Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, souvent appelé sous la forme courte Opéra Orchestre national Montpellier, est une association loi de 1901, créée en 2001. Cette association est issue de la fusion de deux associations préexistantes : l’association Orchestre national de Montpellier et l’association de gestion des Opéras de Montpellier. Elle « a pour objet la promotion de l’Opéra de Montpellier et de l’Orchestre national de Montpellier par la création, la production, l’organisation, l’exploitation, la gestion, et la formation à Montpellier et sa région, en France et à l’étranger, de toutes activités lyriques, chorégraphiques, symphoniques, phonographiques, radiophoniques, télévisuelles, cinématographiques ou audiovisuelles et toutes autres activités conformes à son objet ».

Son directeur est Valérie Chevalier. 250 permanents y travaillent, répartis entre l'orchestre, le chœur, la technique et l’administration.

Composantes

Orchestre

L’Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon est un orchestre symphonique composé de 84 musiciens. Cet effectif lui permet d’aborder à peu près tout le répertoire pour grand orchestre des et du sans oublier la musique contemporaine et la musique baroque.

Chœurs

Le Chœur de l’Opéra national de Montpellier est composé de 8 sopranos, 8 altos, 7 ténors, 8 basses. Il est dirigé par Noëlle Gény depuis 1994.

Lieux

À Montpellier, l'association exploite deux bâtiments : l’Opéra Comédie avec une grande salle d’une capacité de et la « salle Molière » de , et le Corum comportant deux salles : l’« opéra Berlioz » de et la « salle Pasteur » de .

Elle organise aussi, une cinquantaine de fois par saison, des concerts sur le territoire de l'ancienne région Languedoc-Roussillon, entre autres sur les scènes de Nîmes, Perpignan, Narbonne et Carcassonne. Chaque année, elle propose au moins un concert à Paris : Théâtre du Chatelet, Opéra royal de Versailles, Salle Pleyel…

Historique

Montpellier n’a pas de théâtre jusqu’au milieu du . Les spectacles et les opéras sont alors joués dans les demeures des riches notables de la ville. L’Académie de Musique est créée en 1721. En 1745, Louis François Armand de Vignerot du Plessis de Richelieu, Duc de Richelieu, nommé « Premier gentilhomme de la chambre chargé des spectacles », décide de la construction d’un théâtre. Il s’installe à Montpellier en 1752 pour lancer les travaux.

Le , Pyrame et Thisbé, opéra de François Rebel et Francœur, inaugure le premier théâtre dont l’architecture est signée Jacques-Philippe Maréschal. L’édifice comporte une salle de spectacle doublée perpendiculairement d’une salle de concert : c’est une originalité montpelliéraine que l’on retrouve dans l’actuel Opéra-Comédie.

Dans la nuit du 17 au , un incendie détruit le théâtre. Le deuxième théâtre commence à fonctionner à partir de 1788, reconstruit à l’identique après l’incendie du premier. Mais en 1789, un début d’incendie l’endommage à nouveau. À la Révolution, le théâtre sert à différentes manifestations : pièces de propagande, lieu de réunion pour les « amis de la constitution… »

Durant la saison 1820-1821, le célèbre ténor montpelliérain Adolphe Nourrit y chante, peu avant ses débuts parisiens.

À partir des années 1850, des stars parisiennes se mélangent à la troupe permanente lors des soirées de gala : Rosine Stoltz en 1856-1857, Marie Sarre en 1878, Célestine Galli-Marié (créatrice du rôle de Carmen en 1875) en 1880.

En 1880, le théâtre est au cœur de la vie sociale montpelliéraine. On y joue essentiellement des opéras italiens (Verdi) et français (Meyerbeer), les musiciens germaniques étant exclus du répertoire à la suite de la défaite française de Sedan face à l’Allemagne (1870).

Dans la nuit du 6 au , un incendie détruit complètement le bâtiment. Un théâtre provisoire (réalisé en bois et en 59 jours) est construit sur le Champ de Mars, devenu depuis lors l’Esplanade. Un concours est lancé pour la construction du nouveau bâtiment. Le premier prix est attribué au projet de Joseph-Marie Cassien-Bernard, jeune architecte formé auprès de Charles Garnier dont l’influence est perceptible dans les nombreux espaces de sociabilité et dans la l’organisation « à l’italienne » du théâtre de 1200 places.

