Amédée-Bretagne-Malo de Durfort, duc de Duras (Paris, – Versailles, ), est un homme politique français du .
Biographie Amédée-Bretagne-Malo de Durfort appartenait à une famille noble qui s'était distinguée dans la carrière des armes et avait fourni plusieurs généraux. Son père, Emmanuel-Céleste-Augustin de Durfort, duc de Duras, maréchal de camp, émigra sous la Révolution et mourut en Angleterre en 1800. Il eut pour parrain les États de Bretagne, de là lui viennent les prénoms de Bretagne-Malo.
Connu du vivant de son père sous le titre de marquis de Duras, Amédée-Bretagne-Malo reçut une éducation , et conforme au rang distingué, qu'il était appelé par sa naissance à tenir à la cour. Il voyagea pour la perfectionner.
Très attaché à l'Ancien Régime et à la personne du roi, il fut envoyé par Louis XVI en Autriche pour y complimenter l'empereur Léopold II sur son avènement au trône du Saint-Empire ().
Révolution française
Nommé d'abord premier gentilhomme de la chambre du roi en survivance, il entra dans l'exercice des fonctions de sa charge au moment de la Révolution française.
Il se trouvait près de la personne du roi, le , lorsque ce prince, voulant faire un voyage à Saint-Cloud, vit tout à coup sa voiture assaillie par la populace de Paris, ameutée dans la cour et dans le jardin des Tuileries. . La conduite que tint en cette circonstance le duc de Duras, irrita tellement la populace contre lui, qu'on eut beaucoup de peine à la calmer.
Le duc de Duras fut honoré par la reine Marie-Antoinette de recommandations particulières pour veiller sur les jours de personnes qui lui étaient chères. Cette préférence marquée pour le duc de Duras ne paraîtra pas surprenante ; car, lorsque Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780) maria sa fille à Louis XVI, au moment de se séparer d’elle, elle lui remit cette liste, avec prière d’y donner la plus grande attention :
Le duc de Duras émigra comme son père et habita successivement l'Espagne, l'Italie, l'Angleterre et l'Allemagne. Il épousa à Londres le , , fille d'Armand-Gui-Simon, comte de Kersaint, amiral de France, député aux États généraux de 1789 et à l'Assemblée nationale constituante, membre de la Convention nationale condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris le . Après son mariage, Amédée-Bretagne-Malo de Durfort alla en Italie, et se rendit à Vérone, où il demeura quelque temps auprès de Louis XVIII. Le , il assistait à Mittau, capitale de la Courlande, en Russie, au mariage de Madame, fille de Louis XVI de France, qui épousa le duc d'Angoulême, fils du comte d'Artois. Par la mort de son père, il avait hérité du titre de duc de Duras.
Il alla prendre, à Vienne (Autriche) (ou Vérone), en 1800, après la mort de son père, son service de premier gentilhomme de la Chambre du roi, auprès de Louis XVIII,
Ce monarque l'autorisa en 1801 à rentrer en France. Le duc de Duras n'accepta aucune fonction sous le gouvernement impérial.
Amédée-Bretagne-Malo de Durfort et son épouse passèrent en Gascogne l'hiver de 1803 à 1804. Ils visitèrent Duras (Lot-et-Garonne) ; de là, ils se rendirent à Toulouse et ensuite à Rabastens, auprès de la famille du maréchal de Puységur.
Restauration française
En 1814, il alla à Londres au-devant du roi. Il fut, compris comme ancien duc et pair, dans la promotion des pairs de France du . Il fut créé chevalier de l'ordre de Saint-Louis, puis maréchal-de-camp le de la même année.
Le duc de Duras, qui avait repris son poste de premier gentilhomme de la Chambre du roi en remplit les fonctions dans la séance de la Chambre des pairs assemblée le , à la nouvelle du débarquement de au Golfe-Juan (début des Cent-Jours). Il quitta Paris dans la nuit du 19 au 20 du même mois, accompagna Louis XVIII à Gand et revint avec lui en juillet de la même année.
