La province de la Soule au Pays basque est habitée depuis au moins ans par l’Homo Sapiens et depuis ans par des hommes de Néanderthal. Les lieux ont été habités continuellement depuis la dernière glaciation. On y trouve plusieurs témoignages du Néolithique, et une quinzaine de camps protohistoriques. La première relation écrite relative à la Soule, dont les historiens soient certains, date du .

Jusqu'au Moyen Âge Au Paléolithique moyen, la Soule était déjà peuplée, car on a trouvé des restes préhistoriques de l'Homme de Néandertal dans les grottes Xaxixiloaga à Aussurucq et Etxeberri. À la fin du Néolithique, la population a augmenté et a assimilé des techniques et connaissances d'autres populations. On trouve aussi une quinzaine de camps protohistoriques. Ils montrent une civilisation matérielle simple et un mode de vie dominé par l'élevage transhumant. Des découvertes monétaires, en particulier le trésor de Barcus témoignent d'une économie d'échanges qui relie la Soule à l'Aquitaine au nord et à l'Espagne au sud.

Au temps de l'Empire romain, la Soule est un peu à l'écart du fait de son relatif isolement. La seule marque d'influence romaine en Soule est l'autel votif de la chapelle de la Madeleine près de Tardets. L'hypothèse selon laquelle les Sybillates ou Suburates soumis par Jules César au milieu du seraient les ancêtres des Souletins n'est pas avérée.

La première mention certaine de la Soule dans un texte date du . En 636 l'armée franque du duc Arembert tombe dans une embuscade et est détruite par les Basques dans le « vallis subola » La mort du duc Arembert en Soule massacré par les Basques en 636. Cette vallée est incluse dans le territoire des « Wascons » venus du sud des Pyrénées. Cette « Wasconia » devient la « Gascogne », en incluant la plupart des terres entre la Garonne et les Pyrénées. La Gascogne échappe plus ou moins à l'autorité franque et développe des échanges actifs avec l'Espagne comme le montre la découverte de 5 pièces wisigothiques à Mauléon en 1896.

La vicomté de Soule

Une première vicomté de Soule apparait au à l'initiative du royaume de Pampelune devenu indépendant en 824, entre l'émirat de Cordoue au sud et l'empire carolingien au nord.

Mais c'est en 1023 que Sanche V Guillaume de Gascogne investit Guillaume Fort (Guillen Azkar en basque) vicomte de Soule.

Ses descendants se succèdent pendant un peu plus de deux siècles. Ils s'appuient sur le petit mais puissant château-fort de Mauléon qui contrôle la route de l'Aquitaine vers l'Espagne. Ils compensent la petite taille de la vicomté par un jeu de bascule entre le royaume de Navarre au sud et le duché d'Aquitaine au nord. Ils combattent aussi les Maures en Espagne. Et doivent s'appuyer sur le royaume de Navarre pour repousser le vicomte du Béarn.

Mais avec le remariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri de Plantagenet en 1152, le duché d'Aquitaine est rattaché à la couronne d'Angleterre qui devient très puissante. En 1261, après 10 ans de conflit, le dernier vicomte, Auger III, doit livrer son château au prince Édouard Ier d'Angleterre.

C'est de cette époque que date la mise en place de l'actuel réseau de villages et de chemins, sous l'autorité des seigneurs laïques et surtout des ordres religieux. Sainte-Engrâce est citée pour la première fois dans un document en 1085. L'Hôpital Saint-Blaise se construit à partir de 1148, l'hôpital d'Ordiarp est mentionné pour la première fois en 1189.

1023-1040 Guillaume-Fort (Guillen Azkar), Joël Larroque, Le château fort de Mauléon au Moyen Age, Association Ikerzaleak, 2012 1040-1085 Raymond-Guillaume dit Salamace, , fils du précédent 1085-1120 Guillaume II Fort (ou Guillaume-Raymond), , fils du précédent 1120-1130 Gassion, , fils du précédent vers 1130-vers 1150 Auger Ier (Ogier), , fils de Gassion vers 1150-vers 1170 Navarre, , fille du précédent, et son époux Auger II 1170-1178 Guillaume II, , oncle de la précédente (identité discutée : parfois remplacé par Bernard-Sanche selon les auteurs) 1178-1200 Raymond-Guillaume II, , cousin de Navarre 1200-1234 Raymond-Guillaume III, , fils du précédent 1234-1242 Raymond-Guillaume IV, , fils du précédent 1242-1257 Raymond-Guillaume V, , fils du précédent 1257-1307 Auger III, , fils du précédent (dépossédé de la vicomté en 1261, rétabli dans certains de ses droits en 1295 ; 1307 marque la fin définitive de ses prétentions)