La première pierre du nouvel opéra (actuel Opéra Comédie) est solennellement posée le . Il est inauguré en grande pompe par une représentation des Huguenots de Meyerbeer le .

Un cahier des charges très élaboré stipule les devoirs de chacun et règle la vie lyrique. Dès 1899, les femmes doivent laisser leur chapeau au vestiaire pour ne pas gêner la visibilité des autres spectateurs. Les commissaires de police interviennent fréquemment pour faire évacuer les lieux à la suite d’incidents en tous genres (fauteuils brisés, bagarres et strapontins arrachés). La salle sert par ailleurs à des manifestations aussi variées que l’opéra, les conférences, les œuvres de charité, mais aussi les combats de boxe ou les spectacles de magie.

Malgré la prédominance de l’opéra français et italien, le répertoire wagnérien apparaît dès 1892 avec Lohengrin et Tannhäuser en 1896. Jules Massenet assiste, en 1897, à la première montpelliéraine de Thaïs. En 1900, Camille Saint-Saëns dirige la première de sa Déjanire.

En 1915, le Théâtre continue de fonctionner malgré la guerre, mais le nombre des représentations diminue de moitié. Après l’armistice de 1918, les opérettes représentent 90 % des ouvrages nouveaux.

En 1945, La Gazette Théâtrale évoque « la décadence du théâtre », décadence qui ne fera que s’accentuer ensuite.

En 1979, le nouveau maire Georges Frêche désireux de développer l’activité économique de la ville, choisit pour attirer les entreprises de se doter d’institutions culturelles hors du commun et crée tour à tour l’Orchestre philharmonique de MontpellierOrchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon, publié sur le site de France Inter (consulté le 20 juin 2018) (1979), le Festival Montpellier Danse (1981) sous la direction de Philippe Delabarre, le Festival de Radio France et Montpellier (1985). Soutenu par la Ville de Montpellier puis par le Conseil Régional et le Conseil Général de l’Hérault, l’orchestre fait rapidement preuve de sa nécessaire existence. Sous l’égide de son fondateur, Louis Bertholon, les quarante musiciens offrent aux Montpelliérains et aux habitants des agglomérations de la région la possibilité d’entendre Mozart ou Haydn.

Destiné à interpréter l’ensemble du répertoire symphonique (du au ), l’orchestre s’agrandit rapidement, passant de quarante à soixante-quinze à la fin des années 1980 puis à quatre-vingt-quatorze musiciens titulaires .

Signe d’une reconnaissance de l’État, l’ensemble devient Orchestre de Région en 1985, au moment de l’arrivée du chef d’orchestre Cyril Diederich. Deux ans auparavant, le chœur professionnel a été fondé.

En 1985 l’Opéra de Montpellier redevient un centre de création et de production lyrique avec une saison complète. La même année l’Orchestre passe du statut de régie municipale à celui d’association loi de 1901.

En 1988, on fête le Centenaire de l’Opéra Comédie avec une représentation des Huguenots, enregistrée par Erato. La ville de Montpellier et l’Opéra de Montpellier proposent la création d’une Organisation Européenne des Théâtres Lyriques (O.E.T.L.). L’Opéra de Montpellier entre dans la Réunion des Théâtres Lyriques de France.

En 1990, la Ville de Montpellier inaugure l’Opéra Berlioz au Corum (architecte : Claude Vasconi), une grande salle de 2000 places face à une vaste scène de d’ouverture.

En 1999, l’Orchestre de Montpellier devient Orchestre national de Montpellier« L’orchestre devient national » dans Le Figaro, décembre 1999.

En 2001, l’association de gestion des Opéras de Montpellier et l’Orchestre national Montpellier fusionnent. Cette nouvelle structure prend l’appellation « Association de l’Opéra National et de l’Orchestre National Montpellier » (abrégé « Opéra national ») et obtient le statut d'opéra national en région en 2002.

