L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est une église catholique paroissiale située à Fitz-James (Oise), en France. Elle a probablement été fondée par l'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire, qui était collateur de la cure, et entretenait un prieuré sur place. Il a été réuni à la paroisse en 1767. Les parties les plus anciennes de l'église actuelle remontent à la fin de la période romane, aux années 1140. Il s'agit de la base du clocher, qui possède une voûte d'ogives d'origine ; de l'élévation extérieure de la travée suivante du chœur ; et de cinq contreforts. La façade romane existait encore au milieu du . Elle a été réinventée lors d'une restauration pendant la seconde moitié du , et n'est plus qu'un pastiche architectural. La corniche, les deux fenêtres au nord de la nef, et le clocher du milieu du ont également été sacrifiés à une mise au goût du jour au , et l'intérieur de la nef romane est désormais pourvu de voûtes néo-gothiques. La plus grande partie de l'église date toutefois de la période gothique flamboyante, du second quart du . Il s'agit de tout le vaisseau sud, qui dédouble le vaisseau principal ; des dernières travées du chœur, avec une abside à pans coupés ; et de la chapelle seigneuriale au nord du chœur, également avec une abside à pans coupés. Les parties flamboyantes sont stylistiquement très homogènes, mais leur architecture est assez banale. L'originalité réside davantage dans le plan. Les huit baies orientales conservent quatre verrières polychromes de la période de construction, et quatre fragments ou ensembles de fragments de vitraux de la même époque. Avec les chapiteaux de la base du clocher, ces vitraux font la principale richesse artistique de l'église. Elle fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le .. Aujourd'hui, Fitz-James est affilié à la paroisse du Cœur du Christ de Clermont, et les messes dominicales y sont célébrées environ une fois par mois.
Localisation
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, sur la commune de Fitz-James, à la limite est du bourg, rue Jules-Ferry (RD 127e), à côté de la mairie. La façade occidentale donne directement sur le trottoir de la rue : il n'y a pas de parvis, sauf au sud de la première travées. Du reste, l'église est entourée du cimetière au sud, à l'est et au nord. Au sud de la deuxième travée, un garage se rapproche de l'église. Il n'est donc pas possible de bénéficier d'une vue d'ensemble de l'élévation méridionale. Sinon, l'église est dégagée d'autres bâtiments, et l'on peut en faire le tour.
Historique L'histoire de la paroisse thumb|upright|left|Chapelle dite « ducale ».
La fondation de la paroisse remonte au moins au second quart du , époque de la construction de la première église dont des éléments subsistent au sein de l'église actuelle. À son origine, est probablement la donation d'un seigneur local à l'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire, qui est collateur de la cure sous tout l'Ancien Régime, et considérée comme curé primitif. Elle établit un prieuré à côté de l'église, qui constitue un bénéfice distinct. Le prieuré réserve à son usage l'un des deux vaisseaux de l'église, celui du nord, où se situe le grand autel. Le prieur doit y dire la messe quatre fois par an. Tant l'église que le prieuré sont placés sous l'invocation de Saint-Pierre, Apôtre et premier pape. La date du rajout de saint Paul comme second patron reste à identifier. Le nom de la paroisse (et donc du village) est Warty jusqu'en 1710. En 1704, la terre de Warty est acquise par Jacques Fitz-James, duc de Berwick, général de France, promu maréchal de France en 1706. Par lettres-patentes de , la seigneurie est érigée en duché-pairie, et c'est conformément à l'usage pour les duchés-pairies que la paroisse prend son nom. Sur le plan de la hiérarchie ecclésiastique, la paroisse relève du doyenné de Pont-Sainte-Maxence, de l'archidiaconé de Breteuil et du diocèse de Beauvais (alors que Clermont est lui-même le siège d'un archidiaconé et d'un doyenné du même diocèse). En 1767, la paroisse et le prieuré sont réunis. Fitz-James devient ainsi un prieuré-cure, le prieur étant en même temps curé. En 1789, les biens du prieuré-cure consistent en une ferme, cinq arpents de prés, et trente mines de terre. Ce domaine agricole est mis en fermage, et rapporte ainsi livres par an. Le prieuré-cure touche également les deux tiers de la grosse dîme de la paroisse (l'autre tiers étant au chapitre de Beauvais), et la dîme des foins et chanvres. Les charges se montent à 750 livres par an, qui comprennent, entre autres, les deux tiers de la portion congrue du curé (l'autre tiers étant sans doute constitué par les recettes de la cure).Alphonse Alexis Debauve et Ernest Roussel, Clermont et ses environs, éd. Le livre d'Histoire, 1988, p. 124.. Après le Concordat de 1801, la paroisse de Fitz-James n'est longtemps pas rétablie, et l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est incorporée dans la paroisse de Clermont. Aujourd'hui, Fitz-James est de nouveau affilié à la paroisse de Clermont, qui s'étend sur dix communes, et est dédiée au Cœur du Christ. Les messes dominicales sont célébrées à Fitz-James environ une fois par mois.
Les campagnes de construction de l'église thumb|Les relevés du Woillez effectués avant 1849 mettent en évidence la transformation néoromane de la partie gauche de la façade. thumb|Les fenêtres flamboyantes de la nef n'existaient pas encore en 1849. thumb|L'intérieur néogothique de l'ancienne nef romane, vue vers l'est.
