La saison 1972-1973 de la Juventus Football Club est la soixante-dixième de l'histoire du club, créé soixante-seize ans plus tôt en 1897.
Le club de Turin prend ici part au cours de cette saison à la du championnat d'Italie ( de Serie A), à la de la Coupe d'Italie (en italien Coppa Italia), ainsi qu'à la de la Coupe des clubs champions européens.
Historique De nouveau au sommet du football italien avec son scudetto, le travail en amont du nouveau président Giampiero Boniperti et de l'entraîneur du club Čestmír Vycpálek portent enfin leurs fruits à la Juventus FC, entrant à partir de cette année 1972 dans un nouveau cycle victorieux plus tard appelé le « Ciclo Leggendario IL CICLO LEGGENDARIO (1972-1986): LA SECONDA STELLA E LA PRIMA RIVOLUZIONE EUROPEA ».
Pour son mercato d'été, la Vieille Dame décide de mettre l'accent sur l'acquisition d'un gardien de classe mondiale, et réussit un grand coup en s'offrant les services de l'international italien Dino Zoff (il sera plus tard considéré comme étant l'un des plus grands gardiens de but de tous les temps). thumb|upright=1.1|left|Les nouveaux achats de la saison : l'attaquant Altafini (gauche), et le gardien — en plus de futur légend juventina et du football mondial — Zoff (droit).
En défense, Giuseppe Zaniboni fait son retour au club, un nouveau milieu de terrain est sorti en fin de saison du vivier bianconero, Alberto Marchetti, et deux attaquants sont enfin achetés, Tiziano Ascagni, et surtout loriundo champion du monde en 1958 avec le Brésil José Altafini, ex-gloire du Milan.
Cette saison, l'hymne du club (créé par Corrado Corradini en 1915), chanté par les joueurs à domicile depuis 1963, est remplacé par un nouvel hymne intitulé Juve, Juve (composé par les musiciens Lubiak et Renzo Cochis et sorti en 45 tours par la maison de disques Durium).
En cette année 1972 sort également un livre relatant l'histoire du club intitulé Juventus primo amore. Storia sportiva e romantica della Juventus, écrit par le journaliste sportif Sandro Ciotti, aidé de Enrico Ameri et Bruno Mobrici.
Désormais bien armée pour tout remporter, la Juventus démarre sa nouvelle saison avec la Coppa Italia à la fin du mois d'août.
Pour son retour à la compétition, elle marque d'entrée les esprits en s'imposant largement sur le score facile de 3 buts à zéro contre Foggia le 27 août (avec des buts de Furino, Capello et Causio sur penalty), avant que ce même Causio inscrive à nouveau le penalty de la victoire 1-0 sur Novare trois jours plus tard. Il s'ensuivit enfin deux matchs nuls qui firent conforter la première place de la Juve au classement de son groupe avec 6 points, se qualifiant donc pour la phase finale.
Au second tour du mois de mai, les zèbres réalisent une mauvaise entrée avec trois nuls consécutifs avant de se frotter lors de la à la Reggiana qu'ils finissent par battre chez elle par 2 buts à 1 grâce à un doublé d'Anastasi. Quatre jours plus tard, le 24 juin, l'équipe du Piémont parvient à se défaire de Bologne sur un score de 4 à 3 (doublé de Haller et buts de Capello et Savoldi), avant d'écraser l'Inter 4-2 pour son dernier match (buts de Causio, Longobucco et Anastasi sur doublé). Avec un total de 9 points, la Vecchia Signora termine à nouveau première du groupe et se qualifie pour la de son histoire pour une finale de coupe, qu'elle a jusque-là toujours remporté en arrivant en finale. Au Stadio Olimpico de Rome, elle se retrouve le dimanche 1er juillet face à face avec le Milan, ce dernier ayant à cœur de prendre sa revanche sur le championnat perdu de peu. Après un score de un but partout à l'issue du temps réglementaire (but bianconero de Bettega), le vainqueur doit se dessiner après une séance de tirs au but, qui voit finalement les Turinois perdre à ce jeu par 5 buts à 2, perdant donc leur première finale de coupe. thumb|upright=1.3|Les bianconeri dans la formation au Campo Combi à l'été de 1972 : au premier plan l'entraîneur Vycpálek (gauche), Altafini (entre) et Haller (droit).
La Juventus a cette saison surtout tout à prouver en coupe des clubs champions, qu'elle n'a plus disputée depuis la saison 1967-68.
