thumb|Blason des rois de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie, arboré par les Poitiers-Lusignan au et récupéré à la fin du par le nouveau « prince de Lusignan » et l'Ordre de Mélusine.
Ambroise Calfa Nar Bey, dit Guy de Lusignan, né à Constantinople le (ou peut-être en 1830 ou en 1834) et mort à Neuilly le , est un érudit, historien et linguiste franco-arménien. Dans le dernier quart du , il s'autoproclame prince de Lusignan, une revendication contestée et considérée comme infondée par les historiens.
Biographie Ambroise Calfa naît à Constantinople le État civil du de Paris - Registre des mariages, acte n° 719 du 12 août 1863, vue 18/31. La date de naissance d'Ambroise a été établie en vertu d'un acte de notoriété, l'Empire ottoman n'ayant pas d'état civil.. Selon certains auteurs, il est peut-être né en 1830 ou en 1834.. Il est l'un des trois fils de Kévork-Youssouf (Georges-Joseph) KalfaDans le monde des métiers de l'artisanat et du bâtiment sous l'Empire ottoman, un kalfa désignait un "compagnon d'œuvre expérimenté" ou un "assistant architecte". Il s'agissait de l'artisan qualifié situé juste en dessous du maître (usta). Le mot pouvait aussi qualifier les intendantes ou gouvernantes des grandes maisons de l'aristocratie., puis Calfa dit Nar Bey (né en 1802 et mort en 1838 ou 1859), commerçant arménien installé à Constantinople, et de Sophie Cantar (ou Kantaroglou), fille d'un négociant et banquier arménien de la capitale ottomane.
Ayant étudié dans des collèges mékhitaristes, à Venise puis, après 1848, à Paris, le jeune Ambroise s'intéressa particulièrement à l'Histoire et aux langues. Préfet des études au collège arménien Samuel Moorat de Paris (Rue Monsieur). en 1854, il s'installa définitivement dans cette ville, où il fonda par la suite un « Collège national arménien » dont il assura la direction entre 1856 et 1859.
Membre de plusieurs sociétés savantes, dont la Société asiatique, Ambroise Calfa publia plusieurs ouvrages historiques ou linguistiques, dont une Calligraphie arménienne (Paris, 1853), ouvrage récompensé à l'Exposition universelle de 1855, et, surtout, un Dictionnaire arménien-français (Paris, Hachette, 1861) dédié à l'empereur Alexandre II..
Installés en France, les deux premiers fils de Georges-Youssouf Calfa Nar Bey continuèrent à entretenir des liens étroits avec leur pays d'origine : L'aîné, Youssouf-Léon, un homme d'affaires associé au baron Seillière, était le fournisseur des équipements de l'Armée ottomane ; Ambroise reçut du sultan Abdul-Medjid la plaque de l'Ordre du Médjidié (1858) pour ses contributions académiques ; Le cadet de la fratrie, Djivan (Jean)-Khorène (1838-1892), était quant à lui resté au Levant, où il se consacra à la religion au sein de l'Église apostolique arménienne. Il est officiellement investi évêque en 1867, mais s'intitulera de lui-même en 1873 et se fera désormais appelé . Il représenta le Patriarcat arménien de Constantinople et défendit les intérêts de son peuple lors des négociations ayant abouti à la signature du traité de San Stefano (1878)..
Le , Ambroise Calfa épousa Marie-Louise Joséphine Legoupil (1833-1890). Le couple eut deux enfants : Émilie-Gabrielle Calfa-Narbey (1856-1944), dite princesse Émilie de Nar-Bey, qui épousa en 1874 le marquis Gérard Jacobé de Naurois (1848-1916), dont neuf enfants ; Léon-Amaury-Gaston. Calfa-Narbey (~1866 – 1961 au Caire), dit prince Léon de Nar-Bey. Il était le père de : Khorene George Kalfa Nar Bey (1921 en Égypte – 2011 à Londres), dit , vétéran de la Seconde Guerre mondiale, historien et diplomate culturel britannique. Il était le père de : Louis George de Lusignan Kalfa Nar Bey (né en 1946 à Londres), dit .
Avant de s'installer dans une villa de Neuilly, Ambroise Calfa Nar Bey et sa famille habitaient un hôtel particulier de l'avenue d'Eylau ; il possédait aussi d'autres immeubles sur cette même voie. L'un de leurs locataires n'était autre que Victor Hugo, qui y vécut ses dix dernières années.
À partir de 1878, Ambroise et ses frères revendiquèrent leur appartenance à la branche cadette de la Maison de Lusignan, qui avait fourni à l'Arménie médiévale ses derniers souverains. Ils fondaient ces prétentions sur une lettre de reconnaissance qui leur aurait été adressée par le chef de "la branche aînée de leur famille", le prétendu cousin de leur père portant le nom de « Louis-Christian de Lusignan » (1807-1884)La descendance agnatique du colonel Louis-Christian de Lusignan (1807-1884) s'éteint avec son arrière-petit-fils, Vladimir de Lusignan (1906-1992), décédé en France et qui était le père naturel du chorégraphe britannique Nicolai Vladimir Costello dit de Lusignan (né en 1943 à Lees, Grand Manchester), qui fut lui-même le gendre de la princesse Antoinette de Monaco et, ainsi, le neveu par alliance du prince souverain Rainier III de Monaco., un militaire français devenu officier en Russie, qui revendiquait une parenté avec les marquis poitevins de Lusignan (cf. Armand François Maximilien du Lau de Lusignan) et dont les titres de « prince royal de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie » avaient été reconnus par les autorités impériales russes, en tant que descendant et héritier des droits de Léon VI d'Arménie.
Ils présentèrent ainsi leur patronyme officiel, Calfa Nar Bey , comme une combinaison triple et symbolique composée : de leur patronyme Calfa [ou Kalfa] (qui selon eux est une altération de khalîfa, qui signifie calife et littéralement « successeur » spirituel) ; du mot Nar (signifiant « feu » ou « flamme », soit une allusion au mot latin lux, signifiant « lumière », qui est à l'origine du patronyme « Lusignan », issu lui-même du nom romain Lucinius dont l'origine étymologique serait le mot lux) ; et du titre honorifique Bey (signifiant « seigneur » et renvoyant à la reconnaissance de leur condition aristocratique au sein de l'Empire ottoman).
À la mort de son frère aîné Youssouf-Léon, le , Ambroise se présenta comme le chef de la branche cadette des Lusignan, prince royal de Chypre, d'Arménie et de Jérusalem, sous le nom de . À ce titre, il restaure en 1891 l'Ordre de Sainte-Catherine du Mont Sinaï.. Son épouse, Marie-Louise, avait quant à elle fondé un « Ordre royal et humanitaire de Mélusine » le ..
L'ascendance affichée par les Calfa Nar Bey fut vivement contestée par Jacques Roux de Lusignan, descendant des Lusignan de Chypre, d'Arménie et de Jérusalem (par la famille levantine Mamachi de Lusignan, descendante de la maison de Lusignan, à laquelle appartient notamment le diplomate italien Livio Missir Mamachi de Lusignan). Un procès eut même lieu en 1880 devant le tribunal civil de la Seine, qui se déclara incompétent.
Il meurt à Neuilly le ..
Articles connexes Armand François Maximilien de Lau de Lusignan Franz Joseph de Lusignan Livio Missir Mamachi de Lusignan Liste des seigneurs de Lusignan Armorial de la maison de Lusignan
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
Liens externes
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