est un poème de J. R. R. Tolkien paru en 1954 dans La Fraternité de l'anneau, premier tome du Seigneur des anneaux. Composé en sindarin, une langue elfique, il s'agit d'un hymne religieux adressé à Varda, l'une des puissances angéliques de la Terre du Milieu.
Texte
Dans La Fraternité de l'anneau, l'hymne est interprété par des Elfes de Fendeval :
Il est l'objet de deux reprises légèrement différentes dans la suite du récit. La première, à la fin des Deux Tours, est chantée par Samsaget Gamgie pendant son combat contre Araigne à Cirith Ungol :
Enfin, dans les dernières pages du Retour du roi, une version de l'hymne est chantée par des Elfes se rendant aux Havres Gris :
Critique et analyse
Dans le légendaire de Tolkien, Elbereth est un autre nom de Varda, la puissance angélique responsable de la création des étoiles. Ce personnage apparaît dès Le Livre des contes perdus, la toute première version du Silmarillion, mais ce n'est que pendant la rédaction du Seigneur des anneaux que Tolkien compose l'hymne qui lui est dédié et qu'il lui attribue le nom Elbereth, qui désignait jusqu'alors un des fils du seigneur elfe Dior. La première version de l'hymne, qui apparaît dans des brouillons rédigés à l'automne 1939, est très différente de sa forme finale :
Seul le texte sindarin de figure dans Le Seigneur des anneaux. Ce n'est qu'en 1967 qu'une traduction en anglais est publiée dans le cycle musical . Pour Tom Shippey, cette absence contribue à donner de la profondeur à la Terre du Milieu : ce texte incompréhensible joue le même rôle que les allusions à des événements, lieux et personnages d'un passé révolu. Il illustre également un argument linguistique de Tolkien, développé dans sa conférence de 1955 « L'Anglais et le Gallois », qui veut que les sons d'une langue aient une beauté intrinsèque, indépendamment de leur sens.
La variante chantée par Sam est traduite par Tolkien dans une lettre de 1958 :
Plusieurs spécialistes de l'œuvre de Tolkien identifient des points communs entre Varda et la Vierge Marie, une figure dévotionnelle importante dans la foi catholique professée par Tolkien. L'hymne rappelle en particulier l'hymne mariale du prêtre catholique anglais John Lingard.
Adaptations
En 1967, le compositeur et pianiste britannique Donald Swann collabore avec Tolkien pour réaliser un cycle musical à partir de plusieurs poèmes du Seigneur des anneaux, dont . Publié sous le titre , cet ouvrage inclut une transcription en tengwar du poème, ainsi qu'une traduction et une analyse linguistiques produites par Tolkien. La maison de disques Caedmon Audio édite la même année , un 33 tours qui présente une interprétation complète du cycle par Swann et le baryton William Elvin. Il inclut aussi une lecture de l'hymne par Tolkien.
L'adaptation radiophonique du Seigneur des anneaux produite pour la BBC en 1981 par la BBC comprend une version de composée par Stephen Oliver.
Dans la version longue du film réalisé par Peter Jackson Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l'anneau un extrait de A Elbereth Gilthoniel peut être entendu lorsque Frodon et Sam croisent des Elfes qui quittent la Terre du Milieu. Il a été composé par David Long et le groupe néo-zélandais Plan 9 (David Donaldson, Steve Roche, Janet Roddick). Dans Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi, l'hymne est chanté moqueusement par Sauron quand Aragorn le confronte avec le palantír.
L'ensemble musical danois Tolkien Ensemble a enregistré deux adaptations musicales de sur les albums (2000) et (2003). Ce sont toutes deux des compositions de Caspar Reiff interprétées par la mezzo-soprano ...
Références
Bibliographie
Sources primaires
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Sources secondaires
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Catégorie:Poème anglais Catégorie:Musique ayant pour cadre la Terre du Milieu Catégorie:Œuvre de J. R. R. Tolkien