est un parti politique tunisien.

Il est fondé le par la fusion de plusieurs partis centristes et socio-libéraux, soit le Parti démocrate progressiste, Afek Tounes, le Parti républicain, Al Irada, Al Karama, le Mouvement Bledi, le Parti de la démocratie et de la justice sociale et quelques listes et personnalités indépendantes. Après le retrait de plusieurs de ses membres ayant participé à cette fusion, dont certains issus d'Afek Tounes, le parti se positionne dans la continuité historique du Parti démocrate progressiste.

Il est dirigé depuis le congrès de février 2017 par le secrétaire général Issam Chebbi.

Histoire Congrès constitutif L'élection du 23 octobre 2011 désignant une assemblée constituante aboutit à une situation de déséquilibre des forces entre la coalition gouvernante, la troïka constituée d'Ennahdha, du Congrès pour la République et d'Ettakatol, et l'opposition, dont le Parti démocrate progressiste (PDP) constitue, avec ses seize sièges, la formation politique la plus importante. Afin de donner plus d'impact à l'opposition, le PDP choisit de former le groupe démocrate avec les représentants de la Voie démocratique et sociale (cinq sièges) et ceux d'Afek Tounes (quatre sièges). Ce groupe est rejoint par la suite par d'autres constituants« Formation d'une entité démocratique au sein de l'Assemblée », Tuniscope, 27 janvier 2012.. Ensuite, l'idée de former un grand parti centriste est annoncée lors de plusieurs meetings et conférences de presse« Meeting du grand parti du centre ce samedi 11 février à Tunis », Tuniscope, 6 février 2012.. Initialement prévu du au , la date du congrès de fondation de la nouvelle formation politique est repoussée en vue de rassembler plus de partis politiques. Ainsi, les tractations avec la Voie démocratique et sociale durent jusqu'à la veille du congrès« PDP – Afek : accord conclu, Maya Jeribi, secrétaire générale et Yassine Brahim, secrétaire exécutif », Leaders, 4 avril 2012..

Le congrès se tient finalement à Sousse du au . Le nouveau parti, baptisé Al Joumhouri, rassemble en plus du PDP, d'Afek Tounes et Parti républicain, d'autres partis comme Al Irada, Al Karama, le Mouvement Bledi, le Parti de la démocratie et de la justice sociale ainsi qu'un certain nombre de personnalités indépendantesHichem Benzarti, « Un congrès unificateur des forces démocratiques centristes », La Presse de Tunisie, 10 avril 2012.« Tunisie : liste des adhérents au Parti républicain (grand parti du centre) », Espace Manager, 9 avril 2012.. Il élit Maya Jribi comme secrétaire générale et Yassine Brahim comme secrétaire exécutif« Le PDP, Afek Tounes et leurs alliés choisissent l'appellation de Parti républicain », Leaders, 9 avril 2012., ainsi que Ahmed Néjib Chebbi en tant que président de la haute instance politique. Lors des élections des représentants de l'ancien PDP aux nouvelles instances, deux listes s'affrontent : l'une conduite par la direction historique du parti, incluant Jribi, Ahmed Néjib Chebbi, Issam Chebbi et Iyed Dahmani, et une autre conduite par d'autres personnalités, comme Mohamed Hamdi, président du groupe parlementaire démocratique, et d'autres constituants dont certains avaient rejoint le parti après la révolution de 2011, à l'image de Mehdi Ben Gharbia et Moncef Cheikhrouhou. L'un des principaux points de clivage concerne l'évaluation des raisons de la défaite électorale du PDP aux élections du .