La saison 2010-2011 a eu lieu entièrement au Corum, l’Opéra Comédie étant fermé pour cause de travaux de rénovation jusqu’en . L'Opéra-Comédie était fermé du , pour des travaux de rénovation concernant l’espace scénique et la mise en conformité des lieux, jusqu'à ..

En 2015, le chef danois Michael Schønwandt est nommé chef principal de l'Opéra Orchestre.

En , le commissaire aux comptes lance une procédure d'alerte visant l'Opéra.

Activités, missions Concerts, opéras L’Opéra et Orchestre National de Montpellier propose une programmation annuelle extrêmement variée. Il est possible d’y écouter des opéras mais aussi des concerts symphoniques, des concerts de musique de chambre, de musique contemporaine (Figures du Siècle) ou encore baroque.

Concerts en région L’Orchestre propose, chaque saison, une cinquantaine de concerts en région et se produit régulièrement à Sète, Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Anduze, Castelnaudary, Narbonne, Carcassonne, Perpignan, Céret, Mende, Florac, Marvejols… Actions de sensibilisation et activités pédagogiques Afin d’aller à la rencontre des publics qui n’ont pas accès à la musique classique, l’Opéra Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon programme des concerts dans les prisons, les Maisons pour Tous, les Médiathèques… En partenariat avec la Ville de Montpellier, de nombreux concerts et opéras sont diffusés en direct ou en léger différé dans les chambres des Hôpitaux et dans les Maisons de Retraite via le réseau Pégase. De nombreuses activités pédagogiques sont menées chaque saison; menant les musiciens dans les écoles maternelles (quelque 160 animations chaque année); accueillant des milliers d’élèves de primaires aux concerts éducatifs; proposant à des centaines de collégiens et de lycéens d’assister aux répétitions de concerts ou d’opéra, programmant des concerts au sein même des universités. L'Opéra et Orchestre national de Montpellier est membre de RESEO (Réseau européen pour la sensibilisation à l'opéra et à la danse).

Directions Direction 1979-1981 : Philippe Delabarre : Directeur Général de l’Opéra 1979-2008 : Renée Panabière : Administrateur de l’Opéra 1985-2001 : Henri Maier : Directeur général de l’Opéra 1979-1985 : Louis Bertholon : Fondateur et Directeur de l’Orchestre 1985-1990 : Cyril Diederich : Directeur de l’Orchestre 1990 : René Koering : Directeur général de l’Orchestre. 2000-2010 : René Koering : Surintendant de la musique à Montpellier. 2000-2008 : Philippe Grison : Directeur délégué de l’Orchestre National. 2001-2007 : Christoph Seuferle : Directeur délégué de l’Opéra. 2011-2013 : Jean-Paul Scarpitta: Directeur général de l’Opéra Orchestre national. . Depuis le : Valérie Chevalier : Directrice générale de l'Opéra & Orchestre National de Montpellier.

Directeur musical / artistique 1979-1985 : Louis Bertholon, fondateur de l’Orchestre 1985-1990 : Cyril Diederich 1992-1993 : Gianfranco Masini 1994-2007 : Friedemann Layer 2009-2012 : Lawrence Foster 2015-2024 : Michael Schønwandt 2024 : Roderick Cox

Moments forts de la vie artistique Premières, créations françaises, créations mondiales Skies of America symphonie d'Ornette Coleman création française en 1985 par l'Orchestre philharmonique de Montpellier sous la direction de Cyril Diederich Noces de sang de Charles Chaynes d'après Federico Garcia Lorca. Création mondiale à l'Opéra-Comédie de Montpellier, le sous la direction de Cyril Diederich Roméo et Juliette de Pascal Dusapin, livret de Olivier Cadiot. Créé à l’Opéra-Comédie de Montpellier en . Le Château des Carpathes de Philippe Hersant, livret du compositeur d’après l’œuvre de Jules Verne. Créé à la scène à l’Opéra-Comédie de Montpellier, le .

Goya de Jean Prodromidès, livret de Jean Cosmos et du compositeur, avec la collaboration de Floria Fournier. Créé à l’Opéra-Comédie de Montpellier, le .

Go-gol, de Michael Levinas, d’après la nouvelle Le Manteau de Nikolaï Gogol.