Le mercredi , l'effectif du Piémont joue sa première rencontre européenne de l'année contre l'Olympique de Marseille, mais se fait surprendre en France un but à rien. Après cette première désillusion, l'équipe juventina réagit au retour en s'imposant sur le score de 3 buts à 0 contre les marseillais (avec un doublé de Bettega et un but de Haller). Presque un mois plus tard, la Madama s'impose tout d'abord sur le plus petit des scores à domicile contre les est-allemands du 1. FC Magdebourg (grâce à une réalisation d'Anastasi), avant de les battre à nouveau sur le même score au retour (avec un but de Cuccureddu). En quarts-de-finale, la Juve se voit être opposée aux hongrois du Újpesti Dózsa qu'ils éliminent difficilement grâce à leurs deux buts à l'extérieur d'Altafini et Anastasi (0-0 puis 2-2 à Budapest). Une fois en demi-finale, c'est au tour des anglais de Derby County de subir la loi bianconera, avec un succès 3-1 à Turin (sur un doublé d'Altafini et un but de Causio) suivit d'un match sans buts au retour le 25 avril.
Sans démériter, la Juventus se qualifie donc pour la première fois de son histoire pour la finale de la C1, et se retrouve confrontée à peut être l'une des plus formidable et talentueuse équipe de l'histoire du football mondial, l'Ajax Amsterdam des années 1970 et son « football total », comptant dans ses rangs quelques-uns des plus grands joueurs de leur génération comme Krol, Neeskens, Rep mais encore et surtout Cruijff, un des plus grands joueurs européens de tous les temps. À 90 minutes d'un premier grand sacre continentale, les juventini se font surprendre à froid dès la avec un but de Rep, le score en restant là jusqu'à la fin du match, bloqués par dans leur milieu de terrain par le rouleau compresseur ajacideLe grand Ajax d'Amsterdam, créateur du football total — footnostalgie. thumb|upright=1.1|left|L'ailier Causio intervient sur Todd du Derby County lors de la ronde demi-finale victorieuse (3-1) de la Coupe des clubs champions joué au stade communal de Turin le 11 avril 1973.
La Juve n'a pourtant pas à rougir de cette défaite, désormais crainte et se révélant enfin aux yeux de l'Europe sur la scène continentale.
Championne d'Italie en titre, la Vieille Dame compte bien sur ses talents défensifs pour garder cette année son titre.
C'est donc le dimanche 24 septembre qu'elle dispute sa première rencontre de championnat, avec à la clé une victoire à l'extérieur 2 buts à 0 contre Bologne (buts de Causio et Anastasi). Avec ensuite trois nuls de suite, la Madama rencontre son premier revers au cours de la lors du traditionnel derby della Mole contre le Torino, deux buts à un (réalisation juventina d'Anastasi), puis engrange ensuite une nouvelle série de deux nuls. Ayant mal débutée son début de saison, l'équipe de Turin se rattrape enfin avec une série de cinq victoires d'affilée entre la et la , terminant ensuite la phase aller invaincue. Elle continue ensuite en ne perdant aucun matchs (avec notamment 903 minutes durant lesquelles les buts du portier Dino Zoff restent inviolés (du (Juventus 2-1 Fiorentina ; ) au (Milan 2-2 Juventus ; ), record du club en Serie AEt record en championnat, seulement dépassé en 1992-93 par le Milan de Sebastiano Rossi et ses 929 minutes.), jusqu'à une nouvelle défaite 2 buts à zéro contre le Toro le 20 mars, déclencheur d'un léger ralentissement offensif durant quelques matchs. Lors de la , la machine bianconera se relance à la suite d'un succès 4-1 au Stadio Comunale sur Palerme (avec des buts de Bettega, Landini contre son camp, Causio et de Haller). Lancée dans la course au titre, chaque point compte désormais dans cette fin de championnat tenant en haleine toute l'Italie. En concurrence jusqu'à la dernière journée avec le Milan et la Lazio qui se tiennent tous à plus ou moins un point d'écart, la Juve se lance dans un véritable sprint avec quatre victoires en autant de journées entre le 21 avril et le 13 mai. L'ultime journée est donc décisive pour le titre qui se joue lors d'un duel à distance entre les trois protagonistes (mais surtout avec les milanais disposant d'un point d'avance sur les juventini). Les rossoneri, fatigués de leurs matchs européens, perdent finalement 5-3 contre l'Hellas Vérone, tandis que la Juventus se déplace chez la Roma. Menée 1-0 à la mi-temps, elle revient au score grâce à Altafini avant que dans les dernières minutes du match, Cuccureddu ne donne la victoire à la Juve, leur donnant par la même occasion le scudetto. thumb|upright=1.3|Une partie de les juventini — La Neve, Marchetti, Morini, Haller et Anastasi — célèbre le dans les vestiaires du stade olympique de Rome à la fin du match contre giallorossi, gagné seulement trois minutes après la fin (2-1), et a donné au Turinois leur scudetto.
