L'Académie impériale de peinture, Académie Hanlin de peinture, est un regroupement de peintres, organisé, à l'origine, sous les Song du Nord, au sein de l'Académie Hanlin et ce jusqu'à la fin de l'empire chinois. Mais de nombreux peintres de Cour étaient auparavant regroupés de manière informelle au sein de l'Académie Hanlin depuis la dynastie Tang.
Les peintres professionnels et les peintres lettrés au service de la cour des empereurs chinois ont été souvent regroupés, soit dans des structures qui nous semblent peu définies, et cela depuis le , au début de la dynastie Tang (618-907), soit au sein d'une Académie impériale de peinture, semblable à ce que l'on a connu en OccidentVoir l'article Académie royale de peinture et de sculpture., et cela depuis la dynastie des Song du Nord (960-1127) jusqu'à la fin de l'empire, sous les Qing (1644-1912). Cette peinture, directement au service du pouvoir, un art officiel, reflétait aussi le goût de la cour : c'est-à-dire l'empereur, l'impératrice et les dames du palais ainsi que l'aristocratie et l'administration centrale, composée de lettrés qui avaient souvent hérité de leur charge. Cette élite a souvent fait des choix dont notre regard, peu sensible aux subtilités de la calligraphie et exceptionnellement en mesure de lire le contenu poétique des textes calligraphiés dans les images ou en rapports avec celles-ci, ne retient que le choix d'un art du détail et de l'anecdote, avec un usage plus ou moins modéré des couleurs et une certaine joliesse du sujet.
De nombreux peintres professionnels ont fait partie de ces peintres de Cour, mais l'Académie restructurée par Huizong des Song exigeait de posséder une culture de lettré. Celle-ci, fondée sur la connaissance des Classiques et le maniement des subtilités du pinceau, pour la calligraphie officielle et pour la calligraphie expressive et poétique, permettait aux lettrés de haut niveau, possédant aussi de nombreuses qualités intellectuelles, de s'exprimer par la création poétique, littéraire, musicale et picturale.
Histoire : l'Académie Hanlin et l'Académie Hanlin de peinture
Sous les Tang (618-907) l'« Institut des Plans et Peintures », fondé par Taizong (Li Che-min) (599-649), recrute les peintres au service de la Cour. Ensuite, au , l'empire des Tang s'est fragmenté en dix royaumes, c'est la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes. Les Cours d'alors, celle des Tang du Sud (937-975) et celle des Shu antérieurs (907-925), entre autres, constituent dans chaque royaume une institution, qui reste cependant encore peu structurée. Cette situation se prolonge au début de la dynastie des Song du Nord.
Huizong (1100-1125) créée une académie officielle de peinture, l'Académie Hanlin de peinture, à l'intérieur de l'Académie Hanlin, sous la dynastie des Song du Nord (960-1127) et elle est établie à la capitale, Bianliang (Kaifeng) Bianliang : qui devint ensuite Bianjing et qui est aujourd'hui Kaifeng. L'Académie se trouvait non loin de la résidence de l'empereur à Kaifeng, dans le quartier impérial : Première édition: Mondadori, 2006. Page 331., en 984. L'empereur Huizong (1100-1125) l'organise de manière précise durant son règne ..
Après le siège et la prise de la capitale par les Jurchen, le gouvernement se replie au sud du Chanjiang. L'Académie des Song du Sud (1135-1279) est donc établie dans la nouvelle capitale, Hangzhou, par le nouvel empereur Gaozong .
Cependant avec l'avènement d'étrangers à la tête de l'empire, sous les Yuan ((1279-1368), puis pour d'autres raisons sous les dynasties ultérieures, de nombreux lettrés se sont trouvés écartés ou se sont eux-mêmes écartés du pouvoir, leurs choix en peinture reflétant leur position. Beaucoup ont dû gagner leur vie par leur peinture, la distinction entre peintres-lettrés et peintres professionnels est devenu très floue. Une forte opposition à l'art officiel s'est manifestée par la reprise de pratiques proches de celles en valeur dans les anciennes Cours, qui mettaient alors en valeur les qualités de ces peintres amateurs qu'étaient les lettrés, calligraphes cultivés du fait de leur formation. Cet art du pinceau évitait les couleurs trop voyantes, les détails trop appuyés et choisissait les sujets épurés de tout détail anecdotique tout en conservant la puissante dimension poétique qui est essentielle à toute peinture chinoise. Tandis que l'art qu'appréciaient les Yuan et les cadres venus de l'actuel Xinjiang était particulièrement coloré et riche de détails, en cela semblable sous cet angle à l'art prôné par l'Académie des Song, à partir de Huizong. Les lettrés, tous chinois, se firent un honneur de repousser ces valeurs "qui n'avaient pas su résister à l'ennemi" et "étrangères" pour aller chercher plus loin dans le temps leurs références, vers les nombreux artistes d'avant Huizong, remontant jusqu'au et même jusqu'aux Tang… Ces valeurs seront abondamment reprises sous les dynasties successives.