Le plan de l'église romane du second quart du était visiblement analogue à celui des églises d'Auvillers (commune de Neuilly-sous-Clermont), Avrechy, Bailleval, Bornel, , Cauffry, Noël-Saint-Martin (commune de Villeneuve-sur-Verberie), Rocquemont, etc., et se composait d'une nef non voûtée, et d'un chœur plus étroit de deux travées, dont la première sert de base au clocher.. En restent encore toute la base du clocher, y compris sa voûte d'ogives avec ses supports ; et des éléments de la façade, du mur gouttereau nord de la nef, et du mur gouttereau nord de la seconde travée du chœur, avec notamment une corniche beauvaisine. Ces éléments ont été étudiés par Eugène Woillez, mais d'une façon inhabituellement brève pour cet auteur. Ses relevés effectués sur place et documentés par des dessins très détaillés sont néanmoins précieux pour la compréhension du monument dans son état actuel. L'on se rend ainsi compte que la façade est non seulement fortement restaurée, mais a été pratiquement réinventé, en ne s'inspirant qu'assez vaguement des dispositions d'origine. Ainsi, le cordon de fleurs de violette au-dessus de la fenêtre haute retombait sur des tailloirs partagés par les chapiteaux, au lieu de se continuer vers la gauche et vers la droite, et l'archivolte de la baie n'était pas moulurée d'un tore. Le portail était surmonté d'un bandeau mouluré, et non d'un cordon de fleurs de violette comme aujourd'hui, et cantonné de deux paires de colonnettes à chapiteaux, et non de deux fois trois colonnettes. Louis Graves confirme ce constat. Si l'on compare les contreforts aux angles sud-ouest et nord-ouest, seulement les premiers paraissent authentiques. Les contreforts à l'angle nord-est et le contrefort à gauche de la base du clocher semblent également dater d'origine. Les autres contreforts de la nef sont plus récents. La fenêtre de la seconde travée du chœur date de la période gothique flamboyante. Les fenêtres de la nef, bien que d'apparence flamboyante, n'existaient pas encore sous cette forme à la fin des années 1840. Elles sont donc néo-gothiques.. Eugène Woillez n'a pas tenté une datation. Dans son étude sur les corniches beauvaisines, Jean Vergnet-Ruiz conclut, par analogie avec l'abbatiale Saint-Lucien de Beauvais et l', à une date immédiatement avant 1150 ; p. 314.. Dominique Vermand s'est davantage penché sur l'intérieur. Malgré un profil archaïque des ogives et l'absence de formerets, il suppose que le chœur de Fitz-James n'est pas antérieur aux années 1140. L'auteur observe qu'il a de toute évidence été bâti par le même atelier que l'église de Cauffry, et que les chapiteaux, d'un style très personnel, sont l'œuvre du même sculpteur..
L'église est agrandie par l'adjonction d'un second nef, ou collatéral, au sud. Afin de faire communiquer les deux vaisseaux, des arcades brisées sont ouvertes dans le mur gouttereau sud de la nef romane. Ce tracé des arcades indique la période gothique, sans pouvoir préciser davantage en raison de leur caractère sommaire. Il n'est pas certain que l'agrandissement remonte seulement au second quart du , époque du collatéral actuel, car les arcades ouvertes dans les murs du chœur roman sont beaucoup plus soignées, et moulurées. Le collatéral actuel est donc peut-être déjà le second au même emplacement. Plusieurs églises romanes sont équipées d'un deuxième vaisseau à la période gothique, qui prend davantage d'envergure qu'un simple bas-côté. À Cauvigny et Saintines, le résultat sont également deux pignons en façade, tandis qu'à Allonne et Courcelles-sur-Viosne, l'on édifie un grand pignon unique. — Avant la construction du collatéral, mais globalement à la même époque, l'église bénéficie d'un autre agrandissement également très important : le chœur est prolongé par une troisième travée droite et une abside à pans coupés ; une chapelle seigneuriale est construite au nord de la nouvelle travée, et terminée par une abside semblable ; et un collatéral de deux travées, terminé en chevet plat, est ajouté au sud de la seconde et de la troisième travée du chœur. Ces parties sont sans doute bâties successivement, mais l'homogénéité de la modénature et de la forme des supports suggère des campagnes très rapprochées. Les réseaux très élaborés et purement flamboyants des fenêtres évoquent la fin du ou le début du , mais les contreforts biais et le profil émoussé des ogives indique plutôt la dernière période gothique des années 1530-1540. À moins que la niche à statue avec son dais en forme d'édicule de style Renaissance, que l'on voit dans l'angle entre la façade du collatéral et du contrefort sud-ouest, ne constitue pas un ajout postérieur, cette façade devrait représenter la dernière partie construite. L'homogénéité avec les parties orientales est toujours grande. En revanche, ce que l'on ne peut pas attribuer à la période flamboyante, sont les trois voûtes de la nef : Louis Graves affirme en 1838 que la nef du nord est plafonnée, tandis qu'Eugène Woillez écrit une dizaine d'années plus tard que la nef était anciennement plafonnée. C'est donc apparemment au cours des années 1840 que débute la restauration et reconstruction néo-gothique de l'église. À l'instar de Fitz-James, les nefs de nombreuses églises des environs sont équipées de voûtes factices au : Ansacq, Balagny-sur-Thérain, Beaumont-sur-Oise, Clermont, Néry, La Neuville-en-Hez, Nointel, etc. Malheureusement, l'on ne respecte pas du tout l'authenticité du monument, et la corniche de modillons de la nef est détruite. Pire encore, le clocher roman est démoli, apparemment entre 1838 et 1845, avant le passage d'Eugène Woillez, qui ne le mentionne déjà plus. La description qu'en fournit Louis Graves manque de clarté, et semble davantage viser les fenêtres du rez-de-chaussée, mais il mentionne . La profondeur des remaniements laisse planer le doute sur l'authenticité de maints autres éléments des parties orientales et du collatéral. — L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le .
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.