Delage est une marque automobile française, fondée en 1905 par Louis Delâge à Levallois-Perret, rachetée par Delahaye en 1935, disparue en 1953, et refondée en 2019.
Delage était réputée pour le raffinement technique de ses voitures de luxe et pour ses résultats en compétition (Delage sport automobile), entre 1905 et 1953, soit pendant quarante-huit années.
La refondation de la société Delage Automobiles est annoncée en par l'association « Les Amis de Delage », créée en 1956 et propriétaire de la marque Delage, et par l'homme d'affaires français Laurent Tapie, avec la création d'une supercar française nommée Delage D12 dont la production est annoncée limitée à 30 exemplaires. Sa production démarre fin 2023 et les premières livraisons sont prévues fin 2024.
Historique thumb|Publicité Delage pour l'année 1925. Fondation thumb|gauche|redresse|Louis Delâge, en 1914. D'abord située rue Cormeille à Levallois-Perret, l'entreprise fut d'abord seulement une usine d'assemblage, achetant des moteurs et des châssis à d'autres constructeurs pour les habiller avec des éléments de carrosserie. Le premier modèle est une voiturette Delage Type A de 1905 à moteur monocylindre De Dion-Bouton de .
En 1907, le succès oblige l'usine à déménager dans la rue Baudin, toujours à Levallois-Perret, pour s'agrandir sur d'atelier, et permet l'entrée en compétition de Delage sport automobile dans la Coupe des Voiturettes du journal sportif L'Auto.
En 1912, les usines déménagent de nouveau et s'installent à Courbevoie, 138 boulevard de Verdun (alors appelé « boulevard de Courbevoie »), dans des locaux plus vastes. Le moteur monocylindre a disparu et le 6-cylindres « maison » apparaît grâce au motoriste François Repusseau.
thumb|Delage Type AB (1910). L'année suivante, des grands modèles sont lancés. La marque commence alors à remporter des courses importantes jusqu'au début de la Première Guerre mondiale.
En 1914, avec la guerre, la production de châssis avec moteurs pour voitures de tourisme est quasiment stoppée, à l'exception de quelques fabrications pour l'armée. La nouvelle usine de Courbevoie est transformée pour une utilisation militaire et va soutenir l'effort de guerre en produisant des obus, des camionnettes et des camions.
La qualité des obus reste fort éloignée de celle appliquée à la production automobile : on verra beaucoup de ces obus éclater à la figure des artilleurs qui tentaient de les tirer sur l'ennemi. Après la guerre, Louis se verra décerner la légion d'honneur sans qu'il se soit réellement distingué, tandis que l'ingénieur Gaultier, responsable de la production des obus défectueux, écopera de cinq années de prison..
Des modèles prestigieux Après la Première Guerre mondiale, la marque Delage prospère avec son « Âge d'Or d'entre-deux-guerres » produisant des voitures de tourisme et de prestige et de luxe de grande qualité. thumb|Delage Type CO coupé-chauffeur Salamanca (1920). thumb|Photo Delage du 9 mars 1918. En 1918, Delage commercialise la splendide Delage Type CO étudiée pendant le conflit et fabriquée pour l'armée à partir de 1916 : c'est la première voiture de tourisme avec des freins à l'avant. Grâce à ceux-ci et à son moteur à 6 cylindres de , Louis Delâge fait la course Paris-Nice en 16 heures à de moyenne. Quatre autres raids suivront.
Ses voitures les plus abordables sont les Delage Type DE et Delage Type DI, toutes deux des équipées de moteur 4 cylindres d'environ de cylindrée. La réputée DI, avec un moteur à cinq paliers et une distribution à soupapes en tête, fait progresser les mécaniques.
thumb|gauche|Delage 2LCV V12 (1922). Louis Delâge tente aussi de rivaliser avec les Farman , Gnome et Rhône , Hispano-Suiza H6 et Renault 40 CV en sortant la GL (Grand Luxe) de avec une certaine réussite. Le moteur de est équipé d'un arbre à cames en tête. Puis vient une nouvelle génération de moteur 6 cylindres sur la DM de et la DR de . Ce châssis, conçu par l'ingénieur Gautier, est le plus vendu de l'histoire de la marque. En 1923, Louis Delâge veut revenir à la compétition à son plus haut niveau avec Delage sport automobile, et innove en construisant avec les ingénieurs-motoristes Charles Planchon et Albert Lory une fabuleuse Delage 2LCV motorisée par un des premiers moteur V12 automobile de l'histoire de l'automobile.
thumb|Delage D6 (1937). Après des débuts prometteurs, grâce à l'évolution de cette voiture avec l'ingénieur Albert Lory, la marque va se couvrir de gloire en 1924 au Grand Prix d'Europe à Lyon et en 1925 au Grand prix de l'ACF à Montlhéry.