Avec finalement 45 points (un de plus que le Milan) pour 18 succès, 9 nuls et 3 revers, la Juventus FC termine de la plus belle des façons ce championnat à rebondissement, en conservant son titre de champion, ce qui n'était plus arrivée depuis la saison 1960-61.
Cette saison, le titre de capocannoniere'' du club toutes compétitions confondues revient à deux joueurs, Pietro Anastasi et Franco Causio avec 13 buts chacun (première fois que la distinction est partagée depuis la saison 1958-59).
L'équipe piémontaise s'est cette saison offerte un nouveau titre (et à deux doigts d'en obtenir trois), réalisant donc sans doute jusque-là une des plus belles saisons de son histoire, et s'inscrivant notamment dans ce nouveau cycle de victoires, l'objectif restant désormais de s'imposer en coupe d'Europe.
Déroulement de la saison Résultats en championnat Phase allerdimanche Bologne 0 - 2JuventusStadio Comunale, Bologne16h30Arbitre : Pieroni Causio Anastasi
dimanche Juventus 1 - 1Hellas VéroneStadio Comunale, Turin16h00Arbitre : Lattanzi Salvadore Luppi
dimanche Lazio 1 - 1JuventusStadio Olimpico, Rome16h00Arbitre : Francescon Chinaglia (pen.) Bettega
dimanche Juventus 2 - 2MilanStadio Comunale, Turin15h00Arbitre : Pieroni Salvadore Causio Bigon Rivera
dimanche Torino 2 - 1JuventusStadio Comunale, Turin15h0052 592 spectateursArbitre : Monti Pulici Anastasi
dimanche Juventus 1 - 1SampdoriaStadio Comunale, Turin15h00Arbitre : Panzino Causio (pen.) Rossinelli
dimanche Naples 1 - 1JuventusStadio San Paolo, Naples15h00Arbitre : Serafino Mariani Capello
dimanche Juventus 2 - 0CagliariStadio Comunale, Turin14h30Arbitre : Torelli Mancin Causio
dimanche Juventus 2 - 1FiorentinaStadio Comunale, Turin14h30Arbitre : Michelotti Haller Altafini Saltutti
dimanche Palerme 0 - 1JuventusStadio La Favorita, Palerme14h30Arbitre : Toselli Altafini
dimanche Lanerossi Vicence 0 - 2JuventusStadio Romeo Menti, Vicence14h30Arbitre : Motta Altafini Anastasi
dimanche Juventus 2 - 0TernanaStadio Comunale, Turin14h30Arbitre : Gialluisi Causio (pen.) Altafini
samedi Juventus 0 - 0AtalantaStadio Comunale, Turin14h30Arbitre : Calì
dimanche Inter 0 - 2JuventusStadio San Siro, Milan14h30Arbitre : Lo Bello Altafini Anastasi
dimanche Juventus 1 - 0RomaStadio Comunale, Turin14h30Arbitre : Panzino Altafini
Phase retourdimanche Juventus 2 - 0BologneStadio Comunale, Turin14h30Arbitre : Gussoni Anastasi
dimanche Hellas Vérone 0 - 0JuventusStadio Marcantonio Bentegodi, Vérone15h00Arbitre : Lo Bello
dimanche Juventus 1 - 0LazioStadio Comunale, Turin15h00Arbitre : Angonese Bettega
dimanche Milan 2 - 2JuventusStadio San Siro, Milan15h00Arbitre : Pieroni Bettega (pen.) Marchetti Rivera Biasiolo
dimanche Juventus 0 - 2TorinoStadio Comunale, Turin15h0061 749 spectateursArbitre : Toselli (pen.) Pulici Agroppi
dimanche Sampdoria 0 - 1JuventusStade Luigi-Ferraris, Gênes15h30Arbitre : Lo Bello Capello
samedi Juventus 0 - 0NaplesStadio Comunale, Turin15h30Arbitre : Bernardis
dimanche Cagliari 0 - 1JuventusStadio Sant'Elia, Cagliari15h30Arbitre : Angonese Altafini