À l'issue des votes, l'ensemble des figures principales des deux listes accèdent au comité central. Cependant, l'équilibre global des forces est largement favorable à la direction historique du parti. En conséquence, la totalité des places du bureau politique sont obtenues par les candidats de la liste de la direction et des figures importantes, telles que Cheikhrouhou, Ben Gharbia, Mahmoud Baroudi et Mahmoud Smaoui n'y accèdent pasKarim Ben Abdallah, « Tunisie : Ahmed Néjib Chebbi ou la gestion tribale d'un parti », Tunisie numérique, 11 avril 2012.. Les leaders de la deuxième liste boycottent immédiatement le congrès et forment le Courant réformateur. Ce courant aboutit à la dissidence de plusieurs cadres de l'ancien PDP (dont neuf constituants« Tunisie - 9 députés du PDP suspendent leurs activités au sein du parti », Business News, 12 avril 2012.). Le , le Courant réformateur décide lors d'un meeting tenu à Sousse de se retirer définitivement d'Al Joumhouri« Une aile dite réformatrice du PDP quitte le parti républicain », Business News, 29 avril 2012. ; il rassemble notamment Hamdi, Baroudi, Ben Gharbia, Cheikhrouhou, Mohamed Neji Gharsalli, Mohamed Gahbich, Nejla Bouriel, Chokri Kastalli et Mohamed KehiliHassine Bouazra, « Opération séduction des réformistes du PDP auprès des démissionnaires d'Ettakatol et du CPR », Le Temps, 16 mai 2012.. Ils forment un nouveau parti, l'Alliance démocratique« Gel de l'adhésion de 9 membres du PDP », Tuniscope, 12 avril 2012..

Développement et crises À la suite de son congrès constitutif, le parti démarre le déploiement de ses structures régionales et locales. La constitution de ses structures prend en compte les résultats électoraux de chacun des partis ayant fusionné au sein d'Al Joumhouri. En se tient le premier congrès des jeunes d'Al Joumhouri sous le slogan No-Pasaran« Parti : ouverture du congrès des jeunes Al Joumhouri le 2 novembre au Colisée de Tunis », Tunivisions, 31 octobre 2012..

Dans l'objectif de renforcer l'impact de l'opposition face à la troïka, le parti effectue un rapprochement politique avec la Voie démocratique et sociale et le nouveau parti fondé par Béji Caïd Essebsi, Nidaa Tounes. Ce rapprochement prend la forme de l'Union pour la Tunisie, censé constituer un front politique et électoral. Cette décision est votée par le comité central en janvier 2013Rached Cherif, « Naissance de l'alliance électorale Nidaa Tounes-Al Joumhouri-Al Massar », Nawaat, 21 janvier 2013..

Début , Yassine Brahim, leader de l'ancien Afek Tounes et secrétaire exécutif d'Al Joumhouri, présente sa démission à Maya Jribi, considérant que le parti n'est pas parvenu, au terme d'une année, à atteindre son objectif, la formation d'un grand parti centriste capable d'affronter la coalition de la troïka : « Tunisie - Yassine Brahim démissionne d'Al Joumhouri », Business News, 5 juillet 2013.. Au moment du retrait de Brahim, l'essentiel du groupe venu d'Afek Tounes se retire d'Al Joumhouri pour recomposer à nouveau son partiMonia Ben Hamadi, « Démissions multiples du Joumhouri... Afek Tounes renaît-il de ses cendres ? », Al Huffington Post, 5 juillet 2013.. Toujours au mois de juillet, c'est au tour d'un groupe mené par Saïd Aïdi de démissionner« 105 démissions d'un coup à Al Joumhouri : Saïd Aïdi et Maher Hnine dans la liste des partants », Business News, 26 juillet 2013.. Beaucoup des membres de ce groupe se retrouveront des semaines plus tard au sein de Nidaa Tounes« Saïd Aïdi rejoint Nidaa Tounes », Espace Manager, octobre 2013..

Un an après la constitution de l'Union pour la Tunisie, le comité central décide le retrait d'Al Joumhouri, considérant que l'union n'est pas capable de jouer le rôle escompté« Tunisie : Al-Joumhouri annonce son retrait de l'Union pour la Tunisie », GlobalNet, 29 décembre 2013.. Al Joumhouri se retire peu de temps après du Front du salut national, après avoir été écarté de son instance dirigeante« Tunisie – Al Joumhouri se plaint d'être éjecté du Front du salut national », Tunisie numérique, 15 février 2014..