Parallèlement, pour renforcer une stratégie de communication basée sur le principe « la course automobile améliorant la technique et la production industrielle », il fait étudier aux ingénieurs Toutée et Planchon trois voitures de courses de côte et de records à 6 cylindres et 12 cylindres.
L'une d'elles, la 12 cylindres en V DH de , bat en 1924 le record du monde de vitesse sur route et établit un nouveau record de vitesse terrestre à .
La production des véhicules de tourisme continue avec les versions S et SS de la DI. Â la DM s'adjoignent la DM S et la DM L, toutes deux équipées du très beau 6 cylindres de conçu par Maurice Gaultier.
Toujours passionné de compétition, Louis Delâge poursuit son programme et grâce au travail acharné de l'ingénieur Albert Lory et aux moyens techniques colossaux engagés par l'usine, fait concevoir une voiture de 8 cylindres avec un moteur en ligne de .
thumb|gauche|Delage 15 S 8 (1926). Cette Delage 15.S.8 fiable et performante, menée par les pilotes français Louis Wagner et Robert Sénéchal, remporte dès 1926 le premier Grand Prix automobile de Grande-Bretagne. En 1927, la 15.S.8 pilotée par Robert Benoist va remporter les quatre Grands Prix européens de l'année, condition nécessaire pour que Delage devienne « Champion du monde des manufacturiers ». De 1929 à 1932, John Cobb s'impose également près d'une dizaine de fois sur le circuit de Brooklands avec sa V12.
thumb|Delage D8 roadster Henri Chapron (1931). En 1930, Louis Delâge est toujours attiré par le luxe et la « belle voiture ». Maurice Gaultier conçoit une 8 cylindres en ligne de , la Delage D8 qui évoluera en D8 S (Sport). C'est elle qui restera dans l'esprit de beaucoup comme « La Delage ». Les plus belles carrosseries habilleront ce châssis, dont Letourneur & Marchand, Henri Chapron, Jacques Saoutchik, Figoni & Falaschi, Marcel Pourtout, et Delage remportera la première place dans la plupart des concours d'élégance.
À la suite du contrecoup de la crise économique de 1929, les difficultés dues aux méventes s'accumulent pour les fabricants de voitures de luxe. Louis Delâge entreprend néanmoins un vaste effort de renouveau technique, aidé par un groupe de concessionnaires et de banquiers. Rien n'y fait : la situation commerciale et financière de la firme est durement ébranlée.
Au Salon de l'auto de Paris 1932, arrive la D6-11, une 11 CV avec un petit 6 cylindres de , et un an plus tard, la nouvelle Delage huit cylindres : la D8-15 de .
Ces deux modèles, équipés de roues avant indépendantes et d'un moteur à la technique innovante, ne suffiront pas à freiner la chute des ventes. Les derniers modèles qui voient le jour à Courbevoie sont les D6-65, D8-85 et D8-105, eux aussi techniquement très intéressants avec des freins hydrauliques, sont conçus par le brillant ingénieur Arthur Michelat. Rien n'y fera et les appuis de Louis Delâge se dérobent les uns après les autres. La mise en liquidation volontaire de l'usine de Courbevoie est décidée le .
