Émile Fayolle est un pilote de guerre français de la Seconde Guerre mondiale, né le à Issoire et mort en opération le , lorsque son avion s'écrase en mer près de Dieppe. Il est fait Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du .
Biographie Émile Francois Marie Léonce Fayolle est le fils d'un ingénieur général du génie maritime et le petit-fils du maréchal Émile Fayolle (1852-1928).
Engagement En , il s'engage dans l'Armée de l'air. L'armistice de juin 1940 le trouve à la base Oran la Sénia. Lui et les sous-officiers René Mouchotte, Charles Guérin, François de Geoffre décident de rejoindre l’Angleterre en passant par Gibraltar. Le , après avoir tiré au sort l'ordre des départs (, , ), il s'empare avec un autre pilote, le lieutenant Jean Hubert Stourm, d'un avion (le Caudron Simoun de l'état-major) et rallie la base de Gibraltar. De là, avec ses camarades, il rejoint l'Angleterre dans un chalutier affrété par la Royal Navy... Il rejoint les pilotes français qui sont incorporés à la Royal Air Force (RAF). Formés au pilotage des Tiger Moth et Hector, ils séjournent sur la base de Aston Down, la 5 OTU. Le , Fayolle passe sur Hawker Hurricane.
En , il rejoint le basé à Church Fenton et commandé par le Peter Townsend avec un de ses camarades, François de Labouchere.. Il est nommé adjudant. puis part dans le . Il est transféré ensuite au 249 Squadron le 6 décembre 1940 puis au mai 1941 au . Volant sur Hawker Hurricane Mk-IIA, il abat dans la nuit du un bombardant Londres.
Le jeune sous-lieutenant Fayolle épouse une jeune Anglaise fin juillet 1941. Ils auront une fille prénommée Chantal.
Le 24 septembre 1941, il est promu lieutenant. En , il passe au . Puis, trois semaines plus tard, il est affecté au , formé uniquement de pilotes français.
Il est promu le chef de l'escadrille « Paris » du « Ile-de-France ». Le 10 avril 1942, il succède à Bernard Dupérier en prenant le commandement de l'escadrille « Versailles ». Au mai, il est promu capitaine. Le , il abat un puis le un (en participation avec un autre pilote). Fin , il devient le du basé à Warmwell et est nommé commandant FAFL (Forces aériennes françaises libres).
Mort Les circonstances exactes de sa mort sont difficiles à analyser du fait du peu de témoignages et de la confusion qui régnait lors de ces combats. Elles ont été cependant patiemment récoltées par l'écrivain Yves Morieult dans son livre Croix de Lorraine sur Dieppe.. Elles demeurent de toutes façons parcellaires.
Le , couvrant le débarquement de Dieppe (opération ), le squadron a pour mission d'aller détruire des canons allemands en France (canons codés « Hitler »). Vers 5h00 du matin, les Hurricanes attaquent en piqué, larguent leurs bombes de 250 et . Il est rapporté par les pilotes qu'il n'y a qu'une légère défense de la Flak sur l'objectif. En revanche, au retour pour l'Angleterre, de part et d'autre de Dieppe, une forte activité de la DCA allemande est déployée. À partir de ce moment, il n'existe plus de contact radio avec le commandant Fayolle. Un pilote dit l'avoir vu en direction des côtes françaises à pleine allure, à tel point qu'il n'a pu le suivre. Ce pilote rapporte qu'il a vu un Hurricane au large des côtes anglaises se battre contre un Fw.190 avec deux Spitfires, à proximité de la base de départ anglaise, puis seul un peu plus loin. A-t-il été touché par la Flak au-dessus de la France, par le chasseur allemand, un autre ?
Ce , deux autres sont morts. Ils ont été identifiés. Le troisième non car le corps du commandant Fayolle ne portait que les insignes de son grade, sans papiers d'identité comme de nombreux aviateurs français survolant le territoire national, afin d'éviter les représailles allemandes. Son corps rejeté par la mer fut donc enterré anonymement ; jusqu'à l'aboutissement des patientes recherches d'Yves Morieult. Le , on put enfin mettre un nom sur la stèle du pilote mort pour la France, ceci après d'attente.
Il repose au cimetière militaire canadien de Dieppe à Hautot-sur-Mer.
Le commandant Fayolle est titulaire de 3 victoires aériennes, a endommagé ou détruit 25 navires ennemis au cours de 190 missions de guerre.
Distinction et mémoire Il est reconnu « Mort pour la France ».. (à titre posthume) à titre posthume par décret du (4 citations) juillet 1942, sans_cadre|50x50px1939-45 Star avec agrafe « Battle of Britain » (Royaume-Uni) sans_cadre|50x50px Air Crew Europe Star (Royaume-Uni) sans_cadre|50x50px War Medal 1939-1945 (Royaume-Uni) En 1983, la base aérienne d'Aulnat dans le Puy-de-Dôme (aujourd'hui dissoute) a été baptisé base aérienne « Commandant Fayolle »,
À Issoire (Puy-de-Dôme), un boulevard porte le nom de Commandant Fayolle,
L'aéroclub de Dieppe Saint-Aubin situé sur l'aérodrome de Dieppe-Saint-Aubin (LFAB) porte le nom de « Commandant Fayolle ».
Le 14 octobre 2021 ont eu lieu les de l'escadron 2/5 « Ile-de-France » (avant dernier escadron du commandant Fayolle) sur la base aérienne 115 « Capitaine de Seynes » d'Orange..
Notes et références
Annexes Bibliographie Yves Morieult (préf. Yves-Marie Guéguen), Croix de Lorraine sur Dieppe, Aéro Editions, 2002 René Mouchotte, Carnets François de Geoffre, Normandie Niemen : souvenirs d'un pilote
Liens externes
Biographie sur le site de l'Ordre de la Libération
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