Jacques Zanehno Lalié, né le à Wé sur l'île de Lifou dans l'archipel des Loyauté (Nouvelle-Calédonie), est un homme politique français et indépendantiste kanak, président fondateur depuis 2004 d'Unir et construire dans le renouveau (UC Renouveau). Il est président de l'Assemblée de la Province des îles Loyauté du jusqu'à sa condamnation à deux d'inéligibilité avec exécution provisoire le ..

Biographie

Origines familiales Jacques Lalié est le fils d'un employé municipal de Lifou et d'une mère au foyer.

Un militant indépendantiste de la première heure Dès 1969, il participe à la création du Mouvement des lycéens kanak avec notamment le futur journaliste Wallès Kotra. Durant ses études en France métropolitaine en économie et sciences politiques, il fréquente les milieux activistes identitaires kanaks héritiers des idées de Mai 68 : l'Association des Kanak en France et les « Foulards rouges » créés en 1969 par Nidoïsh Naisseline. De retour en Nouvelle-Calédonie en 1974, il participe l'année suivante à la création de l'un des premiers partis ouvertement indépendantistes de l'archipel, le Parti de libération kanak (Palika), d'inspiration marxiste-léniniste, composé de la réunion des « Foulards rouges » et du « Groupe 1878 » d'Élie Poigoune.. Il est en son sein un fidèle de Nidoïsh Naisseline et du courant progressiste qu'il incarne, dite « tendance d'Amoa ». Le Palika rejoint en 1979 la coalition nationaliste kanak dite du « Front indépendantiste » menée par l'écrivain et ancien prêtre Jean-Marie Tjibaou, et comprenant également l'Union calédonienne (UC) de Tjibaou et du député Rock Pidjot, l'Union progressiste en Mélanésie (UPM) d'André Gopoea et le Parti socialiste calédonien (PSC) de Jacques Violette.

Un partisan de la négociation durant les Évènements

Cadre du LKS Jacques Lalié participe le à la formation du mouvement Libération kanak socialiste (LKS), de tendance indépendantiste modérée et socialiste démocratique sous la direction du grand-chef de Guahma (Maré) Nidoïsh Naisseline. Ce dernier et ses partisans de la tendance d'Amoa reprochent alors au Palika sa ligne trop radicale et révolutionnaire et son refus de soutenir un candidat aux élections nationales (présidentielle, lors de laquelle Nidoïsh Naisseline et le LKS appellent à voter pour le communiste Georges Marchais, et les législatives auxquelles Nidoïsh Naisseline se présente dans la 1 circonscription). Le LKS devient alors une composante du FI à la place du Palika. À la faveur d'un renversement d'alliance à l'Assemblée territoriale qui voit les centristes autonomistes de la Fédération pour une nouvelle société calédonienne (FNSC) se désolidariser des anti-indépendantistes du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) au profit du FI, Jean-Marie Tjibaou devient le nouveau vice-président (et donc chef politique) du Conseil de gouvernement du au , et Henri Bailly est élu pour représenter le LKS au sein de cet exécutif local, chargé de l'Économie, du Développement industriel et de la Pêche, ainsi que des Relations avec le FADIL, l'ORSTOM, Enercal, la SICNC et la Caisse de crédit agricole mutuel de la Nouvelle-Calédonie (CCAM-NC). Jacques Lalié devient alors un des attachés au cabinet de ce dernierRapport de la ... Conférence du Pacifique Sud, Numéros 24 à 28, 1984, p. 147.

Mais lorsque les trois autres composantes du FI décident, avec le Palika et l'Union syndicale des travailleurs kanaks et exploités (USTKE), de passer à une stratégie de lutte pour obtenir l'accession à la pleine souveraineté en boycottant les élections territoriales du et en créant le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), le LKS désapprouve et maintient sa ligne légaliste. Jacques Lalié est alors élu à l'Assemblée territoriale en troisième position sur la liste menée par Nidoïsh Naisseline dans la circonscription des Îles Loyauté. Il est de nouveau candidat, toujours du LKS aux Îles (devenue l'une des quatre régions du Territoire prévues par le nouveau statut Fabius-Pisani) derrière Nidoïsh Naisseline et Macate Wénéhoua lors des élections régionales du , mais il n'est pas élu cette fois puisque sa formation n'obtient que voix, 19,83 % des suffrages exprimés et un seul élu.

Lors des élections législatives du , il est candidat sur la liste « Union des indépendantistes », aux côtés d'un autre modéré qui a quitté l'UC au moment de la création du FLNKS et du choix de la stratégie du boycott actif en 1984, Gabriel Païta. Alors que le FLNKS ne participe pas à ce scrutin, la participation se réduisant à 50,4 % des inscrits, cette liste n'obtient que 8,9 % des suffrages exprimés tandis que le RPCR rafle les deux sièges à pourvoir (Jacques Lafleur et Maurice Nénou) avec 88,5 % des voix.

Un des fondateurs de l'UPCI Il forme peu à peu au sein du parti, avec le maire de Poindimié Francis Poadouy ou Henri Bailly, la tendance dite de Païta qui demande un maintien permanent des discussions avec les anti-indépendantistes du RPCR du député Jacques Lafleur et avec le gouvernement national de droite de Jacques Chirac (en , il se rend notamment à Paris avec Francis Poadouy pour rencontrer le ministre de l'Outre-mer Bernard Pons et le président de la République François Mitterrand). Le , il est exclu du LKS, comme Henri Bailly, pour s'être opposé à la décision de la direction du parti d'appeler à l'abstention au référendum d'autodétermination du précédentP. GODARD, Le Mémorial Calédonien, Vol. 9, éd. d'Art Calédoniennes, Nouméa, p. 127. Il participe à la création en du mouvement « Union pour construire l'indépendance » (UPCI), avec les autres membres issus de la tendance Païta du LKS, qui décide de maintenir des candidatures dans les Régions Est et Ouest aux élections du , malgré le boycott de Nidoïsh NaisselineG. PAÏTA, J. CAZAUMAYOU, Gabriel Païta : témoignage kanak, éd. L'Harmattan, Paris, 1999, p. 256.

