Le , également désigné , est un édifice construit entre 1931 et 1933 à Milan, en bordure du Parco Sempione. Conçu par l'architecte Giovanni Muzio pour le compte de la , il constitue depuis son inauguration le le siège permanent de la Triennale de Milan. Inscrit dans la tradition du Novecento milanais, l'édifice forme avec le Château des Sforza, l'arc de la Paix et l'Arena Civica le quatrième pôle du système monumental qui structure le parc.
Contexte et origines
Les quatre premières éditions de la Triennale de Milan se tinrent à la Villa royale de Monza à partir de 1923. Devenue triennale en 1930, la manifestation nécessite un nouveau siège, plus vaste et mieux desservie.. Le financement du projet est assuré par un legs de cinq millions de lires versé à la Ville de Milan par Antonio Bernocchi, industriel du textile et sénateur lombard décédé en 1930.. La , chargée d'administrer ce don, confie le projet à Giovanni Muzio, sur recommandation des directeurs artistiques de la Triennale, Gio Ponti et Mario Sironi.. La première pierre est posée le ; l'inauguration a lieu le en présence du roi Victor-Emmanuel III.. Le bâtiment est ensuite cédé à la ville de Milan par la famille Bernocchi..
Architecture
Implantation urbaine
Muzio choisit d'implanter l'édifice le long du viale Alemagna, dans l'axe de l'Arena néoclassique, afin de compléter le dispositif monumental qui structure le Parco Sempione selon deux axes orthogonaux : l'un reliant le Château des Sforza à l'arc de la Paix, l'autre reliant l'Arena au . La proximité des voies ferrées du Nord conduit à reculer légèrement le bâtiment par rapport à la limite du parc, avec lequel il dialogue par un système de portiques à trois ailes..
Composition et matériaux
L'édifice s'élève sur trois niveaux articulés selon un plan basilical orienté nord-sud, divisé en cinq tronçons structurellement indépendants par des joints de dilatation. L'entrée principale, côté viale Alemagna, est scandée par un portail monumental encadré de pilastres en marbre blanc contrastant avec les volumes revêtus de et de granit rose de Baveno.. Muzio avait découvert ce matériau industriel lors de visites de chantiers à Hambourg ; le constitue le premier emploi du en Italie, en référence à la tradition locale du ...
Sur la façade arrière, un portique semi-circulaire surplombant le parc accueille la terrasse du café, reliée au corps du bâtiment par un triportique couvert de marbre cipolin vert. À l'intérieur, Muzio distribue les fonctions selon un plan en croix : l'atrium, le vestiaire, les salles d'exposition et le théâtre sur un axe, le restaurant, la terrasse et les cours sur l'autre.. La salle dite , haute de quinze mètres, conçue selon Muzio pour ses qualités lumineuses comme une « cascade de lumière » et un « jardin d'hiver » au cœur du palais, reçoit la lumière naturelle par un plafond en brique de verre.. Les galeries d'exposition, construites sur une structure à ossature libre, permettent une grande flexibilité de subdivision et d'aménagement.
Décorations artistiques
vignette|Décoration appliquée sur la façade à l'occasion de la 10 Triennale. Photographie de Paolo Monti, 1954.
À l'occasion de la Triennale de 1933, les espaces intérieurs font l'objet d'un programme décoratif coordonné par Mario Sironi, qui conçoit notamment l'aménagement du . D'autres artistes contribuent à cet ensemble : Achille Funi et Gino Severini réalisent des mosaïques, Carlo Carrà, Giorgio de Chirico et Massimo Campigli des fresques, Marino Marini et Arturo Martini des sculptures, Fausto Melotti des bas-reliefs.. Le sol de l'atrium accueille une mosaïque intitulée , réalisée par Funi et Leonor Fini..
Interventions postérieures
Dommages de guerre et dégradations (1940–1979)
Le bâtiment est endommagé lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. En 1946, une intervention interne sépare les surfaces d'exposition et condamne l' par un plancher intermédiaire, supprimant sa hauteur verticale. En 1962, une seconde opération — désapprouvée par Muzio lui-même — consiste en l'insertion d'un escalier en béton armé de style brutaliste dans la cour intérieure.. À la suite de son occupation lors du mouvement étudiant de 1968, l'édifice reste fermé au public jusqu'en 1979..
Restauration de 1982–1983
Un programme de restauration est confié en 1982 à Gae Aulenti, Umberto Riva et Angelo Cortesi.. Il permet la réouverture de l'édifice en 1983 et inclut la création de la , espace de dédié aux expositions temporaires, aménagé par Aulenti au rez-de-chaussée en cohérence avec le projet de Muzio.
Rénovation de 2002–2007
En 2002, Michele De Lucchi est chargé d'un programme de rénovation visant, selon ses propres termes, à « ne pas bouleverser l'œuvre de Muzio, mais à l'intégrer selon la vocation de qui caractérise le depuis sa fondation ».. Les travaux incluent la réorganisation des espaces d'accueil, la restauration de l' reconverti en librairie, et la création d'un nouveau café en rez-de-chaussée.
Dans le cadre de ce même programme, l'aile curviligne du premier étage est transformée en Museo del Design Italiano (), ouvert au public le .. Pour relier l'atrium principal à l'entrée du musée par-dessus le grand escalier, De Lucchi conçoit une passerelle suspendue de 14 mètres en bambou lamellé-collé, acier et verre, premier exemple d'emploi structurel de ce matériau en Italie, dont la résistance est testée aux laboratoires de l'IUAV de Venise..
Galerie
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Triennale de Milan Giovanni Muzio Parco Sempione Novecento Gae Aulenti Michele De Lucchi
Liens externes
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