La Soule « anglaise » La Soule anglaise était placée sous l'autorité directe du duc d'Aquitaine qui est aussi le roi d'Angleterre. Il n'est venu que très rarement dans cette lointaine vicomté. Il délègue son autorité à un capitaine châtelain qui garde le château de Mauléon, perçoit les redevances, rend la justice avec les maitres des principales maisons nobles du pays. Sur les 14 capitaines châtelains, un seul est Anglais. La Soule est essentiellement dirigée par des Gascons et c'est en gascon que sont rédigés les actes officiels jusqu'au . Le château de Mauléon est d'abord une forteresse faite pour la guerre où l'on fabrique même des canons. Du 6 au , il est le cadre d'un évènement grandiose : la visite du roi d'Angleterre Édouard 1er (qui s'était emparé du château 26 ans plus tôt) et de la reine, en vue du mariage de leur fille Aliénor avec le roi Alphonse III d'Aragon. C'est l'occasion de plusieurs jours de fêtes.

L'ancien vicomte de Soule Auger III était passé au service du roi de Navarre. Avec la reprise de la guerre entre Philippe IV le Bel et Édouard 1er d'Angleterre, Auger III prend le parti de la France et reconquiert son château en 1295, alors que le seigneur de Tardets reste fidèle aux Anglais. Mais la paix de 1303 rend l'Aquitaine à l'Angleterre et Auger III doit définitivement abandonner son château en 1307.

Les représentants de ce roi soucieux de paix et de bonne gestion contribuent à mettre en forme des institutions dont certaines ont duré jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. La justice est rendue sous le chêne de Licharre par le capitaine châtelain et les dix potestats de Soule. Le pays est représenté par une assemblée les « États de Soule ». En 1377, les représentants du duc font procéder à un recensement des maisons leur devant des redevances. Ce document en gascon appelé le « censier gothique » donne les noms de presque tous les villages actuels et plus de mille maisons. À cette époque, la Soule ne devait guère compter plus de habitants.

Les sont pour la Soule une période de croissance démographique et de prospérité. La bastide de « Villeneuve de Tardets » est créée à partir de 1297 à l'initiative d'Auger III. C'est aussi à cette époque que le quartier de la Haute-Ville de Mauléon se développe selon un plan de bastide, c'est-à-dire de ville autour d’un marché. Une place commerciale qui pouvait enrichir le château mais aussi le protéger par son cordon de maisons fortifiées entourées parfois de murailles comme un avant poste défensif. On ne connait pas exactement sa date de création. Elle est mentionnée pour la première fois par un notaire de Navarrenx en 1387 sous le nom gascon de « Lo marcadiu et Bastide de Mauleoo ». Mauléon est une ville de marchands et d'artisans, pour la plupart d'origine béarnaise ou gasconne. Un parchemin du donne l’autorisation de l’évêque d’Oloron pour élever dans l’enceinte de la Haute-Ville la chapelle Notre-Dame de la Haute-Ville dépendant de l’église paroissiale de Berraute-Mauléon, que les habitants de la Haute-Ville jugeaient trop éloignée. Malgré sa petite taille, cette chapelle hébergea à deux reprises l'évêque d'Oloron et son chapitre de chanoines : De 1378 à 1412, lors du Grand Schisme d'Occident qui vit les catholiques se diviser entre partisans du pape de Rome et ceux de celui d’Avignon. Et de nouveau, de 1570 à 1599 lors des guerres de religion quand l'évêque d'Oloron Claude Régin, chassé de sa cathédrale par les protestants, s'y réfugia.

La guerre de Cent Ans qui ravage de nombreuses provinces ne concerne la Soule que dans les dernières années.

