vignette|Plan de Lyon selon une gravure de 1625 reprise dans l'ouvrage « Les anciens couvents de Lyon » (1895) d'Adolphe Vachet.|320x320px

Lyon à l'époque moderne est une cité redevenue ordinaire après la période dorée de la Renaissance et les souffrances des conflits religieux.

Lyon ne connait durant les et siècles pas de transformation urbaine importante. Les murailles de la cité contiennent la plupart des modifications urbaines que la cité connait. Pour absorber l'importante augmentation de sa population, la cité se densifie, à la fois par surélévation des habitations et en lotissant des parcelles en culture.

Après l'édit de Chauny de 1595, Lyon est une ville soumise au roi, et pleinement intégrée dans les institutions françaises de l'ancien régime. Sous les tutelles du gouverneur et de l'intendant, les bourgeois lyonnais luttent durant deux siècles pour maintenir leurs privilèges. La société lyonnaise évolue progressivement, à la fois sous les contraintes générales de la société française ; mais également à cause d'une spécificité locale, le considérable développement du secteur du tissage de la soie, qui crée l'organisation sociale de la « Grande Fabrique ». Cette activité soyeuse donne à la ville une certaine prospérité économique.

La vie religieuse lyonnaise ne connait pas de soubresauts particuliers, accompagnant les évolutions nationales et européennes, que ce soit les transformations des pratiques catholiques ou la progressive disparition des protestants. Du point de vue intellectuel, Lyon est une ville dynamique, qui possède à partir de 1700 une Académie locale des arts et des sciences. Son riche tissu d'éditeurs en fait une ville où le livre est très présent dans la population. Enfin, Lyon connait un développement maçonnique important.

Les transformations urbaines vignette|Lyon au .|320x320px

La cité lyonnaise, sous les deux derniers siècles de l'Ancien Régime, subit peu de transformations importantes. Elle se densifie, s'embellit et les zones d'activités se déplacent ; mais elle reste confinée dans ses anciennes murailles. Si de nombreuses créations architecturales ponctuent l'histoire de Lyon durant cette période, elles deviennent considérables à partir de 1740.

En 1765, Lyon fait l'objet d'un article long et élogieux dans lEncyclopédie de Diderot et d'Alembert, qui insiste en particulier sur la richesse de son patrimoine historique, et commence par ces mots : Article , dans l’Encyclopédie, , 1765 (tome 9, )..

La structure de la ville, entre permanence et projets d'agrandissement La morphologie urbaine lyonnaise reste très stable durant les , attendant la veille de la Révolution pour s'étendre au-delà de ses antiques murailles ; Lyon tient ainsi durant deux siècles sur un périmètre d'environ .

Les murailles vignette|Plan de Lyon montrant les murailles à la fin du , gravure anonyme.|320x320px Durant les , les murailles de Lyon n'enferment jamais totalement la ville, les fleuves étant à plusieurs endroits le seul rempart de la cité. La ville dispose à l'époque d'Henri IV de trois sections fortifiées ; une large muraille protégeant la colline de Fourvière et partant de Saint-Georges pour aboutir à Pierre-Scize, une seconde protégeant le nord de la presqu'île au niveau des Terreaux et une dernière au-delà partant du Rhône à la Saône et passant au-dessus de la colline de la Croix-RousseSur les remparts des Terreaux et de la Croix-Rousse, voir B. Vermorel, Historique des anciennes fortifications de Lyon entre les Terreaux et la Croix-Rousse, Lyon, Imprimerie Pitrat ainé, 1881.. Peu de portes permettent de circuler, ce qui occasionne des gênes répétées. Depuis 1522, les fortifications sont surveillées par un commissaire général et maître des œuvres sur le fait des réparations des villes et places du Lyonnais, Forez, Beaujolais et Dombes. Chargé de s'occuper des constructions et réparations des murailles, il est remplacé en 1690 par un major des fortifications. Les fleuves posent évidemment le problème de la surveillance et des chaines sont donc installées au pour barrer le passage la nuit.