Son nom ne figure pas dans le jugement du maréchal Ney.
En 1816, le duc de Duras fut nommé, par S. M., l'un des 40 de l'Académie française. Ce fut à la sollicitation de M. le duc de Duras que Louis XVIII accorda une pension de au poète Ducis, membre de l’Académie française, qui était très pauvre, et généralement très estimé . Ducis ne jouit pas longtemps de ce bienfait : il mourut le .
Il fut créé chevalier de l'ordre du Saint-Esprit le , puis officier de l'ordre royal de la Légion d'honneur le . Le duc de Duras a présidé le collège électoral du département d'Indre-et-Loire en 1815, 1822 et 1824.
Lorsque la révolution de Juillet 1830 éclata, le duc de Duras voulut accompagner Charles X de France en Angleterre. Le roi s’y opposa et le pria de garder sa place à la Chambre des pairs pour y défendre les intérêts de son petit-fils. Le duc de Duras reconnut mais, démissionna de la chambre haute lorsque l'hérédité de la pairie fut abolie (1832) et qu’il comprit ne pouvait plus être utile à la cause et la dynastie qu’il avait toujours fidèlement servie. Il alla habiter Versailles.
Sa fortune, anéantie par la Révolution et les prodigalités de son père, avait été en partie rétablie par la restitution des grands bois de l’Artois, qui avaient été apportés dans la famille par . M. le duc de Duras n’en conçut pas moins le désir d’assurer l’indépendance de son existence par un second mariage. Il épousa , , veuve de , riche portugais qui avait laissé à sa veuve toute sa fortune.
Il mourut à Versailles le .
Distinctions Titres et dernier duc de Duras (1800-1838) Pair de France : - , - 1832, Duc et pair héréditaire (). Transmission à son petit-fils (Henri-Louis de Duras-Chastellux), par ordonnance royale du .
Décorations
50px|Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit Chevalier du Saint-Esprit ( : Paris, ) ; Ordre royal et militaire de Saint-Louis : 50px|Chevalier de Saint-Louis Chevalier (1814). Ordre Royal de la Légion d'honneur : (), puis, 50px|Officier de la Légion d'honneur Officier de la Légion d'honneur () ;
Armoiries Écartelé: aux 1 et 4, d'argent, à la bande d'azur (de Durfort) ; aux 2 et 3, de gueules, au lion d'argent (Lomagne). Tenants deux anges.
Ascendance & postérité Amédée Bretagne Malo de Durfort était le fils d'Emmanuel-Céleste de Durfort (1741-1800), duc de Duras et pair de France, maréchal de camp et premier gentilhomme de la Chambre du roi et de Louise-Charlotte de Noailles (1745-1832), fille aînée de Philippe de Noailles (1715-1794), duc espagnol de Mouchy, prince de Poix (1729-1747), duc de Poix (1767-1794), maréchal de France.
Le roi, en faveur de ce dernier mariage, a accordé le titre de duc de Rauzan et les honneurs du Louvre à Henri-Louis de Chastellux (1786-1863). Par ordonnance de S. M. du , le duc de Rauzan a été appelé à succéder aux titre et dignité de pair de France dont jouissait alors M. le duc de Duras, son beau-père.
Notes et références
Annexes Articles connexes
Liste des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit ; Chambre des pairs ;
Liens externes
Bibliographie
Amedee-Bretagne-Malo Catégorie:Marquis français du XVIIIe siècle Catégorie:Naissance en avril 1771 Catégorie:Naissance à Paris Catégorie:Émigré sous la Révolution française Catégorie:Général promu pendant la Première Restauration Catégorie:Pair de France (Restauration) Catégorie:Pair de France (monarchie de Juillet) Catégorie:Personnalité politique liée au département d'Indre-et-Loire Catégorie:Duc français du XIXe siècle Catégorie:Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1823 Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Décès en août 1838 Catégorie:Personnalité légitimiste du XIXe siècle Catégorie:Décès à 67 ans Catégorie:Duc de Duras