vignette|250px|Catherine de Médicis (1519-1589).
Cet article liste des personnalités italiennes qui se sont illustrées en France au cours de l'histoire, par ordre chronologique.
Dès avant les grandes vagues migratoires des , des personnalités originaires des régions qui ne constitueront que plus tard l'unité italienne ont traversé les Alpes ou la Méditerranée, appelées par les princes ou parties chercher fortune, quittant la péninsule pour s'installer en France et participer à son rayonnement dans le domaine des arts, de la finance, de la politique, des armes ou de la religion.
Moyen Âge et Renaissance vignette|La fontaine de Vaucluse chère à Pétrarque (1304-1374). vignette|Christine de Pisan (1364-v. 1430) vignette|L'escalier à vis du chateau de Chambord attribué à Léonard de Vinci (1452-1519) vignette|La fameuse salière réalisée pour François par Benvenuto Cellini (1500-1571). vignette|Le chariot du Ballet comique de la reine de Baldassare da Belgioioso (v. 1535-1587). vignette|Isabella Andreini (1562-1604). vignette|Illustration du Cantus circaeus, l'un des ouvrages écrits à Paris par Giordano Bruno (1548-1600).
Guillaume de Volpiano (962-1031), Guillaume de Cluny (Willelmus), en italien, naît dans la province de Novare dans le Piémont. Son père Robert, de haute noblesse appartenant à la maison d'Ivrée, est au service du roi Bérenger II d'Italie. Guillaume a 25 ans en 987 lorsqu'il devient moine dans l'ordre de Cluny dont il fut un grand réformateur. Il apporta en France l'architecture lombarde. Il meurt à Fécamp en Normandie. Henri de Suse (1200-1271) naît à Suse dans le Piémont. Il étudie le droit civil et le droit ecclésiastique à Bologne. En 1235, il est à Antibes, et est sacré évêque de Sisteron en 1244, puis archevêque d'Embrun en 1250. Il fut l'un des plus grands spécialistes du droit canon au Moyen Âge. Il meurt à Lyon. Simone Martini (1284-1344), peintre siennois. Il peint un Saint Louis de Toulouse, pour Robert d'Anjou, et passe la fin de sa vie à la cour des papes Benoît XII et Clément VI à Avignon où il peint à fresque dans la cathédrale Notre-Dame des Doms. Pétrarque (1304-1374), (Francesco Petrarca, dit), poète et humaniste né à Arezzo, il arrive en 1312 à Avignon avec sa famille exilée par les Guelfes noirs. Il étudie à Montpellier, enseigne à la Sorbonne, s'oppose aux cardinaux, rencontre Laure, écrit en partie son Canzoniere, gravit le Mont Ventoux et séjourne à Fontaine-de-Vaucluse avant de rejoindre Milan en 1353. Matteo Giovannetti (1322), peintre né à Viterbe, élève de Simone Martini et comme lui ami de Pétrarque, il est appelé par Clément VI pour décorer le Palais des papes. Christine de Pisan (1364-v. 1430), première femme de lettres française à vivre de sa plume. Née à Venise, elle suit son père Tommaso di Benvenuto da Pizzano, médecin réputé et conférencier d’astrologie à l’université de Bologne, appelé à Paris par Charles V en 1368. Francesco Laurana (v. 1430-1502), sculpteur et médailleur né en Dalmatie vénitienne, appelé en France en 1458 à la cour de René, duc d'Anjou, comte de Provence et roi de Naples, se fixe à Marseille où il introduit le « travail à l'antique » (le style de la Renaissance italienne), puis à Avignon où il meurt. Guido Mazzoni (1450-1518), dit Il Paganino ou Il Modanino, sculpteur né à Modène qui excella dans l'art sacré et plus particulièrement dans l'exécution de groupes de personnages en terre cuite. Le roi de France Charles VIII, découvrant Mazzoni lors de son passage à Naples, décida de l'emmener avec lui à Paris. Il travailla avec Giovanni Giocondo au château d'Amboise et, à la mort de Charles VIII, fut chargé d'exécuter le tombeau royal destiné à la basilique de Saint-Denis, œuvre en bronze émaillé et entouré, dans la niche destinée à l'accueillir, de statues d'anges et de vertus en pleurs. Au service de Louis