L'année suivante, lors des premières élections provinciales du , Jacques Lalié mène aux Îles Loyauté une liste conjointe avec certains militants du Front uni de libération kanak (FULK, parti indépendantiste radical mis en retrait du FLNKS à la suite de son opposition aux accords de Matignon-Oudinot), dont Ernest Üne, baptisée « Front uni pour construire l'indépendance » Arrêté n° 1208 du 24 mai 1989 fixant les listes de candidats aux élections des membres des assemblées de province et du Congrès dont la déclaration collective de candidatures a été définitivement enregistrée, JONC n°6632, 27/05/1989, p. 1171-1176. Il obtient le quatrième et avant-dernier score, avec seulement 157 voix pour 1,85 % des suffrages exprimés et aucun siège Résultats des élections aux assemblées de province et au Congrès du 11 juin 1989, JONC n°6638, 27/06/1989, p. 1425-1426.

Lieutenant de Robert Xowie et rival de Néko Hnepeune à l'UC Il adhère à l'UC, et donc également au FLNKS, en 1993, et devient un proche de Robert Xowie, maire de Lifou à partir de 1995. Aux élections provinciales du , il est le sur la liste « FLNKS » (en réalité de tendance UC) menée par Robert Xowie dans les Îles Loyauté. Celle-ci arrive en tête et obtient votes, 30,38 % des suffrages exprimés et 6 élus sur 14 à l'Assemblée provinciale (dont 3 des 7 également membres du Congrès) Publication des résultats de l'élection des membres du Congrès et des Assemblées de Province du 9 mai 1999, JONC n°7 377, p. 2022.

Jacques Lalié n'est donc pas élu, mais il est le directeur de cabinet du nouveau président de l'Assemblée de la province des îles Loyauté, Robert Xowie, du au , puis chargé de mission au secrétariat général de cette même institution jusqu'au . À la suite de l'annulation du scrutin de 1999 par le Conseil d'État aux Îles, Jacques Lalié est à nouveau candidat du FLNKS tendance UC de Xowie lors d'une élection partielle organisée le , cette fois-ci en neuvième position.. La majorité sortante garde le même nombre d'élus mais est devancé en nombre de suffrages par la liste « Un nouveau défi pour les îles » qui unit derrière Nidoïsh Naisseline le LKS, le petit parti modéré de la Fédération des comités de coordination indépendantistes (FCCI) de Cono Hamu et les anti-indépendantistes du RPCR du sénateur Simon Loueckhote. Le FLNKS garde 6 élus sur 14, et réunit voix (37,29 %). Jacques Lalié n'est toujours pas élu, mais reste directeur de cabinet.

Il apparaît alors comme un fidèle de la direction en place depuis 1999 à la tête de l'UC et incarnée par son président Rock Wamytan, par ailleurs président unitaire du FLNKS depuis 1995. Celui-ci, favorable au maintien d'une coopération étroite entre toutes les composantes du Front (et notamment l'Union nationale pour l'indépendance, ou UNI, formée autour du Palika de Paul Néaoutyine) et de bonnes relations avec le RPCR à la suite de la signature de l'accord de Nouméa, doit faire face à une fronde à l'intérieur du parti menée par son rival et prédécesseur Bernard Lepeu et par une jeune garde de « rénovateurs » baptisée le « G7 », incarnée dans les Îles Loyauté par Néko Hnepeune. Lors des élections municipales de à Lifou, ce dernier obtient l'investiture de l'UC et le soutien du maire sortant et président de province Robert Xowie, présent à titre symbolique en dernière position. Jacques Lalié décide alors de monter une liste dissidente baptisée « UC (Union communale) Renouveau », avec d'autres figures pro-Wamytan (comme Yvonne Hnada, ancienne membre du conseil de gouvernement de Jean-Marie Tjibaou sous les couleurs du PSC de 1982 à 1984, en ) et en l'ouvrant à des non-indépendantistes (dont surtout Bernard Ukeiwé, membre du parti anti-Lafleur « Alliance » et fils de l'ancien sénateur RPCR Dick Ukeiwé) Arrêté n° 200/bis du 7 mars 2001 fixant l'état des listes de candidats aux élections municipales des 11 et 18 mars 2001, JONC n°7532, 09/03/2001, p. 1264. Battu, il fait fusionner sa liste (sans se maintenir lui-même) avec celle de Néko Hnepeune, qui obtient finalement la mairie au deuxième tour.. Le , Rock Wamytan doit abandonner la présidence de l'UC pour être remplacé par l'un des membres du « G7 », Pascal Naouna, tandis que Néko Hnepeune devient le du parti.

Lorsque, pour les élections provinciales du , c'est Néko Hnepeune qui emporte une nouvelle fois l'investiture de l'UC et que Jacques Lalié n'obtient pas de place éligible, il décide de monter sa propre liste qui reprend le sigle de 2001, « UC Renouveau ».

Dirigeant de l'UC Renouveau

Parcours Le parti « Unir et construire dans le renouveau » (« UC Renouveau » ou « UC-R ») est fondé par Jacques Lalié et d'autres dissidents de l'Union calédonienne aux Îles Loyauté en vue des élections provinciales du .