En 1610, la décision est prise de bâtir des murailles le long du Rhône sur la presqu'île pour finir de clôturer la ville. Le chantier est arrêté en 1636, des murailles partant d'Ainay et allant jusqu'à Saint-Clair. En 1620, une muraille est construite au nord de Pierre-Scize partant de la Saône et retrouvant les anciennes murailles sur la colline de Fourvière.

Avec la réunion du Gex et de la Bresse au royaume de France, les remparts sont pourtant moins importants. Les menaces d'invasion perdant progressivement de leur prégnance, l'entretien des remparts s'amenuise pour cesser durant la seconde moitié du . En 1700, les remparts sont en mauvais état et sont alors plus une gêne qu'autre chose. Les remparts face au Rhône sont donc détruit au en deux fois, une première en 1738 avec la création du quai de l'hôpital et de promenades au nord de celui-ci et en 1778 avec la destruction de ceux qui restent du côté d'Ainay. Seule la porte du pont du Rhône est conservée et entretenue, pour le prestige.

Une ville à la densité croissante Au début de la période, il reste encore de nombreux îlots de verdure de jardins et de vergers à l'intérieur des murailles. En particulier, l'abbaye d'Ainay, le couvent des Cordeliers et celui des Jacobins conservent de vastes espaces cultivés. De même, sur les pentes des deux collines, de nombreuses nouvelles communautés maintiennent vignes et espaces cultivés. Au , les endroits cultivés reculent nettement, surtout sur la presqu'île et sur la Croix-Rousse. De nombreux couvents ont vendu tout ou partie de leurs terres pour les lotir. Le consulat, de même, a cédé le grand parc à l'arrière de l'hôtel de ville en 1754 à des promoteurs pour bâtir un théâtre. Toutes ces zones vertes sont cultivées et de nombreuses sources font apparaître la grande variété des plantes cultivées dans la ville. Des légumes et aromates tels des asperges, des flageolets, des oignons, de l'oseille, du persil, du raifort, de la ciboule ou de la rocambole ; des arbres fruitiers produisant des pommes, poires, prunes ou groseilles. On trouve également quelques plantes méditerranéennes (orangers, grenadiers, myrthes). On trouve beaucoup de ceps de vigne, quelquefois grimpant en treille.

Les murailles restent durant cette période des limites encore réelles pour le lotissement ; malgré la destruction du fossé de la Lanterne, au nord des Terreaux, les lotissements ne montent guère sur les pentes de la Croix-Rousse. La population de Lyon augmentant, les immeubles de la plupart des quartiers sont surélevés, le plus souvent par destruction et reconstruction ; pour la même raison, les quelques zones encore en friche sont bâties. La densité finit par devenir trop importante, avec un très grand nombre d'immeubles de quatre à six étages, ce qui cause de nombreux désagréments, tels des rues encombrées et des ordures devenant compliquées à gérer sur des espaces restreints. Le degré de cohabitation moyenQui mesure le nombre moyen d'habitants dans une habitation donnée, quel que soit le nombre d'étages. de la cité entière passe de 2,2 en 1597 à 10 en 1780 ; ceci alors que dans le même temps, de larges maisons bourgeoises et nobiliaires sont construites dans certains quartiers, autour des Terreaux et de Bellecour, principalement, limitant la moyenne. .

Ainsi, la presqu'île comme la rive droite de la Saône forment un entrelacs de petites rues étroites assombries d'immeubles qui s'élèvent toujours plus haut. Cette densité est ponctuée de larges espaces dégagés appartenant aux établissements religieux, et pour la plupart sanctuarisés jusqu'à la Révolution. L'architecture lyonnaise ne dispose pas de particularité spécifique. Les maisons comme la plupart des édifices officiels sont sobres, voire austères. Les belles pierres de taille : jaune du Beaujolais, blanche de Seyssel ou grise de Villebois, sont réservées la plupart du temps aux soubassements et encadrements. Le seul décorum notable de cette époque consiste en la ferronnerie ornementale.