XII il travailla au château de Blois, réalisant deux statues du roi : l'une en costume de chasse et la seconde, en pierre, comme monument équestre placé à l'entrée du château. Il retourna à Modène en 1516 et mourut dans sa ville natale. Léonard de Vinci (1452-1519) (Leonardo di ser Piero da Vinci dit), né à Vinci. Homme d'esprit universel, artiste, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, peintre, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, poète, philosophe et écrivain, il assiste à la rencontre à Bologne entre François et le pape Léon X et part travailler en France en 1516 avec ses assistants Francesco Melzi et Salai à l'invitation du roi de France son nouveau mécène et protecteur qui l'installe au château du Clos Lucé. Âgé de 64 ans, Léonard de Vinci traverse les Alpes à dos de mulet, apportant avec lui trois de ses toiles majeures : Saint Jean Baptiste, La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne et La Joconde. François le nomme « premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi ». Il travaille à de nombreux projets pour le roi et aurait inspiré l’escalier à vis de Chambord. Il meurt à Amboise. Boccador (v. 1465-1549), (Domenico Bernabei da Cortana, dit), architecte et ingénieur né en Italie, il meurt en France où il a été appelé par le roi Charles VIII. Sous le règne de François , il participe avec Léonard de Vinci aux travaux du château de Chambord, dessine les plans du nouvel hôtel de ville de Paris, invente les silos à grains connus sous le nom de « Poires d'Ardres ». Sebastiano Serlio (1475-1554), architecte et sculpteur né à Florence, élève de Baldassarre Peruzzi. Appelé par François pour la construction du château de Fontainebleau, il devient architecte en chef et construit les châteaux d'Ancy-le-Franc et de Troissereux. Il meurt à Fontainebleau. Giovanni da Verrazzano (1485-1528), explorateur et navigateur italien. Au service du roi François , en 1524, il reconnaît la côte atlantique de l'Amérique du Nord (des Carolines au Maine), la baie de New York qu’il nomme « Nouvelle-Angoulême » et l'île de Terre-Neuve. Girolamo della Robbia (1488-1566), sculpteur et architecte florentin. Appelé par François , l'essentiel de sa carrière se déroule en France. Il réalise le transi de Catherine de Médicis destiné à son tombeau à la basilique Saint-Denis. Il meurt à Paris. Rosso Fiorentino (1494-1540), (Giovanni Battista di Jacopo dit), « le Maître roux de Florence », peintre et décorateur né à Florence, élève d'Andrea del Sarto. Il réalise, à la demande de François le décor de la galerie du château de Fontainebleau. Il meurt à Paris. Le Primatice (1504-1570), (Francesco Primaticcio dit), peintre, architecte et sculpteur né à Bologne, élève de Giulio Romano et assistant de Giulio Romano. Maître de l'école de Fontainebleau, il travaille en France à partir de 1532 au service de François et des Valois. Il est nommé Surintendant des Bâtiments. Il meurt à Paris. Domenico del Barbieri (v. 1501-après 1550), Dominique Florentin en France, sculpteur, né peut-être à Florence ou dans sa région. Il est en France à partir de 1537 sur le chantier du château de Fontainebleau avec Rosso Fiorentino puis Le Primatice. Il meurt à Troyes. René de Birague (1506-1583), (aussi Biraghe ou Biragro), cardinal et chancelier de France né à Milan dans une famille attachée à la France. Son père, Galeas de Birague est gouverneur de Pavie, sa mère, Antonia Trivulce, est la sœur du capitaine Jean-Jacques Trivulce. Après la bataille de Pavie, il doit se retirer en France pour échapper à la vengeance de Ludovico Sforza. François et Henri II l'emploient pour plusieurs missions en Italie. Naturalisé français en 1565, il est nommé surintendant des finances, garde des sceaux puis chancelier. Il semble être l'un des inspirateurs du massacre de la Saint-Barthélemy. Il