Le manoir d'Argouges est une demeure, en partie de la fin du , qui se dresse sur le territoire de la commune française de Vaux-sur-Aure dans le département du Calvados, en région Normandie. L'édifice, lieu de féerie avec la légende de la fée d'Argouges, dont l'empreinte d'un pied est encore visible, dit-on, sur le rebord d'une fenêtre du manoir, est classé au titre des monuments historiques.
Localisation Le manoir est situé, au bord de l'Aure, à au nord-nord-ouest de l'église Saint-Aubin de Vaux-sur-Aure, dans le département français du Calvados.
Historique Le fief de la puissante famille d'Argouges est mentionné pour la première fois au . L'histoire conserve la trace d'un Vaultier d'Argouges, un proche du duc de Normandie Guillaume le Bâtard qu'il nomme membre du conseil de régence lorsqu'il s'embarque pour aller conquérir l'Angleterre.. En 1383, lors de la montre de Saint-Sauveur-le-Vicomte, Guillaume d'Argouges, chevalier, y comparaîtra accompagné de huit écuyers de sa compagnie, attestant de la puissance de cette famille..
Lors de la guerre de Cent Ans, le manoir est pillé et en partie détruit. Une garnison anglaise y aurait été massacrée par Du Guesclin. Le manoir est reconstruit à la fin du par Pierre d'Argouges, héritier de Jean d'Argouges et de Marie de Carbonnel-Canisy, qui avait en 1471 épousé Marie aux Épaules, belle-sœur de Madeleine de Dreux, apparenté à la famille royale. Parmi ses successeurs on relève Jean d'Argouges, curé de Banville, qui est en 1509 protonotaire apostolique, conseiller du roi et membre de l'Échiquier de Normandie, et qui épousa en 1550 Renée du Pont-Bellanger, qui lui apporta la baronnie de Rânes. Le château est alors délaissé au profit de Rânes et de Fleury-en-Bière.
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En 1632, Joachim d'Argouges, vend la seigneurie à Madeleine de Choisy, sœur de Jean de Choisy, comte de Choisy, seigneur de Balleroy et de Beaumont-le-Richard..
En 1722, le manoir est acquis par Claude-Olivier Regnault, président trésorier de France à Caen.
Laure et Bertrand Levasseur, en 1983 en font l'acquisition. Très délabré et menaçant ruine, ils entreprennent alors sa restauration et la mise en valeur du domaine ». Il n’est pourtant pas le seul à avoir souligné l’immense intérêt de ces lieux singulièrement préservés : Prosper Mérimée, à la suite de nombreux abbés savant du , de même qu’Arcisse de Caumont, vantèrent le manoir d’Argouges.
Description Le manoir d'Argouges offre un exemple de transition entre une féodalité finissante et les débuts de la Renaissance. Entouré de douves en eau, c'est l'un des plus beaux manoirs médiévaux de Normandie. Il fut édifié à partir du (mur d'enceinte et tour sud-est) continué au (corps de logis, colombier, granges, écuries) modifié vers 1510 (corps de logis reconstruit, écuries restaurées, portail et deux tours ajoutées, au nord et à l'ouest, baies, cheminées et escalier refaits, deux grandes salles superposées commencées). Les travaux s'arrêtèrent en 1530 avant que soient achevés le Grand Escalier et les grandes salles. La famille d'Argouges se sépara du manoir en 1632 et il fut transformé en ferme. La salle basse devint écurie, la maison du jardinier devint fournil Onze cheminées furent néanmoins préservées. Arcisse de Caumont le remarqua, et il fit l'objet de tableaux et de lithographies à l'époque romantique. Le manoir s'organise autour d'une basse-cour et d'une haute-cour séparée par des douves.
Guère remanié depuis sa construction, c'est sa partie droite, enceinte de la cour et tour sud-est, qui seraient les plus anciennes, et remonteraient à la fin du ..
La partie gauche comprend notamment le châtelet d'entrée à double parement du début du ., avec porte piétonne et porte charretière à arc surbaissé surmontée de trois créneaux. Un modillon sculpté figurant la tête d'un homme est apposé au dessus et à gauche de la porte charretière. À côté du porche se trouve un four à pain.
Le logis seigneurial, ceint de douves et d'un petit mur d'enceinte, se présente sous la forme de deux pavillons bâti en pierre de Caen. Le pavillon de droite, a en son centre une tourelle polygonale, qui abrite un escalier secondaire, et qui se termine par une petite chambre en encorbellement caractéristique de la région du Bessin, et celui de gauche, une tourelle hexagonale avec une fenêtre centrale surmontée d'un fronton sculpté, plus basse que la précédente car inachevée. À noter que les deux tourelles affichent des décorations de style renaissance.. Le logis s'éclaire majoritairement pas des fenêtres à meneaux. À l'intérieur, les enduits des murs sont d'origine. Un salon pavé de tomettes abrite une bibliothèque de et une cheminée royale offerte par pour son mariage en 1514.
Autour du logis, et l'entourant se dressent des dépendances ainsi qu'une tour d'angle couronnée de mâchicoulis et percée d'embrasures de tir, et une grosse tour servant de colombier avec . Les communs, dont un corps de garde, accessible grâce à un escalier en pierre, prennent place à l'extérieur des douves.
À proximité du manoir, et aujourd'hui sans toit, se dressent une église romane à la base avec des modifications gothiques épaulée de solides contreforts, dédiée à saint Pierre, et édifiée probablement à la place d'un , (petit temple gallo-romain) et les fondations de l'ancienne chapelle seigneuriale, transformée en chapelle funéraire et contenant un sarcophage
Protection L'ancien manoir est classé au titre des monuments historiques par décret du ..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie .
Articles connexes Liste de châteaux et manoirs du Calvados Liste des monuments historiques de l'arrondissement de Bayeux Vaux-sur-Aure
Liens externes
Le manoir d'Argouges sur le site de la communauté de communes
Argouges Catégorie:Monument historique classé en 1924 Catégorie:Portail:Bessin/Articles liés