Le barrage d'Arzal (ou barrage d'Arzal-Camoël) est un barrage sur l'estuaire de la Vilaine, entre les communes d'Arzal et de Camoël (Morbihan). Mis en service en 1970, il est principalement destiné à réguler le débit de la Vilaine et à fournir de l'eau potable dans le triangle entre Saint-Nazaire, Auray et Rennes. C'est le plus grand barrage estuarien en Europe destiné à stocker de l'eau douce brute potabilisable et un des rares barrages estuariens dans le monde..

Localisation Le barrage d'Arzal est situé à une dizaine de kilomètres en amont de l'embouchure de la Vilaine dans l'océan Atlantique, entre les bourgs d'Arzal (sur la rive droite) et de Camoël (sur la rive gauche). Il franchit le fleuve près d'un ancien passage par bac, au lieu-dit La Vieille-Roche.

Description Long d'environ , l'ouvrage est un barrage-poids en terre, c'est-à-dire constitué de remblais en enrochements. Il est constitué d'une digue en remblai (côté Camoël) de de long et de large, d'une écluse avec pont mobile pour la navigation de plaisance, de cinq passes (de avec des vannes d'évacuation à segments relevables, appelées portes guillotine), de trois passes à poisson et d'une tour de contrôle.. Un port de plaisance et une usine de traitement de l'eau potable (usine du Drézet, rebaptisée usine d'eau potable interdépartementale Vilaine-Atlantique) ont également été aménagés à proximité.

Histoire vignette|gauche|Redon est située à l'aval du bassin versant de la Vilaine. La ville enregistre 35 crues débordantes entre 1900 et 2014Au début des années 2000, le filtre de l'oubli, lié à l'usure naturelle de la mémoire des catastrophes, a fait obstacle à la sollicitation d'une mémoire des plus « anciens » qui savait, depuis la mise en service du barrage, qu'en cas de crue moyenne ou forte, l'ouvrage hydraulique ne permet plus de gérer les niveaux d'eau et les inondations. La crue de 2001 a fait une victime mortelle prise au piège dans sa voiture sur une route dans le secteur de Redon. Cf .. L'idée de construire un barrage sur la Vilaine date des années 1930, après les inondations catastrophiques de 1926 et 1936. Il s'agit principalement de lutter contre les crues hivernales, exacerbées par les grandes marées, qui menacent la ville de Redon, de désenclaver la région en développant la navigation commercialeL'aménagement du plan d'eau entraîne le développement de la navigation de plaisance dans la Vilaine, avec la création de plusieurs ports, à Arzal-Camoël, à La Roche-Bernard et à Foleux., et de reconquérir des terres agricoles en dessalant des terrains pour récupérer des zones humides et favoriser l'agriculture intensive. Dans un contexte de développement de l'agriculture intensive dans les marais de Redon, une grande partie est asséchée pour être exploitée en prairies pour l'élevage ou en grande culture (notamment de céréales), mais cette préoccupation n'est plus à l'ordre du jour, en raison des conséquences écologiques engendrés par cet assèchement (disparition des frayères à brochets, diminution de l'avifaune migratrice, disparition de nombreux biotopes). . Cf .. Empêché par la guerre, le projet réapparait pendant les années 1950. En 1961, l'Institution d'aménagement de la Vilaine (IAV) est créée par les départements du Morbihan, de l'Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique pour mener à bien les aménagements structurants nécessaires. Cf ..

Un autre objectif s'est ensuite greffé : utiliser le volume d'eau douce stocké pour la construction d'une usine d'eau potable à quelque deux kilomètres en amontLes trois bassins construits en amont de la Vilaine (barrage de la Valière mis en service en 1979, le barrage de Haute-Vilaine mis en service en 1983, et le barrage de la Cantache mis en service en 1995) ont également un lien avec la production d'eau potable, de soutien d'étiage, et, pour les deux derniers, d'écrêtement des crues. Cf ., sur la commune de Férel. Les de mètres cubes traités par an alimentent plus d'un million d'habitants : à 70 % la presqu'île guérandaise et à 25 % le Morbihan, le reste étant destiné au sud-est de l'Ille-et-Vilaine, en particulier la ville de Redon.