embrasse sur la fin de sa vie l'état ecclésiastique et devient cardinal. Il meurt à Paris. Nicolò dell'Abbate (v. 1509-1571), peintre né à Modène. Formé à Modène, il travaille à Bologne ou son style subit l'influence du Corrège et du Parmesan. Invité en France en 1552, il y passe le reste de sa vie. Il est un précurseur de Nicolas Poussin et de Claude Lorrain. Il meurt à Fontainebleau. Laurent Capponi (1512-1573), baron de Crève-Cœur et seigneur d'Ambérieux-en-Dombes, marchand et banquier né à Florence. Il s'établit à Lyon en 1530, est naturalisé français par lettre d'Henri II en 1553 et fait chevalier de l'ordre de Saint-Michel par Charles IX. Il épouse en 1554 Hélène de Gadagne, fille de Thomas Gadagne, seigneur d'Ambérieux-en-Dombes et propriétaire de la Banque Gadagne. Le mariage est appuyé, contre le choix du roi de France, par son ami Albisse Del Bene. Hélène lui donne quatre enfants : Charles, Alexandre, futur baron de Feugerolles, Lucrèce et Cassandre. La Banque Gadagne est ainsi passée sous le contrôle de la Banque Capponi. Laurent Capponi a donné son nom à une rue de Lyon car pendant les trois mois de la famine de 1573, il a fait préparer un repas pour plus de de la ville sur la place des Carme. La banque Capponi était la dernière maison florentine présente à Lyon en 1592 alors qu'il y en avait onze avant 1589, mais elle s'était aussi installée à Paris comme nombre de banquiers florentins. Albisse Del Bene (?-1563), banquier et homme d'affaires issu d'une famille florentine exilée à Lyon. Son père Piero Del Bene, marchand lié à la banque Gadagne, avait quitté Florence à la chute des Médicis. Albisse, lui, est lié à Laurent Capponi. Utilisant à l'occasion le change ou traite avec le roi pour des prêts, il est surintendant général des finances du royaume de 1550 à 1556. Il épouse Lucrèce Cavalcanti, l'une des dames de la suite de Catherine de Médicis, qui lui donne deux enfants. Catherine de Médicis (1519-1589) née Caterina Maria Romola di Lorenzo de' Medici à Florence, fille de Laurent II de Médicis et de Madeleine de la Tour d'Auvergne, elle grandit en Italie. Duchesse de Bretagne puis reine de France par son mariage avec Henri II elle est la mère des rois François II, Charles IX, Henri III et des reines Élisabeth (reine d'Espagne) et Marguerite (dite « la reine Margot ») et gouverne la France en tant que reine-mère et régente. Albert de Gondi (1522-1602), (Albèrto Gondi), seigneur de Noisy-le-Roi, du Perron et de Machecoul, comte puis marquis de Belle-Île et des Îles d'Hyères, duc consort de Retz. Militaire né à Florence, descendant d'une famille de la noblesse florentine, on le trouve à la cour d'Henri II en 1547. Il épouse en 1565 Claude Catherine de Clermont, baronne douairière de Retz et baronne de Dampierre, fille de Claude de Clermont, baron de Dampierre, avec laquelle il a dix enfants, dont Jean-François de Gondi, premier archevêque de Paris, l'oncle de Paul de Gondi le célèbre cardinal de Retz. Il devient duc de Retz et pair de France, maréchal de France et général des galères de France. Il meurt à Paris. Guillaume de Gadagne (1534-1601), militaire issu d'une famille de banquiers et négociants originaire de Pontassieve (Toscane) chassée d'Italie par les Médicis et établie à Lyon. Fils de Thomas II de Gadagne et Peronette Berti, il est propriétaire avec son frère Thomas III de l'hôtel de Gadagne. La richesse légendaire de ce dernier lui permettra d'offrir à Louise de Savoie une partie de la rançon nécessaire à la libération de François , prisonnier en Italie après la bataille de Pavie. Guillaume fut l'un des vingt-quatre gentilshommes de la Chambre du roi Henri II, sénéchal de Lyon et lieutenant général pour le Lyonnais, le Forez et le Beaujolais. Il fut décoré par Henri IV de la croix de l'ordre du Saint-Esprit, la plus haute distinction du royaume.