En 1449, une armée de plusieurs milliers d'hommes commandés par Gaston IV de Foix-Béarn vient prendre possession du château au nom du roi de France. C'en est fini de la présence anglaise en Soule.

Liste des capitaines châtelains 1261-1275 : Oger de la Mothe, chevalier. 1275-1277 : Gaillard d'Ornon. 1277-1289 : Vital de Caupenne, chevalier. 1289-1295 : Hélie de Caupenne, neveu du précédent, chevalier. Également sénéchal de Périgord. 1295- : Raymond-Arnaud de Laàs, seigneur de Laàs 1307-1307 : Garcie-Arnaud d'Ezpeleta, chevalier, seigneur d'Ezpeleta 1307-1308 : Fortaner de Batz. 1308-1309 : Pierre Pelet, damoiseau. 1309-1320 : Odon de Miossens, seigneur de Miossens, valet du roi. Maire de Bordeaux (1320-1322) 1320-1350 : Raymond de Miossens, valet du roi, maire de Bordeaux (1323). 1350- : Raymond-Guillaume de Caupenne, chevalier, sire de Caupenne. 1393-1432 : Charles de Beaumont, chevalier, seigneur de Guiche, de Curton, de Noailhan, et de Saint-Martin-de-Hinx, ricombre et alferez de Navarre, châtelain de Saint-Jean-Pied-de-Port. 1434-1446 : Humphrey de Lancastre, duc de Gloucester, comte de Pembrock, protecteur et grand chambellan d'Angleterre. 1446-1449 : Louis de Beaumont, comte de Lerín et connétable de Navarre. 1449-1453: Gaston de Foix Guimon Dessa. Guicharnaud de Lescun. 1463-1465: Arnaud de Salies, écuyer. 1465-1477 : Bernard de Sainte-Colomme, chevalier.

La Soule « française »

À la suite de péripéties complexes, la Soule est définitivement réunie au domaine du roi de France en 1512. C'est la plus petite province du royaume et la plus éloignée du centre du pouvoir. Elle est entourée du royaume de Navarre au sud et de la vicomté du Béarn à l'est qui étaient alors indépendants. Bien qu'elle comporte plus de cinquante villages et bourgs, la Soule reste faiblement peuplée : pas plus de habitants. La seule ville de la vallée, Mauléon, ne dépasse pas 350 habitants. Les famines et les épidémies frappent régulièrement. Mauléon et ses environs sont ravagés par une terrible épidémie de peste en 1463.

La Soule province frontière, subit les contrecoups de tous les conflits qui agitent le nord de l'Espagne et le sud de la France pendant plus d'un siècle. Les luttes entre les clans nobiliaires du royaume de Navarre à la fin du entraînent un certain nombre de violences. La chanson et la stèle de Berterreche en sont aujourd'hui des témoignages. Mauléon et la Soule sont envahis à la fin de l'année 1523 par une puissante armée espagnole. Le roi de France et la famille d'Albret propriétaire de la couronne de Navarre et du Béarn combattaient alors l'Espagne.

Dans la deuxième moitié du les guerres de religion ont des conséquences dramatiques. Mauléon est une des premières villes du Sud-Ouest où on signale la présence de « luthériens ». Ils sont nobles, marchands, hommes de loi. Ils sont l'objet d'une répression très dure de la part des autorités. En , une émeute populaire s'en prend aux protestants de Mauléon et de Montory. Mais ceux-ci ont un puissant allié en la personne de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, protestante convaincue. Elle tente de convertir ses sujets Béarnais et Navarrais. Elle envoie une puissante armée contre ses sujets révoltés. La Soule comme le Béarn ou la Gascogne est victime du passage des troupes. Mauléon et la plupart des villages environnants sont incendiés. Le peuple se réfugie dans les montagnes. Les années 1568-1569 sont certainement les plus violentes de l'histoire de la Soule.

La Soule déchirée par le conflit religieux, est restée très majoritairement catholique. Des villages comme Barcus ou Tardets, des familles nobles comme les Luxe ou les Maytie animent la résistance du parti catholique. Une légende raconte que Pierre de Maytie aurait démoli de ses mains la chaire où prêchait un évêque gagné aux idées de la Réforme. Son fils Arnaud de Maytie, devenu évêque d'Oloron, lutte avec énergie pour le rétablissement du culte catholique.