Au début de la dynastie des Ming, une nouvelle académie est créée, d'abord à Nanjing puis à Beijing . Vers 1530, l'Académie de peinture des Ming est démantelée. Le goût pour l'école du Zhejiang, qui intégrait aux pratiques traditionnelles l'expressivité des peintures de lettrés, s'efface progressivement. L'enseignement de la peinture classique et celui de la peinture de cour disparaissent. Cette pratique se transmet dans la peinture de professionnels qui se poursuit avec la permanence du goût populaire pour les couleurs intenses, le détail bien observé, le tracé précis et les sujets traditionnels.
La dernière Académie Impériale de peinture est celle qu'organisent les empereurs mandchous à Beijing pendant la dynastie des Qing, et elle est plus ou moins influencée par une connaissance très partielle de l'art occidental .
thumb|upright=2.5|center|Animation au bord de la rivière [de la capitale] durant la fête Qingming. Zhang Zeduan, peintre de l'Académie Hanlin, début , règne de Renzong, début Song du Nord. Encre et couleurs sur soie, 24 × . Musée du Palais, Pékin : Colophon de 1186 : « le lettré Zhang Zeduan [...] montra du talent pour le dessin architectural au trait fin [jiehua] [...], les bateaux, les charrettes, les marchés et les ponts, les fossés et les chemins [...] et d'autres types de peintures »..
Les peintres lettrés et les autres peintres
Le moment essentiel de cette histoire se situe sous les Song du Nord lorsque l'empereur Huizong décide créer un département de peinture au sein de l'Académie du Hanlin (littéralement: « la Forêt des pinceaux », qui existait déjà depuis les Tang : Le Han-lin., et dont la plupart de ses membres étaient renommés pour la qualité de leur culture, certains ayant aussi des qualités de poètes, d'autres plus qualifiés en calligraphie et certains ayant été remarqués par leurs peintures. Ces derniers pouvaient disposer d'une culture de lettré diplômé de haut grade, mais on pouvait aussi rencontrer des artistes professionnels, spécialisés dans le portrait ou dans la peinture religieuse ou dans tout autre domaine. Huizong impose alors que le recrutement soit limité aux seuls artistes lettrés : Cet auteur fait référence à : et indique que Huizong « développe au sein de la prestigieuse Académie Hanlin... un département de peinture » dont il faut préciser que le prestige remonte à l'époque des Tang, (), et que Huizong n'a fondé que l'Académie Hanlin de peinture (). .
Une distinction est fondamentale quand on parle de peinture chinoise, mais cette distinction qui doit être nuancée : entre, d'une part, les artistes professionnels, pour lesquels la peinture est un travail rémunéré et s'appuie sur une formation spécifique, et d'autre part, les amateurs cultivés qui, en théorie, peignent pour passer le temps sans idée de profit. Su Shi (1037-1101), l'exemple le plus notable et emblématique de cette attitude est aussi le fondateur, par ses écrits, de la peinture de lettré en amateur. De nombreuses études sont menées depuis plusieurs années sur cet aspect de la peinture chinoise . Les lettrés (wenren), de quelqu’origine qu'ils soient, ont reçu une éducation confucéenne basée sur les Classiques, afin de se présenter aux examens d'État menant aux carrières bureaucratiques et administratives, ainsi qu'aux plus hautes fonctions militaires. Tous ne se présentent pas aux examens de très haut niveau mais tous ont dû passer ceux de niveau plus modeste. Tous auront acquis une formation littéraire, mais ceux qui devenus de très grands peintres lettrés disposaient d'une culture de très haut niveau et des relations avec lesquelles échanger lettres, poèmes et peintures d'amateurs. Certains lettrés, sans emploi et retirés loin de la cour par opposition au régime ou écarté par celui-ci pour diverses raisons, peuvent en venir à vivre de leur peinture. Cette pratique n'étant plus exceptionnelle sous la dynastie Qing.
Les artistes professionnels – ceux qui font ce choix ou qui y sont poussés dans leur jeunesse, sans avoir jamais reçu une éducation classique ou aspiré sérieusement à un rang officiel - sont formés par apprentissage, généralement dans l'atelier d'un maître local et, jusqu'à ce qu'il se distinguent et dépassent ce statut grâce à leurs réalisations individuelles, ils sont considérés comme des artisans, en rien différents des ouvriers laqueurs ou des fabricants de meubles . S'ils sont, de façon extraordinaire, reconnus et célébrés dans leur région natale, ils peuvent être recommandés à la cour par quelque fonctionnaire ou ministre originaire de leur district et entrer à l'Académie impériale de peinture laquelle est de la sorte composée de peintres venus de toute la Chine et accueille quelques peintres professionnels en son sein.
Les peintres des Tang (618-907), et ceux des Cinq Dynasties et Dix Royaumes (907-960)