Les quartiers

Fourvière

De Saint-Georges à Vaise vignette|Le temple du Change en 2026. Le centre de gravité institutionnel et politique se déplace d'un côté de la Saône à l'autre. Le centre bancaire de la ville passe en partie du quartier du Change à la rue Mercière, par exemple, malgré la rénovation de la Loge du Change entre 1748 et 1750. Celle-ci est d'ailleurs déjà une survivance du passé et elle est abandonnée rapidement.

Le quartier connait de nouvelles constructions en amont, dont le grenier d'abondance bâti entre 1722 et 1728 pour servir d'entrepôt pour le consulat en cas de disette. Dans les années 1730, le Petit collège est reconstruit. Au travers du lacis de ruelles étroites du bâti le plus ancien, peu de renouvellements sont entrepris. Il faut noter toutefois l'agrandissement du Palais Saint-Jean, demeure de l'archevêque, par Camille de Neuville ; sous la forme d'une galerie le long de la rivière où il installe sa grande bibliothèque. Son successeur Claude de Saint-Georges y ajoute une terrasse.

L'autre bâtiment important construit dans ce qui deviendra le Vieux Lyon est le Palais de Roanne. Détruit dans un incendie en 1622, ce siège des juridictions royales est alors reconstruit, et constitue le premier grand projet architectural de la ville à l'époque moderne. Terminé en 1639, il bénéficie d'un vaste programme décoratif, puisant son influence dans les palais romains ; en témoigne son portail à fort bossage coiffé d'un fronton interrompu. Ce dernier indique l'influence toujours présente des modèles publiés par Serlio à Lyon un demi-siècle plus tôt. Les décors peints ont été supervisés pour la plus grande partie par Thomas Blanchet entre 1686 et 1688.

Le quartier se connecte davantage à la ville durant cette période ; deux ponts sont construits sur la Saône (entre Saint-Jean et Bellecour et entre Saint-Paul et Saint-Vincent) au et deux autres au . Cela montre le maintien d'une certaine importance économique pour la ville de la rive droite de la Saône.

La Presqu'île vignette|Inauguration de la première statue de Louis XIV Place Bellecour à Lyon, 1745, Charles Grandon, Musées Gadagne. La Presqu'île est toujours, durant les , un dédale de rues étroites et sinueuses. Seule la rue Mercière traverse l'ensemble pour acheminer les personnes d'un pont à l'autre et les seules places publiques importantes sont la place BellecourNommée alors place royale ou place Louis-le-Grand. et la place des Terreaux. Toutefois le sud de la Presqu'île dispose encore de quelques surfaces libres pour des opérations urbanistiques importantes. On y bâtit quelques hôtels particuliers et il s'y déroule de rares opérations de lotissements telle celle engagée par l'abbaye d'Ainay qui construit des immeubles sur le pourtour de son tènement en plusieurs opérations entre 1723 et 1769. La Presqu'île est un quartier avec de nombreuses activités économiques. Elle dispose du plus grand port de la ville, qui est même élargi, devant les couvents des Célestins et des Antonins.

La place Bellecour est aménagée de rangées d'arbres durant le , avant d'être ornée en 1713 de la statue de Louis XIV. Elle est encadrée au début du à l'est et à l'ouest de deux immeubles aux façades identiques dont les plans sont dessinés par Jules Hardouin-Mansart ; ces demeures devenant les lieux d'habitations des familles aristocratiques de la ville. A l'écart de l'axe de circulation principal de la villeAxe qui emprunte le pont du Rhône, la rue Mercière et le pont du Change., ce quartier connait quelques constructions privées de prestige, plutôt côté Rhône, par exemple ceux de Claude Bertaud, de Blaise Denis et Jean de Lacroix-LavalSitués respectivement au 36, rue de la Charité, 30, rue Sainte-Hélène et 32, rue de la Charité..

La Croix-Rousse

Les faubourgs