Armand François Hennequin, comte, puis marquis d'Ecquevilly (Paris, – Paris, ), est un militaire et personnalité politique française des .

Biographie

Armand François Hennequin entra au service au mois de dans les mousquetaires, d'où il passa, avec le grade de capitaine-commandant, dans le régiment Royal cavalerie en 1765.

Il fut créé successivement mestre de camp de cavalerie le , chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis le , brigadier d'infanterie le et maréchal de camp le .

À la mort du marquis d'Ecquevilly, son père, il lui succède dans la charge de capitaine du vautrait qui, à cette époque, n'était plus qu'honorifique, la Révolution française .

Le comte d'Ecquevilly, , fut du nombre des gentilshommes qui se rallièrent autour de dans les jours de périls. Il ne quitta le roi, le , qu'après avoir pris ses ordres, et lorsque les choses furent au point qu'il ne pouvait plus être utile à sa cause en France.

Émigration

Émigré à Bruxelles, il séjourne dans cette ville jusqu'au mois de . À cette époque, le comte d'Ecquevilly se rend à Coblence et, de là, à Bingen, quartier général du prince de Condé qui, en différentes occasions, donna au comte d'Ecquevilly d'honorables témoignages de confiance et d'amitié.

Ce prince le pourvut du commandement de l', formé des officiers et sous-officiers du régiment du même nom, qu'il avait commandé pendant dix-sept ans. Après avoir fait à la tête de cet escadron la campagne de 1792, il fut chargé par le prince de Condé de se rendre à Francfort, près du roi de Prusse, pour faire appuyer par ce souverain, à la cour de Vienne (Autriche), la révocation du licenciement de l'armée de Condé ; mais, au milieu de sa route, le comte d'Ecquevilly apprit que sa mission devenait sans objet, l'ordre du licenciement ayant été révoqué.

Il est alors employé comme capitaine en premier dans la cavalerie noble de la division et se trouva, pendant la campagne de 1793, aux affaires de Bad Bergzabern, de Wissembourg et de Berstheim. Il y eut deux actions sanglantes dans cette dernière position, les et . Dans la première, le comte d'Ecquevilly culbuta un escadron républicain qui s'avançait pour le charger, et lui enleva deux pièces de canon; dans la seconde, il eut deux chevaux tués sous lui.

Le prince de Condé le nomma, le , maréchal général des logis de la cavalerie, sur la démission du baron de Fumel. Le comte d'Ecquevilly en remplit les fonctions dans toutes les campagnes jusqu'au licenciement définitif effectué en 1801, et se trouva à toutes les actions de cette guerre où le corps de Condé prit une part active.

Il fit sa demande pour être admis au sein de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem comme chevalier le Saint-Allais (1839) de La Roque (1891) col. 118 mais en cette période troublée, il ne put faire ses caravanes et se fit, peut-être, confirmer après 1797 par le tsar Paul .

Il suivit ce corps en Russie, en 1797 ; et, lorsque l'eut pris à sa solde, il y resta attaché comme adjudant-général de la cavalerie. Après le licenciement des corps français servant à l'étranger, il se retira en Hongrie et ne revint en France qu'avec les Bourbons, en 1814.

Restauration française Louis XVIII le nomme lieutenant-général de ses armées, et le fait officier de la Légion d'honneur le .

Lors du retour de l'île d'Elbe, d'Ecquevilly accompagne le roi en Belgique (Gand), et revint avec S. M. après Waterloo.

Il ett créé pair de France le . À la chambre haute, il vote pour la mort dans le procès du maréchal Ney. Il préside la commission militaire chargée de juger le général Gilly (1816), puis exerce quelque temps les fonctions de directeur général du dépôt de la Guerre ().

Dans la session de 1817, il prend, comme directeur général du dépôt de la Guerre, la défense du ministère, . Quelques mois après, la direction générale du dépôt de la Guerre ayant été supprimée, il est nommé président du comité qui la remplaçait et inspecteur général du corps des ingénieurs géographes ().

Il était en outre président du comité de la guerre quand il fut admis à la retraite pour cause d'âge, le .

Commandeur, puis grand-croix de l'ordre de Saint-Louis les et , il est autorisé par le Roi, le , à reprendre le titre de marquis, qu'avait porté son père : mais le seul titre de comte était transmissible avec sa pairie.

En 1818, il publie, en trois volumes, le récit de son service au sein du régiment de Condé.

Ecrit

Campagne du corps sous les ordres de son altesse sérénissime Mgr le prince de Condé, par M. le marquis d'Ecquevilly, 1818, Paris, Le Normant, 3 vol. in-8°, tome premier (1789-1795), XVI-416 pages ; tome second (1796-1800), 420 pages ; tome troisième (1800-1801), 247 pages.

Portrait

Un portrait de lui est vendu le à l'hôtel Drouot par l'étude Coutau-Begarie.

Récapitulatif Titres Avant la Révolution Comte d'Ecquevilly ; du marquisat de Ville-sur-Tourbe ; Restauration française Marquis d'Ecquevilly (), Chambre des pairs : - , Comte et pair héréditaire (lettres patentes du , sans majorat).

Décorations 106px|Chevalier du Saint-Esprit106px|Grand'croix de Saint-Louis106px|Officier de la Légion d'Honneur Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (sixième et dernière promotion : palais des Tuileries, le , Jour de la Pentecôte) ; Ordre royal et militaire de Saint-Louis : Chevalier (), puis, Commandeur (), puis, Grand'croix de Saint-Louis (). Légion d'honneur : officier () ;

Armoiries Vairé d'or et d'azur; au chef de gueules, chargé d'un lion léopardé d'argent. Supports : deux lions, les têtes contournées ; Couronne : de marquis sur l'écu et de comte sur le manteau ;

Ascendance et postérité Armand François Hennequin était le fils aîné d'Auguste Louis Hennequin d'Ecquevilly (1717-1794), capitaine général du vautrait, lieutenant général des armées du Roi, et d' d'Honorée de Joyeuse (-1809), héritière de Grandpré, fille de Jean Gédéon de Joyeuse, comte de Granpré (1691-1774), lieutenant général des provinces de Brie et de Champagne et de Marie Honorée de Villers de Rousseville.

Il avait pour frères et sœurs : Adélaïde Honorée Hennequin d'Ecquevilly (vers 1743 - après 1789), dame pour accompagner (1773-1789), Marie Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois, mariée, le à Versailles, avec Philippe Antoine Joseph Régis, marquis d'Esterno († après 1778), dont postérité ; Aglaé Marie Hennequin d'Ecquevilly (entre 1751 et 1753 - après le ), dame pour accompagner (1775-1782) Madame Sophie, mariée en 1772 avec François Emmanuel, marquis de Capendu († après 1795), dont postérité ; Aimable-Charles Hennequin d'Ecquevilly (1752-1806), colonel du régiment de Jarnac, capitaine général du Vautrait, marié, le , avec Marie-Joséphine, comtesse d'Eyck (1765-1810), dont postérité.

Notes et références

Annexes Articles connexes

Famille Hennequin d'Ecquevilly Armée des émigrés

Régiment noble à pied de Condé Chambre des pairs ; Liste des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit ;

Liens externes

Bibliographie

Catégorie:Naissance en septembre 1747 Catégorie:Comte français du XVIIIe siècle Catégorie:Général français du XVIIIe siècle Catégorie:Émigré sous la Révolution française Catégorie:Armée des émigrés Catégorie:Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1814 Catégorie:Grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Pair de France (Restauration) Catégorie:Décès en septembre 1830 Catégorie:Décès à 82 ans Catégorie:Postulant à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem