Noël Barrot, né le à Saint-Étienne (France) et mort le à Paris, est un résistant et homme politique français.
Biographie Fils d'un pharmacien, Noël Barrot suit des études secondaires dans un établissement catholique de Saint-Etienne avant de suivre les pas de son père et de s'inscrire à la faculté de Lyon pour des études de pharmacie.
C'est à cette occasion qu'il découvre le Sillon et se rapproche des positions de Marc Sangnier.
Diplômé en 1928, il dirige une pharmacie à Yssingeaux. Il épouse une pharmacienne, elle-même fille de pharmacien.
Il fonde dans la même période un cercle de réflexion et d'animation culturelle, appelé Ozanam, d'inspiration chrétienne.
Engagement dans la Résistance
D'abord favorable à De Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'oriente de plus en plus vers la résistance active. Fin 1942, le cercle Ozanam d'Yssingeaux est fermé pour propagande contre le régime de Vichy. Principal co-animateur de l'association des Petits Bergers des Cévennes, dont le but officiel est, dans la logique du « retour à la terre » cher à Pétain, d'installer dans des fermes des enfants défavorisés des villes. Il s’en sert pour placer de nombreux enfants juifs en sécurité.
Par la suite, il appartient à l'Armée secrète, et fournit des médicaments aux maquis de Haute-Loire. A la Libération, il est désigné vice-président du comité local de Libération (présidé par l'instituteur Jean Claudius Bonnissol et ; l'instituteur Saby, vice-président ; tous deux nommés alors qu’ils sont encore en déportation pour activités de résistance). Noël Barrot devient aussi adjoint du maire d'Yssingeaux Jean Chysclain, à partir du , avant d'être élu maire de la ville en , mandat qu'il exerce jusqu'en 1947.
Carrière politique
En , il figure en deuxième position sur la liste d'union du centre et de la droite menée en Haute-Loire par Paul Antier pour l'élection de la première assemblée constituante, et est élu député. Il s'inscrit au groupe du MRP, parti auquel il appartient.
L'année suivante, il mène une liste MRP autonome pour l'élection de la seconde constituante, et retrouve son siège. C'est aussi en 1946 qu'il entre au conseil national de l'ordre des pharmaciens.
Toujours à la tête d'une liste MRP, il conserve son siège de député aux élections législatives françaises de novembre 1946.
A l’Assemblée, il s'intéresse principalement aux questions liées à son activité professionnelles, et à l'hygiène publique en général. Il dépose de nombreux rapports et propositions. Il participe aussi chaque année aux débats sur le budget du ministère de la santé publique. Il défend en le plan de réorganisation hospitalière. La réforme hospitalière devient son thème d'intervention principal pendant toute la fin de cette législature.
De nouveau à la tête d'une liste MRP pour les élections de 1951, il obtient 17,7 % des voix et est réélu. Il continue son combat pour la réforme hospitalière, déposant en un rapport à ce sujet. En , il est rapporteur du projet de loi de réorganisation des hôpitaux de Marseille.
Sensible aussi à la situation de ses électeurs, il se préoccupe d'aménagement du territoire et prône notamment l'aide à la création de petites entreprises en milieu rural.
Réélu aux législatives de 1956, il est élu Questeur de l'assemblée. En , il est rapporteur du texte sur la réforme hospitalière qu'il réclame depuis des années, mais qui ne se met pas en place avant la fin de la Quatrième République.
Candidat aux législatives de novembre 1958, il affronte dans la première circonscription de Haute-Loire le sortant et ancien ministre Paul Antier, soutenue par la maire d'Yssingeaux, Marie Kaeppelin, comme suppléante. Il est élu au second tour, dans une quadrangulaire, avec 50,0 % des voix.
Il est réélu comme questeur de l'assemblée, et continue, pendant ce mandat, de défendre la création d'une communauté européenne de la santé (« pool blanc »), idée qu'il développe depuis plusieurs années. Il continue d'intervenir sur les questions de santé, souvent d'un point de vue très technique et professionnel.
Bien que soutenant de façon claire la politique gouvernementale jusque là, il s'oppose à l'élection du président de la République au suffrage direct, qui fait l'objet d'un référendum, et vote pour cette raison la motion de censure d'octobre 1962 contre le gouvernement de Georges Pompidou, qui provoque des législatives anticipées.
Opposé notamment à Eugène Pebellier, ancien député et maire du Puy-en-Velay, Barrot est réélu au second tour, dans une nouvelle quadrangulaire, avec 42,8 % des voix. En décembre de cette même année, il entre au conseil général, élu dans le canton d'Yssingeaux.
Siégeant au sein du groupe du Centre démocratique, il est de nouveau élu questeur de l'Assemblée. Pendant cette législature, il est, comme nombre d'élus du centre-droit, dans une position de semi-opposition au gouvernement. Il désapprouve notamment le manque de respect du Parlement, et s'oppose à la politique européenne de de Gaulle.
Réélu conseiller général en 1964, il est désigné président du conseil général. L'année suivante, il retrouve le poste de maire d'Yssingeaux, à l'occasion des municipales.
Il meurt brutalement, en cours de mandat, à l’Assemblée nationale, à la suite d'une crise cardiaque, à l'âge de soixante-deux ans.
Son fils Jacques prend sa succession politique.
Détail des fonctions et des mandats Mandats parlementaires
1945-1966 : Député de la Haute-Loire
Bibliographie , où est évoquée la vie publique de Noël Barrot. Journal local "Le Pays d'Yssingeaux", retraçant les évènements de la Libération et de l'après guerre sur ce territoire. Le nom de Noël BARROT y est régulièrement mentionné. Notice bibliographique Le Pays d'Yssingeaux : hebdomadaire provisoire du Comité cantonal de la Libération | BnF Catalogue général - Bibliothèque nationale de France
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Canton d'Yssingeaux Conseil général de la Haute-Loire Liste des députés de la Haute-Loire Première circonscription de la Haute-Loire Yssingeaux
Liens externes
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