Positionnements politiques Troïka Les partis qui constituent à partir d' le nouveau parti, Al Joumhouri, s'opposent déjà à la troïka au pouvoir (Ennahdha, Congrès pour la République et Ettakatol) et n'avaient pas voté la confiance au gouvernement Jebali en .

En , à la suite de deux dégradations consécutives de la note de la Tunisie par les agences de notation financières, Al Joumhouri demande sans succès la démission du gouvernement Jebali et la formation d'un gouvernement restreint, indépendant et formé de technocrates« Al Joumhouri appelle à la démission du gouvernement Jebali », Directinfo, 28 mai 2012..

En janvier 2013, dans le cadre d'un remaniement ministériel tenté par Hamadi Jebali, des postes ministériels sont proposés au parti : les Affaires étrangères pour Ahmed Néjib Chebbi et un autre ministère régalien pour Jribi. Al Joumhouri décline ces propositions et précise que, selon lui, la sortie de crise ne passe pas par l'élargissement de la troïka mais par la formation d'un gouvernement de compétences indépendantes ou d'un gouvernement d'union nationale incluant l'ensemble des principaux partis politiques« Tunisie : Nejib Chebbi dit non au poste de ministre des Affaires étrangères », Investir en Tunisie, 10 janvier 2013.« Nejib Chebbi ministre des Affaires étrangères et Maya Jeribi ministre « à la carte » : Issam Chebbi précise », Shems FM, 22 janvier 2013..

En , à la suite de l'assassinat du militant politique Chokri Belaïd, Al Joumhouri demande la démission du gouvernement qu'il considère comme politiquement responsable du danger terroriste en Tunisie et de la prolifération de groupes violents comme la Ligue de protection de la révolution dont le parti demande la dissolutionMaya Jribi, « Al Joumhouri est pour un gouvernement mixte », Shems FM, 19 février 2013.. Un mois plus tard, il vote contre le gouvernement formé par Ali Larayedh« Vote de confiance au gouvernement d'Ali Larayedh », Marsad, 13 mars 2013..

Un deuxième assassinat politique est commis, cette fois contre le militant politique et constituant Mohamed Brahmi, le . Ce même jour les représentants d'Al Joumhouri se retirent de l'assemblée constituanteMonia Ben Hamadi, « Des dizaines de députés se retirent de l'ANC et appellent à un sit-in ouvert jusqu'à sa dissolution », Al Huffington Post, 28 juillet 2013. et le parti coordonne ses actions avec les autres partis de l'opposition dans le cadre du Front du salut national. La pression exercée par cette nouvelle coalition politique, notamment lors du sit-in Errahil, oblige Ennahdha à prendre part, dès , au dialogue national qui vise à trouver une feuille de route pour sortir de la crise politique et auquel Al Joumhouri participe ; ce processus aboutit au remplacement, le du gouvernement Larayedh par un gouvernement indépendant dirigé par Mehdi Jomaa. À la suite de la nomination de Jomaa comme chef du gouvernement, le parti quitte le dialogue national, considérant que ce choix n'a pas été consensuel« Al Joumhouri quitte le Dialogue national », African Manager, 16 décembre 2013.. Ces représentants à l'assemblée constituante s'abstiennent toutefois lors du vote de confiance, le parti se positionnant en soutien critique du nouveau cabinet« Vote de confiance au gouvernement de Mehdi Jomaa », Directinfo, 29 janvier 2014..

Transition démocratique En , la légitimité de l'assemblée constituante se trouvant fragilisée par la fin du délai d'un an défini avec son élection pour la rédaction de la nouvelle Constitution, Al Joumhouri propose la tenue d’un dialogue national sous l’égide de l’Union générale tunisienne du travail afin d’accélérer la fin de ses travaux, de trouver un consensus concernant le gouvernement et de fixer une date pour les élections ; cette proposition avortée en raison du refus d’Ennahdha et du Congrès pour la République d'accepter la participation de Nidaa TounesNada Labidi, « Appel du parti républicain Al Joumhouri au dialogue et à la non violence », Tunisie News, 25 octobre 2012..