L'approche lacanienne de la psychose est reliée chez le psychanalyste français Jacques Lacan à la notion qu'il introduit de la forclusion du Nom-du-père, traduction d'un des emplois par Sigmund Freud, notamment dans le cas de L'homme aux loups, du terme de au sens de « rejet ». Dans la terminologie lacanienne, la forclusion désigne une carence radicale de la fonction paternelle (père symbolique), dont la conséquence majeure est un retour dans le réel de ce qui est forclos du symbolique.
Dans l'approche lacanienne clinique des psychoses, la dynamique du transfert joue un rôle essentiel et permet au thérapeute, par la parole, d'inscrire dans le champ du symbolique du langage le signifiant que le psychotique ne peut pas y inscrire lui-même en tant que sujet.
La forclusion du Nom-du-père
La forclusion, dont Jacques Lacan introduit le terme en traduisant ainsi le mot (rejet) qu'emploie Sigmund Freud, est pour le psychanalyste français un mode de défense : il différerait du mécanisme de défense propre à la névrose qui suppose le refoulement. Selon Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, la notion lacanienne de forclusion désignerait le .
Référence à Freud : L'homme aux loups Du point de vue d'une , telle que Lacan l'invoque pour promouvoir cette notion, le psychanalyste français s'appuie surtout sur le cas de L'homme aux loups où reviennent le verbe verwerfen et le substantif Verwerfung dans le texte de Freud.
D'après Valérie Pera Guillot, Lacan s’arrête dans sa lecture du cas de L'homme aux loups de Sigmund Freud, sur , qui représente à ses yeux , formule qu'il emploie pour décrire l’épreuve traversée par le patient de Freud. Celui-ci se remémore une scène vécue à l’âge de cinq ans : il joue avec son couteau et soudain il remarque qu’il s’est coupé profondément le petit doigt. Saisi d'effroi, il n’ose rien dire. Après un certain temps, il constate toutefois, en regardant son doigt, qu’il n’a rienValérie Pera-Guillot, « Les psychoses. Introduction à la lecture du Séminaire III », sur le site de l'E.C.F., consulté le 9 septembre 2020, . Pour rendre compte de cette « coupure d'expérience », comme il la nomme, Lacan retient que , c'est-à-dire n’a pas été symbolisé et n’a pas été refoulé, contrairement à ce qui se passe dans la névrose.
Application dans le champ des psychoses Selon Jean-Claude Maleval, l’investigation lacanienne de la psychose part de l’hypothèse d’une lésion dans le champ du symbolique (le langage propre au sujet) : . Il n’est pas refoulé, mais forclos. N’étant pas articulé dans le symbolique, il fait retour en surgissant dans le réel. De plus, ce signifiant n’est pas quelconque : il porte la fonction paternelleJean-Claude Maleval, La forclusion du Nom-du-Père, Seuil, Paris, 2000, .. Maleval considère en effet que cette « fonction paternelle », a déjà été dégagée par Freud . Et pour cet auteur, le précepte lacanien d’après lequel (Lacan, Ornicar ?, ) n'est pas à interpréter en termes d’héroïsme thérapeutique, mais plutôt à entendre comme une incitation à , en cherchant à élaborer un maniement spécifique du transfert.
Approche clinique En suivant Lacan, Ginette Michaud observe que dans la psychose, l'acte psychanalytique se situe du côté du thérapeute : Ginette Michaud, « Transfert dissocié et objets dans la cure », La clinique lacanienne, 2009/1 (n° 15), , DOI : 10.3917/cla.015.0023. . Cela se produit . Dans le genre de cure qu'est la cure d'un patient psychotique, il s'agit d'abord de construire , ce qui demande .
Références
Voir aussi Bibliographie Textes de référence Jacques Lacan,
« Ouverture de la section clinique : questions et réponses », Ornicar, n° 9, 1977, .
Études (Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs)
Frédérique Berger, « Naissance du sujet et structure de la psychose », Cahiers de psychologie clinique, 2007/2 (n° 29), , DOI : 10.3917/cpc.029.0051. J. Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse (1967), entrée: « Forclusion », Paris, P.U.F., édition, 1984,; PUF-Quadrige, édition, 1997, , édition, 2007 : Rosine Lefort, Robert Lefort, Les structures de la psychose : L'enfant au loup et le Président, Paris, Seuil, 1998. Jean-Claude Maleval, La forclusion du Nom-du-Père, Seuil, Paris, 2000, Ginette Michaud, Figures du Réel. Clinique psychanalytique des psychoses, Préface de Jean Oury, Collection L'Espace analytique, Denoël, 1999, recension de Françoise Savelli, Le Carnet Psy, N° 50, , , DOI : 10.3917/eres.micha.2005.01. « Transfert dissocié et objets dans la cure », La clinique lacanienne, 2009/1 (n° 15), , DOI : 10.3917/cla.015.0023. Jean-Claude Polack, « Épreuves de la psychose », In: Chimères. Revue des schizoanalyses, N°40, automne 2000, Le bruit du temps, , DOI : https://doi.org/10.3406/chime.2000.1202, sur le site de Persée, consulté le ,
Articles connexes Psychose (psychanalyse) Forclusion Nom-du-père (concept) Signifiant (psychanalyse) Réel, symbolique et imaginaire Terminologie lacanienne
Lien externe Valérie Pera Guillot, « Les psychoses. Introduction à la lecture du Séminaire III », École de la cause freudienne, site de l'ECF consulté le ,
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