George Fonsegrive est un philosophe et romancier français né le à Saint-Capraise-de-Lalinde et mort à Paris le Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 865, vue 19/31., qui milita dans le catholicisme social avec Marc Sangnier. Il publia plusieurs romans sous le pseudonyme de Yves Le Querdec.
Biographie Fils unique d'instituteur, Georges Pierre Lespinasse-Fonsegrive fréquenta le petit séminaire de Bergerac, tâta de diverses études pour se diriger finalement vers la philosophie. Agrégé de philosophie en 1880, il enseigne aux lycées de Montauban, Pau, Angoulême et Bordeaux avant d'arriver au Lycée Buffon à Paris.
Le Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, chez Beauchesne, Paris, 2006, écrit à son propos : « L'évolution philosophique de Fonsegrive illustre les difficultés de la philosophie d'inspiration catholique à se mettre au diapason des questions posées par le développement des sciences historiques et sociales. La thèse préparée pour l'obtention du doctorat ès lettres en Sorbonne : La causalité efficiente, Paris, 1881, emprunte les voies de la métaphysique traditionnelle, en cherchant à la renouveler par un apport venu de Maine de Biran (…). Plus tard mêlé au débat entre Loisy et Blondel, Fonsegrive s'adapte davantage à la problématique de la science historique…»Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, éd. Beauchesne, Paris, 2006, . Les catholiques le considéraient « progressiste » ; les milieux universitaires voyaient en lui avant tout un clérical. Il fut désigné pour une chaire au Collège de France, mais le ministre Léon Bourgeois refusa de signer sa nomination.
En , il devient directeur de La Quinzaine, revue fondée en 1894 par Paul Harel, se voulant la grande revue du christianisme social tant au point de vue littéraire que philosophique, ce qui lui assura une influence considérable auprès des jeunes catholiques.
Jean Lebrec écrit à propos de Joseph Malègue et de son roman à caractère social, Pierres noires. Les classes moyennes du Salut, que le nom de Fonsegrive apparaît souvent dans les notes prises en vue de la rédaction de cet ouvrage qui couvre la période du déclin des notables décrit par Daniel Halévy. Malègue, pense J. Lebrec, dut être très attentif à la lecture de G. Fonsegrive « comme ce fut le cas de tous les catholiques avertis au début du siècle, qu'il s'agisse du ralliement à la démocratie, de la question sociale ou de la possibilité d'une philosophie chrétienne »J.Lebrec, Joseph Malègue, romancier et penseur, éd. H.Dessain et Tolra, 1969, . Lebrec remarque aussi que le roman de Fonsegrive (sous le pseudonyme de Yves le Querdec), Le Fils de l'Esprit. Roman social, paru en 1905 chez Lecoffre à Paris fut, selon P. Archambault, « le livre de chevet de toute une jeunesseP.Archambault, George Fonsegrive, éd. Bloud et Gay, 1932, ..»
En 1899, le directeur de la Quinzaine ouvrit ses colonnes à Marc Sangnier. Dans La Quinzaine du , sous le titre À propos d'exégèse, G. Fonsegrive manifesta sa sympathie à l'égard d'Alfred Loisy, en raison, pense Émile Poulat, d'une « sympathie fondée sur une communauté avouée de tendances philosophiques »Émile Poulat, Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste, éd. Casterman, 1979, . Mais, évoquant cet article peu avant sa mort, il fit valoir que, sans défendre les idées de Loisy, il demandait « à ses adversaires de le traiter avec charitéÉmile Poulat, op. cit., 1979, ».
Il est le père du général Henri Lespinasse-Fonsegrive.
Sources Paul Archambault, George Fonsegrive, collection « Les Maîtres d’une génération », Paris, Bloud et Gay, 1932 Georges Hoog, Histoire du catholicisme social en France, Paris, Domat, 1946 Ernest Pezet, Chrétiens au service de la Cité, Paris, Nouvelles Éditions Latines, 1965. Jeanne Caron, Le Sillon et la Démocratie chrétienne, Paris, Plon, 1966. André Caudron, article Georges Fonsegrive in Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social? 2009.
Œuvres
Essai sur le libre arbitre : sa théorie et son histoire ( éd. rev. et augm. d'un appendice), Alcan Paris, 1896.
: prix Juteau-Duvigneaux de l’Académie française en 1905
Sous le pseudonyme de Yves Le Querdec Lettres d’un curé de campagne, Lecoffre, Paris, 1894. Lettres d’un curé de canton, Lecoffre, Paris, 1895, 372 p. Journal d’un évêque, Lecoffre, Paris, 1896.
Le Mariage du docteur Ducros, Gabalda, Paris, 1916.
Notes et références
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