En 1982, le conseil général de Loire-Atlantique décide de relancer le projet de Route Bleue permettant de relier la Bretagne au sud-ouest de la France, en passant également par le pont de Saint-Nazaire sur la Loire, mais des problèmes de stabilité de l'ouvrage justifient le renoncement à ce projet. Cf ..

La digue, construite sur une couche de de vase, s'enfonce d'une cinquantaine de centimètres tous les dix ans, ce qui conduit épisodiquement à des travaux de rehaussement..

Le chantier d'une écluse anti-salinité, a été officiellement lancé le . Cf ..

Impacts Le barrage , et d'impacts écologiques qui dépassent l'échelle locale..

Dans les années 1980, l'impact des lâchers d'eau du barrage sur le développement de pollutions (à l'origine de bloom de phytoplancton toxique, de mortalités massives de poissons et de crustacés) a donné lieu à des controverses entre organismes de recherche. Il y a par contre consensus sur le fait qu'il . Il a accéléré l'envasement d'origine marineLe sur-envasement qui fait l'objet de nombreux suivis et études, se produit uniquement sur l'aval du barrage, ce qui permet d'envisager que les apports sont presque exclusivement marins, complétés par ceux de la Loire. Cf de la portion de l'estuaire située en aval, par la perturbation du cycle hydrologique de la Vilaine et du courant océanique remontant le fleuveCette perturbation réduit la zone de dépôt des vases à l'étale de haute mer et l'effet de chasse naturel des sédiments vers l'aval, ce dernier étant renforcé par les crues. . Cf Evolution morphosédimentaire de l'estuaire de la Vilaine de 1960 à 2003, rapport d'Évelyne Goubert & David Menier, université Bretagne-Sud, 2005, . Entre 1960 et le début des années 1990, le comblement dans la partie estuarienne, en aval du barrage, est . L'envasement de l'estuaire est de en moyenne, atteignant un pic au milieu des années 1990. Bien que l'IAV soit chargé du désenvasement du site, ses moyens, notamment financiers, ne lui ont pas permis de remplir ses obligations pendant de nombreuses années. Le fleuve en lui-même est de la compétence du Comité d'Estuaire de la Vilaine, créé en 2000 par la Commission Locale de l'Eau du SAGE Vilaine depuis la perte de cette compétence par Eaux et Vilaine (l'établissement public territorial de bassin, anciennement IAV) qui a mis en service en 2006 le rotodévaseur « Rochevilaine »Sachant qu'il n'existe qu'un site de clapage dans le Morbihan (au Nord-Ouest de l'île de Groix sur le site des coureaux de Groix), se pose la question d'une valorisation des sédiments de dragage comme ressources (surcyclage). menant des dragages hivernaux et, en mode dérogatoire, des dragages estivaux..

Les activités traditionnelles de pêche ont souffert de l'aménagement du barrage., notamment la pêche aux civelles ou anguillettes, qui remontaient autrefois la Vilaine, et la mytiliculture affectée aussi par la dessalure des eaux estuariennes, provoquée par certains lâchers ponctuels..

Dans le cas précis des poissons migrateurs, le barrage pose des problèmes de franchissement aux civelles en phase anadrome (augmentation de la capturabilité par pêche ou blocage total de la migration) et à , mais par ailleurs on constate en Europe un phénomène général de régression de l'anguille européenne depuis les ). Pour faciliter les migrations des poissons et notamment des civelles, diverses propositions ont été faites à la fin des (meilleure gestion des vannes et de l'écluse et/ou installation de passe à poissons).

De l'utilisation en amont du plan d'eau pour les loisirs et la plaisance, découle .

Voir aussi Articles connexes Barrage estuarien de Diama Inflexible Eaux et Vilaine

Liens externes

Notes et références

Arzal Catégorie:Arzal #Barrage Arzal Catégorie:Pont sur la Vilaine Catégorie:Géographie de Camoël Catégorie:Économie dans le pays de Guérande