Renaissance thumb|gauche|Delage D8-120 S coach Aérosport Letourneur & Marchand (1937). En 1935, Louis Delâge ne voulant pas s'avouer vaincu, avait envisagé nombre de solutions pour sauver sa société, un nom qui s'était si brillamment illustré sur les circuits et par la réputation de qualité de ses fabrications. Celles-ci vont reprendre grâce à l'homme d'affaires Walter Watney. Ainsi vont être créées par la « Société Nouvelle des Automobiles Delage » à partir de la production Delahaye, des automobiles parmi les plus réussies de la marque, une sorte de second « Âge d'or »…
Les Delage fabriquées chez Delahaye vont donner naissance au Salon 1935 à une gamme allant de la 4 cylindres DI-12 à la majestueuse D8-120 en passant par la 6 cylindres D6-70, voiture qui remportera un grand succès.
thumb|Delage D6- course 1946. Toutes ces voitures, comme leurs devancières, vont porter la « touche Delage » et celles qui seront habillées par les plus grands carrossiers glaneront toutes les premières places dans les concours d'élégance.
La D6-70 sera déclinée en version « course » et l'on verra à nouveau briller le nom de Delage sur les circuits avec un certain succès.
Louis Delâge meurt en 1947. Après la Seconde Guerre mondiale, la Delage D6, six cylindres , continue d'être produite au sein du groupe Delage-Delahaye, mais finalement le nom disparaît après le salon 1953.
Disparition Après la faillite de 1935, l'usine Delage de Courbevoie est fermée et son matériel vendu. Walter Watney, proche de Louis Delâge, créée la « Société Nouvelle des Automobiles Delage » ensuite appelée « Delage France », il négocie une licence pour la marque avec Delahaye, qui produit les modèles Delage jusqu'à leur disparition fin 1953.
Walter Watney garde les droits sur la marque Delage jusqu'à sa mort en 1970. En 1995, sa petite fille Christina-May Botteril étend son enregistrement dans les classes des produits de luxe, en particulier la maroquinerie et les accessoires. La Société Denty rachète ces droits de la marque Delage en 2011 et les enregistre dans tous les pays importants dans le monde pour devenir une véritable Maison de luxe de notoriété mondiale.
En 1956, un club est créé pour perpétuer le souvenir de Louis Delâge, l'image de la marque et pour fournir aux propriétaires de Delage un soutien logistique.
En 1985, l'association « Les Amis de Delage » enregistre la marque dans la classe des automobiles en France.
Refondation automobile vignette|La Manufacture Delage à Magny-Cours. vignette|Une Delage D12 sur route ouverte, près d'Annecy. Le , au salon Époqu'auto de Lyon « Les Amis de Delage » et l'entrepreneur Laurent Tapie, fils de Bernard Tapie, annoncent avoir signé un accord pour relancer la marque Delage Automobiles.. Laurent Tapie devient le président de Delage Automobiles.
La marque crée une nouvelle Delage D12, supercar hybride motorisée par un V12 atmosphérique de , couplé à un moteur électrique de , pour une puissance cumulée de .. Celle-ci est produite en France comme toutes les Delage. La nouvelle manufacture est inaugurée en 2024 à Magny-Cours. Delage Automobiles s'est associée au pilote automobile Jacques Villeneuve pour les développements du futur modèle de série.
En , la D12 est élue plus belle voiture du monde (Best design) aux Automobile Awards 2020/2021..
En , la prototype roulant de la Delage D12 est présenté en première mondiale en Angleterre, au Goodwood Festival of Speed., puis en , il effectue ses premiers essais clients sur route ouverte à Annecy.
Delage a annoncé, dès sa renaissance, que son Hypercar Delage D12 serait produite à seulement 30 exemplaires et serait vendue un prix supérieur à deux millions d'euros..
Le , la presse relate que quatre des trente modèles prévus sont déjà en construction, pour des premières livraisons prévues en 2024. Laurent Tapie déclare que le second modèle post-refondation est en cours d'élaboration et qu'un troisième modèle est à l'étude..
Compétitions
thumb|Louis Delâge, et ses pilote Arthur Duray et motoriste Arthur Michelat, au Grand Prix automobile de France 1914. thumb|right|Albert Guyot, vainqueur du GP des voiturettes de Dieppe 1908. thumb|Lucas-Bonnard, René Thomas et Albert Guyot avant le Grand Prix des Voiturettes de Dieppe en 1908, sur leurs Delage. thumb|La Delage course de 1908, de nos jours. thumb|right|René Thomas à l'Indy 500 1914... thumb|right|... et sa Delage au .