique du Brevet d'État d'éducateur sportif premier degré (BEES degré), mise en place par la FFF pour les joueurs professionnels en reconversion. C'est la première marche incontournable pour obtenir le diplôme d'entraîneur de football (DEF). vignette|right|alt=Panorama du stade Dominique-Duvauchelle (Créteil).|À Créteil, double sauveur d'équipes en crise, Olivier Frapolli est surnommé « le pompier ».|350x350px Peu utilisé avec l'équipe première en début de saison 2003-2004, il est rétrogradé en équipe réserve à l'automne. Il en devient le capitaine, puis l'entraîneur-joueur en , remplaçant Slaviša Vukičević, démis de ses fonctions. Passant ses diplômes d'entraîneur en parallèle, il parvient à obtenir le maintien et met un terme à sa carrière de joueur en fin de saison, afin de se consacrer uniquement à ses fonctions d'entraîneur et de responsable technique. Aux commandes de la jeune équipe cristolienne, ses performances sont remarquables : il décroche le titre de champion du groupe B de CFA 2 en 2006, année où il obtient son DEF. Le , Albert Rust, coach de l'équipe première, est limogé. Frapolli assure alors l'intérim pendant quatre matches, jusqu'à l'arrivée d'Artur Jorge, dont il devient l'adjoint pendant une saison. Le tandem ne parviendra pas à éviter la descente en National, et Artur Jorge est remplacé par Thierry Goudet, qui conservera Frapolli comme adjoint. Ils connaissent une année sportivement difficile, mais leur collaboration se passe bien. Propulsé à la tête de l'équipe en à la suite du limogeage de Goudet, il parvient à créer un électrochoc et assure le maintien en National deux journées avant la fin du championnat. Avec Frapolli à sa tête, l'équipe engrange treize points sur quinze possibles lors des cinq dernières journées, terminant à la . C'est donc très logiquement qu'il est maintenu aux commandes de l'équipe pour la saison 2008-2009. À Créteil, il aura relevé avec brio les challenges qui lui ont été proposés, sauvant l'équipe de CFA 2 puis celle de National, ce qui lui vaudra un surnom évocateur : « le pompier ».

À l'issue de la saison 2008-2009, il n'est pas conservé par le club. En , il a quelques contacts avec l'ESTAC en National pour être l'adjoint de Patrick Rémy, mais donne son accord pour s'engager à Fleury en DH, où il est préféré à Ladislas Lozano. Il se désengagera une semaine plus tard, contraint de rejoindre le Sud pour des raisons familiales. Il devient alors superviseur pour l'AS Cannes pendant six mois, avant de s'engager en avec l'US Sénart-Moissy, mal en point en CFA. Il parvient à sauver le club de la relégation, terminant deuxième de la phase retour, derrière Orléans qui le recrutera en fin de saison. Il quitte Sénart-Moissy sur une victoire en Coupe de Paris face à l'équipe C du Paris SG, son deuxième trophée en tant qu'entraîneur.

En , il rejoint l'US Orléans comme adjoint de Yann Lachuer. La saison suivante, il entraîne en parallèle l'équipe B, nouvellement promue en DH, et la maintient aisément. Il prend la succession de Lachuer à son départ en 2012.

vignette|left|upright=0.70|alt=Emiliano Sala in a match against Guingamp in 2013.|Emiliano Sala se révèle sous les ordres de Frapolli.En 2014, deux ans seulement après son arrivée sur le banc de l'US Orléans, il parvient à faire remonter le club en Ligue 2, chose qui n'était plus arrivée depuis 22 ans. L'USO finit en prime champion de National devant Luzenac et le Gazélec Ajaccio, et Frapolli est sacré meilleur entraîneur de National par ses pairs. À partir de 2014, il suit à Clairefontaine la formation au BEPF, plus haut diplôme d'entraîneur en France. Dans le cadre de sa formation, il effectue un stage d'une semaine à Tottenham en . En le club termine de Ligue 2 et se voit relégué en National seulement un an après l'avoir quitté, malgré une saison correcte dans le contenu des matches.

Olivier Frapolli a néanmoins la confiance des dirigeants orléanais, et est reconduit dans ses fonctions en ayant pour objectif la remontée immédiate dans l'échelon supérieur. En avril 2016 il décroche le BEPF, obtenant par équivalence la licence UEFA Pro, qui permet d'entraîner au plus haut niveau européen. Il a quelques touches en France et à l'étranger, mais souhaite poursuivre le travail entrepris à Orléans. En il conclut un accord pour une prolongation de deux saisons, à la condition que l'USO remonte en Ligue 2. Il parvient au terme de la saison 2015-2016 à remplir cet objectif en accrochant la deuxième place de National derrière le RC Strasbourg.

Le , il est démis de ses fonctions à la tête de l'US Orléans, dernier du championnat de France de Ligue 2 malgré un début de saison très correct dans le jeu. Il est remplacé par Didier Ollé-Nicolle. À Orléans, outre deux montées, il restera comme celui qui a permis la révélation d'Emiliano Sala, réussissant à obtenir son prêt en 2012, et l'explosion de Nicolas Pépé.

En , également ciblé par le Red Star et le Stade Lavallois, il prend la place d'Alain Pochat sur le banc de l'Union sportive Boulogne Côte d'Opale, y signant pour deux saisons. À Boulogne, reconnu pour ses qualités de technicien, il fait l'unanimité, même lorsque l'équipe est un temps relégable. À l'été 2018, sollicité par d'autres clubs en National et à l'étranger, il préfère continuer à travailler sur la construction de l'effectif pour la saison suivante. Avant le début du championnat, il prolonge son contrat jusqu'en 2020, avec des clauses pouvant le porter jusqu'en 2024 si ses objectifs sont atteints. L’un de ces objectifs reste la montée en Ligue 2, « à court ou moyen terme ».

Le , en contact avancé depuis une semaine avec le Stade lavallois, qui lui a fait une proposition écrite malgré son engagement contractuel, il est finalement libéré par le président Reinold Delattre, qui déclare dans un communiqué que « l'Institution USBCO ne pouvait accepter cette situation ». Le lendemain, il s'engage pour deux saisons avec le Stade lavallois Mayenne Football Club. Prolongé de deux ans, plus une saison en option, en malgré deux premières saisons laborieuses, il propulse Laval en tête du championnat en et permet au club de retrouver la Ligue 2 le , cinq ans après l'avoir quittée. Quatre jours plus tard, le Stade lavallois est sacré champion de France de National, le premier titre du club depuis 38 ans. Aux Trophées du National 2022, Olivier Frapolli est élu meilleur entraîneur par ses pairs. En , son contrat est revalorisé et il dispose désormais d'un contrat d'un an, plus deux saisons en option, les clubs promus ne pouvant avoir un entraîneur avec deux ans de contrat.

Style de joueur et d'entraîneur

Libéro calme et technique vignette|right|upright=0.60|alt=Maxime Bossis à la Coupe du Monde 1978.|En 1993, Onze Mondial voit en Frapolli un successeur de Maxime Bossis. En , le magazine Onze Mondial présente les qualités et le style de jeu d'Olivier Frapolli, titulaire depuis un an au sein de l'arrière-garde toulousaine :

Rarement averti, il ne recevra que 0,11 cartons jaunes par titularisation au cours de sa carrière, un chiffre particulièrement faible.

Un manager moderne